A l’écoute de la Parole de Dieu
23e dimanche du Temps Ordinaire 06/09/2026
Ez 33, 7-9. Ps 94 (95). Rm 13, 8-10. Mt 18, 15-20
Les textes de ce dimanche peuvent être lus sous le titre : notre responsabilité vis-à-vis des autres.
Cela commence par un texte assez sévère d’Ézéchiel : nous ne pouvons pas nous désintéresser de ce que fait notre prochain, nous en sommes aussi comptables. Et si le prophète parle seulement de la maison d’Israël, nous savons maintenant que c’est à l’échelle de l’humanité que nous devons comprendre les textes. Il ne s’agit pas d’entrer intempestivement dans la vie des autres, mais nous ne pouvons pas non plus fermer les yeux devant les injustices du monde sans réagir. Nous prétendons, nous chrétiens, agir pour la construction du Royaume, et cela commence dès ici-bas. Cela nous engage envers nos frères, et dans le cas évoqué par le prophète, envers aussi ceux qui agissent contre le Royaume : nous ne pouvons pas nous en désintéresser... même si cela nous occasionne quelques difficultés.
Il n’est pas facile de se situer entre le respect des choix et de la vie des autres, et en même temps la nécessité d’œuvrer pour qu’elle soit conforme à la venue du Royaume. Alors qu’autrefois (et encore maintenant dans certains cercles) les chrétiens se sont révélés intrusifs et peu respectueux des personnes qui n’agissaient pas conformément à leurs vues (et c’est peu dire !), la tendance actuelle serait celle d’un désengagement, de fuite de nos responsabilités. Mais attention cependant, nous ne pouvons pas intervenir n’importe comment, le prophète a bien écrit :
« Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part ».
C’est au nom de Dieu que nous intervenons, quelle responsabilité ! Nécessité de rechercher sa volonté, de nous soumettre à sa Parole, à son Verbe, et non en suivant nos propres désirs projetés sur les autres. A nous de trouver une juste ligne, Ézéchiel nous rappelle que cela nous engage.
Dans l’Épître aux Romains, Paul nous donne une clé, qui est l’amour :
« N’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi. »
Ainsi, si nous devons intervenir auprès des autres pour qu’ils respectent la Loi, comme le préconise Ézéchiel, c’est que cette Loi est celle de l’amour :
« Donc, le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour. » ajoute saint Paul.
C’est à la lumière de ces deux textes que nous pouvons chanter le psaume d’acclamation de Dieu qui nous sauve. Il prend sens dans la mesure où nous nous efforçons d’instaurer la loi d’amour.
L’Évangile revient sur la façon de prendre nos responsabilités, en écho au texte d’Ézéchiel. Saint Mathieu se situe dans le contexte de l’Église, comme Ézéchiel se limitait à Israël, saint Paul, lui, a ouvert nos responsabilités à l’échelle du monde.
Très intéressante l’affirmation que tout ce qui sera lié (ou délié) sur terre le sera dans le ciel. Ne lui faisons pas dire ce qu’elle ne dit pas, à savoir que l’institution Église pourrait nous imposer ses lois qui engagent notre vie éternelle. Cette affirmation dit simplement, mais c’est autrement important, que ce que nous faisons ici-bas a un parallèle auprès de Dieu, ou un écho si nous préférons. La construction du Royaume ici-bas est connectée à la venue du Royaume éternel.
Et nous terminons par un encouragement à ceux qui œuvrent dans l’amour :
« Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »
Marc Durand
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