A l'écoute de la Parole de Dieu

Publié le par Garrigues et Sentiers

27ème dimanche du temps ordinaire 05/10/2025

Ha 1, 2-3 ; 2, 2-4. Ps 94 (95). 2Tm 1, 6-8.13-14. Lc 17, 5-10.

 

La liturgie de ce jour encadre la seconde lettre à Timothée de deux textes qui se répondent. Commençons par la seconde lettre à Timothée. Signée de Saint Paul, mais postérieure à lui, due à un ou des disciples. Après la disparition de Paul, les lettres qui sont écrites changent de ton : lui prêchait à temps et contre-temps Jésus-Christ mort et ressuscité, témoin de l’amour du Père et du salut apporté par le Christ à l’humanité entière. Plus tard les communautés se sont installées, l’enseignement de Paul a été plus ou moins intégré, reste à le mettre en pratique dans les faits. Ce sont donc des consignes de comportement qui sont données, demandant de mettre en conformité les actes avec l’enseignement reçu. L’épître de ce jour insiste pour que chacun prenne sa part de l’enseignement de l’Évangile en prenant celle des souffrances que cela peut impliquer. Elle finit alors par cette consigne : « Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté, avec l’aide de l’Esprit Saint qui habite en nous.» Nécessité de la foi qui sera reprise dans l’Évangile.

 

Dans les textes proposés par la liturgie des jours précédents, les prophètes parlent après l’exil. Ils reprochent amèrement au peuple son abandon de Dieu qui a mené à la déportation. Mais l’espoir est là : si les Juifs s’appuient de nouveau sur Dieu en lui construisant un Temple et en suivant sa Loi, alors le Seigneur les gardera. Ils ne doivent pas construire de rempart, s’enfermer par peur des autres (cela devrait nous dire quelque chose actuellement, et pas seulement en Israël, cf. la campagne « des ponts, pas des murs »), c’est Yahvé lui-même qui sera le rempart de son peuple.

 

Le texte d’Habaquq lu ce jour se situe un siècle plus tôt, quelques années avant la déportation à Babylone. Les périls assyrien et chaldéen sont alors bien présents et le peuple, à juste titre, a peur. Mais le prophète, ici, ne s’occupe pas des reproches envers le peuple, ce n’est pas cela qui l’intéresse, c’est contre Dieu qu’il se retourne car Yahvé semble laisser faire : « Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? ». Le problème du Mal est posé là, Dieu laisse le Mal se développer, serait-ce qu’il « traite les humains comme les poissons de la mer, comme la gent qui frétille, sans maître ? » Le prophète est scandalisé et il va guetter « pour voir ce que Dieu va répondre ». La réponse de Dieu « viendra certainement, sans retard. Si elle paraît tarder, attends-la ». La réponse est venue : «le juste vivra par sa fidélité ». Dieu ne peut pas empêcher le Mal, mais il peut en sauver celui qui se fie à lui. Cela annonce la libération qui adviendra quelques dizaines d’années plus tard avec le retour d’exil. Évidemment pour nous cela annonce le salut par la Résurrection qui suit l’impossibilité pour Dieu d’empêcher le Mal exprimé dans la Passion.

A notre époque, où l’angoisse peut aussi nous prendre, nous sommes ainsi appelés à lutter contre le Mal qui nous envahit et auquel nous participons, et à fonder notre espérance sur Dieu qui ne peut empêcher le Mal mais qui peut nous ressusciter à travers ce Mal et ces souffrances.

 

L’Évangile de Luc fait écho. « Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde... » ! Avons-nous assez de foi pour être capables d’espérer en vérité ? Et aussi : « faites votre travail, le reste viendra après », car lorsque nous servons le Maître « ‘Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir’». Servir le Maître, nous a expliqué Mathieu (Mt 25), c’est servir son prochain.

 

Alors proclamons avec le psaume notre joie d’avoir le Seigneur comme Rocher qui nous sauve, et pour que cela ait un sens, « ne fermez pas votre cœur comme au désert, où vos pères m’ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

 

Marc Durand

 

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