À l'écoute de la Parole de Dieu

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À l'écoute de la Parole de Dieu

Deuxième dimanche de Carême 01/03/2026

 

Nous sommes sur le chemin qui doit nous conduire au dénouement du « drame » de la relation entre Dieu et l’humanité. Les textes liturgiques des dimanches de carême nous accompagnent dans notre méditation. Ils ont commencé par l’évocation de la lutte entre l’homme et Dieu, depuis le péché d’Adam jusqu’à la tentation de Jésus au désert. Ce second dimanche inverse le temps, il évoque le dénouement et les conditions pour sortir de la situation initiée par le péché d’Adam, c’est le dimanche de la Transfiguration. Les trois dimanches suivants vont approfondir ce qui fait l’essentiel de notre foi : la soif de Dieu, la reconnaissance du don de Dieu et l’appel à la prière en vérité pour la Samaritaine, la lumière pour l’aveugle né, le don de la vie pour la « résurrection » de Lazare. Alors, après, nous pourrons méditer sur la Passion, la Croix, la Résurrection.

Revenons aux textes de ce second dimanche de carême.

 

Gn 12, 1-4a . Ps 32 (33). 2 Tim 1, 8b-10. Mt 17, 1-9

 

Nous passons du commencement de l’histoire du peuple élu, avec Abraham, à l’évocation de la fin envisagée : la gloire du Christ ressuscité annoncée par la Transfiguration.

 

Pour Abram, trois mots disent tout : « quitte », « va », « s’en alla ». Abram n’est pas encore dans un peuple choisi, il doit d’abord quitter, se déprendre, et cela pour aller (« va ») là où il ne connaît pas. Sa disponibilité exprimée très simplement (« Abram s’en alla ») permet alors à Dieu de le bénir et d’en faire le père d’un peuple choisi. Dieu va marquer ce choix en changeant son nom en Abraham. Le don du nom signifie une prise en charge, il fait accéder à l’intimité de celui qui nomme. Abraham est ainsi pour nous l’exemple du croyant qui va permettre à son Dieu de rentrer en relation avec un peuple, et plus tard avec toute l’humanité. Abraham retourne en bénédiction la malédiction introduite par Adam.

 

Le psaume peut alors nous faire dire notre confiance et notre espérance :

 

« Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier. »

 

Dans sa lettre à Timothée, Paul nous appelle à entrer dans le projet de Dieu... ce qui nous amènera à prendre notre part de souffrances. Il conforte notre espérance en rappelant que notre Sauveur s’est manifesté et a détruit la mort. Par là il donne l’objectif de notre chemin de Carême.

 

Par sa Transfiguration, Jésus veut faire comprendre le sens de ce qui va advenir, sens comme signification, sens comme direction. Pour cela il choisit trois disciples, Pierre, Jacques et Jean, qu’il emmènera aussi avec lui au jardin des Oliviers. Ils doivent être les principaux témoins de l’action de Dieu et auront par la suite des rôles éminents : Pierre,la pierre sur laquelle sera bâtie l’Église ; Jacques qui dirigera l’Église primitive de Jérusalem ; Jean à qui est confiée Marie et sera un témoin privilégié de la Bonne Nouvelle. Paul parlera d’eux comme les « colonnes » de l’Église. À Timothée Paul a signifié que nous n’étions pas appelés « à cause de nos propres actes... mais à cause de son projet à lui et de sa grâce ». Cela apparaît bien quand on voit que les trois ainsi choisis étaient « abattus de sommeil » lors de la Transfiguration, et dormaient au jardin des oliviers ! Remarquons cependant qu’il est courant dans la Bible que Dieu se révèle dans un songe, l’homme ne peut pas résister devant la venue de Dieu. Mais il est bien évident que ce ne sont pas leurs actes qui les désignent pour être appelés.

 

La scène se passe sur une montagne alors que Jésus priait, c’est-à-dire à un moment de relation privilégiée avec son Père. Une montagne était vue alors comme plus proche de Dieu, c’est aussi un lieu aride (comme le désert) où seul Dieu compte, donc un lieu privilégié pour Le rencontrer. Moïse a reçu les Tables de la Loi sur le Sinaï, Élie a rencontré Dieu sur l’Horeb. Leur présence lors de cet événement signifie que Jésus s’inscrit dans la continuité de l’Histoire des relations de Dieu avec son peuple et qu’il prend le relais. Elle est une reconnaissance de Jésus comme envoyé de Dieu pour continuer l’œuvre des prophètes. Cela a marqué les trois disciples et Pierre propose alors de construire des tentes qui signifieraient la présence auprès de Dieu du trio ainsi composé. Mais, comme l’écrit Luc en 9, 33, « [Pierre] ne savait pas ce qu’il disait » ! Il est stoppé dans son élan par la voix qui vient du ciel, voix qui « adoube » Jésus en quelque sorte. C’est en lui que Dieu trouve sa joie, et « écoutez-le ».

Après le Sinaï Moïse a conduit le peuple, Élie a été envoyé désigner les prophètes qui devront ramener Israël vers Dieu. Désormais cela est le rôle de Jésus, nouveau Moïse et nouvel Élie qui va conduire son peuple. Moïse a donné la Loi, désormais c’est à Jésus de l’accomplir en proclamant la nouvelle Loi, celle de l’amour. Et c’est encore sur une montagne que leur « successeur » Jésus proclamera les béatitudes, base de la nouvelle Loi qui transcende (et non pas abolit) l’ancienne.

 

Ainsi la Transfiguration est un acte d’élection de Jésus pour sa mission qui est d’accomplir les promesses de Dieu, ce qui le mènera à la Gloire (attribut de Dieu) révélée par la nuée lumineuse. Cette Gloire s’était déjà montrée sur le visage irradié de Moïse descendant du Sinaï (Ex 34, 29-30), cette fois-ci elle manifeste le lien de Jésus avec le Père et annonce déjà la Résurrection, passage obligé pour entrer dans la Gloire du Père.

 

Cette scène est un enseignement pour les trois disciples choisis, qui va les soutenir sur le chemin qui s’ouvre et mène d’abord à la Passion et à la Croix. Enseignement qui devra les rendre aptes à comprendre le sens des événements à venir et de la Résurrection. Alors, et seulement alors, ils pourront en témoigner pour permettre au monde de croire.

 

Pour nous la Transfiguration se révèle comme un acte symbolique devant nous mettre en marche à la suite de Jésus dans sa montée vers Jérusalem.

 

Marc Durand

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