Michel Rondet nous a quittés

Publié le par Garrigues et Sentiers

 

Michel Rondet est mort hier après-midi, à l’âge de 98 ans, dans la maison de la Chauderaie où il résidait depuis l’hémiplégie qui l’avait frappé en 2014. Malgré cela, comme l’écrit le message des pères Jésuites qui nous apprend son décès, « il continuait d’aider spirituellement les uns et les autres à la mesure de ses forces déclinantes ».

Sa disparition nous touche particulièrement car notre blog, comme l’indique son titre, poursuit dans la même voie que la revue Garrigues qu’il avait fondée lorsqu’il était le directeur de La Baume-lès Aix, maintenant disparue. À preuve la rubrique « Qui sommes-nous ? » en marge des articles dans la colonne de droite : elle reprend presque mot pour mot le texte de l’éditorial qu’il avait rédigé pour le n° 1 de Garrigues.

Fondateur de Garrigues, Michel Rondet en a été également de bout en bout le rédacteur en chef. C’est lui qui a suggéré le thème de la plupart des dossiers que son comité de rédaction a arrêtés lors de la réunion amicale en forme de « foire à idées » qu’il tenait en juin afin de programmer les quatre numéros de l’année suivante. Et dans  les 92 numéros de la revue qui ont paru entre 1983 et 2005 il n'en est sans doute pas un qui ne contienne un article de lui, quand ce n’est pas plusieurs.

La décision prise par la Compagnie de Jésus d’arrêter la publication de Garrigues, jugée trop onéreuse, a donc été une épreuve pour Michel Rondet. Aussi a-t-il appuyé l’initiative de quelques membres du comité de rédaction qui ont souhaité poursuivre l’aventure sous une autre forme en créant le blog Garrigues & Sentiers quelques jours à peine après la parution du dernier n° de Garrigues. Et il a fidèlement soutenu notre blog, non seulement en nous autorisant à reproduire certains de ses articles parus dans Garrigues, mais aussi en nous confiant de nouveaux articles chaque fois que nous lui en avons fait la demande.

Pour mesurer à quel point Michel Rondet a été un « compagnon de route » de notre blog, il suffit d'indiquer son nom puis de cliquer, dans la colonne de droite, sur la rubrique « Recherche » : elle fournit 246 résultats qui renvoient à des articles dans lesquels il est cité ou dont il est l’auteur. Parmi ces derniers, nous n’en retiendrons qu’un, presque au hasard, L’Église que j’espère, que nous avons publié en janvier 2009 dans notre dossier Entre Esprit et Institution... l’Église. Il n’a pas pris une ride – constatation qui ne va pas sans amertume, car beaucoup de chemins d’espérance que traçait alors Michel Rondet sont loin d’avoir connu depuis un aboutissement. Mais on sait bien que l’espérance est un à-venir.

Avoir perdu en Michel Rondet un tel compagnon suscite en nous la tristesse.

Mais notre foi nous inspire que, comme cette jeune défunte dont le pape Damase (361-384) a rédigé l’épitaphe en vers, « il s’en est allé en désirant gravir la lumière céleste ». Et pour paraphraser cette fois l’épitaphe rédigée par Damase pour sa propre tombe,

Celui qui marcha sur les flots et foula leurs eaux amères,

Celui qui donne de vivre au grain qui meurt en terre,

Celui qui a pu dénouer les liens funestes de la mort,

au sortir des ténèbres, et, après trois levers de soleil,

rendre un frère à sa sœur Marthe et au monde d’en haut,

Celui-là, nous le croyons, fera se dresser Michel de ses cendres.

G & S

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P
Je viens de lire l’article de Michel Rondet L'Église que j'espère et je relève ceci que je clame et réclame si souvent : "Il faut rendre aux communautés chrétiennes la responsabilité de la célébration de l’eucharistie. Une communauté chrétienne doit pouvoir célébrer l’eucharistie pour nourrir sa vie théologale, sans avoir besoin de recourir à un célébrant extérieur. Elle doit proposer à l’évêque les noms de ceux qu’elle souhaiterait voir présider ses célébrations et tout ensuite doit se faire sous le contrôle et avec la bénédiction de l’évêque."

Quel dynamisme et quel rayonnement si chaque paroisse ou communauté
se donnait des hommes et des femmes qui président eucharisties
et baptêmes !
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L
Ce devrait être une évidence. Rien d'autre n'est enjoint que de "(faire) ceci en mémoire de moi". Quelle dérision, en fin de compte, que d'imaginer que la dévolution d'un pouvoir magique est nécessaire à cette fin. Mais quand une évidence est depuis si longtemps et à ce point occultée, clamer qu'il faut en finir avec sa méconnaissance mérite assurément une grande gratitude. Que j'exprime ici de tout coeur !