A l'écoute de la Parole de Dieu

Publié le

 2ème dimanche de l'Avent 7 /12/2025

Is 11, 1-10 ; Ps 71 ; Rm 15, 4-9 ; Mt 3, 1-12

 

Ce dimanche nous invite à méditer sur le chemin que Dieu a tracé pour nous permettre de Le rencontrer. Cela commence avec le texte d’Isaïe qui annonce un Messie, un descendant de David. Ce Messie est défini comme celui qui apporte la Justice.
La justice a toujours été un désir des hommes, et dans la bible elle est sans cesse évoquée. Les prophètes dénoncent les injustices dont le peuple est victime ou parfois auteur. Mais la Justice est en même temps un attribut de Dieu, elle est l’ordre du Monde voulu par Dieu. Quant Il exerce sa Justice, il n’est pas d’abord question de punition, de tribunal, mais d’établir ou rétablir l’ordre voulu. Lorsque Dieu juge, ce ne sont pas d’abord des peines qui sont en cause mais une remise en ordre du monde. Ainsi la Justice est un attribut de Dieu, et ceux qui n’exercent pas la justice s’opposent à Lui. Le prophète nous annonce que cette Justice sera pratiquée par le Messie grâce aux dons dont il est pourvu, dons qu’il doit à l’esprit du Seigneur qui repose sur lui (et qu’autrefois nous appelions les « dons du Saint Esprit »). Cette Justice se préoccupe prioritairement des humbles et des petits qui sont les plus fragiles face aux puissants qui se permettent de les écraser.
Le résultat de l’instauration de cette Justice sera alors un monde de paix, dans lequel « l
e loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, etc ». Le texte ne parle pas d’amour, le premier degré de la relation à Dieu est d’accueillir sa Justice et de construire la paix.

 

Le psaume reprend ces idées de Justice, la mise en ordre voulue par Dieu passe par la nécessité de « délivrer le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours ». Le roi, désigné par Dieu, et donc ici le Messie annoncé qui le représente, est appelé à faire régner cette Justice, alors « en lui, que soient bénies toutes les familles de la terre; que tous les pays le disent bienheureux ! »

 

Saint Paul voit dans cette venue du Messie la source de notre espérance. Si sa Justice nous est accordée, alors nous serons « d’accord les uns avec les autres » et nous pourrons « rendre gloire à Dieu ». Et de nous rappeler que cela concerne au premier chef les Juifs auxquels les promesses ont été faites, mais ensuite cela s’adresse aussi aux « Nations » : ce don de Dieu est pour tous.

 

L’Évangile, lui, change de ton. Jean-Baptiste est « celui qui crie dans le désert », et il est brutal. Sans conversion, nous ne pourrons pas accueillir la Justice de Dieu. Celle-ci dépasse de beaucoup le respect de la Loi (Paul, dans ses lettres, en particulier dans celle aux Romains, sera encore plus clair, affirmant que la Loi ne sauve pas). Aux pharisiens et sadducéens qui venaient se mettre en règle avec la Loi par son baptême, Jean rappelle que cela ne les sauvera pas. Être fils d’Abraham ne garantit rien si on n’entre pas dans la foi de ce patriarche, « des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham ». Autant dire qu’être fils d’Abraham est une exigence et non une filiation par le sang. Autant pour nous !
Le baptême de Jean n’est qu’un symbole, il n’est pas efficient. Ce qui est efficient, c’est la conversion du cœur et le baptême « 
dans l’Esprit Saint et le feu » que le Messie nous apportera.

 

Quand le Messie sera parmi nous, alors le règne de paix annoncé par Isaïe commencera, ce sera le signe de sa venue. Ceci est la réponse de Jésus à Jean qui l’interrogeait depuis sa prison : « les boiteux marchent, etc. » Évidemment il ne s’agit pas seulement des miracles physiques, mais des guérisons et redressements intérieurs obtenus dans la foi en Jésus. Ce sera le thème du dimanche suivant.

 

Marc Durand

 

 

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