« Choses vues (ou entendues) » 33 : Croyez-vous possible d'atténuer les effets du changement climatique ?

Publié le par Garrigues et Sentiers

Les rédacteurs de cette chronique croient utile de rappeler qu’ils ne prétendent jamais « traiter » un sujet, mais qu’ils se contentent de soulever les incohérences ou les contradictions qu’on y rencontre.

Malgré toutes les catastrophes « naturelles » (inondations, sécheresse…) de fréquence et d’intensité accrues, un bon nombre de personnes, y compris parmi celles qui sont censément des responsables politiques ou économiques, nient le réchauffement du climat en cours, dont les conséquences sur la vie des habitants de la terre risquent d’être, à terme, fatales à l’espèce.

Certes, il peut y avoir un débat sur les parts respectives de la nature (nuages, volcans…) ou de l’homme industriel dans cette dégradation du climat. Les pourcentages estimés varient, attribuant à l’une ou l’autre partie la responsabilité principale de cette situation. Il n’importe, la part de l’homme, fût-elle moindre, est la seule sur laquelle il peut agir et donc c’est à lui de faire le maximum de ce dont il est capable pour réduire le danger programmé.

Est-ce possible, est-ce réalisable ? On est ici affronté à l’opposition inéluctable et irréductible entre le souhaitable et le réel.

L’emploi des énergies fossiles, souvent les premières incriminées, ne semble pas, pour l’instant, pouvoir être totalement remplacé, ou il le serait par des techniques qui posent elles-mêmes des problèmes environnementaux. Ainsi, l’énergie électrique et les matériaux nécessaires pour créer le matériel permettant de se passer des hydrocarbures (telles les batteries des voitures électriques) sont produits eux-mêmes dans des conditions discutables (emploi du charbon dans des centrales). De même, l’énergie nucléaire, quoique considérée comme plus « écologique », présente l’inconvénient qu’on ne sait pas encore retraiter les déchets. Les énergies « propres » posent aussi quelques questions, comme l’intermittence du vent ou du soleil…Une telle contradiction se retrouve dans bien des cas et affecte la vie courante de nos sociétés.

Quelques exemples non exhaustifs de ces sortes d’antinomies :

Certains produits phytosanitaires sont dangereux pour la santé, éventuellement cancérigènes, ou « simplement » tueurs d’abeilles (c’est à dire de pollinisateurs indispensables à l’agriculture.) Ils polluent en outre les nappes phréatiques. Mais les nécessités de la production agricole, face aux maladies des plantes ou aux insectes destructeurs de récoltes, la rentabilité des exploitations, la résistance à la concurrence, peut-être aussi la simplification du travail pour les agriculteurs semblent rendre leur abandon « impossible » dans l’immédiat.

La suppression de l’industrie d’armement serait moralement souhaitable, mais la fermeture des usines entraînerait du chômage. Cet argument se retrouve souvent avancé lorsqu’on propose des mesures favorables au respect de la planète, mais contraignantes pour les producteurs.

La réduction de l’utilisation des plastiques, grosse pollueuse, mais considérée, au moins provisoirement, comme indispensable pour plusieurs industries (emballages par exemple) et, là encore, desservant l’emploi, y compris des sous-traitants.

On a pris récemment conscience du danger que présente la bétonisation des sols, liée à l’urbanisation telle qu’on l’a menée jusqu’ici. Mais il faut du temps pour « passer à l’acte », soit par la force de l’habitude, soit parce qu’une autre manière de faire pourrait coûter plus cher.

Constatons, honnêtement, que nos propres comportements ne sont pas toujours rigoureusement écologiques, par facilité ou négligence, et que nos consommations (énergie, eau…) ne sont pas toujours régulées conformément aux conseils d’usage.

Bref, sans être outrageusement pessimistes, peut-on envisager avec réalisme que nous réussirons à limiter l’augmentation des températures à 1,5° d’ici quelques décennies, alors que ce seuil est déjà atteint ?

Jean-Baptiste Désert

Publié dans Réflexions en chemin

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H
Il n'y a pas que le problème climatique qui nous menace. Il y a la pollution (de l'eau de l'air et des terres). Ily a la perte de biodiversité qui est alarmante. De plus nous produisons beaucoup de choses superflues, voire nocives. Kenneth Boulding, ^prix Nobel d'économie dans les années 1950 avait écrit : celui qui croit à une croissance infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. Nous en sommes là aujourd'hui. La seule solution est la sobriété. Et surtout ne pas laisser le contrôle de la planète aux financiers qui nous ont mis dans cette galère. On ne peut pas servir à la fois Dieu et l'Argent ! Joseph Stiglizt, prix Nobel d'économie, a écrit un livre intitulé "Le triomphe de la cupidité" (il a été vice-président du FMI et de la Banque Mondiale, il sait de quoi il parle).
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J
Réflexion nécessaire face aux évidences de la détérioration de l’environnement. Les grandes forêts d’Amazonie sont parties en fumée, les grandes villes d’Asie sont confrontées à une pollution de l’air insupportable, tandis qu’en Afrique, les plages, les rivières sont couvertes de nos vêtements usagés. Des continents de sachets plastiques couvrent les océans, tandis que des espèces d’animaux disparaissent tous les jours. Il pleut beaucoup ou ne pleut pas du tout. Les ouragans se déchainent plus que jamais. Il faudrait être fou pour ne pas comprendre que rien ne va plus, alors que les températures augmentent progressivement. Les climatologues du GIEC s’opposent aux Climatosceptiques depuis maintenant des décennies, pour évaluer ou non la cause humaine de ces dérèglements. Des études sortent tous les jours et les arguments sont avancés avec force. Que croire ? Nous ne sommes pas compétents pour les départager, cependant il faut considérer que notre bonne planète a connu des phases longues et profondes de variation des conditions climatiques, allant de la hauteur des océans, à la composition de l’air lui-même, en passant par des phases de grands réchauffements et d’époque glaciaires. Ce ne sont pas les flatulences des dinosaures qui ont provoqué cela, et encore moins les insignifiantes activités humaines avant l’ère industrielle. Peut-on se demander véritablement « à qui la faute et ce que nous pouvons changer ? » ou finalement, devons-nous réellement nous poser cette question ? peut-être que les écritures nous apporteront la bonne solution, car il est dit : « Puis je vis une nouvelle terre, car le premier ciel et la première terre avait disparu…. Apocalypse 21 : 1
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