A l’écoute de la Parole de Dieu

Publié le

 29e Dimanche du Temps de l’Église (année A) 18/10/2026

Is 45, 1.4-6 ; Ps 95 (96) ; 1 Th 1, 1-5b ; Mt 22, 15-21

 

«Ainsi parle le Seigneur à son messie, à Cyrus, qu’il a pris par la main»

Cyrus le Grand, roi perse (de 559 à 530 av J.-C.), s’est construit un immense empire. Il fut un grand conquérant et, en même temps, un souverain sage. Le Livre d’Esdras (1,1-4), le présente comme celui qui a permis aux Juifs de retourner en Judée et d’y reconstruire le Temple de Jérusalem, détruit en 586 av J.-C. par les Babyloniens.

Pour accomplir ce geste, il a été choisi par Dieu (Is, 1, 1), «oint» directement par Lui, et donc «messie». Ce mot a ici le sens d’«envoyé de Dieu», qui lui a donné sa puissance (Is 1, 5), préposé à accomplir Sa volonté, en l’occurrence la restauration du peuple juif.

On pourrait sans abus, accorder ce titre à d’autres restaurateurs de l’Église, par exemple à saint Paul, François d’Assise ou Jean XXIII… Cette vocation d’envoyé pour «accomplir la volonté de Dieu» n’est-elle pas aussi la nôtre au moment où la notion de «mission» redevient un thème obligé dans l’Église ? C’est un rôle qui n’est pas sans danger, car survient toujours — on peut l’espérer — avec la crainte nécessaire de confondre Sa volonté et notre imagination.

 

«Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu».

Combien de fois n’a-t-on pas vu utiliser cette phrase en des usages diverse, pour ne pas dire contradictoire. On y voit souvent la lettre de noblesse d’une laïcité tranquille. On l’a longtemps interprétée comme : à l’État ce qui relève du temporel ; à Dieu, ce qui relève du spirituel.

Sauf que ça n’est pas si simple, et que le spirituel, s’il n’est pas vague aspiration ou maintenu «hors sol», pour rester pur, s’inscrit forcément dans un contexte précis : une histoire personnelle, des contraintes matérielles, un environnement humain avec ses contraintes… Le reconnaître oblige à un examen attentif de ses manifestations. Un engagement politique peut se faire au nom du spirituel, de même une rupture sociale, une vocation religieuse… Cela exige vigilance, et Léon XIV, dans le cinquième chapitre de Magnificas Humanitas (§ 223), met en garde contre ceux qui, «(utilisant) le nom de Dieu pour légitimer le terrorisme, la violence ou la guerre, en trahissent le visage».

 

Marcel Bernos

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