A l'écoute de la Parole de Dieu

Publié le par Garrigues et Sentiers

Fête de la Croix Glorieuse

Nb 21, 4b-9 ; Ps 77 (78) ; Ph 2, 6-11 ; Jn 3, 13-17

 

Dans l'évangile de Jean, la comparaison entre le serpent de bronze et le Christ est un peu surprenante. Le symbole du serpent est plutôt associé à celui du tentateur si on se rappelle la Création, le serpent c'est d'abord Satan qui tente Ève. Or ici la comparaison invite au contraste : d'un côté un objet, une sorte d'idole, de l'autre côté un homme, le Dieu vivant ; d'un côté dans la première lecture des serpents à la morsure brûlante qui provoquent la mort, de l'autre le Fils de Dieu dont l'amour brûlant va jusqu'au don de sa vie pour sauver le monde. (1) La comparaison se limite donc au mot « élevé ». Dans la première lecture, les hommes qui étaient mordus regardaient vers le haut et c'est pour cela qu'ils restaient en vie, ils regardaient vers le ciel, c'est pour qu'ils lèvent les yeux que Moïse avait placé le serpent de bronze au sommet d'un mât.

 

Le rappel de la fin du dialogue de Jésus avec Nicodème nous remet en présence de ce pharisien qui vint trouver Jésus de nuit. Celui-ci lui dit qu'à moins de naître d'en-haut nul ne peut voir le Royaume de Dieu s'il n'est pas naît d'eau et d'Esprit.

Ce même Nicodème, parmi les pharisiens prêts à condamner Jésus, prit sa défense en leur disant :  Notre loi peut-elle condamner un homme sans l'avoir entendu ? »

Il fut aussi présent à l'ensevelissement de Jésus où il apporta un mélange de myrrhe et d'aloès.

Son nom signifie Victoire du Peuple. Il nous représente donc tous avec notre cheminement chaotique vers Dieu.

Il est aussi question de monter et de descendre : « Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'Homme ». L'homme est écartelé entre le haut et le bas, la terre et le ciel, et vivre reste difficile.

 

La croix représente ce mouvement paradoxal de descente et d'humilité et de redressement.

Comme le dit saint Paul dans sa lettre aux Philippiens : « Jésus s'est abaissé devenant obéissant jusqu'à la mort et la mort de la Croix. C'est pourquoi Dieu l'a exalté » d'où mouvement d'humiliation et d'exaltation. C'est peut-être pour cela que cette fête s'appelle : « la Croix Glorieuse »

 

Ainsi rien n'est jamais perdu, rien n'est définitivement condamné. Le psaume nous dit : « Les Hébreux n'étaient pas fidèles à l'alliance avec Dieu mais Lui était miséricordieux, au lieu de détruire il pardonnait »

 

Résumé d'après une homélie de frère Eric

 

(1) Je signale cependant que Jésus n'a pas recherché la mort. Celle-ci lui est arrivée par les grands-prêtres et les Pharisiens qui ont refusé sa loi d'amour, sa préférence pour les pécheurs et les plus petits et surtout son titre de « Fils de Dieu » même si celui-ci était voilé sous celui de « Fils de l'Homme ». Mais de cette mort atroce sur la croix, il en a fait le don en prenant sur lui les péchés de l'humanité afin de la sauver en la faisant entrer dans la Vie Éternelle. Je pense ici à une petite fille de huit ans décédée d'un cancer dont les souffrances ne pouvaient être calmées par la morphine et qui en a fait le don pour que les autres enfants de l'hôpital ne soufrent pas. La mort de Jésus sur la croix est du même ordre. « Ma vie nul ne la prends, c'est moi qui la donne »

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