Penser le corps

Publié le par Garrigues

 Exister en corps

Le corps est une surface, notre peau, par laquelle le reste du monde nous touche, et nous sommes dans l'existence et à l'existence par notre corps : voilà l'énigme qui nous concerne un jour ou l'autre.

Comment, alors, parler du corps ? Comment le penser ? A quelles interrogations ouvre ce fait que nous sommes un corps ? Qu'est-ce que le corps ? S'interroger sur le corps, n'est-ce pas s'interroger sur l'espace et sur le temps, sur la mort et la naissance ? Qu'en est-il du corps et comment l'aborder, ce corps qui occupe un lieu et qui délimite un lieu ? Et voilà que dès le début nous sommes embarqués dans des questions multiples, peut-être surprenantes, mais qui nous rappellent une chose simple, très souvent oubliée : nous sommes au monde parce que deux corps se sont rencontrés et ont donné vie par la naissance à un autre corps, le nôtre, à chaque fois unique. L'histoire humaine est une prodigieuse histoire des corps.

Nous ferons un petit parcours philosophique car la philosophie contemporaine a longuement réfléchi au statut du corps et continue de rester étonnée par cette énigme éprouvée chaque jour par chacun : qu'est-ce que mon corps, qu'est-ce que le corps des milliards d'humains qui vivent sur cette terre en même temps que moi ?

Chaque culture comporte un ensemble systématique de techniques du corps dont l'unité profonde dépend de l'existence de représentations culturelles intériorisées par tous les individus d'un même groupe au cours de leur éducation. Quelles sont nos représentations culturelles pour comprendre notre corps ? Il s'agit bien d'essayer de penser le corps en découvrant comment un courant philosophique a tenté de penser cette énigme. Cela nous permettra de prendre du recul, de revenir à des évidences premières, en quelque sorte naïves. Ces quelques pages sont une invitation à faire un pas en arrière, afin de mieux penser le corps, notre corps.

Le rapport avec d'autres cultures et d'autres civilisations nous fait découvrir que nos images du corps, nos représentations portant sur la connaissance anatomique du corps sont toujours socialement codées. Les conceptions du rapport entre l'intérieur et l'extérieur du corps, la notion de frontières du corps varient sensiblement selon les sociétés. Concernant les affects qui peuvent être éprouvés à l'égard des productions ou des parties du corps - ces affects aussi peu « naturels » que la pudeur ou la honte -, nous retrouvons la même variation qu'à propos des limites corporelles. Le corps est d'emblée éprouvé et vécu dans une société, avec ses codes, ses représentations, ses imaginaires : il y a un vécu ouvrier du corps et un vécu bourgeois, il y a là deux manières d'être au monde différentes qui donnent naissance à deux rapports au corps différents.

Pour avancer dans notre désir de compréhension, nous essaierons de découvrir un certain discours sur le corps, ou un certain silence, en présentant quelques aspects de la phénoménologie, ce courant philosophique qui s'intéresse a ce qui apparaît en se demandant : comment les choses se passent-elles, comment a lieu l'expérience   ?

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Le plan de l'article est le suivant :

Exister en corps

Mon corps
Le corps origine
Le corps donne sens
Ma position dans le monde
Moi, l'autre, le monde
Ouvertures
Le corps pour soi
Le corps pour autrui
Le corps en soi

Gérard Bailhache

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Article publié dans : Le Corps. Ce qu'en disent le religions. Un regard philosophique. Approches du corps  Les Éditions de l'Atelier - Septembre 2001

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