Carte postale d’été depuis la Drôme provençale des Baronnies

Publié le par Garrigues et Sentiers

Cadran solaire de Valdrôme, installé à proximité du temple

Cadran solaire de Valdrôme, installé à proximité du temple

Bonjour à tous, une petite carte postale pour donner de nos nouvelles.

Que faire de nos vacances en ce mois d’août ? N’ayant pas de but précis, on s’est dit : « Il n’y a pas que de grands projets dans la vie. Essayons deux semaines de camping à la ferme dans la Haute-Drôme, dans les Baronnies provençales ». En fait, ce choix ne devait rien au hasard. C’est Jean Giono qui nous ouvrait les portes de ce haut-pays dans un petit livre édité en janvier 2025, Voyage à pied dans la Haute-Drôme . Il s’agit des notes prises par l’écrivain dans sa randonnée solitaire, effectuée du 21 au 27 juillet 1939, juste avant la déclaration de la guerre. Cette esquisse, à vrai dire pleine de charme, nous ayant mis l’eau à la bouche, nous avons suivi les traces du chantre de la Haute-Provence.

On connaissait déjà le Ventoux, Nyons et Buis-les-Baronnies, la vallée du Rhône et le Buech mais pas du tout le cœur du massif compliqué qui va de la vallée du Buech à Luc-en-Diois, la Motte-Chalancon, Rosans… Ici le relief défie la logique. Les crêtes partent dans tous les sens ; les vallées creusent des gorges redoutables. C’est aussi le paradis des géologues car chaque falaise est un livre ouvert sur l’immensité du temps de la terre.

Nous avons donc découvert un pays au relief tourmenté, couvert de forêts, parsemé de hameaux, de petites bourgades, un pays rude peuplé d’agriculteurs, de petits commerçants et artisans (1) dont la situation économique évoque plus la précarité que la réussite économique. Un pays dont les coutumes parlent de la sobriété des habitants. Par exemple le pain de « crape ». Comme la région est couverte de noyers, on mange les noix, on les cuisine, on produit de l’huile de noix et le résidu de l’huile, le Crape, permet de confectionner des pains. Rien ne se perd, c’est une exigence des économies pauvres.

Le risque incendie est bien présent mais plus facilement contrôlé que dans nos départements car les pluies et les orages alimentent quantité de rivières et de ruisseaux. Mais attention, leurs eaux, limpides en apparence, peuvent-être polluées par des décharges sauvages ou les rejets des riverains. Eh oui, même loin de Marseille, nous observons l’environnement avec le regard du CIQ de Saint Joseph (2). La région a organisé des déchetteries sur tout le territoire mais à notre grande surprise on ne trouve plus des points pour des poubelles générales, lesquelles sont définies comme « ordures ménagères », ce qui sous-entend que tout doit être trié, ce qui nous apparaît excessif. Que deviennent alors les déchets des bricolages, électroniques, litières d’animaux etc… ? Question sécurité, elle est incomparable par rapport au milieu urbain et nous avons pris de mauvaises habitudes comme celles de laisser nos portes de véhicules ouvertes (3) ! Durant un séjour de seize jours nous n’avons subi aucune agression, ne serait-ce que verbale, et si dans les campings la proximité dans les lieux des sanitaires/douches s’avère toujours délicate, pratiquée par les européens du Nord, l’hygiène a toujours été respectée (4).

Comme dans toute la France, l’été est propice aux festivals et aux expositions, et à la Charce nous avons pu voir une exposition sur les « Exils Huguenots ». En effet, la Drôme a connu l’histoire pleine de cruautés des guerres de religions du XVIe et XVIIe siècle. Les chapelles et les temples des hameaux en témoignent, de même que les chemins de grande randonnée comme ceux intitulés « Sur les pas des Huguenots », qui tracent les voies de l’exil qui ont conduit de nombreux habitants de notre pays à trouver refuge en Suisse, aux Pays Bas, en Allemagne et jusqu’en Afrique du Sud. Si seulement cette histoire pouvait nous inspirer une coexistence pacifique entre personnes de religions différentes ou l’accueil de réfugiés en provenance de zones de conflits !

Cette région, intégrée dans l’espace administratif « Rhône-Alpes-Paca », nous a tellement plu que nous avons le projet d’y revenir, d’autant plus que la distance entre Marseille et les Baronnies n’est que de 180 km, histoire de voir les bois parés de leur couleur automnale, ou aux prises avec les bises neigeuses hivernales…

Nous vous espérons en bonne forme et nous vous adressons nos amicales salutations.

 

André et Christiane Barra

        

  1. Plus exactement sous-peuplé car la démographie du département la Drôme est faible 500.000 habitant sont répartis sur un espace de 6530km2 soit une densité de 80 habitants /Km2.
  2. Saint Joseph est un quartier du 14e arrondissement de Marseille, il abrite la mairie du 13/14, les CIQ sont des entités associatives reconnues à Marseille, elles servent de médiatrices entre les institutions et les habitants.
  3. Une fois nous avons même oublié de fermer les portes de notre véhicule avec sacs et portefeuille ! Ne le prenez pas pour une recommandation.
  4. Je me souviens de certains campings sur la côte de Sète, Palavas qui nous avaient mis à rude épreuve !
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G
Bonjour Merci pour ce beau billet sur la Drôme et alentours, j aime .... Aie soyez prudents<br /> fermer bien les portières de vos voitures ou que vous soyez . Bonne journée en ce lundi
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