A l'écoute de la Parole de Dieu

Publié le

1er dimanche de Carême 22/02/2026

Gn 2, 7-9 ; 3, 1-7a Ps 50 ; Rm 5, 12-19 ; Mt 4, 1-11

 

C'est plutôt assez déconcertant de découvrir que l'Esprit-Saint puisse conduire quelqu'un à Satan, le maître du mal, dans le désert pour le soumettre à des tentations. Or nous savons que l'Esprit-Saint procède du Fils comme du Père. Donc c'est Jésus lui-même qui fait cette démarche vers le désert (1).

Qu'est-ce qui attire l'être humain vers le désert ? Son étendue, son silence, ses nuits criblées d'étoiles, son besoin de solitude mais plus que tout,  je crois, son besoin de spiritualité où il pense retrouver son être profond. Ainsi en a-t-il été de Charles de Foucault et de bien d'autres mystiques.

Il est normal que dès son baptême par Jean-Baptiste où une voix venait de lui dire Mt 9, 17 « Celui-ci est mon fils bien-aimé », Jésus soit attiré par le désert, vers une recherche de lui-même, de son identité de Fils de Dieu.

« Qui suis-je ? » Cette recherche s'affinera au cours de son ministère Mt 16, 13-16 « Le Fils de l'homme qui est-il ?....Et pour vous qui suis-je ?... Simon-Pierre lui déclara : Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Etait-il vraiment le Fils de Dieu telle que cette voix venue du ciel le lui avait signifié ? Lui s’attribuait le titre de Fils de l'Homme sans même oser aller jusqu'à celui de Fils de Dieu.

 

Le séjour dans le désert allait le lui révéler. Le chiffre 40 signifie dans la Bible une longue période mais aussi un temps d'événements importants pour le peuple de Dieu. On dit que Jésus jeûna 40 jours et 40 nuits, le temps du déluge où l'humanité allait repartir à zéro et se renouveler dans son alliance avec Dieu , mais dans un premier temps il y eut affaiblissement de la terre annoncé par un simple rameau d'olivier comme ici il y a un affaiblissement de l'homme : « Il eut faim ». Nul doute que le tentateur en ait profité. On rêve de nourriture terrestre dans ces moments là, transformer les pierres en pain cela prouverait son statut de Fils de Dieu mais Jésus se défendra toujours d'être un magicien et son besoin de spiritualité est le plus fort : « l'homme ne vit pas seulement de pain ».

Tenter Dieu pour savoir enfin s'il est réellement son Fils, rêver de se jeter du haut du Temple, ce bâtiment qu'il appellera plus tard la « maison de mon Père », Jésus sait qu'il ne s'écrasera pas en bas. S'il est Fils de Dieu comme le lui dit par deux fois Satan, Dieu le sauvera. Mais ce n'est pas une tentative de suicide qui lui donnera la réponse qu'il cherche car « on ne met pas Dieu à l'épreuve ».

Enfin c'est la tentation du pouvoir, et si Satan avait raison : « Si tu es le Fils de Dieu » ces mots résonnent en lui. Et soudain Jésus se réveille, il prend conscience de ce qu'il vient d'halluciner, la possession de tous ces royaumes. Et Jésus dit ou plutôt crie « Arrière Satan » ces mots qu'il redira à Simon-Pierre car celui-ci sachant que Jésus était le Fils du Dieu vivant, pensait qu'il ne pouvait pas lui arriver de mal.

Jésus vient de trouver la paternité de Dieu : « C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte ». Et là son jeûne dans le désert prend fin, il peut se remettre à manger avec la certitude d'avoir résisté à ces tentations. Il est réellement Fils de Dieu tout en restant Fils de l'Homme, fils des hommes puisqu'à chacun de nous on peut dire : « C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras... »

 

Combien d'êtres humains cèdent à cette tentation du pouvoir faisant violence aux autres pour agrandir leur territoire, pour avoir l'avancement dans une profession, pour satisfaire une pulsion car ça ne concerne pas que certains chefs d’État, on rencontre cette tentation dans toute la société contemporaine et même parmi des chrétiens. Or c'est la pire des trois tentations. Voler pour satisfaire une addiction, marchander avec Dieu pour obtenir la réussite à un concours, la personne qu'on voudrait posséder, en fait mettre Dieu à l'épreuve pour satisfaire ses projets, c'est grave mais n'atteint pas le degré de céder à la tentation du pouvoir quand celle-ci pénalise les autres car tout acte de violence est un abus de pouvoir.

 

Cela a été la tentation suprême d'Adam et Eve. Céder au fruit défendu, c'est vouloir comme dit le serpent qui ne ment pas, devenir comme des dieux c'est-à-dire prendre le pouvoir sur Dieu même, pas seulement « connaître » le bien et le mal mais en « devenir maître » devenir son propre juge, en se passant de Dieu.

Et la réponse de Dieu ne se fait pas attendre : « ils se rendirent compte qu'ils étaient nus », tout leur est enlevé concrètement avec la honte et l'humiliation de la nudité.

 

Après ce péché très grave, que se passe-t-il pour nous ? La mort pour tous nous dit Paul mais Jésus va rattraper cela car « la grâce de Dieu s'est répandue en abondance sur la multitude avec un seul homme Jésus-Christ ». Le péché est entré dans le monde avec un seul homme Adam mais le pardon s'est manifesté aussi avec un seul homme Jésus-Christ et notre Espérance demeure.

 

Le psalmiste reconnaît comme Paul que tous les hommes pèchent : « ma faute est toujours devant moi ». Mais il demande la grâce de la conversion ; « rends moi la joie d'être sauvé »... »ouvre mes lèvres, Seigneur et ma bouche annoncera ta louange ».

 

Christiane Guès

 

(1) J'ai essayé de traduire ces trois tentations en termes lisibles pour notre temps. On peut supposer que les voix que Jésus entend celle de Dieu et celle de Satan sont entendues intérieurement

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