Gaza : De mal empires

Publié le par Garrigues et Sentiers

« Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23:34)C’était il y a 2000 ans, c’était hier, c’est aujourd’hui.

« Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matthieu 25:40). C’était il y a 2000 ans, c’était hier, c’est aujourd’hui.

Dans le drame de la Palestine nous nous obstinons à ne voir qu’un drame d’aujourd’hui opposant des Palestiniens et des Juifs et cela nous arrange bien car cela nous évite de regarder la réalité en face.

En tout premier lieu on oublie la responsabilité des empires coloniaux, à commencer par le premier d’entre eux, l’empire Romain qui fut à l’origine de la grande diaspora.

Puis vinrent les empires ottoman, germanique, britannique et français.

Lors de l’effondrement de l’empire Ottoman et à la faveur de l’issue de la première guerre mondiale, les britanniques et les français surtout, avec les fameux accords Sykes-Picot qui préconisent de « détacher les Arabes des Turcs en facilitant la création d'un État arabe ou d'une confédération d'États arabes » sous l'autorité de Hussein et de ses fils, les Hachémites (ainsi les qualifie-t-on en raison de leur filiation avec le prophète Mahomet et son arrière-grand-père Hachem).

Les Arabes n'étant pas en mesure de se prendre immédiatement en charge, il est prévu qu'ils soient conseillés et assistés dans un premier temps par les Français, au Nord, et les Anglais, au Sud.

Français et Anglais qui ont eu vite fait de partager et de créer cinq zones ne tenant aucun compte des réalités territoriales géographiques et historiques, seulement des intérêts des britanniques et des français.

On pourrait parler de première manche.

Pendant 30 années, on pourrait dire « RAS », hormis la deuxème guerre mondiale et la Shoah.

Et nous sommes en 1947 et la célèbre et néanmoins honteuse affaire de l’Exodus qui partit de Sète pour ralier les eaux territoriales palestiniennes où il fut arraisonné par les anglais. 

Maintenant ce sont des personnes prenant la défense des droits des palestiniens à vivre qui vont en bateau se faire arraisonner dans les eaux internationales au large de la Palestine par les autorités israéliennes…

Et pendant ce temps-là au Qatar on discute pour essayer de trouver une solution à un blocus organisé par Israël et non dénoncé par les États-Unis, et malheureusement sans les États-Unis rien ne peut se faire apparemment.

Mais il faut se rappeler un épisode pas très ancien qui s’est produit dans les pays du Golfe, celui du blocus voulu par l'Arabie Saoudite contre le Qatar. Résultat des courses : « Pour éviter une pénurie de lait, le Qatar décide de faire acheminer 4.000 vaches élevées en Australie et aux États-Unis, transportées par 60 avions de la compagnie Qatar Airways. Le coût de l'opération devait dépasser les 7 millions d’euros ».
Évidemment j’entends d’ici des remarques cinglantes du style : « Et où c’est qu’y z’atterrissent les avions et c’est quoi qu’elles vont manger les bêtes dans la bande de Gaza ? »
N’empêche, moi, depuis 1947 je ne vois pas beaucoup de commisération de la part du monde musulman envers les Palestiniens mais il est vrai que ce monde arabo-musulman est loin d’être monobloc.

Et si moi, depuis 1947, je n’ai pas connu sur le sol français la guerre, c’est vraiment loin d’être le cas pour les Palestiniens. Palestiniens qui depuis des années maintenant, ont droit à deux états (Gaza et la Cisjordanie) et deux gouvernances (l’Autorité Palestinienne et le Hamas).

Et rappelons-nous qu’en cette même année 1947, décidément très riche, était créée une nation pour les musulmans du sous-continent indien appelée Pakistan oriental et Pakistan occidental, et ce jusqu’à la séparation du Pakistan oriental en 1971 devenu Bangladesh. Et donc je vois assez mal un état Palestinien de Cisjordanie occupée cohabiter avec un territoire de Gaza réduit à néant et séparé de lui par un kyrielle de points de contrôles en tous genres.

Denis Pophillat

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