Pour les vingt ans de notre blog, une invitation à regarder ensemble notre monde à la lumière têtue de l’espérance
Notre blog a 20 ans !
C’est en effet le 5 décembre 2005 qu’ont été mis en ligne nos quatre premiers articles qui indiquaient la tonalité des articles à venir, « Signes des temps », « Réflexions en chemin », « Coups de cœur… ou coups de gueule », « Fioretti », « D’une alliance à l’autre. » Autant de termes que l’on retrouve sur le bandeau au-dessous du cliché aux couleurs de lavande qui vous accueille, ami internautes, quand vous ouvrez notre blog. Si vous en avez la curiosité, il vous suffira de cliquer sur eux pour découvrir les articles que nous avons au fil des ans déposés dans ces diverses rubriques.
Un blog enraciné dans d’autres Garrigues
Créer un blog aurait été un pari assez insensé, si ceux qui ont décidé de le tenter n’avaient pu compter non seulement sur l’expérience des pratiques éditoriales qu’ils avaient acquise en collaborant auparavant à une revue, mais aussi sur un solide appui logistique.
La revue n’était autre que le trimestriel Garrigues qui a commencé à paraître en février 1983 à l’initiative du Père Michel Rondet et des jésuites de la maison de La Baume-lès-Aix aujourd’hui disparue. Le titre de son premier numéro, L’Église autrement… dit assez quelle en était la tonalité.
Et quand les Pères jésuites ont décidé, 23 ans plus tard, de mettre fin à une publication devenue trop onéreuse, le titre du dernier numéro 93-94 publié fin 2005 était L’avenir de l’Église, l’Église à venir.
Était-il concevable que la voix de Garrigues ne puisse plus contribuer au façonnage de cette ecclesia semper reformanda que la revue n’avait cessé de prôner pendant près d’un quart de siècle ? Les membres laïcs du comité de rédaction s’y sont refusé et ils ont proposé de continuer à publier Garrigues sur le site Internet de La-Baume-lès-Aix. Refus à peine embarrassé des bons Pères qui avaient décidé d’autres priorités. Fallait-il dès lors renoncer ? Certains ne se sont pas résignés, assurés qu’ils étaient de pouvoir s’appuyer sur la Communauté Saint-Luc de Marseille, dont des membres étaient tout disposés à les rejoindre et dont les locaux leur étaient librement ouverts pour la tenue de leurs réunions.
Ainsi est né notre blog dont l’intitulé diffère légèrement de celui de Garrigues à la demande des Pères jésuites désireux de ne pas paraître cautionner des propos dont ils n’auraient point le contrôle. Pour autant, la rubrique « Qui sommes-nous ? » qui figure sur le bandeau de droite de notre page d’accueil reprend en substance, et parfois terme à terme, la teneur de l’éditorial en forme de manifeste que Michel Rondet avait rédigé pour le premier numéro de Garrigues.
La fréquentation du blog depuis 2005
Les débuts, on s’en doute, ont été modestes. Outre les « modes d’emploi » de nos rubriques, nous n’avons publié en décembre 2005 que quatre autres articles dont l’un inaugurait la rubrique « D’une Alliance à l’autre » que René Guyon a régulièrement alimentée de 117 autres articles jusqu’à ce que la maladie le contraigne à y renoncer. Intitulé Les garrigues et les sentiers du prophète Isaïe, il vaut la peine d’être relu en cette période de l’Avent pendant laquelle ce prophète accompagne notre cheminement vers Noël. Un autre article, sur L’Espérance, que nous avons publié le jour de Noël, était notre premier « Fioretto ». Mais les « visiteurs uniques » du blog qu’a recensé notre hébergeur Overblog pour ce mois de décembre ont été rares : 113 seulement…
Ce nombre s’est régulièrement accru au fil des ans, jusqu’à marquer un pic au-dessus de 100.000 visiteurs uniques annuels dans les années 2018-2020. Il décroît depuis tout aussi régulièrement : il était de 57.300 l’an dernier, et même si cette année sera un peu meilleure, nous n’atteindrons certainement pas 60.000 visiteurs. Cela peut tenir pour partie au fait que les blogs sont largement délaissés aujourd’hui au profit des réseaux sociaux, mais s’explique plus largement – soyons lucides – par le vieillissement de notre lectorat… qui va de pair avec celui du comité de rédaction.
Heureusement nous savons pouvoir compter sur la fidélité des 678 abonnés à notre newsletter – un chiffre qui dépasse largement celui des abonnés à la revue Garrigues. C’est pourquoi nous leur lançons un appel qui vaut aussi pour vous, amis lecteurs occasionnels, si vous avez trouvé intérêt à consulter nos articles. Merci si vous pouviez faire connaître Garrigues & Sentiers à vos amis et les encourager à découvrir notre blog. Ils rejoindraient ainsi la cohorte des 1.236.000 « visiteurs uniques » qui l’ont fréquenté depuis sa création et y ont lu, ou au moins consulté, 2.302.000 « pages » au fil des 3363 articles (soit en moyenne 14 par mois) et des 42 dossiers (soit un peu plus 2 par an) que nous avons publiés sur les sujets les plus variés. Leur liste est disponible, ainsi que leurs tables des matières, en cliquant au-dessous de l’image de la page d’ouverture sur l’onglet « Dossiers », puis sur « Les dossiers de notre blog. »
Une relecture des deux décennies écoulées…
Retracer les vingt ans de la vie de notre blog n’est pas seulement affaire de statistiques ; cela permet de mesurer aussi combien ces deux décennies ont été marquées tous azimuts par de profondes mutations.
Ainsi dans le domaine du « vivre ensemble », comme on aime à dire maintenant. Nous avions tenu en 2005 à présenter dans le cinquième article que nous avons publié un colloque qui se tenait à Marseille pour commémorer le centième anniversaire de la Loi de séparation des Églises et de l’État, avec pour titre « Cent ans de laïcité. Des chemins pour l’avenir. » Aujourd’hui, une telle formulation relèverait plus d’un pari raisonné que du rappel d’une évidence.
Mais autant vaut pour le regard porté sur l’Église catholique au terme de deux décennies qui ont été marquées, non seulement par la mise au grand jour de scandales sexuels qui l’ont défigurée mais aussi par une chute accélérée du nombre des baptêmes et de la pratique dominicale qui conduit désormais 29% seulement des Français à se déclarer « catholiques. » De ce fait, tandis qu’en 2005 le dernier numéro de Garrigues s’interrogeait sur « L’avenir de l’Église, l’Église à venir », le dossier participatif auquel nous vous avons invités à contribuer cet été a eu pour thème « Peut-on vivre sa foi sans Église ? », ce qui est tout autre chose.
Tout cela sans parler des bouleversements climatiques qui sont la rançon à payer pour l’exploitation irréfléchie et sans cesse croissante des ressources naturelles de notre planète. Ou encore de la nouvelle donne géo-politique qui rebat les cartes distribuées il y a 500 ans quand l’Europe, aujourd’hui nain diplomatique face aux super-puissances du XXIe siècle, partait outre-Atlantique à la découverte et à la conquête d’un Nouveau monde. Et que dire d’Internet et de l’Intelligence artificielle qui révolutionnent l’accès aux savoirs au moins autant que l’invention de l’imprimerie au XVIe siècle ?
… qui vaut invitation à partager ensemble l’espérance qui est en nous
Inutile d’allonger cette liste qui n’est nullement exhaustive car ce sera à vous, amis lecteurs, de le faire si vous acceptez de contribuer au dossier participatif que nous vous proposons à l’occasion du vingtième anniversaire de notre blog.
Il s’agira dans ce dossier, comme y invitait le bon pape Jean à la veille du concile Vatican II, de discerner les « signes des temps » en portant autant que possible sur notre monde le regard neuf qu’ont les membres de la « génération Z » qui ont aujourd’hui entre 20 et 30 ans. Cela, non pour sacrifier au jeunisme, mais pour se défaire de cette nostalgie du temps passé à laquelle on est tenté de céder au fur et à mesure que l'on prend de l’âge.
Travail décapant qui n’est pas sans douleur, car il atteint jusqu’aux ressorts de l’être et met à nu les racines de notre foi. Mais c’est le prix à payer si nous voulons avoir une chance de découvrir au plus intime de nous-mêmes la lumière têtue de l’espérance. Cette espérance dont l’auteur inconnu du Fioretto que nous avons publié en décembre de 2005 écrit « qu’elle ne peut commencer que lorsqu’il n’y a plus rien à espérer. » Cette espérance, aussi et surtout, dont l’apôtre Pierre nous commande « d’être toujours prêts à rendre compte » (1P 3,16).
Alors à vos plumes, amis lecteurs ! Nous espérons que vous serez nombreux à contribuer à notre dossier participatif n° 43, « Rendre compte de l’Espérance qui est en nous. » Ce sera le plus beau cadeau que vous pourrez nous faire en ce vingtième anniversaire de notre blog.
G & S
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