Marie-Madeleine aura une fête liturgique !

Publié le par Garrigues et Sentiers

La mémoire liturgique de Sainte-Marie Madeleine sera élevée au rang de fête dans le calendrier romain. La décision, voulue par le Pape François, est annoncée dans un décret de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements. Cette décision se situe dans le contexte ecclésial actuel qui impose une réflexion plus approfondie sur la dignité de la femme, la nouvelle évangélisation et la grandeur du mystère de la miséricorde divine.

 

Marie-Madeleine aura une fête liturgique !


Dans un commentaire publié par L’Osservatore Romano, le secrétaire de la Congrégation, Mgr Arthur Roche, rappelle que dans sa lettre apostolique Mulieris dignitatem, saint Jean-Paul II met en relief le rôle particulier de Marie de Magdala. Elle est la première à rencontrer le Christ ressuscité, elle est la première à lui rendre témoignage devant les Apôtres. C'est pour cela qu'on l'a même appelée « l'apôtre des Apôtres ».
Pour Jean-Paul II, cet événement est révélateur de la volonté du Christ de transmettre la vérité divine aux femmes, sur un pied d'égalité avec les hommes. Le décret publié ce vendredi met donc en valeur l’importance des femmes dans la mission du Christ et de l’Eglise. Le Pape François, explique-t-on, a pris cette décision dans le contexte du Jubilé de la Miséricorde pour souligner l’importance de cette femme, modèle authentique d’évangélisation, qui a tant aimé le Christ et que le Christ a tant aimée.

Lorsque Jésus lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père », c’est à toute l’Église que cette invitation s’adresse, pour qu’elle entre dans une expérience de foi capable de dépasser toute appropriation matérialiste et toute compréhension humaine du mystère divin. Ces mots ont une portée ecclésiale et constituent une leçon pour les disciples de Jésus afin qu’ils ne cherchent pas les certitudes humaines ou les titres mondains, mais la foi dans le Christ vivant et ressuscité. Voilà pourquoi la célébration liturgique de cette femme aura désormais le même caractère festif réservé à la célébration des apôtres dans le calendrier romain afin qu’elle soit un modèle pour toute femme dans l’Église.

(CV-RF)

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Monique 20/06/2016 19:44

Je me réjouis pour cette célébration de Marie Madeleine que j'aime ! Et pour elle un petit poème !

La pierre est roulée
Vide est le tombeau
Madeleine en pleurs
Cherche son Seigneur
"Dis-moi jardinier
L'as-tu enlevée
En ce matin nouveau ?
-- Marie !
--Rabbouni !
--Va dire à mes frères
Que je suis Vivant
Sois ma messagère
Jusqu'à la fin des temps !"

LEVY 11/06/2016 12:29

Je me réjouis. Comme tant d'autres qui étaient dans l'attente d'un signe.

D’une décision qui s'inscrit sans doute en tête de chapitre dans l'histoire vivante de l'Eglise.

Ce dont rend compte à sa façon le texte qui la présente et la commente.

DONC JE ME RÉJOUIS.

Malgré le style pieusement ampoulé (chacun ses allergies), malgré le coup de chapeau obligé à Jean-Paul II qui pour moi, en l'espèce, détonne, malgré les archaïsmes qui sont véhiculés (qui sait encore ce que veut dire "Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements", qui sait traduire ou dire de quoi il retourne parmi les catholiques du XXI ème siècle ?).

Et malgré ce que je trouve trop marqué par la langue de bois romaine : " la célébration liturgique de cette femme aura désormais le même caractère festif réservé à la célébration des apôtres dans le calendrier romain afin qu’elle soit un modèle pour toute femme dans l’Église".

Je ne m'arrête pas à la fin de la phrase - mieux vaut glisser dessus car à elle seule, prise dans son ambiguïté - dans l'ambiguïté qui s'attache à la référence à une place et à un rôle spécifiques aux femmes - elle pourrait anéantir tout le sens de la décision de François.

DONC JE ME RÉJOUIS.

Pour le symbole, très fort, que représente la célébration de Marie-Madeleine.

Pour la "réflexion plus approfondie sur la dignité de la femme, la nouvelle évangélisation et la grandeur du mystère de la miséricorde divine" (encore que "mystère" - pléonastique puisque la miséricorde est par essence impénétrable - aurait pu nous être épargné).

Pour «l'apôtre des Apôtres» - qui me fait pourtant enfoncer cette porte grande ouverte : si l'apôtre des hommes-apôtres est une femme, pourquoi n'a-t-on aucune femme évêque ... ce n'est pas, il me semble, la question qui est idiote, mais la réponse.

Reste le dernier paragraphe et la citation «Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père».

Je m'entête à penser- ce n'est pas pour rien que j'ai un large pied au milieu de ce peuple à la nuque raide - qu'elle dit tout autre chose que ce que ce paragraphe met en avant. Plus je le relis et plus je trouve que l'exégèse avancée est convenue (par ce qu'elle a de cléricalo-centré), paresseuse (par son itinéraire qui suit les sentiers battus), et au total très pauvre.

Elle laisse en particulier complètement de côté la force d'attraction de la signification juive du "Ne me touche pas" - ou du "Cesse de me toucher" -, signification qui contient pour moi l'une des composantes les plus essentielles de la relation de la rencontre au tombeau.

Signification que j'interroge en questionnant la raison d'être du temps qui va de l'expiration sur la croix à cette rencontre, et plus spécialement la raison d'être du Samedi saint au regard du sabbat hébraïque.

J'en reste à cet égard aux deux articles que j'ai risqués sur ces sujets dans mon blogue - "penserlasubversion" (http://www.penserlasubversion-didierlevy.blogspot.fr/) - en réponse, à l'époque, à deux articles très remarquables publiés par GARRIGUES ET SENTIERS.

Mais c'est bien une question où la réflexion personnelle ne saurait être close

Phoebé 11/06/2016 12:27

Les femmes sur un pied d'égalité avec les hommes ?.
Ce serait nouveau pour l'église catholique romaine ... Merci Marie Madeleine pour ce miracle !