A l’écoute de la Parole de Dieu
27ème dimanche du Temps Ordinaire 04/10/2026 Is 5, 1-7. Ps 79 (80). Ph 4, 6-9. Mt 21, 33-43.
Les textes de ce dimanche commencent et finissent par des situations dramatiques, encadrant un psaume de supplication et un appel pressant de Paul à faire en sorte que « la paix de Dieu soit avec vous ».
Isaïe, pour commencer, nous évoque le désespoir de Dieu, c’est-à-dire son absence d’espoir envers les hommes. Ceux-ci ont complètement trahi l’amour de Dieu, son don évoqué à travers l’image de la vigne.
Dieu « en attendait le droit et voici le crime, en attendait la justice et voici les cris ».
Texte malheureusement valable en tout temps, en particulier le nôtre. Qu’avons-nous fait de la Création, qu’avons-nous répondu à la quête de Dieu ? Quel monde avons-nous construit, défiguré ?
L’impossibilité pour Dieu de compter sur l’humanité le mène à détruire ce qu’il avait créé,
« J’en ferai une pente désolée...il y poussera des épines et des ronces ».
A maintes occasions les prophètes nous annonceront que Dieu reprend sa colère et va de nouveau nous sauver...heureusement pour nous ! Mais ici Isaïe ne voit aucune voie de sortie, nous avons construit notre malheur et il est trop facile de compter sur la patience de Dieu.
Ce texte suscite la réaction du psaume, une supplication : « pourquoi as-tu percé sa clôture ? » Les hommes peuvent-ils revenir en arrière ? Corriger leurs dégâts ? L’espérance peut-elle revenir parmi nous, Dieu peut-il de nouveau espérer en l’homme ?
« Dieu de l’univers, reviens ! » et « jamais plus nous n’irons loin de toi ! »
Pouvons-nous chanter ce psaume en toute confiance ? Nous savons notre faiblesse, nous savons que nous chuterons de nouveau, mais notre espérance doit nous maintenir debout en face de Dieu et doit guider notre action.
Avant de proclamer le passage d’Évangile qui fait écho au texte d’Isaïe, nous lisons un passage de l’épître de la tendresse de Paul aux Philippiens. Dans cette épître il exprime avec force sa fragilité et la nôtre, celle de Jésus aussi. Dimanche dernier était lu l’hymne bien connue de l’abaissement du Christ, de la kénose, qui Lui a permis d’être exalté. Cette « kénose » du Christ, ce témoignage de la fragilité de Dieu, donne sens à toute l’épître. Paul, qui a reçu « la grâce de souffrir pour le Christ » peut demander au Philippiens de mettre en pratique ce qu’ils ont vu et entendu de lui. Non pas l’imitation d’un homme plein de suffisance, mais de celui qui ne vit que par la grâce de Dieu, dans le dépouillement de lui-même. Il peut alors les supplier de « prendre en compte » « tout ce qui est juste et pur ».
En réponse au texte d’Isaïe, dans la suite de la supplication du psaume, nous retrouverons l’espérance si nous suivons l’appel insistant de Paul à nous reprendre.
Mais voici l’Évangile qui revient à la situation évoquée par Isaïe, situation récurrente. Cette fois-ci c’est même au Fils que les hommes s’en sont pris. Ils ont rejeté la pierre « qui est devenue la pierre d’angle ». Et le royaume sera enlevé à ceux pour qui il avait été construit, à qui il avait été offert,
« pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits ».
Ces textes nous appellent à considérer le monde que nous construisons, l’attitude que nous avons envers la Création, et à travers elle, à travers nos actions, celle que nous avons envers Dieu. Cela devrait faire écho aux appels de Léon XIV reçus ces jours derniers.
Ils sont un appel pressant à nous convertir, non seulement chacun à sa place, mais collectivement en construisant une communauté humaine rénovée.
Marc Durand
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