A l'écoute de la Parole de Dieu
17ème dimanche du temps ordinaire 27/07/2025
Gn 18, 20-32 ; Ps 137 (138) ; Col 2, 12-14 ; Lc 11, 1-13
Le passage de la Genèse fait suite à celui du dimanche précédent. On ne parlera plus de ces trois voyageurs qui se dirigent maintenant vers Sodome. Pourquoi prendre cette direction ? Ce n'est pas dit. Sont-ils envoyés par Dieu pour tester le nombre d'habitants non atteint par la corruption ? Cela se justifierait car après leur avoir indiqué le chemin, Abraham reste seul avec le Seigneur et lui pose la question si dans Son projet Il envisage de faire périr le juste avec le coupable. C'est assez improbable puisque Dieu va envoyer deux anges qui vont tenter de sauver ce qui est possible de l'être avant la destruction de la ville et il répond à Abraham qui le lui demande : « Si je trouve 50 justes dans Sodome, je pardonnerai à toute la ville ». Abraham, fait baisser le nombre de justes à 10 avec la même réponse de Dieu. Peut-être cette négociation préfigure le rapport fait par les trois voyageurs aux portes de Sodome.
Or les 10 justes ne s'y trouveront pas car il ne restera que Loth, sa femme et ses deux filles que ces deux anges (deux divinités, des êtres non humains ?) vont aider à quitter la ville. On retrouve aussi deux anges à l'intérieur du tombeau de Jésus lors de sa résurrection l'un à la tête, l'autre aux pieds. De même lors de l’Ascension ce sont deux hommes en blanc qui se trouvent aux côtés des apôtres. Il faut croire que ces anges se trouvent là où il se produit un événement d'une extrême importance. Mais la femme de Lot n'obéit pas à l'interdiction de regarder en arrière. Or regarder en arrière exige de s'arrêter, de se retourner et de prendre quelques instants pour regarder. Les anges avaient dit à Loth et à sa famille de ne pas s'arrêter pour éviter sans doute d'être atteints par les projections comme celles des coulées pyroclastiques d'un volcan en irruption comme cela s'est produit à Pompéi donc seuls Loth et ses deux filles seront sauvés.
On peut penser aussi, symboliquement, que le fait de regarder en arrière c'est regretter d'avoir quitté Sodome et peut-être aussi son immoralité capable de satisfaire certaines personnes tournées vers le mal. Nous en sommes encore au tout début de l'humanité. La condamnation de Sodome c'est un peu la prise de conscience de l'importance d'une loi morale à respecter pour assurer le futur de cette humanité. Le refus de la loi divine et cet orgueil de prétendre être cependant dans la vérité ne peuvent être pardonnés car c'est le péché même contre l'Esprit qui conduit à la mort.
Le Christ reprendra cette condamnation à son compte en ne pouvant faire miséricorde qu'à ceux et celles qui regrettent leurs fautes donc qui ne regardent pas en arrière pour reprendre leurs vieilles pulsions de mort. Saint Paul nous dit : « dans le baptême vous avez été mis au tombeau avec le Christ et vous êtes ressuscités avec Lui...vous étiez morts parce que vous aviez commis des fautes...mais Dieu vous a donné la vie avec le Christ : il nous a pardonné toutes nos fautes... ».
L'être humain qui fait l'objet d'une conversion s'en trouve recréé. Son passé d'errance, de péchés, d'opposition à la morale est aboli, une vie nouvelle s'ouvre à lui purifiée, lumineuse avec le Christ pour compagnon.
Avec le texte d’Évangile nous passons de la miséricorde de Dieu et sa justice, à la prière.
Le « apprends-nous à prier » d'un des disciples nous la présente comme un partage en commun. Et Jésus répond sur la même longueur d'onde par le « Notre Père ». C'est d'abord une mise en communication puis la demande du pain quotidien indispensable à la vie sur terre de tout être humain mais non seulement à la vie matérielle mais encore à la vie spirituelle. J'ai entendu des orthodoxes dire : « donne-nous notre pain essentiel » Ainsi font-ils la part des choses entre le matériel et le spirituel. La demande de pardon et celle de résister aux tentations, c'est déjà la demande de spiritualité qui prend le dessus.
Mais la demande peut être individuelle, ainsi l'exemple de cet ami sans gêne qui vient demander du pain en pleine nuit.
Il y a une grande distance entre la demande et sa réalisation. Beaucoup de nos demandes ne sont pas exaucées et ça nous pose question. C'est loin d'être automatique le « demandez et on vous donnera », le « cherchez et vous trouverez », le « frappez et on vous ouvrira ». Il s'agit de demander un grand nombre de fois, de chercher très longtemps, de frapper à plusieurs reprises et tout cela seul ou en communauté si possible pour que ce soit plus efficace. La prière universelle est déjà une bonne chose car elle est faite au nom de plusieurs personnes et s'adresse souvent à des groupes de personnes.
La clé réside dans la dernière phrase du texte : « Combien plus notre Père du ciel donnera-t-il l'Esprit-Saint à ceux qui le lui demandent ! »
Ce n'est pas un meilleur niveau de vie qu'il faut demander quand on a déjà le nécessaire mais ce qui est dans l'optique de l'Esprit-Saint, une meilleure sagesse, un meilleur discernement entre ce qui va vers le bien et le moins bien dans nos vies. Pour demander la paix dans le monde il faut déjà être en paix avec soi-même et on ne peut demander n'importe quelle paix surtout pas une paix qui serait un esclavage, cette paix là ce n'est pas l'Esprit-Saint qui la donnera car l'Esprit-Saint est pour les dons qui libèrent.
Le psaume est une véritable prière d'action de grâce car le Seigneur a répondu à l'appel du psalmiste et l'a exaucé dans ses demandes. Et la louange prend place : « je te chante en présence des anges ...Je te rends grâce pour ton Amour et ta Vérité...Tu élèves au-dessus de tout, ton nom et ta parole... Éternel est ton Amour »... On comprend là quelles ont été les demandes du psalmiste.
Christiane Guès
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AELF - Messe - 27 juillet 2025
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