A l'écoute de la Parole de Dieu

Publié le

3ème dimanche du temps ordinaire 25/01/2026

Is 8, 23b-9,3 ; Ps 26 (27) ; Cor 1, 10-13, 17 ; Mt 4, 12-23

 

Les premières phrases prononcées par le prophète Isaïe vont être reprises par Jésus dans l'évangile de Matthieu. Il en sera ainsi à d'autres occasions comme lorsqu'on lui présente à la synagogue le livre du prophète Isaïe et qu'il lit le passage où il est écrit : Lc 4, 18-19 «  l'Esprit du Seigneur est sur moi... il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres... etc ». On dirait que Jésus cherche à retrouver dans Isaïe tout ce qui peut le concerner et qu'ainsi les paroles du prophète soient accomplies avec sa venue.

Le thème de la lumière sera repris dans le prologue de Jean. La lumière c'est la joie, l'allégresse qui grandit. Par opposition les ténèbres c'est le joug qui pèse, la barre qui meurtrit l'épaule, le bâton du tyran. On comprend mieux dans ce texte quel messie le peuple attendait, un messie terrestre et combatif qui les délivrerait de l'occupant romain et non un messie divin qui indiquerait à l'humanité le chemin du salut en vue de la Vie Éternelle dans le Royaume de Dieu.

 

Après son baptême et ses quarante jours au désert, Jésus apprend l'arrestation de Jean-Baptiste. Ce dernier ne peut donc plus exhorter le peuple en proclamant :Mt 3, 2 : « Convertissez-vous car le Royaume des cieux est tout proche ». C'est Jésus qui va alors prendre le relais. Jean-Baptiste a été choisi par Dieu pour faire le lien entre la première alliance dans le premier testament et la deuxième alliance dans le Nouveau testament. Avec ce lien, Dieu vient signifier que la vie humaine prend une nouvelle dimension et franchit un sérieux palier. De vie purement terrestre dans le premier testament avec la croyance diffuse de la résurrection des morts à la fin des temps, Jean-Baptiste nous dit, et c'est repris par Jésus mot pour mot, que cette vie est éternelle et que la conversion est un gage de ce bonheur éternel. Ce Royaume des cieux dans l'éternité n'est pas pour la fin des temps. Il est proche, il est pour tout de suite dès notre départ de cette terre mais dès maintenant nous vivons déjà sur terre en Vie éternelle.

Cette parole reprise de Jean-Baptiste : « Convertissez-vous car le Royaume des cieux est proche » va donner à Jésus l'élan nécessaire pour commencer sa mission car la conversion est de l'ordre d'une bonne nouvelle et donc est dynamisante. Marchant au bord du lac il voit deux fois deux frères tous quatre pêcheurs André et Simon-Pierre qui jettent leurs filets, Jacques et Jean avec leur père qui réparent les leurs. Il leur dit simplement : « venez à ma suite ». Et aussitôt ils laissent leurs filets, les fils de Zébédée quittent leur père et ses compagnons, cessent leur métier et comme une évidence ils suivent Jésus. L'appel exige donc cette radicalité. Mais il s'agit des douze apôtres. Tous ceux qui écouteront l'enseignement de Jésus ou seront guéris par lui ne sont pas appelés à tout quitter pour le suivre.

Et nous, comment vivons-nous cet appel ? Nous avons à quitter quelquefois un emploi, nous séparer de nos attachements à nos sécurités, à nos biens matériels, aux membres de notre famille qui ne voient pas cette conversion d'un bon œil. L'appel élimine tout ce qui faisait jusque là le sens de nos petites existences pour nous ouvrir à un univers de joie, d'amour, de liberté et ce Royaume des cieux devient alors vraiment tout proche.

Posons-nous la question : qu'est-ce que ce récit me dit de l'appel du Seigneur pour moi dans mon quotidien ? Que me faut-il laisser pour le suivre ? A quoi me faut-il renoncer ? Souvent il ne s'agit pas de grandes choses comme un métier ou une famille ou tout ses biens mais de petites choses qui faisaient notre quotidien comme prendre un peu de temps sur nos loisirs pour les autres. Rappelons-nous les paroles de Matthieu qui ne sont pas seulement pour le jugement dernier mais pour notre vie présente : Mt 25, 35-37 «J'avais faim et vous m'avez donné à manger, j'avais soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli , j'étais nu, vous m'avez habillé, j'étais malade, vous m'avez visité, j'étais en prison et vous êtes venus jusqu'à moi ». Nos réponses peuvent se trouver dans une ou deux de ces actions pour les autres.

 

Dans sa lettre aux Corinthiens, Paul appelle à l'unité et à se rallier à Jésus-Christ. Il faut savoir qui nous appelle et qui nous suivons. Il y a tant de faux prophètes  même de nos jours! L'évangile est une précieuse ressource pour déjouer tout ce qui peut s'apparenter à des dérives sectaires ou à des abus propagés par certains gourous.

 

Le psaume renforce les paroles de Paul. Seul le Seigneur ayant pris place dans nos vies peut nous donner le courage de vaincre tout ce qui s'opposerait à notre foi en lui. La seule chose que nous devons chercher, c'est d'habiter sa maison tous les jours de nos vies.

 

Christiane Guès

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article