A l’écoute de la Parole de Dieu

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                          18ème dimanche du Temps Ordinaire 02/08/2026                                     Is, 55, 1-3. Ps 144 (145). Rm 8, 35. 37-39. Mt 14, 13-21.

En cet été marqué par les catastrophes naturelles (pas si naturelles que cela d’ailleurs), par les guerres sans fin, les massacres qui comblent d’aise les massacreurs (c’est peut-être cela le pire, cette perte d’humanité), en cet été donc nous nous sentons bien englués. Où est l’espoir ? A quand une sortie de crise ? En face de cela Isaïe, qui s’adresse au peuple qui, lui, est sorti de la crise de l’exil, nous proclame : « Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! » ou encore « Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez !» et le voilà qui nous parle des « bienfaits garantis à David » sur lesquels nous pouvons compter. N’est-ce pas un appel à changer notre regard ? Non pas à ignorer le monde de souffrance, mais à savoir que l’Esprit est toujours parmi nous et que le Règne de Dieu est toujours au programme. Le Royaume est parmi nous, mais en gestation...oh combien douloureuse. « Présentement encore la création tout entière gémit dans les douleurs de l’enfantement...Ce n’est qu’en espérance que nous avons été sauvés » (Rm 8, 22.24) nous dit Saint Paul. Le « monde de Dieu » n’est pas le nôtre et nous sommes appelés à le rejoindre, gardons cette petite idée dans un coin de nos pensées en ces temps troublés. Ce monde est déjà là … bien invisible.

Et sachons que le Seigneur « est proche de tous ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité. »
Osons chanter ce psaume…

La lettre de Saint Paul insiste : « rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu
qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ».
C’est bien à un acte de foi dans le noir le plus complet que nous sommes appelés, il en est d’autant plus important. A Gethsemani, c’est Jésus qui y a été appelé, et ce ne fut pas simple (« Père, éloigne de moi ce calice »). Il s’est bien repris au moment où Judas est apparu pour le trahir, mais il a de nouveau sombré sur la croix devant l’abandon de Dieu, avant de se reprendre enfin une dernière fois : « tout est consommé ». Nous ne sommes pas plus grands que le Christ.

La Croix-Résurrection du Christ n’est pas un fait du passé, elle est un éternel présent, elle est maintenant, elle est Dieu avec nous, maintenant. L’Eucharistie à laquelle nous participons est le sacrement de cette réalité présente parmi nous, sinon elle n’a pas de sens. Sinon elle n’est qu’une assemblée humaine fort sympathique (voire!) qui n’a plus rien à voir avec la venue de Dieu parmi nous.

L’évangile nous relate une nouvelle fois un geste symbolique de Jésus. Contre toutes les apparences, contre toute réalité humaine, Dieu nous rassasie. Ce pain, ces poissons, sont nourriture de Dieu, en les mangeant les hommes entrent dans la sphère divine. Ils annoncent le pain partagé qui fera de nous le Corps du Christ. Encore une fois, à travers des gestes bien humains nous sommes appelés à contempler la réalité de Dieu, à travers ces gestes il nous révèle sa présence parmi nous, il nous révèle que la venue du Christ fait de nous des fils, « il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, qui ne sont pas nés du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu » (Jn 1, 12-13). Nous sommes dans le monde, il n’est pas question de vouloir l’ignorer, mais en parallèle nous sommes du « monde de Dieu » qui est aussi à tout instant parmi nous (et pas seulement lors de la fin du monde !).

                                                                                    Marc Durand


 


 

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