En quel Dieu je crois ?
Une nouvelle contribution vient nourrir notre « devoir de vacances. » Merci à Henri Cousi de nous l’avoir adressée !
G & S
Quelques éléments : comment définir Dieu, en quel Dieu je crois ?
Dans sa réponse à la Samaritaine (après qu'il a dit que « Dieu veut des adorateurs en esprit et en vérité ») Jésus ajoute : « car DIEU EST ESPRIT. » Voilà une indication sur laquelle nos "théologiens" n'insistent pas assez. Car ils doivent expliquer la Trinité... et que, dans le Credo, il est dit que l'Esprit Saint "procède" du Père et du Fils.
Je m'en tiens personnellement à la parole de Jésus. Comment expliquer alors les trois personnes de la Trinité ? Il faut revenir à la signification du mot persona en latin. Ce mot désigne le rôle joué par un acteur au théâtre, qui est mis en évidence par son masque facial, afin que les spectateurs le reconnaissent. Or, si l’acteur peut « jouer » plusieurs personnages, il n’est pas un de ces personnages. De même, si Dieu est Esprit, il peut aussi se « révéler » sous la forme de trois « personnages » selon les circonstances : le Créateur (appelé Père), Jésus son « envoyé » pour partager notre humanité, ou l’Esprit Saint (ce qui est une tautologie). Donc je crois que l’Esprit est premier : il ne procède pas du Père et du Fils, au contraire je dirais que les deux sont des phénomènes par lesquels Dieu se révèle.
Le « Père », le créateur : je ne crois pas au récit de la Genèse qui est une fable symbolique très éloignée de ce que nous savons des origines de l’Univers et son évolution depuis le « big bang » (avant on ne sait pas, le temps n’existait pas selon la théorie de la Relativité Générale). Par contre, on connaît (assez bien…) comment cet univers a évolué depuis treize milliards d’années. À partir de la gigantesque explosion d’énergie (Fiat Lux) dont on trouve une trace dans le « rayonnement fossile » visible encore de nos jours. Selon l’équation E=MC2, l’énergie peut se transformer en matière et vice-versa. Cette « énergie » a donné naissance à une grande quantité de « particules élémentaires » que nous ne connaissons pas encore bien (la dernière découverte a été le « boson de Higgs » dont ce dernier avait prédit l’existence dès 1940 par de savants calculs de mathématique, et dont on n’a pu prouver la réalité qu’il y a quelques années…).
Ces particules élémentaires se sont progressivement « assemblées » pour donner naissance à des particules plus complexes, qui elles-mêmes ont continué sur le même modèle pour donner naissance à des éléments de plus en plus complexes (exemple l’atome constitué de neutrons, de protons et d’électrons). Ces assemblages ont donné naissance à des atomes de plus en plus « lourds » (cf. Mendeleïev). Les atomes, à leur tour, se sont assemblés pour donner naissance à des molécules de plus en plus complexes, jusqu’à, via les « acides aminés », des « chaînes » très longues, à l’origine de l’ADN (et autres) qui sont les « briques » de la vie « biologique ». Ensuite, l’évolution des espèces nous a conduit jusqu’à nous. J’avoue que c’est un peu loin du « récit » de la Genèse…
Quelle est cette loi, cette force qui pousse cette évolution, via des « assemblages », des « mariages », depuis le big-bang jusqu’à nous jours ? Cette « force » fait « VIVRE » l’univers depuis le début, elle « l’anime » en permanence (éternellement). Ne serait-elle pas « l’âme de l’Univers » (Anima = âme) ? Elle procède par « mariages » d’éléments simples vers le complexe : chez les humains cette force de rapprochement et de mariage, on l’appelle l’Amour. Or Benoît XVI nous a expliqué, dans une encyclique de 60 pages, que Dieu EST Amour. Cette « force VITALE » ne serait-elle pas cet « Esprit-Amour » que l’on peut appeler Dieu ?
Cette « méta-physique » est certes une hypothèse personnelle un peu hardie (que des physiciens plus experts pourraient sans doute infirmer…), mais, en tant qu’ingénieur, elle me permet de concilier ma foi et les éléments de science que je possède. Ma foi tient en peu de mots : « HORS DE L’AMOUR, POINT DE SALUT » pour l’Humanité. Jésus nous a enseigné cela, et la Foi signifie confiance et fidélité à Jésus (pas un catalogue de « croyances »).
Je soumets cette « hypothèse » à la critique des lecteurs de Garrigues & Sentiers.
Fraternellement,
Henri Cousi