Célébrer la Parole aujourd’hui !

Publié le par Garrigues et Sentiers

L'église de Villes-sur-Auzon (Vaucluse) : l'arc-en-ciel après l'orage @ Chantal Soubrat-Bogey

L'église de Villes-sur-Auzon (Vaucluse) : l'arc-en-ciel après l'orage @ Chantal Soubrat-Bogey

Aujourd’hui, de nombreuses communautés chrétiennes en milieu rural déchristianisé peinent à trouver les moyens de vivre leur foi au quotidien. En effet, la messe n’y est généralement plus célébrée qu’occasionnellement, et les églises demeurent souvent fermées. La pastorale se cherche, et le maillage paroissial souvent proposé suit le schéma d’un regroupement des messes et des activités dans les lieux les plus peuplés. Faut-il donc se résoudre à une mort à moyen terme de la vie de foi de communautés qui ne se retrouveraient plus pour célébrer ensemble ?

C’est le défi auquel se sont trouvés confrontés l’année dernière les paroissiens de quelques petits villages au pied du Mont Ventoux, à l’occasion d’un redécoupage de secteur et d’un changement de prêtre. Le passage vertigineux d'une trentaine de messes annuelles à quatre messes a secoué la communauté et suscité le désir d'un engagement renforcé pour nourrir la foi de chacun et maintenir la visibilité d'une présence chrétienne.

Comment éviter le déclin de la communauté paroissiale dont beaucoup de personnes ont du mal à faire entre 15 et 30 minutes de trajet pour se rendre dans une autre paroisse, malgré les propositions de co-voiturage ? Une petite équipe composée d’animateurs liturgiques musiciens, ayant bénéficié soit d'une formation à l'animation d'assemblées sans prêtre, soit d'une formation théologique, a mis sur pied des célébrations de la Parole, en accord avec les prêtres du secteur.

Tout au long de l’année, des liturgies de la Parole ont ainsi été vécues à un rythme mensuel, avec un constat très positif : la communauté paroissiale est restée vivante, avec environ 25 participants à chaque fois, et quelques personnes des « périphéries » y ont participé. Pour elles, et dans un souci d’ouverture à tous, la création d'évènements pour toucher bien au-delà du cercle de la communauté, a été aussi envisagée (veillée pour la paix, temps pour la Création, "café-échange" à l'église, partage de la galette des rois…).

Les participants aux célébrations de la Parole relèvent plusieurs points positifs : temps fort de prière paisible et profond, lieu d’approfondissement de la Parole de Dieu, par l'écoute et par le moment d'expression libre lors du partage après les lectures, participation active qui fait que chacun se sent acteur, animation soignée (chants, gestuelle, visuel…), temps de convivialité très apprécié à l'issue de la célébration… Le manque le plus important relevé concerne l’absence de partage du Corps du Christ.

La relecture du vécu montre ainsi que la piste des liturgies de la Parole peut répondre pour une part aux défis de l’évangélisation des petites paroisses rurales déchristianisées. De ce fait, et suite à des demandes, les célébrations sont proposées cette année dans deux autres petits villages, pour les mois où la messe n’y est pas célébrée.

Un site internet a aussi été créé, afin de proposer des articles de réflexions, des schémas « clef en main » de célébrations, des commentaires de la Parole de Dieu... L’objectif est qu’il puisse devenir un lieu vivant d’échanges, de mutualisation d'expériences concrètes mais aussi de réflexions pastorales. 

Pour accéder au site : https://liturgies-de-la-parole.fr

                                                                                Pour l’équipe,
Chantal Soubrat-Bogey

Publié dans Réflexions en chemin

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Oui, Internet peut offrir "un lieu vivant d’échanges". Entre deux "célébrations de la Parole", deux assemblées en "présentiel" où les paroles humaines interrogent librement les transmissions reçues par chacun(une) des présents.<br /> Quant au "partage du Corps", il prend place tout naturellement dans ces assemblées, dès lors qu'on entend l'invitation qui figure dans la Cène : "Vous ferez cela en mémoire de moi". Invitation où n'entre aucun processus de l'ordre de la magie qui requerrait une investiture ou un pouvoir particulier de la part de l'officiant, et encore moins une investiture ou un pouvoir qui exigerait l'appartenance de cet officiant à un sexe normé à l'exclusion de l'autre.<br /> Au demeurant, ces assemblées, si elles hésitent à rompre avec des siècles de cléricalisations de la Parole, ont le choix de se tourner vers une autre restitution du partage du corps : célébrer une liturgie tirant ses images et ses significations du Lavement des pieds.<br /> Et pour éclairer ces remarques qu'est-il de plus vivifiant, intellectuellement et spirituellement, que de lire la prédication de pasteur Marc Pernot. (Culte du jeudi 20 mars 2008), titrée “Prenez et mangez, ceci est mon corps donné pour vous… faites ceci en mémoire de moi”. <br /> Et déjà son premier paragraphe :<br /> "Nous avons tous cette phrase en tête, comme si elle était un quote bien connu de la Bible. Et bien oui, et non. Telle quelle, cette phrase est nulle part dans le Nouveau Testament, c’est un patchwork de phrases des différents Évangiles composée par des théologiens au cours des siècles, c’est comme si l’on prenait dans un livre le sujet et le verbe d’une phrase et qu’on le collait au complément tiré d’un autre livre. Je ne sais pas si cette composition est simplement maladroite ou s’il s’agit de manipulation, mais en rapprochant ainsi 2 demi-quotes de 2 évangiles différents, le sens n’est vraiment plus le même que dans les Évangiles d’origine".
Répondre
A
Très beau, comme un retour à l'Eglise primitive des premiers chrétiens! Partage, fraternité et le respect de chacun dans sa singularité. Un grand merci à vous tous. <br /> Envie d'ajouter que la communion, aux premiers temps, se faisait par un simple repas partagé, comme Jésus traité de "glouton" le faisait.<br /> Avec toute mon amitié fraternelle
Répondre