À propos d’articles récents de G &S : parler de Dieu ou parler à D.ieu ?
L'exclusion des femmes du sacré : Patriarcat, Impureté, infériorité de Sylvaine Landrivon et Avons-nous trahi Jésus en le faisant Dieu ? de Michel Lecomte : presque coup sur coup, deux publications de Garrigues et Sentiers ont dû bouleverser celles et ceux qui attendaient, même quand ils avaient presque cessé de les espérer, des interpellations aussi percutantes et aussi puissamment argumentées venant mettre en cause et en accusation les ‘’fondamentaux’’ du pouvoir clérical, leur archaïsme et leurs méfaits.
Ces fondamentaux qui, dans leurs constructions respectives, leur étaient devenus, à proprement parler, insupportables. Comme autant de fortifications élevées autour d’arriérations dont les fixations étaient si anciennes qu’elles y avaient acquis une validation intemporelle ; laquelle, sur la plus longue durée, avait constitué l’assise de leur force d’empêchement à l’endroit de l’émancipation et de l’élévation spirituelles.
Deux publications qui suivent des cheminements complémentaires dans l’intellection du croire. Mais qui ont en commun d’appeler notre temps à une liberté contestataire face aux enfermements, tant dogmatiques que doctrinaires, dans le corpus religieux, et face aux détournements ou amputations de sens imputables à celui-ci. Pour y substituer le dialogue de la pensée et de la connaissance avec l’Esprit.
Une troisième rencontre, aussi prenante, a suivi, exposant un positionnement tout différent dans le même débat : la contribution de Marcel Bernos au dossier participatif "Peut-on vivre sa foi sans Église ?" Une contribution non moins indispensable dans ce débat, et à laquelle il faut également se reporter pour que le champ des argumentaires soit pleinement ouvert à la réflexion. À commencer par celle du croyant qui s’est résolu à ne plus prendre part à une célébration tant que les femmes n’y tiendront pas le même rôle que les hommes. Mais qui reconnaît la cohérence et la compacité de la contradiction qui lui est apportée.
La contribution de Sylvaine Landrivon
Sylvaine Landrivon fait connaitre à beaucoup d’entre nous le premier tome, L'exclusion des femmes du sacré, de l’ouvrage de Gilbert Clavel ainsi, en même temps, que son auteur. Et la pédagogie, si éclairante, qu’elle y met reprend les composants, notamment historiques, de la question devenue déterminante des motifs pour lesquels l’Église catholique romaine s’obstine à continuer d’exclure les femmes des ministères ordonnés.
Revenir sur l’analyse ‘’(des) fondements, scripturaires, patriarcaux et des appuis sur lesquels se fonde l’institution catholique romaine’’, mentionner que Gilbert Clavel pointe l’affirmation lors du concile Vatican II de ‘’l’absolue égalité entre femmes et hommes’’, et qu’il revient à l’opposé sur ‘’l’intervention délétère’’ du futur Jean-Paul II dans l’élaboration de l’encyclique Humanae vitae publiée par Paul VI et qui verrouille la morale sexuelle, et sur le « coup de grâce » de Jean-Paul II rendant « définitive » l’interdiction de l’accès des femmes aux ministères ordonnés, n’est-ce pas résumer un pan entier des arriérations millénaires sur lesquelles s’est façonné un ordre clérical ?
Un ordre assurément monarchique chez les catholiques et modelé sur la gouvernance de l’Empire romain, avec ce que cela allait comporter d’autoritarisme hiérarchisé. Mais dont les archaïsmes de pensée et d’intellections ont connu leurs transpositions dans l’appareil de croyance de la partie dite fondamentaliste du protestantisme – avec pour notre temps, l’exemple des Églises se déclarant évangéliques d’Amérique et d’Afrique. Le christianisme n’étant pas seul à connaitre l’emprise des prétentions à détenir l’infaillibilité, également déterminées à abolir l’intelligence du croire : dans les trois monothéismes, cette rétraction exigée de l’entendement a toujours procédé d’un enfermement dans le littéralisme, jusqu’à en tirer le pire.
Pour le christianisme, ne doit-on pas faire remonter le processus de l’appropriation de la vérité par une caste sacerdotale à la fermeture de la voie spirituelle dont pouvait naître un judéo-christianisme – le courant chrétien prenant place parmi ceux que comptait l’interprétation du judaïsme en son propre sein ? Une fermeture qui intervenait alors que ce judaïsme vivait le passage du Temple, détruit par les Romains, à la synagogue et la disparition de ses Prêtres : pour lui, un point de passage essentiel vers la formation de la tradition rabbinique, dont le franchissement – s’il n’a aucunement prémuni contre les résurgences obscurantistes des fixations littéralistes où se reconnaissent toutes les orthodoxies revendiquées – a ouvert au sein de la pensée juive un nouveau cheminement vers une spiritualité accordée au questionnement de l’Esprit : celle qui enseigne que « pour chaque verset, il est sept lectures ».
La direction et le visage qu’avec cette fermeture, le christianisme a pris sans retour appellent une interrogation : quelles parts y tiennent les emprunts faits aux paganismes durant une colonisation par la foi qui s’accomplissait très au-delà de l’essaimage, pourtant très conséquent, auquel avait déjà œuvré auparavant le prosélytisme du judaïsme ? Et déjà dans l’imitation des cultes païens dont procédait la mise en place d’un appareil de cléricature voué à prendre la main sur un nouvel empire chrétien en étendant son pouvoir sur les conquêtes sans fin de cette colonisation, et dont la place et la puissance ne cesseront de croître pendant des siècles.
De l’institution d’une caste sacerdotale pouvait-il ressortir, d’époque en époque, une autre conception et un autre enseignement théologiques que ce qui a été autoritairement édicté par la hiérarchie de cette caste ? Dogmes proclamés et ordonnances doctrinales, ou autres émanations des déterminants de pensée de cette hiérarchie, n’ont-ils pas pétrifié, à partir d’une systématisation des lectures littéralistes, les interrogations qu’attendaient, qu’avaient disposé devant notre réflexion, la Parole et les écritures ?
La contribution de Michel Lecomte
Michel Lecomte, après Sylvaine Landrivon, et chacun dans la thématique et la conviction de sa démarche, nous confronte à des articles de foi qui, dans l’Église romaine, et aussi loin que remonte leur consécration, ont été privés de révision ou d’un réexamen en leur entier : ils peuvent aller du péché originel à la crucifixion rédemptrice (1), de l’incarnation à la présence réelle dans la répétition de la Cène, de la résurrection à l’ascension.
Énumération succincte et à laquelle, dans un autre registre de déviation touchant à la morale, doit s’ajouter l’assimilation au minimum névrotique de la sexualité, et plus irréductiblement encore de la sensualité sexuelle, au péché. Une déviation qui renvoie à l’empire que les notions de pur et d’impur – dont probablement l’initialisation s’est inscrite dans le déploiement du cerveau humain – exercent sur les religions et qui est particulièrement incompréhensible dans les monothéismes : comment raisonner un Dieu unique et bienveillant créateur de l’impur ? Et, par-là, prescripteur d’une abstinence du plaisir, lui qui a séparé l’homme de la femme en l’Adam car il s’apercevait qu’il n’était pas bon que cet Adam restât seul (2).
S’agissant des articles de foi et des dogmes précités, les traductions réductrices ou erronées, et les contresens infligés aux premières Écritures, ne paraissent-ils pas avoir eu très largement leur part dans des sacralisations qui prohibaient leur mise en doute ? Ne faut-il pas se demander si, dans son ensemble, cette dogmatique ne s’est pas forgée, et notamment du fait de la distance creusée avec le judaïsme, dans une inintellection des figures allégoriques et des récits symboliques qui étaient l’expression signifiante tant des écritures juives (3) que des transcriptions façonnées par les multiples ‘’ateliers d’écriture’’ évangéliques.
La factualisation narrative n’aurait ainsi pas pénétré les allégories et les symboles dont étaient tissés ses textes-sources, et n’y aurait retenu que ce qu’elle allait comprendre ‘’au pied de la lettre’’ : à cette aune, la rencontre de Moïse avec l’Éternel, le don fait à Moïse de voir l’Éternel – et seulement de dos, ce qui s’entend comme la première et la plus essentielle des clés offertes aux déchiffrages parcellaires de la Parole – ne sont pas plus la relation d’un fait, d’un moment de l’histoire des hommes avec D.ieu, que ne l’est la Résurrection du Christ au troisième jour. Ce qui ne retire rien à l’ineffable beauté de la scénographie et du dialogue de la Rencontre au tombeau, projection de la promesse d’une résurrection universelle des corps dans une vie à annoncer.
Tous questionnements qui rejoignent la contestation par Michel Lecomte de ce qu’il analyse comme la transformation d’une ‘’existence humaine offerte en chemin de libération en une figure divine inaccessible (…), structurée dans un monde gréco-romain (…) de dieux incarnés (…), de sauveurs divins’’ : le remplacement solennisé ‘’d’un homme libre en un être divin, deuxième personne de la Trinité’’. Une substitution qui infirme le déplacement du Fils de l’homme dans la figuration d’un Fils de Dieu ?
Les deux articles soulignent en parallèle ce qui appartient à ‘’la structure verticale, hiérarchique, du système clérical centralisé’’ (Sylvaine Landrivon) dans la perpétuation à la fois d’arriérations systémiques, et au tout premier chef à l’encontre des femmes, et dans les réclusions dogmatiques qui excluent tout libre examen qui infirmerait une théologie érigeant une architecture de la foi censée être immuable, mais que fissurent profondément les très probables déviances de l’intellection chrétienne des premiers siècles. Michel Lecomte relève que dans cette théologie ‘’ Jésus devient objet de culte plus que maître de vie’’ – ‘’l’adoration du saint sacrement en (étant) l’illustration la plus manifeste’’.
De là, ils se rejoignent sur la critique des écrasants rituels (on y englobera spontanément la sommation démesurée des rites et des vestiaires ecclésiastiques, tous hors du temps, dont pratiquement aucun croyant ne pénètre plus le sens) : pour Sylvaine Landrivon, et touchant au plus mémorable, ‘’nul rituel ne peut prétendre (…) répéter en propre’’ la mort sur la croix Jésus-Christ qui en appelle à une célébration symbolique. Michel Lecomte, suivant l’idée que ‘’Jésus n’était pas venu fonder une religion, mais (…) une ouverture dans le judaïsme rigide du premier Temple’’, récuse une sanctuarisation qui l’a ‘’couvert d’or et d’encens, de liturgie grandiose et de latin’’.
La contribution de Marc Durand
Un quatrième article est venu s’engager dans la discussion : le commentaire critique que le texte de Michel Lecomte a inspiré à Marc Durand, Approcher la connaissance de Jésus qui nous mène au Père et nous le révèle dans sa relation avec nous, publié sous ce titre le 28 juillet. Disons-le tout net : alors que la thèse de Michel Lecomte aurait pu faire l’objet d’une réfutation strictement modelée sur la ‘’ligne officielle’’ du discours romain et sur son référent conceptuel le plus codifié, la contre-démonstration théologique de Marc Durand ne cesse de surprendre, voire de dérouter, par la subtilité intellectuelle de son argumentaire. Lequel se construit sur des élargissements continus de l’appréhension ordinaire de l’adoration de Jésus, et donne place à des citations telles que « Ce n’est pas Jésus qui est Dieu, mais Dieu qui est en l’homme Jésus » (Paul Gounelle), ou « le Christ est "la transparence du divin", l’homme chez qui Dieu s’est pleinement manifesté » (Paul Tillich). Et parvient, par ces élargissements, à proposer un dépassement du débat sur ‘’l’essence métaphysique’’ de Jésus, allant jusqu’à avancer que faute de pouvoir ‘’décrire qui est Dieu’’, la question de la divinité de Jésus devient sans intérêt.
Si Marc Durand, en pleine orthodoxie, suggère pour conclusion que ‘’l’adoration de Jésus est l’adoration de Dieu à travers Jésus qui est, grâce à sa résurrection, le seul chemin pour nous mener au Père’’, nous reste in fine sa formulation – est-elle plus qu’audacieuse ? :
‘’ Notre esprit rationnel voudrait nous faire répondre par oui ou par non à la question de la divinité de Jésus. Mais la réflexion et la Révélation nous amènent à accepter des mélanges de « oui » et de « non », de « il y a » et de « il n’y a pas », voire de propos contradictoires qui contiennent chacun une part de vérité’’.
Cette part de vérité dont le libre examen a fait à jamais sa quête. Et, du côté du croire, son questionnement de l’Esprit auquel sont conviées, pour une incomparable prière, les facultés humaines.
En conclusion : S’en tenir à l’impénétrable réponse apportée par D.ieu à Moïse
Ainsi peuvent se situer les apports de Sylvaine Landrivon et de Michel Lecomte, et déjà par ce qu’ont d’exemplaires leurs émancipations respectives de l’énonciation dogmatique et doctrinale dont une caste sacerdotale s’est dite investie. Se refuser aux glaciations dogmatiques, et s’affranchir en conséquence de tout pouvoir clérical, n’est-ce pas au demeurant déterminer son rapport au croire sur la plus ancienne lumière donnée par l’Éternel sur lui-même et sur l’infime intellection qu’elle projette vers notre entendement : retenons sa traduction, depuis une langue intraduisible par nature et sans doute par vocation, sous sa forme qui paraît la plus partagée en « Je suis qui je serai ».
Une énonciation dont, sur des millénaires, les approches de compréhension ont été innombrables et ont avancé des pistes d’intellection en un nombre qui ne pouvait être qu’infini (4).
Le mystère de la nature divine est ainsi posé dès l’impénétrable réponse apportée à Moïse. L’exposé des déductions tirées de ce mystère, tel qu’il figure dans la prédication protestante citée en note ci-dessous, inscrit dans sa conclusion le message de Jésus à la plus convaincante des places par rapport à l’inconnaissable de D.ieu. Mais comment pourrait-on lire les considérants de cette prédication sans se stupéfier que l’invention et l'imposition par des autorité humaines de dogmes – en résumé de l'incarnation à la résurrection – formatant une réponse à tout, ait pu, sur une durée aussi longue, nier et occulter cet inconnaissable qui est la matrice du parcours spirituel et de la pensée exégétique du judaïsme le plus éclairé – où le christianisme aurait dû placer sa filiation.
S'y tenir l'aurait libéré de la prétention de dire que Dieu est ... (ainsi fait), que Dieu dit (uniquement), que Dieu veut ... (et du même coup punit). Quitte à mettre dans cette libération un semblant de provocation pour mieux entamer les certitudes d'orthodoxie : en suggérant aux auteurs des Credos que décrire D.ieu avec des mots et des phrases, ou en fabriquer la forme avec du bois, du bronze ou de l'or comme le font les idolâtres, reviennent au fond un peu au même.
Ce qui est demeuré inaudible pour les Grandes Prêtrises qui se confèrent le monopole déclaratif de la vérité, cautionnement d’une puissance qui régente jusqu’aux pouvoirs temporels. Et qui fait concéder à ces pouvoirs ce que le Grand Prêtre du Temple a obtenu de Ponce Pilate avec la mise à mort de l’agitateur et contestataire galiléen.
Didier Levy
N. B. : Ce commentaire n’intègre pas l’article Peut-on vivre sa Foi sans Église ? Le cadre est accessoire car Dieu sort de tout cadre, paru dans Garrigues et Sentiers le 30 juillet. Simplement parce qu’il a été lu comme un témoignage personnel, presque intime, qui comme tel n’avait pas à être mis en discussion, mais à être d’abord écouté et compris avec une attention fraternelle. Pour sa sincérité et pour les avancées d’une réflexion qui part d’une sorte de confession spirituelle : ‘’ je crois aussi qu'il n'y a pas de foi, il n'y a que des preuves de foi’’. Une réflexion, d’ailleurs parfaitement intégrée dans les deux commentaires suscités par l’article, qui nous livrent son bilan empreint de tolérance et de clairvoyance : ‘’ (…) l'assemblée des fidèles (…) ne peut comprendre aucune exclusion : elle peut prendre des décisions différentes selon les situations et les lieux. D'ailleurs le for interne de chacun est à respecter par l'Église institution. (il y aurait beaucoup à dire sur la perversion qui se trouve dans certaines descriptions institutionnelles de sacrements, de la description du salut, de certaines théologies). Je suis mal à l'aise parfois dans cette Église catholique mais j'y reste pour y vivre en communion, en communauté’’. Un bilan sur lequel peuvent se réunir des lecteurs opérant au final d’autres choix que l’auteure.
- À cette vision rédemptrice, ne devons-nous pas qu’un instrument de supplice et de mort soit devenu la figuration identifiante d’une religion qu’éclairaient l’appel à l’amour et la promesse de la vie ?
- Cette crispation-répulsion sur la sexualité, intangible, n’est-elle pas à la source d’une obsession de la virginité qui imprègne l’édification du culte marial – en substituant à ‘’la jeune fille d’Israël’’ mariée à Joseph une ‘’Marie toujours vierge’’ (où la faute de traduction passe difficilement pour un miracle) ? Une obsession dont rendent d’ailleurs compte les contresens spontanés auxquels donnera lieu la proclamation d’une Immaculée conception.
- Philon, le philosophe et l’exégète d’Alexandrie, interprétait déjà la Torah de façon allégorique. Empruntons à cet égard à l’Abrégé de l'origine de tous les cultes, de Ch.-F. Dupuis (1796) : « Philon, écrivain juif, pensait de même sur le caractère des livres sacrés des Hébreux. Il a fait deux Traités particuliers, intitulés Des allégories et il rappelle au sens allégorique l'arbre de vie, les fleuves du paradis et les autres fictions de la Genèse. (Ainsi a-t-il) aperçu qu'il serait absurde de prendre ces récits à la lettre. C'est une chose avouée de tous ceux qui connaissent un peu les écritures, dit (aussi) Origène, que tout y est enveloppé sous le voile de l'énigme et de la parabole. Ce docteur et tous ses disciples regardaient en particulier comme une allégorie toute l'histoire d'Adam et d'Ève, et la fable du paradis terrestre ».
- Des semaines, ou des mois, de publications n’épuiseraient pas l’inventaire des lectures de ces ‘’trois mots en hébreu qui recèlent tout le mystère de la nature divine’’. On renverra, pour s’en faire une idée, à la très précieuse synthèse qu’en offre, sur le site du temple de l'Étoile à Paris, le texte de la prédication prononcée le 9 juin par le pasteur Louis Pernot - https://etoile.pro/predications/je-suis-celui-qui-suis. En citant déjà deux extraits : « …Qu’est-ce qui est l’intemporel, ce qui demeure, la structure du monde, l’absolu, la transcendance ? C’est cet absolu que nous appelons Dieu. C’est d’ailleurs de là que vient le nom de YHWH (…), l’Éternel ’’. « … On ne peut pas donner un nom à Dieu, ni dire exactement ce qu’il est. Le nommer, c’est l’enfermer dans des images humaines, or Dieu est ce qui dépasse tout, il est l’indicible, l’au-delà de tout (…). Pour les juifs, son nom est même imprononçable et inconnaissable. Dieu, c’est l’indicible. Cette idée, c’est ce qu’on a appelé la ‘’théologie apophatique’’, et elle a raison : dire quelque chose de Dieu, c’est forcément dire quelque chose de faux. L’important, c’est comment l’idée que l’on en a nous fait vivre, et ce qu’elle génère en nous d’amour, de générosité et d’action positive dans ce monde. Donc Dieu est, parce qu’il y a du bien à accomplir dans ce monde, quant à dire ce qu’il est vraiment, je ne saurais le dire’’.