A l'écoute de la Parole de Dieu

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4ème dimanche du temps ordinaire

So 2, 3; 3 ,12-13. Ps 145 (146). 1 Cor 1, 26-31. Mt 5, 1-12a.

 

Dimanche des béatitudes, fondement de la vie de foi. Jésus nous donne les conditions pour participer au Royaume. Il commence ainsi sa mission d’enseignement en annonçant la couleur. Il décrit le programme du Nouveau Monde qu’il inaugure.

C’est en vivant des béatitudes que nous trouverons le bonheur (« bienheureux » répète-t-il à chaque stance) et serons capables d’être réceptifs à l’amour de Dieu qu’il vient nous proposer et permettre ainsi au Royaume d’advenir.

 

Ce texte des béatitudes est précédé dans notre liturgie par la référence de Sophonie au « petit reste ». C’est Isaïe (le second, qui écrit lors du retour d’exil) qui a introduit cette idée du « petit reste » en annonçant le retour de la déportation. Le peuple avait trahi et le prophète ne se fait plus d’illusion sur la fidélité du peuple à Yahvé. Tous reviendront (les méchants comme les bons), Dieu nous sauve tous, mais seul restera fidèle un petit nombre qui devra construire le Royaume. Ceux-là devront se déterminer pour éliminer l’injustice et le mensonge. Ceux-là sont concernés par les béatitudes. Qui est le petit reste actuel ?

 

Le psaume exulte alors car le seigneur nous sauve de tous nos maux, il l’a montré en libérant son peuple de la déportation.

 

Saint Paul insiste : c’est Dieu qui sauve, non pas nos capacités ou nos œuvres. C’est la grâce de Dieu qui agit en nous, si nous voulons bien l’accueillir. Et pour bien marquer cela, Dieu choisit d’agir par ce qui est fou, faible, d’origine modeste. Ce ne sont pas « ceux qui sont » par qui Dieu pourrait agir.

 

« Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur. »

 

Alors nous pouvons revenir aux béatitudes qui décrivent bien ce « petit reste » sur qui Dieu compte.

Et en premier les pauvres. Il ne s’agit pas ici de louer la pauvreté matérielle. Cette béatitude, la première, nous appelle à nous défaire de nos richesses, de notre suffisance, pour laisser une place à la grâce de Dieu. Jésus s’est présenté au monde d’abord comme pauvre, sans pouvoir. C’était la condition pour être reconnu Fils de Dieu. Un Jésus plein de sa puissance d’homme ne pouvait pas accueillir le Père. En se défaisant de toute idée de puissance, de richesse, il accueille son Père et peut commencer sa mission. On retrouvera cela dans la séquence des tentations au désert.

A la pauvreté s’ajoute la faim de justice, de la « Justice de Dieu ». Elle représente l’ordre du monde voulu par Dieu. Sans cette faim de Justice, impossible de faire une place à Dieu dans le monde. Et on peut être heureux si on est persécuté pour elle, car c’est le signe que nous défendons la place de Dieu parmi nous, que nous entrons dans son Royaume, et cela dès ici-bas.

Lorsqu’on s’est débarrassé de notre richesse, de notre suffisance, que l’on en a appelé à la Justice de Dieu, alors les autres béatitudes deviennent naturelles : doux, miséricordieux, artisans de paix, hommes au cœur pur. Elles sont le signe que l’on est sur la bonne voie.

 

Présentation au Temple

 

Le jour suivant nous célébrons la présentation de Jésus au Temple. Il est étonnant que la liturgie ne célèbre pas mieux cette fête en la célébrant le dimanche proche de sa date, comme il le fait pour d’autres. Cette démarche vers le Temple indique clairement la judéité de Jésus, il est inscrit dans la religion juive, c’est en s’appuyant sur cette réalité qu’il pourra la renouveler et l’ouvrir au monde. De même « on » a supprimé la célébration de la fête de la circoncision le premier janvier. On a gardé pour la liturgie la naissance, l’épiphanie, le baptême, tous événements très importants mais qui n’inscrivent pas la judéité de Jésus, et on a supprimé les deux passages qui la relevaient. Étonnant…

Cette présentation au Temple est l’annonce officielle (au Temple) de la venue du Messie. Cette annonce nous avertit que ce ne sera pas si facile, beaucoup chuteront, incapables d’appartenir au « petit reste » annoncé par Isaïe et Sophonie.

Et maintenant un autre monde peut apparaître :

 

« Maintenant...tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, car mes yeux ont vu ton salut » (Lc 2, 29-30).

 

Le nouveau monde, celui des béatitudes peut commencer, dans la suite de toute l’histoire d’Israël qui a préparé le peuple à comprendre qui est Dieu pour lui, et à recevoir le Salut dans la personne de Jésus.

 

Marc Durand

 

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L
"On a gardé pour la liturgie la naissance, l’épiphanie, le baptême, tous événements très importants mais qui n’inscrivent pas la judéité de Jésus, et on a supprimé les deux passages qui la relevaient".<br /> Ce ne sont pas "(d)es rites anciens" et encore moins "des références historiques" : la présentation au temple est devenue celle du non-juif qui entre, sur quel mode que ce soit, dans l'enseignement du juif Jésus. En tentant de comprendre cet enseignement à travers les restitutions que nous en avons, ou en se tournant vers celles que nous pouvons interroger ou déceler. Cette présentation évoque aussi une nouvelle circoncision en ce qu'elle ouvre, dans une Alliance unique, le chemin difficile vers les Béatitudes qui y sont promises.
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H
Bien qu'élévé dans la religion de ses pères, Jésus a élargi la notion de peuple de Dieu pour sauver l'Humanité.<br /> Il n'est pas le Messie "annoncé" par Isaïe, qui devait délivrer Israël de ses ennemis, et devenr le "roi" d'Israël : il l'a refusé expressément lors de la procession des Rameaux. (Les Juifs attendent toujours LEUR Messie). Dans la parabole du "bon Samaritain" il donne en exemple un juif de seconde catégorie (méprisé par les "bons" Judéens) et en contre exemple un prêtre et un lévite (le clergé et la noblesse). Il prédit la destruction du Temple. Avec Saint-Paul, il efface la distinction entre juifs et non-juifs, il guérit l'enfant d'un soldat romain (un occupant) qu'il cite en exemple de foi. Donc les rites anciens ne sont que des références historiques : pas besoin de célébrer la circoncision dont nos apôtres nous ont dispensés. Les Béatitudes s'adressent au monde entier,
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