"Chrétiens d'ouverture" dites-vous ?
Je m'insurge !
Pour désigner une tendance actuelle de penser, d’appartenir, de vivre, au sein de la communauté chrétienne, on parle beaucoup actuellement de "chrétiens d'ouverture", on se dit "chrétien d’ouverture".
Mais alors, y aurait-il d'autres chrétiens ? des chrétiens de fermeture ? Comment vont-ils se sentir, tous ceux qui ne font pas partie de cette catégorie " d'ouverture" ?
Sont-ils fermés ? Bornés ? Demeurés ?
Quelle norme préside à ce classement ? Serait-ce la préfiguration d'un nouveau genre de jugement dernier ? les ouverts d'un côté, les autres de l'autre...
Il ne me semble pas retrouver ici un critère proposé par Jésus...
"Ouverture" ou "fermeture" peuvent-ils être des repères pour "catégoriser" une personne ?
Oserais-je dire, avec un sourire : est-ce bien "chrétien" de parler ainsi ?
Cette appellation va-t-elle permettre à tous les chrétiens de grandir, d'être debout, de vivre plus de l’Esprit de Jésus ?
À y regarder de plus près, qu’est-ce qui distingue les appartenants au groupe des chrétiens ? Qu’est-ce qui nous rassemble fondamentalement ? Serait-ce seulement une forme d’esprit et une façon de vivre ? N’est-ce pas plutôt la référence explicite et radicale à la personne et à l’Esprit de Jésus, reçus prioritairement à travers les Évangiles ?
Le cœur de ma vie, est-ce d’appartenir au groupe chrétien ? Ou est-ce d'adhérer à Jésus ? Si son esprit et sa personne ne sont pas vivants pour moi, puis-je me dire chrétien ?
Notre originalité, notre richesse, notre source, à nous tous chrétiens, c’est Jésus et son Esprit.
Il me semblerait donc préférable que ce soit cette source que nous exprimions quand on veut parler de chrétiens vivant aujourd'hui, plutôt que de parler d’un état d’esprit ouvert ou fermé.
Dans cette perspective, je nous inviterais volontiers à ne pas nous accrocher définitivement à cette expression "chrétiens d'ouverture". Elle a sûrement été choisie après beaucoup de réflexions et avec amour, dans le but d’avancer. Mais pourquoi ne serait-elle plus modifiable, malgré son envahissement actuel dans les prises de parole comme dans les écrits ?
Pourquoi ne pas nous mettre en recherche d’une formule plus adéquate, et moins dirimante, même si on se heurte à un choix voulu définitif, à la Pilate : " Ce qui est écrit est écrit " ?
Trouver une expression qui, pour les chrétiens confrontés aux défis, découvertes et remises en cause du 21esiècle, pourrait ouvrir sur les multiples objets de recherche auxquels les croyants en Jésus se trouvent confrontés.
Au moins essayons ! Pourquoi pas "chrétiens en recherche", ou, plus centré sur Jésus et l’Évangile, quelque chose du genre " l’Esprit de Jésus en marche", ou "marcheurs avec Jésus", ou "avec Jésus, humains", ou toute autre formulation que l’Esprit de Jésus nous donnera de trouver...
Pardonnez-moi mon insistance, mais évitons le manichéisme, évitons de diviser !
Jean-Luc Lecat
11 avril 2026... 62e anniversaire de mon ordination au service de l’Évangile