A l'écoute de la Parole de Dieu
6ème dimanche du temps ordinaire 15/02/2026
Si 15, 15-20 ; Ps 118 ; 1 Co 2, 6-10 ; Mt 4, 1-11
«Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu : étends la main vers ce que tu préfères» (Si 15,15).
Six siècles après le Deutéronome, le Siracide répète ici la même interpellation de l’homme par Dieu : «Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal» (Dt 30,15). Mais il franchit un pas de plus en rigueur en annonçant : «Si tu le veux, tu peux observer les commandements». Nous, «pauvres pécheurs», nous trouverons que ce n’est pas si simple et que, souvent, on peut dire avec saint Paul : «J’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas» (Rom 7, 18-19).
Pour pallier notre incapacité fréquente à choisir le bien et éviter le mal, nous disposons d’un outil, résumé de la Loi : les «Dix commandements», dont il convient de faire bon usage quotidien. Ne nous le cachons pas, nous n’aimons pas trop, de nos jours, être «commandés», fût-ce par Dieu. Bien sûr, il sont astreignants. Mais y a-t-il, dans ce code éthique, un «conseil» qui ne conforte la paix sociale, qui ne favorise le «vivre ensemble», dont on nous parle tant sans en définir exactement les moyens. C’est de cette Loi dont parle Jésus, quand il en majore les exigences, il indique jusqu’où il faut aller pour l’accomplir.Ainsi, une crise de colère devient aussi peccamineuse qu’un meurtre. (Mt 5, 20). Il est vrai qu’une parole agressive peut «tuer», au moins la relation entre les personnes. C’est pourquoi Jésus dira un peu plus loin dans Matthieu : « Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère» (Mt 5 23,24). On sait, quand on a suivi sa vie et son enseignement, que la Loi suprême est l’amour.
Il y aurait 119 versets bibliques célébrant la Loi, nombreux dans les psaumes, en particulier le 118 (119) avec la litanie de ses 176 versets uniquement réservé à saluer la beauté de la Loi et la joie de celui qui reste fidèle à ses commandement, évoquant diverses situations et diverses attitudes de l’amoureux de la Loi.
Ces considérations éclairent peut-être la célèbre phrase de saint Augustin : «Aime et fais ce que voudras». Ça ne veut pas dire qu’on peut faire n’importe quoi, mais que, si l’on aime vraiment, on dépasse par là même la loi que l’on a intégrée, que l’on accomplit.
Marcel Bernos
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