« Beaucoup de saints prêtres »

Publié le par G&S

Les autorités de l’Église 1 recommencent à prôner les prières en faveur de la multiplication des prêtres (de “saints prêtres” si possible). Malgré des scandales récents et inacceptables qui ont ému le monde, les membres du clergé sont aujourd’hui, dans l’ensemble, mieux formés et plus “saints”, au moins sous nos climats, qu’il y a quelques siècles. Ne serait-ce que parce que ceux qui y vont sont volontaires : les riches n’y sont plus placés par leurs familles et la cléricature n’est plus une “situation” assurant une certaine promotion sociale pour enfants pauvres.

Ordination.jpgLes évêques qui prennent l’initiative d’une telle démarche sont assurément animés d’une authentique soif pastorale, mais ils ne semblent pas se poser la question essentielle de savoir si le statut du prêtre, les missions qu’on lui confie, le mode de vie qu’on lui propose sont suffisamment “humains” pour qu’une personne de bonne volonté et prête à “servir” veuille revêtir la charge (“cura”) pour toujours.

Qu’on ne vienne pas nous opposer un manque de générosité de la part des jeunes. Ceux qui partent en mission humanitaire ont généralement une vie au moins aussi rude que celle d’un prêtre de paroisse. Quand ils ne sont pas de simples bénévoles, leurs revenus restent normalement modestes. Différence notable dont la hiérarchie pourrait s’inspirer : ils vivent la plupart du temps en équipe, loin de cette solitude désespérante que peuvent connaître certains desservants ruraux de nombreuses paroisses, sans confrères pour se ressourcer, ni groupe de laïcs pour les soutenir. Et ils ne s’engagent que pour un temps donné.

Faut-il pour pouvoir être prêtre, être préalablement un “saint”. L’exemple proposé du curé d’Ars est certes plus que respectable, mais peut-on demander, a priori, une telle abnégation à un homme que l’”appel” ne rend pas forcément “extra-ordinaire” et qui, pourtant, se met au service de ses frères dans un total abandon ? Je n’élude pas, bien sûr, la présence de Dieu au côté de son ministre ; mais l’on sait par expérience qu’elle n’est ni toujours ni immédiatement perceptible. La foi (qui fait bouger les montagnes) et la prière devraient la rendre constante, mais ces hommes ne sont que des hommes, susceptibles de doutes, de désirs, de peurs, voire d’angoisse… et la solitude ne peut qu’aggraver leurs difficultés.

En outre, la formation que reçoivent les séminaristes dans certains diocèses reste, malgré des efforts incontestables, un peu déconnectée du réel de ce monde. Il ne s’agit pas de défendre celui-ci à tout prix, mais il existe et, précisément, ils vont devoir y vivre… et l’affronter. Le thomisme c’est bien, sans doute “indispensable” (on ne pourrait penser sans lui ?) ; mais un peu d’informatique, de sociologie, de psychologie, d’initiation politico-économique ne les gênerait sans doute pas dans leurs futurs rapports avec leurs fidèles et surtout avec les brebis qui demeurent hors du bercail. Admirons ceux qui s’y engagent, mais conseillerions-nous, sans aucune réticence, à nos garçons d’y aller.

Certes, il est des expériences intéressantes et source d’espérance, telle cette “Révolution silencieuse” de diocèses acceptant de donner à des laïcs une place véritablement militante en vue de garder et marquer la présence chrétienne sur le territoire, et de permettre aux fidèles de vivre leur foi, même en absence de prêtres (Voir Isabelle de Gaulmyn dans La Croix du 19 décembre 2010). Il faudra voir à l’usage si ces “tests” peuvent s’étendre et comment.

Albert OLIVIER

1 – Relire l’article de Michel Rondet : L’Église que j’espère, dans le Dossier L’Église de G&S.

Publié dans Signes des temps

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Roxane Dialey 18/02/2011 14:50



Cher Fred, Je comprends (peut-être) vos réticences, légitimes, aux conclusions tirées des précédents commentaires. L'Eucharistie est et doit rester un moment essentiel, plus qu'un moment
d'ailleurs, dans la vie de l'Eglise et dans la vie de chaque croyant. Quel que soit le nom qu'on lui donne d'ailleurs, et que l'on croie ou non à la transsubstantiation. L'important n'est
peut-être pas là.


Comme d'autres l'ont rappelé précédemment, Christ n'est pas présent que dans l'Eucharistie, il est présent dans l'Eglise (la Bible dit qu'Il est "la tête de son corps qui est l'Eglise"), et sa
promesse de Matthieu 28 est sans équivoque : "Je suis avec cous tous les jours jusqu'à la fin du monde". Cette certitude de sa présence en l'Eglise et par l'Esprit-Saint en chaque croyant ouvre
de nouvelles perspectives : elle permet de "désacraliser" (ce terme est très fort, je n'en ai pas trouvé d'autre) dans une certaine mesure l'Eucharistie.  Si Christ est là en tout
temps, l'Eucharistie, qui est un moment particulier et puissant, perd ce côté "magique". Dans le fond, il ne s'agit pas de discuter la présence de Christ ou non : oui, Il est présent ! Lais
est-ce dans l'Eucharistie elle-même ou dans l'unité de l'Eglise lorsqu'elle participe à l'Eucharistie?


Quoi qu'il en soit, je ne pense pas que l'Eucharistie soit une fin en soi, en ce qu'elle a un but : se souvenir de l'oeuvre de Christ, sa mort, sa résurrection et l'attente de son retour.


Puissiez-vous être bénis à travers elle.


(Veuillez excuser la pauvreté de mon vocabulaire et de mes références. J'espère surtout n'avoir choqué la sensibilité de personne du fait de ma méconaissance du sujet. Attribuez cela à
la fougue de mon jeune âge et à mes origines non catholiques) 



Fred 18/02/2011 01:36



Je voudrais vous partager cet entretien  qui vient de passer sur KTO d'un ancien avocat et responsable politique qui a fait de l'Eucharistie la base et la colonne  de sa vie et dont les
fruits sont le service  au plus pauvres d'entre nous :http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/les-grands-entretiens/les-grands-entretiens-nicolas-buttet,-la-puissance-de-l-eucharistie/00055449



Fred 17/02/2011 12:02



Discuter de la presence reelle du Christ dans l'Eucharistie c'est comme discuter de la trinité ou de la ressurection du Christ .Autrement dit  lorsqu'un catholique ou un prêtre vient à nier
la presence reelle du Christ dans l'Eucharistie ...excusez moi de le dire brutallement mais il n'est plus catholique .Pourqoui ? Parce que comme les saints de l'Eglise (les vraie temoins du
Christ)  l'ont toujours dit depuis 2000 ans :"L 'Église vit de l'Eucharistie (Ecclesia de Eucharistia vivit)" 


Et à  juste titre, le Concile Vatican II a proclamé que le Sacrifice eucharistique est « source et sommet de toute la vie
chrétienne ».« La très sainte Eucharistie contient en effet l'ensemble des biens spirituels de l'Église, à savoir le Christ
lui-même, notre Pâque, le pain vivant, qui par sa chair, vivifiée par l'Esprit Saint et vivifiante, procure la vie aux hommes ».


Du point de vue pragmatique,reelle mais aussi  surnaturel pour nous montre que l'Eucharistie est  vraiment le mystère de la foi par excellence de la presence reelle du Christ  ,
Marthe Robin dont nous venons de fêter dans tous les dioceses les 30 ans de sa mort ,qui a fondé les foyer de charité qui sont des foyers d'Amour éparpillent dans le monde entier a vécu 50 ans
dans l'incapacité physique de boire ,ni de manger mais en étant capable d'avaler seulement l'Hostie .Elle disait la force de l'Eucharistie en elle ainsi : "J'ai envie de crier à ceux
qui me demandent si je mange que je mange plus qu'eux car je suis nourrie par l'Eucharistie du sang et de la chair de Jésus. J'ai envie de leur dire que c'est eux qui arrêtent en eux les effets
de cette nourriture, ils en bloquent les effets".


"Homme(s) de peu de foi" nous dirait Jésus s'il participait à notre discussions.Oui la foi et l'amour doivent aller jusqu'à là .



Francine Bouichou-Orsini 15/02/2011 08:43



Oui, nous sommes nombreux (Chrisitne, A. Olivier, G. Sauvadet...) à reconnaître ce point important, souligné par J. Moingt; désormais, il faurt sortir de la magie religieuse des sacrements, pour
nous axer sur la VIE de FOI, ici et maintenant.  Ainsi, rejoindre Jésus Christ, mort et résuscité, désormais présent dans le monde des vivants, accordés à lui.


IL faut bien distingue les signes et la réalité et ne jamais s'attacher aux premiers comme à des fins en soi. J. Moingt parle de la SECULARISATIN de la vie chrétienne, dépouillée des
particularités religieuses, insérée dans la communauté rassemblée des hommes, chrétiens ou pas, engagés (chacun à son échelle) dans la poursuite de l'Incarnation destinée à l'accomplissment d'une
humanité unifiée et pluraliste.


Francine Bouichou-Orsini



Christine 14/02/2011 17:48



Votre belle  citation de Joseph Moingt, plus récente que cet article m'a menée à feuilleter quelques pages de votre excellent site. la lecture des commentaires sur cet article m'amène à
l'observation suivante:


Quand Jésus, au soir de la Cène dit "ceci est mon corps" "ceci est mon sang". À ce moment, son sang coule dans ses veines, son corps tient la coupe et prononce les mots. Il est bien evident que
le "est" est un présent d'anticipation, éternel et symbolique… Ce qu'il est toujours pour nous aujourd'hui. Lui, précèlèbre sa mort et sa résurrection, et nous nous la célébrons, on pourrait dire
nous la "postcélébrons" en un présent (une présence) éternelle qui inclut le passage de la mort à la vie: Aussi est-ce à la vie du Ressuscité que nous communions. C'est cette vie qui est une
vraie nourriture.


Les soi-disant "miracles" des hosties qui saignent outre leur abjection sont des contre-sens matérialistes.



Francine Bouichou-Orsini 12/02/2011 19:02



Je me réjouis de rejoindre l’accord des commentaires antérieurs (du 5° au 11°, en sautant le 8° celui de passant). Cela
exprime bien un mouvement actuel de « l’être chrétien »,vers une  expression épurée de l’Évangile, libérée de son écorce religieuse, fabriquée par l’institution pour protéger
son  fonctionnement au cours du temps.


J’enrichirai cet accord, en reproduisant quelques extraits d’un petit livre admirable (Croire quand même »), publié
par J. Moingt, et dont Olivier Petit, au cours d’une réunion biblique, disait hier soir : « c’est son testament ».


- « Le christianisme a préparé le retrait de la religion, en cela justement qu’il a tout misé sur l’amour, la
charité (1ère lettre de Pierre, Paul, Jacques). C’est une polarité proprement évangélique »(p. 116).


-« Être chrétien, c’est lire l’Évangile dans une communauté pour le traduire en acte dans sa vie (…) au cœur du monde,
au cœur des  questions et des difficultés de la vie de tout le monde et de chaque jour » (121).


- C’est un horizon de libération « parce qu’il ne permet pas d’enfermer l’absolu dans du particulier, le salut de
l’humanité dans la société Église, ni dans ses moyens culturels ou sacramentels  (…) C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés » (Galates, 5,1). (127).


- Ainsi, « ce sera peut-être s’écarter du visage longtemps traditionnel du catholicisme, dominé par son ritualisme
hiérarchique au profit de sa visée de l’universel » (123). Car, « il y a danger, dans le catholicisme à rabattre le sacramentel au niveau du magique » (168).


N’oublions pas que ce statut du sacerdoce, le prêtre séparé de la société et le célibat obligatoire, furent institués après
le XIe siècle. N’oublions pas que ce caractère de plus en plus monarchique de l’Église n’est pas conforme à l’image qu’elle donnait d’elle-même au cours des premiers siècles. « Il
y avait alors une multitude d’Églises locales, gouvernées chacune par un évêque indépendant (…) sauf qu’elles reconnaissaient toutes l’autorité souveraine du Concile œcuménique pour trancher les
questions graves de la foi ». Et l’évêque de Rome n’était pas un super évêque, mais il  aidait à l’arbitrage des conflits « non pour imposer la volonté romaine, mais pour maintenir
l’union » (172). Vatican II s’y  était  efforcé sans succès…


Les tendances actuelles de retour à l’Évangile, dans son universalité, nous replacent au cœur  même de notre foi,
fondée sur la relation avec Jésus Christ, source de toute vie d’amour et, par là,  nous ouvre à tous les autres, quelle que soient leurs appartenances. « Notre époque est en marche,
semble-t-il, vers la conscience d’une solidarité de destin : une nouvelle approche de Dieu » (111).


Comme nous sommes loin de l’imposition de recettes préfabriquées (« nouvelle  évangélisation, »,
Néo-cathéchuménat », etc.). Comme nous sommes confiants en la liberté de mouvement qui nous est assurée, pour s’engager sur la route ouverte, « sans bourse, ni sac, ni scandale.. »
(Luc, 10, 4).


Cette liberté, avide d’universalité,  s’exprime quotidiennement : aujourd’hui, en Égypte,  de jeunes
chrétiens  défilent aux côté de musulmans. Dans les  cours de yoga, de jeunes chrétiens (prêtres même) viennent y rechercher des méthodes efficaces pour mieux  concentrer leur
méditation sur des textes évangéliques…


Francine Bouichou-Orsini



g.sauvadet 12/02/2011 11:27



Merci à Christiane et Albert Olivier! Ouf !Je ne suis pas seule ! Je pense et dit exactement la même chose.


A Passant : 3faire mémoire c'est quelque chose d'extrèmement fort. C'est affirmer que ce que Dieu ou Jésus a accompli hier s'accomplit pour nous aujourd'hui. Quand les juifs font mémoire de
l'Exode c'est la même chose : comme Dieu a libéré son peulpe avec Moïse, aujourd'hui il nous libère.


Les protestants sont beaucoup plus proches de nous qu'on ne le pensehabituellemnt à ce sujet. Ils ont eu la sagesse de ne pas hypertrophier le sacrement de l'Eucharistie en dévotions au Saint
Sacrement. Le désaccord porte en fait sur la reconnaissance des ministre de l'Eucharistie qui ne seraient pas dans la ligne apostolique puisqu'ils ne sont pas "soumis" à l'autorité romaine...


Pour ma part je ne vois pas de différence entre le fait de faire mémoire de Jésus dans l'Eucharistie et dire qu'il est présent dans le pain et le vin, (de même qu'il est présent dans sa Parole et
qu'il est présent dans la communauté rassemblée... et ça, on l'oublie trop souvent pour ne privilégier QUE l'hostie)



Christiane Guès 12/02/2011 11:08



La question posée par l’Eucharistie nécessiterait de nombreux débats dans toutes nos églises. Je vais vous dire mon
sentiment avec un peu plus de détails.
Le terme de « transsubstantiation » est un terme qui n’a jamais été prononcé ni dans le premier testament ni dans le nouveau et il n’existe dans le dictionnaire que pour donner cette
définition : « C’est le changement de la substance du pain et du vin en celle du Corps et du Sang de Jésus-Christ ». Ca veut dire que ça
n’existe pour aucune autre substance terrestre, du moins, je n’en connais pas, à part dans les contes de fées où on change les citrouilles en carrosses.
Mais, pour mon cas personnel, c’est seulement petit-à-petit que cette définition, dans mon esprit, a perdu sa signification magique pour devenir un réel mémorial vivant. Et je me pose la
question : les prêtres en fonction arrivant à la soixantaine ont-ils fait la même évolution ?
L’Institution ecclésiale a imposé, dés le début du Christianisme, des vérités pour elle immuables  lesquelles, aujourd’hui, avec l’évolution de la culture et une plus grande compréhension
des Écritures à la lumière de cette culture, sont devenues dépourvues de sens. Mais l’Institution, au lieu de prendre en compte cette évolution culturelle et chrétienne, se replie sur « ses
vérités » comme elle l’a toujours fait au cours des siècles. Mais, aujourd’hui l’écart est devenu trop grand et notre identité chrétienne est sérieusement  menacée.
C’est le problème de toutes les institutions. Mais les systèmes démocratiques tentent, même s’ils y parviennent difficilement, à ne pas rester figés sur des lois devenues obsolètes. Je veux dire,
par là, qu’une démocratie dans l’Eglise serait, le plus à même, de lui insuffler un air vivifiant. Mais cela exige d’autres débats.
En effet, l’Eucharistie c’est beaucoup plus riche qu’une simple question de mémoire car il y a dans ce geste une idée de partage et de don de vie. Il y a le cœur même des Évangiles le
« Aimez-vous  comme je vous ai aimés ».
Ces symboles du pain et du vin sont très forts. Le pain est un élément de base dont personne ne doit manquer. Le pain, Jésus est allé jusqu’à le multiplier pour nourrir les foules. Les disciples
d’Emmaüs l’ont reconnu à la fraction du pain. Là, aussi, c’est sur la fraction que porte l’essentiel car la fraction symbolise aussi le partage et le don de vie. Quand Jésus dit « ceci
est mon corps » c’est comme s’il disait : « Ceci symbolise le don de toute ma vie, partagez-le, à l’avenir, en mémoire de moi ». De même le vin symbolise l’alliance.
Et quand Jésus dit du vin « ceci est mon sang », ce vin symbolise le don de l’alliance nouvelle et éternelle pour et avec l’humanité.
Que veut-on faire passer quand on en arrive à devoir exprimer ses dernières volontés car on sait sa mort imminente ? Un signe, simplement un signe, mettant en valeur son témoignage de vie le
plus important pour qu’il soit porté et répandu par ceux qui restent.
J’ai perdu ma mère il y a peu d’années. Le jour même de sa mort, elle a joint nos mains à mes frères et à moi et nous a dit : « Restez toujours unis ». C’était le message le plus
précieux de sa vie qu’elle voulait nous faire passer pour notre existence à venir et nous tentons, aujourd’hui, de le respecter au mieux.
Là aussi, ce signe de Jésus porte son message au-delà de sa mort pour la Communauté Chrétienne à venir.
Je suis sans contexte pour le maintien de ce geste de l’Eucharistie  porté par l’ensemble de la Communauté mais dépouillé de ce mot sous-entendu et très nul de
« transsubstantiation » qui paralyse l’Institution, et tout en y introduisant l’idée de geste symbolique.
Dans ce geste de toute la Communauté, Jésus nous rappelle, au-delà de son existence terrestre, à sa présence en nous, parmi nous et dans le monde.
Dés lors, pour moi, elle se trouve là, la présence réelle, dans ce mémorial vécu par toute la Communauté. Elle est « là où deux ou trois sont réunis en son Nom » même si c’est
seulement autour d’un texte de l’Écriture, sans l’intervention d’un prêtre, sans même le déroulement d’une messe et la célébration du mémorial, seulement, par exemple, dans une réunion de prière
où la communauté est volontairement présente  car celle-ci y sera toujours « au Nom de Jésus, au nom de Sa Mémoire ».
La Présence réelle, c’est la Communauté qui la fait vivre.
De ce fait le mémorial  est inséparable de la Communauté. Même les disciples d’Emmaüs étaient deux.


Christiane Guès



Jean-Baptiste Désert 12/02/2011 10:56



N’y a-t-il pas une certaine contradiction entre le fait d’insister de plus en plus sur le rôle central, pour ne pas dire unique, de la messe
dans la vie de L’Église catholique (ce qui est évident en l’état actuel de ses dogmes et possède sa logique) ou des fidèles (ce qui est moins évident quand on considère le taux de fréquentation
des célébrations dominicales, pourtant moment privilégié de réunion des communautés), et, en face, ne rien faire de positif pour réformer le ministère sacerdotal, ce qui paraît indispensable et a
été fait à plusieurs reprises à travers l’histoire. Le concile de Trente a eu ses mérites au milieu du XVIe siècle, mais il s’est passé 450 ans depuis. Comme disait saint Paul : «
Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant… »


Ou alors, il faudra trouver un moyen pour susciter de nombreuses vocations d’ancien style, en admettant que ce soit souhaitable. Je sais, il y a
l’exemple des milieux traditionalistes où les vocations sont plus nombreuses, mais dans quel pourcentage de l’Église “militante” ? L’appel des 144 théologiens germanophones, le 4 février 2011,
s’inquiète à juste titre de la survie, non pas du christianisme, la Parole de Dieu ne peut s’éteindre, mais d’’une institution humaine, dont la “base opérationnelle” —de la manière qu’elle la
conçoit elle-même, c’est-à-dire un clergé “à part”—  disparaît progressivement. Le combat va-t-il cesser faute de combattants ?


Jean-Baptiste Désert



Passant 10/02/2011 14:02



Il serait peut-être bon de se rappeler que Jésus est censé avoir dit « ceci est mon corps », puis « ceci
est mon sang » (Matthieu 26,26.28 ; Marc 14,23-24 ; Luc  22,19-20 ; 1Corinthiens 11,24-25). Il y a dans ces paroles quelque chose de ce
que Christiane appelle de façon un peu iconoclaste « un tour de passe-passe » !


Tout le problème est de savoir :
- si on fait seulement « mémoire » de cet événement et de ces paroles (comme les protestants) et si Jésus est seulement « au milieu » de ceux qui sont là
- ou si on croit que la présence de Jésus est réelle dans le pain et le vin quand on redit les paroles du Christ, que ce soit un prêtre (comme chez les catholiques) ou une autre instance (à
définir) qui les prononce.



Albert Olivier 10/02/2011 12:59



Merci, Christiane, tu dis —brièvement mais très clairement— l'essentiel d'un des problèmes majeurs de l'Église catholique, apostolique et romaine face au message évangélique. Une institution sans
doute est nécessaire, voire probablement indispensable, pour transmettre un message, mais l'important, est-ce ce message ou ses 'interprètes", avec leurs croyances, leurs rites et leurs tenues (à
tous les sens du mot) particulières ?



Christiane Guès 10/02/2011 10:45



Tant que l’Eucharistie sera considérée par l’Institution comme un acte magique : le pain devient soudain une partie d’un corps humain, le vin devient du
sang, pour arriver à ce « miracle », seul un « saint » doit avoir le pouvoir d’y parvenir. Donc ce « saint » n’existant pas, il faut le fabriquer, exiger de lui non
seulement le célibat mais aussi la chasteté perpétuelle, une vie irréprochable.


Or le Christ, lors de la Cène, n’a jamais fait ce tour de passe-passe. Il nous a dit de « faire mémoire » de lui, de sa vie et de sa mort. Il
a lui-même institué un « devoir de mémoire » de son message à la lumière de sa vie et de sa mort. Voilà quel est le sens de l’Eucharistie.


Or ce devoir de mémoire incombe non seulement à un prêtre, non seulement au sexe masculin mais à tous les chrétiens qui se réunissent en Son Nom.


La présence réelle, lui-même nous l’a dit où elle était : « Là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis au milieu
d’eux » Que voulons-nous de plus ?


Christiane Guès



Albert Olivier 09/02/2011 16:43



La question première, à propos des prêtres, ne me semble pas de savoir s'ils pourront se marier ou non, si les femmes pourront être ordonnées ou non … [Tiens, un "couple (homme et femme) de
prêtres" ça pourrait être original et peut-être efficace ! Bien que, notons-le, on n'a pas encore réussi à intégrer "institutionnellement" les épouses de diacres qui, après avoir suivi une
formation, sont laissées sur la touche le jour de l'ordination de leurs maris]. Le plus urgent serait de rétablir un statut des prêtres plus clair, et significatif dans une société qui n'est plus
"religieuse". Il faudrait aussi redéfinir leurs fonctions. Doivent-ils continuer à être "mis à part" ("supérieurs aux anges", disait-on au XVIIe siècle), des individus "sacralisés" au risque de
nous faire tomber de haut quand ils ne sont pas conformes à l'idéal projeté, et cela, tout simplement, parce que ce ne sont que des êtres humains ? Ont-ils comme rôle quasi exclusif de "célébrer"
(ce qui n'est certes pas un rôle secondaire) ou bien d'être les garants de communautés vivantes de croyants vivants et solidaires de leurs frères (et sœurs) ? La célébration devenant l'acmé de la
vie de cette communauté.  Cela mériterait débat.



Francine Bouichou-Orsini 09/02/2011 07:57



« Église 2011 : un renouveau indispensable » est le
titre d’une lettre ouverte, réclamant la fin du célibat obligatoire pour les prêtres, l’ordination des femmes, la participation des laïcs dans le choix des évêques ; (Le Monde » de
lundi 6 et mardi 7  février). Cette lettre est signée par 144 théologiens, allemands, autrichiens et suisses. Par ailleurs, un groupe de personnalités chrétiennes
allemandes (certaines occupant des fonctions politiques importantes) demandent que soient également admis l’ordination d‘hommes mariés ayant fait leur preuve ».


Les auteurs justifient ces demandes par la crise que traverse actuellement l’Église catholique, en Europe : détresse pastorale, scandale
de la pédophilie.  Mais on pourrait y  ajouter un autre constat,  tout aussi inquiétant : la  coupure
grandissante entre l’institution du Vatican  (peu ouvert à la circulation d’informations) et la société moderne et postmoderne.


Les laïcs désertent les paroisses,  les vocations sacerdotales  deviennent rares et le modèle du prêtre
proposé par Benoît XVI, avec la figure héroïque du Curé d’Ars ne saurait répondre à l’attente des jeunes. Ces derniers ne désirent pas devenir des héros. Pour échapper au repli sur
l’individualisme de l’homo oeconomicus, ils aimeraient  donner un sens à leur vie, au sein d’un univers évolutif, de plus en plus élargi et complexe. Or l’Évangile
est à la mesure de cette attente ;  l’Esprit promis par Jésus peut nous aider à poursuivre l’Incarnation du Christ dans le temps présent, à
condition que nous sachions rechercher et  discerner son Esprit, là où il nous attend.


Francine Bouichou-Orsini



Polygalla 01/02/2011 15:02


Je me prends à rêver, de plus en plus souvent d'ailleurs ! Se réunir : quelques chrétiens désireux de boire à la Parole de l'Evangile, encore, prier, méditer en silence, et partager le pain tout
simplement avec l'Amour au fond du cœur. Si je relis les paroles du Christ, je pense pas qu'il souhaite que l'on célèbre sa mort : Il est venu pour les Vivants, lui le Vivant. Il l'a dit et répété
! C'est notre "ego" que nous devons regarder avec de plus en plus de détachement. Et vivre et rayonner de cet Amour. Ca changerait des messes insipides qui ont perdu tout sens. Désormais, avec les
outils techniques que nous avons, que peut bien nous apporter un prêtre déphasé avec la réalité de notre monde d'aujourd'hui ! Ce rêve, deviendra réalité, c'est sûr ! L'Esprit veille !


g.sauvadet 31/01/2011 16:57



Moi je n'ai aucune envie de prier pour avoir des prêtres ... D'abord parce que en tant que femme je ne me suis jamais sentie concernée et d'autre part car il me semble qu'on se trompe de combat.
Je prie plutôt pour que l'Eglise cesse de parler en se  bouchant les yeux et les oreilles et arrête de faire du rafistolage  ... Jésus n'était pas prêtre que je sache, il n'a pas
"institué" le sacerdoce : il avait déjà bien assez à faire avec celui de son temps...Ses disciples n'ont jamais été "ordonnés" Il faut absolument réfléchir et reconsidérer le ministère
presbytéral. Quand je vois que sur le site de ma paroisse on fait la promotion d'un film tourné dans un séminaire de la fraternité sacerdotale Saint Pierre intitulé "des hommes à part", ça ne me
fait pas rire du tout, au contraire et j'en arriverais presque à désespérer de voir l'Eglise s'ouvrirun jour  à la nouveauté, à l'inventivité sans lesquelles elle va finir par crever... (du
moins du côté de la sacro sainte vénérable Institution...



fanfanette 24/01/2011 18:55



Bonsoir,


Tout à fait d'accord pour que les prêtres puissent vivre  en communautés de base.Avec des confrères certes mais pourquoi pas aussi des laïcs?
Jésus durant sa période de vie publique n'apparait pas comme vivant seul.Il a appelé des personnes du peuple à le suivre et à former communauté autour de lui.Alors pourquoi au XXI°siècle
maintenir encore des hommes qui donnent toute leur vie au service de Dieu et de leurs frères et soeurs dans une solitude souvent lourde à porter et qui les déconnecte sans aucun doute de la vie
des hommes et des femmes de leur temps.fanfanette