A l'écoute de la Parole de Dieu
2e Dimanche du temps ordinaire (année A) 18/01/2026
Is 49, 3, 5-6) ; Ps 39 ; I Cor 1, 1-3 ; Jn 1, 29-34
« Tu es mon serviteur, Israël, en toi je me glorifierai » (Is 49,3)
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux… nous te glorifions… » (Gloria).
Il est beaucoup question de la Gloire de Dieu dans les Écritures. Dieu se révèle dans sa Gloire, lors d’une épiphanie. Pour l’hébreu, le mot « Gloire » n’implique pas, comme en français, la renommée d’un être, mais son poids, sa valeur réelle, qu’elle soit liée à sa richesse ou à sa position sociale. C’est le cas d’un roi. La gloire de Yahweh désigne Dieu lui-même en tant qu’il se révèle en sa puissance et majesté. Pour Jésus-Christ, par exemple, ce sera le cas à la Transfiguration, lorsqu’il apparaît aux disciples dans l’éclat éblouissant d‘une blancheur inhumaine.
Mais comment la faible créature humaine tente-elle de célébrer la Gloire de Dieu, de la traduire en notre monde ? A travers les siècles, ça a été par de magnifiques bâtiments, de somptueux décors, de riches ornements, c’est à dire avec la menue monnaie de ce que l’homme pouvait inventer dans son langage pour tenter d’exprimer l’éclat de cette Gloire de Dieu.
Était-ce la meilleure manière ? Car la Gloire de Dieu s’est aussi manifestée à travers un nouveau-né, couché dans la crèche dépouillée d’une étable ; et le Seigneur ne s’est sûrement jamais abreuvé dans un calice en or… Comment avons nous pu glisser dans des pratiques qui ressemblent plutôt à celles qui entourent les rois de la terre. Les donateurs de tableaux avaient-ils comme premier souci la « Gloire » de Dieu, ou l’expression publique de leur rang, de leurs avoirs et de leur propre renommée ?
La juste manière de rendre grâce à Dieu et de l’honorer n’est-elle pas de faire sa volonté, d’aimer notre prochain comme nous-mêmes ? Il est vrai que cela n’est pas spectaculaire. Faire des processions « solennelles » en habits de tous les jours, sans broderies ni ornements d’or pourrait paraître mesquin. C’est qu’il est difficile d’honorer vraiment Dieu, sinon par une vie conforme à son projet, assez bien résumé dans le décalogue.
Felix culpa, cette conception trop humaine de la « gloire » a donné naissance aux plus belles œuvres d’art. Mais celles-ci ne paraissent-elles pas dérisoires devant la « glorieuse » beauté de la création ?
Marcel Bernos
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