A l'écoute de la Parole de Dieu

Publié le par Garrigues et Sentiers

4eme dimanche de l'Avent Année B 20/12/2020

2S7, 1-5.8b-12.14a.16 ; Ps 88 ; Rm16, 25-27 ; Lc1, 26-38

 

Yahvé construit une maison à David c'est à dire une descendance royale. Dieu entre ainsi dans l'histoire de l'humanité par la promesse d'une royauté sans fin. « Je susciterai dans ta descendance un successeur et je rendrai stable sa royauté. » C'est la première prophétie sur le Messie. On peut donc enchaîner avec le texte de l'Annonciation.

 

C'est Marie qui la première répond à l'ange Gabriel : « Voici la servante du Seigneur, que tout m'advienne selon ta parole ». C'est le oui de Marie pour la naissance de cet enfant, pour l'incarnation de Dieu en elle. C'est ce même enfant qui, à la fin de sa vie, s'adressera à Dieu en lui disant Lc22, 42 « Père si tu veux , éloigne de moi cette coupe ! Cependant que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se fasse ! » Marie, Jésus, tous deux remis à la volonté de Dieu dans une même fidélité, un même abandon total. Au oui de Marie à l'incarnation répondra le oui de Jésus à la crucifixion réalisant tous deux ce désir de Dieu de sauver l'humanité.

Avons-nous le courage de répondre oui au désir de Dieu sur nous ? Souvent il nous arrive l'inverse de ce que nous demandons. Nous essayons parfois toute notre vie d'atteindre un but qui se dérobe sans cesse. Et si ce que nous vivons au présent était le véritable but voulu par Dieu?

En acceptant la volonté de Dieu, Marie se doutait-elle de tout ce qui l'attendait ? Quelle serait la réaction de Joseph ? Ne serait-elle pas condamnée à la lapidation comme toutes les femmes adultères  de son temps ? Après la naissance de Jésus il semble qu'elle ait enfoui au fond de sa mémoire cet événement prodigieux au point de l'occulter. Est-ce pour se protéger du quand-dira-t-on, des cancans qui ne devaient pas manquer de pleuvoir sur une naissance hors mariage ?

Mais le rappel à la réalité se fera par l'entremise de Jésus. Déjà à la présentation au Temple, la prédiction de Syméon et d'Anne sur l'enfant provoque l'étonnement des parents. Puis à Jérusalem Jésus étant resté trois jours dans le Temple, ses parents l'ont cherché et l'ayant trouvé lui font des reproches auxquels il répondra « je me dois aux affaires de mon Père » Mais eux ne comprennent pas. Marie, cependant, médite toutes ces choses dans son cœur mais a-t-elle vraiment conscience qu'elle a mis au monde le fils de Dieu, de cette réalité stupéfiante qu'elle semble revivre comme un rêve ?

Les trois synoptiques relatent le fait que « sa mère et ses frères viennent le chercher » Pourquoi ? Parce que Jésus ne se comporte pas comme les scribes et les Pharisiens de son temps qui prennent tous les préceptes de la loi de Moïse à la lettre mais sans avoir vraiment foi en Dieu, foi à cette loi d'amour que Jésus vient proclamer. Et ce dernier aura une parole très dure à l'égard de sa mère : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique ».

Étonnement, incompréhension, attachement aux innombrables préceptes de la loi enseignée par les anciens, Marie ne reviendra à la réalité de cette extraordinaire incarnation qu'à la mort et à la résurrection de son fils bien qu'à Cana elle ait amorcé déjà un chemin vers son fils « Faites tout ce qu'il vous dira ».

Sur la croix, Jésus dit à sa mère en voyant le disciple bien aimé 1 : « Femme voici ton fils » et au disciple « Voici ta mère ». Comme disait René Guyon : ces deux expressions symbolisent les deux alliances : Marie, l'ancienne et le disciple bien aimé, la nouvelle, toutes deux étant tributaires l'une de l'autre et ne devront jamais être séparées ».

C'est l'ultime rappel de Jésus à Marie et aussi sa réhabilitation. A partir de ce moment là, Marie va être totalement introduite dans la nouvelle alliance . Le fait que ce disciple va la prendre « chez lui » veut dire que Marie va être intégrée dans la communauté des disciples. Quant à ce disciple bien aimé, lui devra, au nom de tous les autres disciples, tenir compte du premier testament donc de la première alliance et à l'occasion s'y référer..

Marie retrouvée dans les Actes, devenue chrétienne, participera avec tous les apôtres à leurs temps de prière.

Ce dernier rappel de Jésus à Marie et au disciple c'est aussi un regard porté vers l’inter-religieux. Le Judaïsme devient aussi nécessaire que le Christianisme et ne peuvent exister l'un sans l'autre. Marie sera aussi reconnue par l'Islam. Plus que jamais « Rien n'est impossible à Dieu ».

 

Le psaume est un chant de louange à la Nouvelle Alliance qui prend racine avec le roi David dans l'Ancienne. Nous pouvons nous réjouir aussi de cette venue de Dieu dans l'histoire humaine et prendre conscience que nous ne sommes pas seuls.

 

La lettre de Saint-Paul aux Romains récapitule ce mystère de l'incarnation d'abord caché puis manifesté que les prophètes avaient prédit depuis longtemps.

Nous pouvons utiliser ce Noël 2020 pour essayer d'approfondir le sens de ce mystère dans nos propres vies.

 

Christiane Guès

 

1- le disciple bien aimé, s'il n'est pas désigné, à mon avis peut être n'importe quel disciple. C'est le modèle choisi par le Christ de celui qui est le plus en communion avec son message d'amour. On pourrait dire le disciple que Jésus aime c'est ce modèle là, le disciple de la Nouvelle Alliance

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