A l’écoute de la Parole de Dieu

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12e Dimanche du Temps Ordinaire (Année A)

Jr 20, 10-13 ; Ps 68 (69) ; Rm 5, 12-15 ; Mt 10, 26-33

Les premiers chrétiens ont souvent subi le martyre. Actuellement, dans plusieurs pays, les chrétiens sont encore persécutés. Il faut bien avouer que, sous nos climats, ils sont plutôt tranquilles. Trop tranquilles ? Ils ne sont plus les dominants comme ils l’ont été jadis dans une société totalement cléricalisée ; en revanche, ils subissent peu d’«avanies». Il faut donc faire un effort, pour se mettre à la place du psalmiste qui, pour son amour de Dieu, «endure l’insulte» et la honte, se trouve «un étranger pour ses frères» et même un inconnu dans sa propre famille, tout en gardant  une confiance indéfectible en son Seigneur.

Pour dire vrai, nous sommes souvent blottis dans une confortable «religion», qui nous reçoit dès la naissance, nous marie, nous enterre, au prix, quand même, de quelques «pratiques» plus ou moins suivies : assistance à la messe dominicale, baptême des enfants, bénédictions des morts, cérémonies diverses… et, pour les plus pieux, des groupes de prière ou d’études bibliques.

Mais en quoi notre «croyance» (ce qui est un cran au-dessous de la foi) en Jésus-Christ intervient-elle véritablement dans notre vie ? La change-t-elle du traintrain ordinaire ? L’anime-t-elle, au sens propre du mot ?

 

Le texte de Paul (Rm 5, 12-15), très cité et donc connu, est une des clefs de sa théologie du salut. Il rappelle une évidence, dont la portée est néanmoins de conséquence, et à laquelle il ne faut pas trop s’habituer : « Le péché ne peut être imputé à personne tant quil ny a pas de loi». I Sans Code de la route, on pourrait conduire à 200 km/h et à gauche. Il y avait pourtant au moins un conseil impératif dans le Paradis : ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance. On mesure aujourd’hui le poids de cet acte de désobéissance !

Au moment où les risques potentiels grandissant de la haute technologie ne sont plus simplement condamnés par l’Église, comme a pu l’être la science balbutiante semblant contredire une Bible interprétée à la lettre (Cf. Le long débat sur l’évolution), on se réjouit que le pape Léon XIV (qui, décidément, n’a pas fini de nous étonner) aborde les problèmes à la fois éthiques et pratiques posés par l’IA avec profondeur, sérénité et ouverture.

Il faudra que ce qui, en l’occurrence, risque d’être caché, soit parce que les connaissances en jeu sont trop complexes, soit parce que les pouvoirs concernés (politiques, économiques) ont intérêt à agir «dans les ténèbres», soit mis en pleine lumière. Et que les risques prévisibles ou surgissants puissent être traités en amont et efficacement. C’est l’avenir même d’une humanité humaine qui est en jeu.

Pourquoi ne pas prévoir, comme «devoir de vacances», de lire l’encyclique «Magnifica Humanitas», prendre conscience que cela nous concerne, et concernera plus encore notre descendance, et de nous transmettre vos considérations ?

Marcel Bernos

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