Des voix de chrétiens contre le génocide à Gaza et en Palestine et contre la guerre des États-Unis contre l’Iran

Publié le par Garrigues et Sentiers

Comme certains d’entre vous sans sans doute, amis internautes, nous avons reçu le communiqué du collectif des chrétiens contre le génocide que vous pouvez consulter en cliquant sur le lien ci-dessous :

Nous partageons l'indignation qui motive ce communiqué car même si nous venons de fêter la Résurrection, les souffrances dans le monde perdurent et nous pouvons (devons) condamner toutes les horreurs commises.

Mais pour Gaza il y a une particularité qui nous concerne au premier chef : comme les Juifs nous sommes fils d'Abraham et de Moïse, nous sommes façonnés par le Premier Testament dans lequel le Dieu tout-puissant mène des guerres. Comme les Juifs nous devons faire une relecture de ces textes, on ne peut pas s'appuyer sur le Dieu guerrier pour justifier les massacres en cours.

L'État d'Israël prétend justifier ses massacres et son colonialisme en s'appuyant sur la Bible qui lui donnerait ainsi tous les droits. Comme humains nous devons dénoncer ces massacres comme tous les autres massacres, comme Chrétiens nous devons dénoncer l'utilisation de la foi au Dieu d'Abraham pour justifier ces exactions.

Il en va de la crédibilité de notre foi.

Et nous pouvons maintenant ajouter la dénonciation des "Croisades" du ministre États-Unien des armées... Les Croisades prétendaient se justifier par la volonté de libérer le tombeau du Christ et ont ainsi utilisé la foi chrétienne pour massacrer, mais les croisades contre Téhéran ?

Cela les évêques catholiques du Maroc l’ont dit avec force dans le communiqué qu’ils ont publié dès le début de l’« excursion » États-Unienne en Iran et que nous reproduisons également ci-dessous.

G & S

 

COMMUNIQUÉ DES CHRÉTIENS CATHOLIQUES
(DIOCÈSE DE RABAT, DIOCÈSE DE TANGER ET PREFECTURE APOSTOLIQUE DE LAAYOUNE)

Rabat, le 6 mars 2026

Face aux violences et aux guerres qui ravagent l’humanité, particulièrement ces jours-ci le Moyen Orient, les chrétiens des diocèses de Rabat, de Tanger et de la Préfecture Apostolique de Laayoune, ne pouvons pas rester silencieux et nous sentons tenus de déclarer ce qui suit :

  1. Nous rejetons avec toute la force de l’Évangile le recours à la violence et à la guerre comme méthode de résolution des conflits entre peuples ou nations.
  2. Nous exprimons notre profond désaccord avec le concept de guerre « préventive », en raison de son immoralité et de son injustice.
  3. Nous déplorons l’usage de la raison de la force au lieu de la force de la raison.
  4. Nous exprimons notre profonde solidarité avec les victimes de la guerre. Les dirigeants qui décident d’engager une guerre ne tiennent jamais compte du bien de leur peuple, ni de celui des peuples contre lesquels la guerre est ciblée. Les conséquences ne sont pas de dommages collatéraux, mais bien de personnes tuées, blessées et mutilées, enfants et adultes sans distinction ; de familles qui perdent leurs maisons et leurs biens ; et de millions de citoyens contraints de fuir loin de chez eux.
  5. Par-dessus tout, nous condamnons l’instrumentalisation de la religion comme motivation de la guerre et l’utilisation sacrilège et blasphématoire du nom de Dieu pour la justifier. Aucun croyant au Dieu unique et miséricordieux ne peut accepter la guerre avec tous ses effets et ses conséquences.

Pour toutes ces raisons, nous appelons tous les dirigeants chrétiens, juifs et musulmans, ainsi que tous les croyants et les personnes de bonne volonté,  à :

  1. Respecter le droit international et à le faire respecter de nos gouvernants
  2. Activer la diplomatie et le multilatéralisme, ainsi que les institutions créées pour préserver et construire la paix.
  3. Utiliser le dialogue comme méthode, chemin et instrument de paix.

          Aussi nous nous engageons à :

  1. Ne pas tomber dans l’indifférence face à cette situation et ne pas la reléguer à l’oubli.
  2. Prier avec persévérance pour la paix et devenir, personnellement, des artisans de paix dans nos communautés. Cela rejoint l’intention de prière proposée par le Pape Léon XIV pour ce mois de mars : « Désarmons les cœurs de la haine, de la rancœur et d’indifférence, pour construire la paix. Dieu nous a crées pour la communion, non pour la guerre ; pour la fraternité, non pour la destruction »

         En témoignage de tout cela, nous proposons que chaque communauté, termine la célébration de l’Eucharistie ce dimanche 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, en chantant et sortant vers un lieu public et visible. Là, tous formeront un cercle de paix en se donnant les mains. Après une minute de silence, en priant, la communauté récitera le Notre Père et se retirera dans l’espoir que Jésus-Christ, Prince de la Paix, accordera ce don précieux à notre famille, l’humanité.

Au nom des communautés catholiques,

+Cristóbal, évêque de Rabat, sdb 
+Emilio, évêque de Tanger, ofm
+Mario, préfet de Laayoune, omi

« La stabilité et la paix ne se construisent pas par des menaces réciproques, ni par les armes, qui sèment la destruction, la douleur et la mort, mais uniquement par un dialogue raisonnable, authentique et responsable » (Pape Léon XIV, Angelus du 1er mars 2026)

« La paix et la sécurité doivent être cultivées et poursuivies grâce aux possibilités offertes par la diplomatie, en particulier celle exercée au sein des instances multilatérales » (Cardinal Parolin)

« Si les États étaient reconnus comme ayant le droit à une « guerre préventive», selon leurs propres critères et sans cadre juridique supranational, le monde entier risquerait de s’embraser. Cette dégradation du droit international est profondément inquiétante : la justice a été remplacée par la force, la force du droit par la loi du plus fort » (Cardinal Parolin)

Publié dans Signes des temps

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Merci pour cet article, Merci aux évêques du Maroc, Merci à au pape Léon, Merci à François d'Assise, Merci à Jésus de Nazareth.......<br /> <br /> Une remarque et un désaccord portant sur le paragraphe suivant : ''Mais pour Gaza il y a une particularité qui nous concerne au premier chef : comme les Juifs nous sommes fils d'Abraham et de Moïse, nous sommes façonnés par le Premier Testament dans lequel le Dieu tout-puissant mène des guerres. Comme les Juifs nous devons faire une relecture de ces textes, on ne peut pas s'appuyer sur le Dieu guerrier pour justifier les massacres en cours.''<br /> <br /> A propos du Premier Testament qui nous aurait façonnés, je cite ci-dessous Jacques Julliard dans son livre remarquable ''Le Choc Simone Weil" ( livre remarquable car en peu de pages il éclaire pour nous la pensé de Simone Weil, pensée provocatrice, décoiffante, qui oblige à réfléchir et à se remettre en question tant politiquement que ''spirituellement'' ) :<br /> <br /> ----- début de la citation de Jacques Julliard --------------<br /> <br /> Je suis marcioniste ! Ce qui me touche dans l’Évangile n'est pas la continuité avec ce Dieu jaloux, narcissique et un peu facho qui sévit dans l'Ancien Testament, c'est la rupture ! Et je sais gré à Simone Weil de souligner les correspondance [de l’Évangile] avec le platonisme. Je trouve le Dieu de Platon infiniment plus sympathique, infiniment plus vraisemblable que le vieux Yahvé, pétainiste et massacreur, qu'il faudrait paraît-il aimer ! S'il faut passer par là pour être chrétien, alors je suis athée, et Dieu reconnaîtra les siens ! <br /> Pour moi l'AT, c'est le règne [...] de la loi, du nombrilisme, de l'hypocrisie. [...] <br /> Il n'y a qu'un être devant lequel je m'incline, mais alors de toute mon âme, c'est Jésus-Christ. Voilà, c'est dit.''<br /> [...]<br /> [Simone Weil] est profondément horrifiée par la ''barbarie'' de ce ''faux dieu'' qu'est Yahvé, incapable d'un mouvement de charité pure et dont toute l'attitude relève du clanisme et de l'esprit de vengeance le plus étroit. Plusieurs des livres historiques de l'Ancien Testament (Josué, les Juges, Samuel) sont un tissu de massacres, et même souvent de génocides ordonnés par Yahvé. Celui-ci ne retire-t-il pas sa confiance à Saül, qu'il a fait roi, parce qu'il a épargné Agag, le roi des Amalécites, alors qu'il lui avait commandé d’exterminer ce peuple tout entier, hommes, femmes, enfants et nourrissons, bœuf et menu bétail, chameaux et ânes ? Cette clémence relative ne lui sera pas pardonnée, et Dieu [ ''''Dieu''''] fait destituer Saül.<br /> [...]<br /> Simone Weil souligne tout ce qui dans Isaïe, Job, le Cantique des Cantiques, Daniel, Tobie, une partie d’Ézéchiel, des Psaumes, des livres sapientiaux, le début de la Genèse, est assimilable par une âme chrétienne. C'est tout de même beaucoup, mais cela ne suffit pas à exonérer l'Ancien Testament de sa pure théologie de la puissance, et non de l'amour. Quel rapport entre cette idole jalouse et capricieuse, narcissique et impitoyable et le Dieu d'amour incarné par Jésus-Christ ?<br /> Certes Jésus était juif et se référait à la tradition juive ; mais ce qui fait de lui le fondateur d'une religion nouvelle et universelle ne s'inscrivait pas dans la continuité, mais dans la rupture avec le judaïsme. Le christianisme est fils de cette rupture. De là, la double accusation faite à Simone Weil : d'être marcioniste et d'être antisémite.<br /> [...] <br /> S'il,y a un ''marcionisme'' de Simone Weil, il réside dans l’affirmation de l'incompatibilité du Dieu d'amour du Nouveau Testament avec le Dieu des armées de l'Ancien.<br /> <br /> ----- fin de la citation de Jacques Julliard --------------<br /> <br /> C'est pourquoi parler de la Bible comme ''Parole de Dieu'' est pire qu'insupportable.<br /> D'abord je me méfie des mots ''Parole de Dieu''...<br /> Si malgré tout on veut employer cette expression il faudrait que nos Églises disent clairement y compris dans leurs doctrines officielles et leurs catéchismes que dans la Bible est ''Parole de Dieu'' que ce qui est conforme ou en tout cas qui n'entre pas en contradiction avec l’Évangile et les Béatitudes ! <br /> <br /> <br /> Amitié<br /> Gabriel CHEL
Répondre
D
pas un mot pour les massacres de janvier ( et tous ceux de tous les jours dans les prisons ou dans les rues) dus à la force brute et aveugle et aux mensonges du régime dictatorial des mollahs et maintenant des gardiens de la Révolution?<br /> et pas un mot pour les femmes reléguées à leur vie domestique au moment où on choisit le jour des femmes le 8 mars pour commémorer la paix? Dommage! Vraiment dommage!
Répondre
D
Je ne suis absolument pas marcioniste (et je n'aime pas jacques Julliard!, mais c'est une autre affaire). Il faudrait développer, impossible ici. Je retiens seulement que l'AT est une histoire, celle d'un peuple, guerrier comme tous les peuples d'alors (et de maintenant peut-être), ayant besoin de ses dieux combattants comme tous les autres peuples. Ce qui m'intéresse dans l'AT, c'est justement le cheminement de cette histoire de deux millénaires qui a pu mener à Jésus. On voit en avançant que les idées s'affinent, se corrigent. Des brutalités de Samuel et consorts on passe à Isaïe, le premier, puis les second et troisième infiniment plus évolués, à Jérémie, Ezechiel. Des psaumes guerriers on passe à d'autres qu'on peut dire sans retenue. Le Dieu vengeur de l'AT a mis 2000 ans à faire comprendre à "son peuple" qu'il n'était justement pas un Dieu vengeur. Cette pédagogie m'intéresse, et j'aimerais même qu'elle continue après Jésus car ce n'est pas du jour au lendemain que son enseignement est passé dans les moeurs (sans parler ce certains "chrétiens" contemporains.<br /> Simone Weil était toute d'une pièce et s'est bloquée sur le dieu vengeur, sans voir le cheminement qui s'est opéré. Fine comme elle était, je pense qu'elle l'aurait découvert si elle en avait eu le temps. Je comprends que dans un premier contact elle ait eu cette réaction.<br /> Quant au regret que l'on ne parle pas des massacres à l'intérieur de l'Iran, du sort des femmes, on peut l'approuver, il aurait fallu un autre texte. Pour être efficace un texte, s'il est court, doit se concentrer sur un sujet unique. Cela ne me choque pas que ce sujet ne se trouve pas dans le texte proposé, même si j'aurais évidemment préféré que ce soit au moins évoqué.
G
Il y a une incompréhension de ce qu'est le Dieu biblique, le Dieu d'Israël, le Dieu de Justice, Mr Chel<br /> donnez-vous la peine de lire "L'invention de Dieu" de Botero. Notre tradition chrétienne s'est mis dans les pas des tribus d'Israël pour se hisser à une foi monothéiste et dépasser le Dieu de justice par un Dieu d'amour mais il fallait suivre cette trace historique, cette trace innovante qui se démarquait des idoles coutumières, il y a des milliers d'année...