A l’écoute de la Parole de Dieu

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Cinquième dimanche de Pâques 2/5/2026

Ac 6, 1-7 ; Ps 32 (33) ; 1P 2, 4-9 ; Jn 4, 1-12.

Au long de ces dimanches du temps pascal, la liturgie nous fait lire les Actes des Apôtres, entrer dans l’histoire (romancée) de la première communauté chrétienne. Luc l’a introduite par l’évocation de l’Ascension qui se trouvait aussi à la fin de son évangile, il souligne ainsi ce sommet de la Bonne Nouvelle, ce point de basculement de la présence de Jésus parmi nous sur terre à sa présence parmi nous dans l’Esprit. Jésus a envoyé ses disciples par le monde en les accompagnant de son Esprit, c’est à eux de s’organiser et à poser les premières bases de l’Église. Il était bon pour eux qu’il disparaisse, autant dire qu’ils sont responsables de la fondation de l’Église et libres de leurs choix.

Dans le texte proposé ce dimanche, nous pouvons d’abord un peu sourire : ce n’est pas seulement maintenant que l’Église est traversée par des disputes ! Déjà les frères de langue grecque se plaignent de ceux de langue hébraïque ! Le service quotidien doit être réorganisé, et nous assistons à l’institution du diaconat. Dans l’Église, tout le monde ne peut pas tout faire, les apôtres décident donc de séparer les œuvres de charité de celles de la prédication. Il n’y a pas encore de préséance, mais cela apparaît quelque peu, les Douze se réservent pour la prédication. Cependant ils insistent pour bien marquer que le « service des tables » exige des hommes remplis de l’Esprit Saint.

Le service est partie intégrante de l’amour de Dieu, il en est une expression, comme en Mt 25 lorsque Jésus a rappelé que c’est à lui que l’on donne à boire ou à manger. Ainsi on ne peut pas établir de hiérarchie entre les divers services, celui des tables ou celui de la prédication.

Dans ce contexte une phrase est a priori un peu choquante : « nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole. » Comme si la prière était réservée aux Apôtres ! En fait la prédication et la prière ne peuvent pas être séparées. Cette phrase nous rappelle que toute prédication, tout travail théologique ne peut se dissocier de la prière. Karl Barth, dans des conférences données à quelques années de la fin de sa vie (en 1962) a développé cela dans tout un chapitre de façon fort claire : « La règle est que le laborare [le travail théologique] est ainsi lui-même essentiellement un orare » (1).

Le psaume est un cri de confiance, bien nécessaire dans le monde actuel qui est aussi troublé que celui de l’Église primitive : « Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour ».

L’Épître de Pierre est un encouragement adressé aux premières communautés, « vous êtes une descendance choisie... ». Comme Jésus, vous êtes des pierres vivantes. Et la pierre rejetée par les hommes est devenue la pierre d’angle sur laquelle nous devons nous appuyer, celle qui tient tout l’édifice. Texte qui nous conforte dans notre foi malgré les difficultés pour en vivre dans un monde qui rejette le Christ. C’est encore d’actualité.

A cela s’ajoute l’affirmation que cette pierre d’angle est aussi pour certains une pierre d’achoppement (et nous sommes tous parfois de ces « certains »). Cela rappelle la prophétie de Siméon au Temple « Vois ! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël » (Lc 2, 34). C’est dire le sérieux exigé de notre engagement à la suite du Christ, et l’espérance car la chute est suivie du relèvement.

Dans l’évangile, Jésus se déclare comme le Fils de Dieu. Le Fils et le Père, c’est tout comme : « Celui qui m’a vu a vu le Père ». Et le Fils part nous préparer une place « afin que là où je suis, vous soyez aussi ». Ce texte est un fondement de la christologie :

« Je suis la voie, la vérité et la vie »

Jésus est le chemin : cette recherche de la voie qui doit guider l’humanité, on la retrouve aussi dans les sagesses asiatiques, Lao Tseu, Confucius (différemment l’un de l’autre) se réfèrent à une Voie (le Dao) qui nous transcende et qu’il faut suivre. La Vérité est aussi recherchée par tous les hommes, cette Vérité du Christ signifie sa plénitude, il n’y a rien hors de lui qui ne doive revenir à lui pour entrer en Dieu. La Vérité de Jésus est son authenticité de Fils du Père. Quant à la Vie, c’est ce pourquoi le Fils s’est incarné, nous donner la Vie en plénitude. Cela se trouve tout au long de l’Évangile. La vie terrestre qui nous anime est appelée à être transformée en Vie éternelle, c’est-à-dire en Vie divine. Il faut nous désengluer de la vie terrestre (« perdre sa vie », ce qui ne signifie pas la renier), pour accéder à la Vie que Jésus est venu nous apporter.

Jésus est bien la Voie, la Vérité et la Vie qu’il nous offre.

                                                                                            Marc Durand

(1) Karl Barth, Evangelical theology– an introduction, Holt, Rinehart and Winston,USA,1963 …

et plusieurs rééditions.

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