L'éloge de la vieillesse selon Hermann Hesse

Publié le par Garrigues et Sentiers

Une malheureuse erreur de manipulation – un « bourdon » comme disent les typographes – a conduit à amputer de quelques vers le beau poème de l’écrivain allemand Herman Hesse, Éloge de la vieillesse, qui clôt la dernière chronique de Bernard Ginisty, Propos pour temps d’apocalypse.

Nous reproduisons ci-dessous l’intégralité de cet extrait du poème, qui est à (re)découvrir comme un fioretto.

G & S

À chaque appel de la vie,
Le cœur doit savoir dire adieu et tout recommencer
Pour constituer des liens nouveaux, différents,
S’y engager avec bravoure et sans regret.

Chaque début recèle une magie cachée
Qui vient nous protéger, nous aide à vivre après.
Les espaces successifs doivent se franchir gaiement,
Ne pas être chéris comme autant de patries,
L’esprit du monde ne nous enferme ni ne nous lie,
À chaque étape il nous libère, nous fait plus grands

Dès que nous pénétrons une sphère de l’existence,
Que nous y sommes chez nous, nous risquons l’apathie ;
Seul l’homme qui ne craint ni départ ni distance
Échappe à l’habitude qui l’engourdit. 

Publié dans Fioretti

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