DOSSIER CITOYEN ET CHRÉTIEN FACE AU POLITIQUE

Publié le par Garrigues et Sentiers

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Dossier n° 5


Citoyen... 


 ... et Chrétien

 
... face au politique
 

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Après Cafés théologiques et autres lieux de parole, Psy et Foi, Où va l’Amérique latine ? et Marie, voici notre cinquième dossier, dont l’objet est le politique.

Le politique, non la politique. Nuance subtile, peut-être, mais qui nous a paru avoir son importance. Assez pour que nous ayons différé la mise en ligne de nos articles jusqu’au lendemain du cycle d’élections que notre pays vient de connaître. Agir autrement aurait pu prêter à confusion, laisser croire à un engagement partisan de notre part, quand nous voulons seulement contribuer à une réflexion civique et chrétienne tout à la fois. Sans paraître prendre parti dans la campagne électorale, pouvions-nous diffuser, disons il y a un mois ou deux, le libelle sur Les dangers d’un libéralisme incontrôlé par lequel nous avons choisi d’ouvrir ce dossier ? Et pourtant, ami lecteur, quand vous découvrirez quel est son auteur, que nous avons (pour l’instant) laissé dans l’anonymat…

Le politique, donc, plutôt que la politique, que les chrétiens (et singulièrement les catholiques) hésitent encore souvent à situer Entre boutique et mystique comme le rappelle ici Benoît Lambert. En quoi ils se montrent oublieux des exemples donnés par leurs « grands anciens ». Ainsi Augustin tonnant Contre une République vicieuse et corrompue – entendez par là l’Empire romain de son temps. Ou Calvin s’appliquant à traiter Des diverses formes de gouvernement. Et cela avec le même soin, la même ardeur que l’un et l’autre mettaient à leur réflexion théologique. Comment s’en étonner ? Un pasteur, un simple fidèle même ne peuvent se désintéresser des affaires de la cité pour cette simple raison qu’ils mettent leur foi en un Dieu qui est lui-même engagé dans l’aventure humaine : dans la lignée des billets dont il alimente la rubrique « D’une Alliance à l’autre », voir ainsi l’article de René Guyon, Une petite tour et puis s’en vont, où l’épisode de la tour de Babel est relu comme le ferme engagement de Dieu contre toute forme de totalitarisme.

Vraiment, le chrétien est « embarqué », comme disait Pascal. L’oublierait-il que l’actualité serait là pour le lui rappeler. Qu’il s’agisse de ce qui agite la scène politique mondiale, sur laquelle Dieu, ces dernières années, a fait un retour remarqué (pour le pire, d’ailleurs, plutôt que pour le meilleur) comme le dit G. Bailhache dans un article, Dieu absent, Dieu présent, que nous avons repris du n° 76 de la revue Garrigues. Ou, plus modestement, des débats qui ont agité notre hexagone ce printemps, ce qui a conduit M. Delîle à revisiter la devise républicaine, Liberté, égalité, fraternité.

S’il est un domaine où le chrétien est particulièrement « embarqué », c’est bien en ce qui touche à la « question sociale » comme on dit (ou disait) volontiers dans les milieux d’Église. Voir sur ce point l’éclairage à la fois historique et théologique de l’article de N. Gadea, Du bon usage de la doctrine sociale de l’Église, mais également l’actualisation qu’en donne pour notre temps la contribution de G. Roustang, Changer de logique, reprise elle aussi du n°76 de la revue Garrigues.

Ce changement de logique vaut pour tous et pour chacun. Il conduit certains à des engagements proprement politiques, comme le montre l’article Amateur ou... professionnel en politique, dans lequel P. Rastoin nous fait l’amitié de partager son expérience du « beau et dur métier » d’homme politique qu’il a découvert comme membre de la « société civile » au sein de l’équipe municipale marseillaise. Pour d’autres, qui servent l’Église, il se traduit par des options théologiques et pastorales qu’ils tiennent en honneur de revendiquer, contre vents et marées, au nom de leur fidélité à l’Évangile. Nous avons eu l’occasion de le montrer dans notre dossier « Où va l’Amérique Latine ? » dans lequel les débats sur la « théologie de la libération » courent comme un fil rouge. Nous y revenons ici par un article de Cl. Lacaille, prêtre des Missions étrangères, Lettre ouverte à mon frère Benoît XVI, qui peut également passer comme un codicille de ce dossier.

En tout cela, c’est bien de l’Évangile et de son service qu’il s’agit. Mais aussi, fondamentalement, de dignité, de respect de la personne. Et c’est pourquoi nous avons voulu clore ce dossier par un article d’A. Gianfrancesco, Quelques réflexions sur la dignité humaine, qui est sans doute le mieux à même d’exprimer cette double approche, civique et chrétienne, que nous avons voulu conduire à propos du politique.

Clore ce dossier… Voire. Sur la toile, un dossier n’est jamais clos. D’autres contributions viendront, que nous avons sollicitées ; la rubrique des commentaires, d’autre part, est en permanence ouverte pour que vous puissiez, amis lecteurs, la nourrir de vos réflexions. Et puis, nous l’avons assez dit, le politique (et la politique) constituent un horizon indépassable de notre condition. Nous le savons bien dans notre hexagone où d’autres échéances que le débat qui vient d’avoir lieu se profilent déjà à l’horizon. Puisse ce dossier contribuer à relire ce que fut ce débat et nous aider à préparer ces nouvelles échéances.

G & S

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