La Circoncision de Jésus : une alliance cachée par l’Église !

Publié le par G&S

Chers amis Internautes, si j’écris aujourd’hui cet article c’est parce qu’en ouvrant mon mensuel Magnificat je viens d’être pris soudain d’une sainte colère à la vue d'un fait que j'avais oublié. Le voici…

Le 1er janvier, soit 8 jours après Noël dans le décompte ancien, l’Église Catholique Romaine célébrait jusqu’en 1974 la fête de la Circoncision de Jésus. Hélas, trois fois hélas, le pape Paul VI la remplaça alors par la célébration de Sainte Marie, Mère de Dieu 1.

Exit la manifestation fondamentale de la judéité de Jésus au profit d’une énième fête de la Vierge… 2

Circoncision-de-Jesus.jpgPourtant, Luc (seul évangéliste à le faire, hélas !) écrit dans son Évangile : « Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception », car les juifs ne donnaient – et ne donnent aujourd’hui encore – le nom à leur fils qu’au bout de ce délai de huit jours.

Paul de Tarse (saint Paul), juif aussi, parle plusieurs fois de la circoncision, sujet délicat et fort débattu dans les premiers temps de ce qui n’était pas encore l’Église, où les premiers païens convertis se faisaient circoncire. Il développe en particulier le concept de circoncision du cœur (Romains 2,29), mais il « clôt le débat » avec sa proclamation magnifique (Colossiens 3,11) : « Là, il n'est plus question de Grec ou de Juif, de circoncision ou d'incirconcision, de Barbare, de Scythe, d'esclave, d'homme libre ; il n'y a que le Christ, qui est tout et en tout. »

Un autre texte particulièrement important se trouve en Actes 15, 5…21s :

Certaines gens du parti des Pharisiens qui étaient devenus croyants intervinrent pour déclarer qu'il fallait circoncire les païens et leur enjoindre d'observer la Loi de Moïse. Alors les apôtres et les anciens se réunirent pour examiner cette question. Après une longue discussion, Pierre se leva et dit : « Frères, vous le savez : dès les premiers jours, Dieu m'a choisi parmi vous pour que les païens entendent de ma bouche la parole de la Bonne Nouvelle et embrassent la foi. Et Dieu, qui connaît les cœurs, a témoigné en leur faveur, en leur donnant l'Esprit Saint tout comme à nous. Et il n'a fait aucune distinction entre eux et nous, puisqu'il a purifié leur cœur par la foi. Pourquoi donc maintenant tentez-vous Dieu en voulant imposer aux disciples un joug (la loi de Moïse - NDLR) que ni nos pères ni nous-mêmes n'avons eu la force de porter ? D'ailleurs, c'est par la grâce du Seigneur Jésus que nous croyons être sauvés, exactement comme eux. » Alors toute l'assemblée fit silence. On écoutait Barnabé et Paul exposer tout ce que Dieu avait accompli par eux de signes et prodiges parmi les païens. Quand ils eurent cessé de parler, Jacques prit la parole et dit : « Frères, écoutez-moi (…) je juge, moi, qu'il ne faut pas tracasser ceux des païens qui se convertissent à Dieu. Qu'on leur demande seulement de s'abstenir de ce qui a été souillé par les idoles, des unions illégitimes, des chairs étouffées et du sang. Car depuis les temps anciens Moïse a dans chaque ville ses prédicateurs qui le lisent dans les synagogues tous les jours de sabbat. »

Mais pourquoi l’Église semble-t-elle vouloir tellement faire oublier aux catholiques que leur Messie est né, a vécu et est mort juif ?

Mais pourquoi, par surcroît, veut-elle solenniser à la place de cet événement la fête de Marie Mère de Dieu, un concept déclaré dogme par 150 évêques à Éphèse (un « bastion marial » où Marie est censée avoir vécu avec l’apôtre Jean) en 431 et parfaitement inadmissible pour un juif ?

Inadmissible pour la plupart des chrétiens protestants ce concept l’est aussi pour un certain nombre de catholiques inquiets de l’interminable enflure des qualificatifs mariaux depuis des siècles ; cf. l’article Tous les catholiques sont-ils monothéistes ?.

Cela étant posé, venons-en enfin à la « vision de Dieu » sur le sujet !

La circoncision apparaît en Genèse 17. Abram est âgé de 99 ans, le Seigneur lui apparaît et lui dit : « Je suis El Shaddaï, marche en ma présence et sois parfait. J'institue mon alliance entre moi et toi », puis il change son nom en Abraham (cf. l’article L’aventure du yod).

Viennent alors les versets 10-12, fondamentaux (au sens plein du terme !) : Dieu dit à Abraham : « Et toi, tu observeras mon alliance, toi et ta race après toi, de génération en génération. Et voici mon alliance qui sera observée entre moi et vous, c'est-à-dire ta race après toi : que tous vos mâles soient circoncis. Vous ferez circoncire la chair de votre prépuce, et ce sera le signe de l'alliance entre moi et vous. Quand ils auront huit jours, tous vos mâles seront circoncis, de génération en génération. »

Tout homme juif est donc circoncis ! Mais tout homme circoncis n’est pas forcément juif, puisque dans bien des peuples on pratique la circoncision pour des raisons d’hygiène ou de tradition, en particulier chez les musulmans, les peuples d’Afrique (où sévit aussi l’excision des femmes qui n'est pas religieuse mais est, elle, une vraie mutilation) et bien d’autres sans doute… sans parler de la circoncision médicale en cas de phimosis.

Revenons à la circoncision juive, dont le nom est בְּרִית מִילָה  , beriyt miylah, littéralement : Alliance de la circoncision, expression où on entend le verbe barah, créer, du 1er verset de la Genèse

Dans la circoncision, Dieu fait alliance avec l’homme, crée un être nouveau.

 

Bien sûr il ne faut pas oublier la première alliance manifestée par l’arc-en-ciel à la fin du Déluge (Genèse 9,11-12), mais ici l’alliance implique infiniment plus l’homme que ne le fit le phénomène naturel, aussi beau fût-il !

Le symbole de cette alliance nouvelle est l’anneau de chair… Oui, j’ai dit anneau de chair… Anneau bénit du mariage de l’homme avec Dieu, comme est bénit dans nos églises l’anneau de mariage de l’homme avec la femme, appelés à faire chair une (Genèse 2,24). 

Anneau que l’Église ne fête plus…

Alliance devenue marginale dans la liturgie catholique…

Alliance brisée…

Après avoir, il y a très longtemps, supprimé le texte en grec et en hébreu du titulus de la croix du Christ (cf. l’article Du INRI de nos églises au titulus de YHWH-Dieu), quelques monsignori célibataires coincés du Vatican ont eu la peau, il y a 40 ans, d’une des dernières traces de la religion de Jésus dans la liturgie, et non la moindre !

C’est à pleurer !

René Guyon

1 – Le missel Magnificat a beau voler au secours de la hiérarchie catholique romaine en nous expliquant que « l’hommage rendu à Marie ne relègue pas dans l’ombre les autres aspects de ce jour [et que] la diversité des thèmes (Marie, Circoncision, Nouvel an, journée mondiale de la paix) n’est pas dispersion, tout nous ram[enant] au Christ et à sa mère », il n’en reste pas moins que l’année commence sous l’égide de Marie et non de Jésus, le Christ, enfant juif.

2 – Le site de l’Église catholique de France donne la liste des 14 fêtes mariales annuelles et rappelle que, de surcroît, tous les samedis de l’année sont consacrés à la Vierge Marie :

8 décembre : Solennité de l’Immaculée Conception de Marie
1er janvier : Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu

11 février : Mémoire facultative de Notre Dame de Lourdes
25 mars : Solennité de l’Annonciation du Seigneur à Marie
31 mai : Fête de la Visitation de la Marie
Samedi de la troisième semaine après la Pentecôte : Mémoire facultative du Cœur Immaculé de Marie
16 juillet : Mémoire facultative de Notre Dame du Mont Carmel
5 août : Mémoire facultative de la dédicace de la basilique Sainte-Marie Majeure à Rome
15 août : Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie
22 août : Mémoire de la Vierge Marie, Reine
8 septembre : Fête de la Nativité de la Vierge
Marie
 15 septembre : Mémoire de Notre Dame des Douleurs
7 octobre : Mémoire de Notre Dame du Rosaire
21 novembre : Mémoire de la Présentation de la Vierge Marie…
Sans compter l’Annonciation et la Présentation de Jésus eu Temple qui ont été rattachées au cycle de fêtes du Seigneur (comme l’indique le journal La Croix) et les fêtes « typiquement françaises », comme Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse (rue du Bac, à Paris) le 27 novembre.

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Paul 02/05/2017 23:24

Une petite intrusion sur votre blog pour un petit témoignage : âgé de 40 ans, j'ai été victime d'une circoncision pour un soi disant phimosis, enfant,. Toute ma vie en a été gâchée : traumatisme psychologique, haine et guerre contre mon père qui m'avait emmené au chirurgien, problèmes sexuels et notamment perte de l'érection. La circoncision est une ablation chirurgicale qui retire l'équivalent de 40 cm2 de muqueuse très riche en terminaisons nerveuses et qui ont un rôle certain dans le déroulement de l'acte sexuel entre un homme et une femme, notamment dans le coït. Cette ablation est une mutilation de même nature que l'excision, même si elle n'en est pas de même ampleur. Entre autre conséquence pour moi : fut une attirance homosexuelle. Je vous prie d'agréer le plus profond mépris que j'éprouve pour ceux, celles, et pour les courants d'idées ou de religions, qui continuent d'imposer cette mutilation à leurs enfants en dehors de toute raison médicale d'urgence. La mutilation produit des souffrance psychologiques, des névroses, et in fine de la violence. Notamment lorsque elle est pratiquée sous forme de rituel "traditionnels" particulièrement humiliant et effrayant pour les jeunes garçons musulmans (une des causes de la violence plus tard...?). Je remercie Saint Paul (qui était lui même un grand névrosé certainement de sa propre circoncision), d'avoir contribué au fondement chrétien du remplacement de ce rituel barbare et archaïque, par la circoncision "du coeur" et par l'intronisation du baptême.

LEVY 22/07/2017 14:54

Oui, un commentaire très brutalement dérangeant - c'est le moins qu'on puisse en dire - qui conduit à partager pleinement le jugement qui le conclut : "Je remercie Saint Paul (qui était lui même un grand névrosé certainement de sa propre circoncision), d'avoir contribué au fondement chrétien du remplacement de ce rituel barbare et archaïque, par la circoncision "du coeur".

Duboscq Chantal 01/01/2017 09:56

Je fais partie de ces croyants "un peu âgés" comme l'écrit René Guyon, qui sont bien convaincus de la judéité de Jésus, comme de sa mère et de toute sa famille. Autour de moi d'ailleurs personne n'en doute ! C'est pourquoi nous considérons les Juifs comme nos frères aînés dans la foi. Mais j'aurais une remarque à faire à propos de la circoncision comme signe de l'alliance, car cette pratique, instaurée par Abraham d'après l'Ecriture, ne concerne que les hommes et me semble le reflet de la civilisation patriarcale de l'époque (comme d'ailleurs le fait de mettre la transgression de l'interdit sur le dos d'Eve). Où nous, les femmes, sommes-nous dans cette affaire ? On pourrait dire aussi que cette pratique, peut-être à l'origine ayant eu un but de prophylaxie, a été ensuite ritualisée à l'époque (mais est-elle datée ?) d'Abraham (l'interdiction de manger de la viande de porc aurait aussi des raisons d'ordre sanitaire). Bref, il y aurait à discuter à ce propos !

Albocicade 15/07/2016 09:36

Bonjour,
Vous écrivez "Inadmissible pour la plupart des chrétiens protestants ce concept [Marie mède de Dieu] l’est aussi pour un certain nombre de catholiques inquiets de l’interminable enflure des qualificatifs mariaux depuis des siècles". Je crains que vous ne fassiez une étrange confusion.La définition conciliaire d'Ephèse, affirmant que Marie est "Théotokos" ("celle qui a enfanté Dieu", et par extension "mère de Dieu") est une définition christologique, et non (malgré les apparences) mariale. Il s'agissait de savoir si "celui" qui est né de Marie est "un simple humain que la divinité est venue investir par la suite" ou "Celui qui est Dieu par lui-même, seconde personne de la Trinité, est qui s'est fait chair". Le débat et l'enjeu était de taille, et a finalement abouti à la définition de Chalcédoine "le Christ qui est véritablement Dieu ET véritablement homme". Or, la majorité des protestants confessent précisément cette foi. Ce qu'ils rejettent, c'est bien sûr une interprétation (totalement étrangère à l'esprit du concile d'Ephèse) qui voit en Marie non pas la "Mère de Celui qui est Dieu par lui-même", mais une sorte de "déesse-mère"... ce que rejettent aussi les orthodoxes, et aussi (enfin, je crois) les catholiques...

vam 25/06/2016 13:36

jésus s'il y en eut un, était contre la circoncision, relis les évangiles, la circoncision est une mutilation, créant des pathologies

TONYGLEB 15/04/2014 05:02

UN TRES BEAU TEXTE BIEN REFERENCIE.
TRES BONNE ANALYSE!

Marie Françoise Conruyt 09/01/2014 10:36


Merci pour cet éclairage....je ne suis pas aussi formée liturgiquement que vous.....je vais transmettre cette information à tous ceux qui sont sensibles à nos racines juives

PAUCHARD 09/01/2014 09:38


Bonjour.


AU merci que ce rappel de la circoncision de Jésus (et donc de la judéité de Jésus) suscite, j'ajouterai ceci: 


plus j'avance dans l'étude des textes et l'observation des faits religieux ET plus j'en viens à questionner cette "religion" qui ne cesse de transformer (et parfois de gommer) des
faits à ce point essentiels pour la compréhension même du christianisme... Un questionnement qui ne remet pas en cause l'être ou le message initial de Jésus, mais plutôt ce qu'on semble en
faire, dans l'église dite 'catholique" entre autre chose.


EXEMPLE: quand nous a-t-on dit que l'enseignement de Jésus s'inscrivait en continuité du message de HILLEL? ... Le message de Jésus n'est-il pas présenté comme issu d'une sorte de
"génération spontanée de la pensée", comme s'il fallait faire oublier que Jésus était juif et que ses positions se sont inscrites DANS des controverses d'écoles semblables à celles qui
agitent, aujourd'hui encore,  différentes écoles de pensée  le monde catholique n'a-t-il pas en son sein ses propres controverses opposant doifférents "courants de pensée"
(concilaires, traditionnels, etc.): de même le monde juif avec les courants traditionnels, libéral, massorti, etc.; même chose dans le monde scientifique, et dans tous les mondes
où se développent une pensée.


DEMAIn, ils nous diront (comme cette conférencière "accréditée" par ses diplômes), que "Jésus n'était pas juif mais palestinien, et donc arabe" (pourquoi pas musulman, pendant qu'on y
est?)...  Ben oui! Suffisait d'y penser : suffisait d'oublier de rappeler des versets comme ceux-ci, pourtant lus au cours de la liturgie du Noel chrétien : "et toi, Bethléem, terre de
Juda,  ... de toi sortira un chef..."; ou encore: "au 6e mois, l'ange Gabriel fut envoyé ... dans une ville de Galilée, auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David" (Luc
1,20)... alors DEMAIN, ils diront que la maison de DAVID descend de qui?

levy 29/07/2017 16:37

Juste magnifique ! Magnifique à la mesure de ce que rappel est juste - et salutaire : "Le message de Jésus n'est-il pas présenté comme issu d'une sorte de
"génération spontanée de la pensée", comme s'il fallait faire oublier que Jésus était juif et que ses positions se sont inscrites DANS des controverses d'écoles semblables à celles qui (nous) agitent, aujourd'hui". Peut-on comprendre quoique ce soit - ne parlons même pas de l'enseignement, mais seulement du contexte par rapport auquel et au sein duquel la Parole s'exprime - à l'histoire du Messie en méconnaissant cette évidence aveuglante (dans les deux sens du qualificatif ...) : oui, le rabbi Jesus était juif (stupéfiant qu'il faille y revenir !), et il parlait aux Juifs de son temps, il polémiquait avec les courants de pensée du judaïsme de ce temps en s'inscrivant comme eux dans conceptualisation du monothéisme juif mis en contact avec le monde hellénisé. Celle configurée initialement par le contact des élites juives de Babylone avec le dualisme perse, puis nourrie des échanges intellectuels entre les deux pôles de la pensée juive, Babylone et Jérusalem. Un Rabbi Jésus que son positionnement place le plus vraisemblablement à la fois en opposition frontale aux Scribes et du côté du casuisme pharisien - vis à vis duquel il va se positionner en "dissident du parti". Autant d'hypothèses qui certes se contestent, qui font débat, mais un débat qui est le seul à faire sens en ce qu'il se fonde sur la judéité du Fils de l'homme.C'est bien une très grande gratitude qu'on doit à ce commentaire !

Pierre Locher 07/01/2014 23:57


 


Pour en revenir au deuxième volet (très peu commenté) du sujet abordé par René GUYON, à savoir le remplacement de la fête
de la Circoncision par une fête de « Marie Mère de Dieu », on ne peut que recommander la lecture d'une théologienne lyonnaise Michèle MARTIN-GRUNENWALD qui a consacré un
article à l'évolution de la théologie mariale. On peut y lire ceci :


 


« Au moment où le Concile d’Ephèseen 431, choisit le terme de mère de
Dieu (Theotokos)pour désigner Marie, on perçoit un certain déplacement imaginaire dans la piété des croyants.
Dans ce nouveau champ d’images, le lien significatif existant entre Marie et son fils s’estompe au profit du rapport que celle-ci entretient avec Dieu : on voit alors Marie, épouse de Dieu
le Père, haussée à une sorte de parité avec Dieu. »


 


Le malaise est bien mis en évidence dans la dernière expression : Marie l'égale de
Dieu. L’auteure suggère de façon assez claire que les Pères d’Éphèse sont allés trop loin, même s'ils ont voulu souligner la divinité du Fils, comme l'indique
massaliotés.


 


Par ailleurs, elle fait référence aux travaux du groupe des Dombes (groupe interconfessionnel), qui ont repris le Credo en y situant Marie par rapport à la révélation
chrétienne :


 



- Le 1er article confesse Dieu, le Père tout-puissant et Créateur de toutes choses ; Marie est l’une de ses créatures.


- Le 2e article est consacré à l’itinéraire humain de Jésus Christ, le Fils de Dieu, venu
« pour nous les hommes et pour notre salut ». Cet article mentionne Marie comme sa mère.




- Le 3e article traite du Saint-Esprit et de l’Église qu’il sanctifie. Marie est un membre de cette Église et elle appartient à la communion des saints.







Il me semble que ces extraits constituent une approche raisonnable du sujet susceptible de limiter les excès que dénonce à
juste titre René GUYON : le concept de Marie mère de Dieu n'est plus à retenir.


 


Pierre Locher

Robert Kaufmann 07/01/2014 23:48


J'avais dit que je ne reviendrai pas sur le fond de la question; mais j'ai envie, malgré tout, de remercier Hélène de s'y intéresser et la féliciter d'appartenir à un diocèse dans lequel on
enseigne aux enfants l'héritage du Judaïsme.


Pour ce qui est de Marseille (où 10 % de la population est de culture juive) il n'en est pas de même; car, lors d'une réunion avec le délégué diocésain aux Relations avec le Judaïsme qui avait
invité la responsable diocésaine de la Catéchèse, celle-ci avait admis qu'il est bien difficile d'enseigner des rudiments de Judaïsme dans la mesure où les catéchistes elles-mêmes ne savent
pratiquement rien sur le sujet.                                              
                       Ceci nous a conduit à constituer, en accord avec le Délégué, des "commandos" judéo-chrétiens capables
d'intervenir dans telle paroisse ou telle école qui en ferait la demande, pour proposer des rudiments de Judaïsme.  René Guyon les connait bien.  Les réunions avec les adultes ont été
très positives et riches en questions. Pour les écoles, par contre, ce fut souvent décevant. A l'école de Provence par exemple ( sous tutelle jésuite), d'où sortent tant d'élites (dont le
président de la région PACA), aux questionx posées par l'enseignant, seuls les enfants juifs étaient en situation de répondre...au-delà, c'était le grand silence.


Vous avez dû rencontrer, chère Hélène, comme nous, (aussi stupéfiant que ce soit) des catholiques pratiquants surpris de s'entendre rappeler que Jésus était Juif et bien plus encore de découvrir
que Marie,"mère de Dieu",était juive également ! L'expérience que vous avez vécue dimanche doit vous rappeler que l'Eglise n'est pas Une. Et si vous aviez été à N.D.de Paris il y a 3 ans vous
auriez entendu le chahut d'une minorité durant 1/2 heure, empêchant le Rabbin Rivon Krygier de prendre la parole à la demande de l'Archevêque de Paris.


Dans mes rencontres passées avec l'Archevêque de Marseille, lorsque je me permettais de lui rappeler que le Conseil des Evêques de France demande depuis des décennies aux paroisses au moins un
dimanche de sensibilisation au Judaïsme dans l'année, je m'entendais répondre :  On ne peut mieux dire que certains membres de la hièrarchie ne semblent pas attacher davantage d'importance à l'héritage de nos "frères ainés dans la foi",
comme disait Jean Paul II, qu'aux Conférences St Vincent par exemple.         Ajoutons à cela que dans une autre grande ville du Sud Est, l'Archevêque se refuse obstinément à
nommer un Délégué aux relations avec le Judaïsme, malgré des démarches répétées.


Pour ceux qui semblent douter du neo anti-sémitisme montant, il suffit de prendre attention aux interventions des plus hauts responsables de l'Etat français au cours des dernières heures, qu'on
ne peut pourtant soupçonner de cléricalisme.   On peut songer aussi à l'intervention récente de Mme Joissains, maire d'Aix en Provence, devant les enfants des écoles, au Camp des Milles :
< ...soyons vigilants la barbarie est toujours à notre porte.....>


Tout cela nous éloigne un peu de la liturgie de la Circoncision de Jésus qui était fêtée depuis le 4ème siècle, plaçant aujourd'hui Marie," Mère de Dieu ", pour ouvrir l'année.   Ni le Pape,
ni l'Archevêque, ni Jean Guyon, ni moi ne sommes l'Eglise. Ou plutôt, nous sommes tous l'Eglise, dans sa diversité, comme Dieu l'a voulu.  Et il n'est besoin d'être paranoïaque ou de faire
preuve de beaucoup d'imagination pour établir un certain nombre de liens historiques entre tous ces événements et penser aussi que Nostra Aetate n'aie fait le bonheur de l'ensemble des cardinaux
de la Curie romaine. Et de là à se poser la question= falait-il donner satisfaction à certains pour calmer la grogne?....=


Robert Kaufmann

hélène m 06/01/2014 21:53


 Merci de ce billet que j'ai lu avec plaisir et bonheur, au point de l'avoir tranféré à certains amis, accompagné de petits commentaires perso, parce que tout de même votre (sainte?) colère
me semble un peu exagérée.


oui, c 'est regrettable que la fête de la circoncision ait été retirée du calendrier; et oui aussi il y a surabondance de fêtes mariales et trop c'est trop .Dire que la 1ère , supprimée, est une
alliance que l'Eglise nous cache supposerait une volonté délibérée de l'Eglise d'effacer la judéité du Christ et le dessein  express de faire une croix (sic) sur nos origines. Est -il
raisonnable de faire ce procès aujourd'hui à notre Eglise?


pour avoir capitalisé un certain nombre d'année de service au KT et en aumônerie, je connais  bien le contenu des "enseignements" où il est fait large part au juif Jésus, au Jésus juif, à
tout ce que nous avons reçu en héritage qui est finalement comme la dote de l'Eglise, le trésor auquel  elle continue de puiser, quotidiennement  . Et puis, parceque mon propos n'est
pas d'argumenter, mais de montrer au regard simplement:il se trouve que j'ai eu à vivre ce dimanche   une eucharistie selon le rite extraordinaire, donc d'avant VaticanII. Et
qu'entendis-je? une épitre de Paul + un évangile. pas de Psaume ni de lecture du corpus AT, rien qui rappelle l'alliance et rien non plus dans la liturgie qui puisse la suggérer, tout tombant de
haut sur des fidèles  transportés par le sacré . Quand même, il suffit d'aller aujourd'hui à la messe dans le rite communément et heureusement déployé pour baigner tout entier dans
l'alliance, dans le dévoilement de Dieu au fil des alliances successives qui jalonnent notre histoire. Alors, dire que l'on cache celle-ci au bon peuple de Dieu sous prétexte que la circoncision
n'est plus la fête qu'elle a été , je trouve que c'est beaucoup. Et quand je lis  certains  contenus des commentaires, j'ai un peu de mal ; merci le Voyageur de pointer les sentiers de
nos guarrigues. Pour moi: ne devons -nous pas tacher d'éviter de  nous égarer dans les broussailles de nos colères pour regarder avec bienveillance quand même l'Eglise dont nous sommes.Cette
bienveillance ne  pourrait-elle faire que nos colère deviennent... saintes? :)


hélène m

massaliotès 05/01/2014 18:06


« Il semble que tout ait été dit », écrit Rober Kaufmann… mais c’est pour ajouter dix lignes dont je ne comprends guère la finalité.



Car s’il juge que le texte de J.-M. Aveline est un exemple de la « résurgence endémique au sein de l’Église de l’anti judaïsme », l’extrait cité me paraît au contraire faire preuve
d’une justesse dans l’analyse historique et d’un salutaire sentiment de « repentance » auxquels on ne peut qu’adhérer. Et si ce sont les faits rapportés par l’auteur qu’il vise, les
plus récents datent de près de soixante-quinze ans, ce qui n’est pas rien : l’espace de trois générations…


Or, avec des hauts et des bas certes – songer à la malheureuse « affaire » du carmel d’Auschwitz ou aux divers « pas de clerc » de Benoît XVI dans ses infructueuses tentatives
de réconciliation des Lefebvristes – le regard que les catholiques portent sur les Juifs en qui ils reconnaissent des « Pères dans la Foi » (comme l’a dit Benoît XVI, sur ce point
mieux inspiré) et l’attention qu’ils portent aux racines juives de leur foi n’ont cessé depuis de gagner en profondeur et en sympathie, grâce notamment aux Amitiés judéo-chrétiennes – notamment
mais non exclusivement : songer, pour ne citer que cet exemple, à la rubrique « D’une Alliance à l’autre » de ce blog.


C’est cela surtout qu’il aurait fallu mettre en évidence et c’est à quoi visaient mes interventions dans ce débat, dont je ne comprends toujours pas… qu’elles aient été aussi mal comprises !


 Massialotès

Robert Kaufmann 05/01/2014 15:42


Et bien, il semble que tout aie été dit. Il revient maintenant à chacun de tirer ses propres conclusions. Il est un point sur lequel l'accord peut se faire facilement, c'est qu'il est aujourd'hui
d'autres urgences que ces querelles de mots. Il est vrai aussi qu'il revient à chacun d'assumer ses responsabilités à la place où il se trouve.


Pour ce qui concerne la "résurgence endémique au sein de l'Eglise de l'anti-Judaïsme", les très multiples écrits de théologiens chrétiens ne manquent pas. N'en citons qu'un exemple, celui du Père
Jean Marc Aveline, directeur de l'Institut Catholique de la Méditerranée, qui vient d'être nommé Evêque auxiliaire de Marseille; bref extrait des 18 pages consacrées à la question dans
n°37 (2011) =


"A l'égard du Judaïsme, l'Eglise semble avoir été habitée par deux sentiments contradictoires : le TRIOMPHALISME d'une part, au sens où l'abaissement, la servitude et l'humiliation du peuple juif
étaient considérés comme une preuve de sa victoire; l'INQUIETUDE d'autre part vis à vis d'une différence perçue comme tenace, irréductible et potentiellement dangereuse. Bien des écrits des Pères
de l'Eglise trahissent cette ambivalence. Il n'est pas étonnant que le crypto-marcionisme, avec son refus de l'Ancien Testament, son rejet du Dieu des Juifs et son soucis d'épurer la loi
chrétienne de toutes les provenant du Judaïsme ait rongé de l'intérieur et pour longtemps la relation judéo-chrétienne. Le regain d'intérêt pour Marcion soulevé par les
travaux d'Adolf von Harnack à l'aube du XXe siècle en Allemagne fut l'un des signes avant-coureurs de ce qui devait bientôt se déployer sous la forme du dont
Emmanuel HIrsch et Ludwig Müller furent les principaux artisans.........................                       Très vite des voix
s'élevèrent au sein du Protestantisme en Allemagne pour dénoncer cette nouvelle dérive et organiser une résistance spirituelle, théologique et
politique...............................................................................  En France, c'est le relatif mais pesant silence de la hiérarchie catholique, surtout après la
promulgation en Octobre 1940 des par le gouvernement de Vichy................................"


Robert Kaufmann

fanfan 04/01/2014 20:15


A (M)massialotès,


"Le loup et l'agneau"fable de Jean de La Fontaine ou "le petit chaperon rouge"


conte version  Charles Perrault, contemporain du premier cité...?


Ceci écrit sans vouloir d'aucune sorte chercher querelle à qui que ce soit(sens


médiéval du terme) et en précisant aussi  que côté de se pencher "activement"


sur celles et ceux qui crèvent dans la rue , je réponds présente.


fanfan

massaliotès 04/01/2014 17:29


Le Voyageur a raison de nous interpeller en nous rappelant qu’il est d’autres urgences que nos querelles (au sens médiéval du terme) qui peuvent paraître bien « byzantines » (au sens
moderne du terme cette fois).


Mais puisque Robert Kaufmann me lance, et en capitales qui plus est, cette interpellation : « Mais qu’est-ce qui vous gêne tant que Jésus soit né, ait vécu et soit mort en
Juif ? », je me bornerai à lui demander : « Où a t-il lu cela sous ma plume ? »


Juger, comme je l’ai fait, que la substitution de la solennité de « Marie, mère de Dieu » à celle la Circoncision est un « pas de clerc », avoir loué la « sainte
colère » que René Guyon a éprouvée à cause de cela sont autant d’éléments qui montrent que je ratifie mot pour mot la proposition que « Jésus est né, a vécu et est mort en Juif. »
Supposer et, pis encore, écrire le contraire est au mieux – pesons les termes – un procès d’intention.


Comme est un procès intention – et sur ce point je persiste et signe – le fait d’écrire que la suppression de la solennité de la Circoncision relève d’une quelconque « résurgence
endémique au sein de l’Église de l’anti-judaïsme », qui serait due selon Robert Kaufmann, non à Paul VI (dont acte sur ce point : pour faire bref,  j’avais procédé à un
raccourci !) mais au « bouillon de culture de la Curie romaine qui a su longtemps exercer ses pressions sur les souverains pontifes. » Pour ma part, je verrais plutôt dans ce
« pas de clerc » une preuve de l’inculture scripturaire qui a longtemps été (et reste sans doute encore pour partie le lot) non des seuls fidèles, mais aussi de clercs au sein de
l’Église romaine.



Que les Amitiés Judéo-chrétiennes se montrent vigilantes devant tout regain possible de l’anti-judaïsme dans l’Église romaine, on ne peut que s’en féliciter et les en féliciter. Mais de grâce,
qu’elles usent d’autres méthodes, car descendre ainsi dans la chaîne des responsabilités fait irrésistiblement penser au « Loup et l’Agneau » de la Fontaine : « Si ce n’est
toi, c’est donc ton frère – Je n’en ai point – C’est donc quelqu’un des tiens ! » Sans compter, pour citer cette fois Ésope, qu’ « À trop crier au loup… »


 Massialotès

fanfan 04/01/2014 10:03


Bonjour Robert,


Pour répondre à votre interrogation de fin, je vous copie/colle:


": MAIS QU'EST-CE QUI VOUS GÊNE TANT QUE JÉSUS SOIT NÉ, AIT VÉCU ET SOIT


MORT EN JUIF ??"


Peut-être certain-e-s auraient préféré que Jésus meure dans un four crématoire


plutôt que sur une croix, pour assumer complètement sa judéité!!!!Enfin ce que


j'en dis n'est pas parole d'Evangile....Mais je suis révoltée et écoeurée par cet


antisémitismequi ressurgit sans cesse, comme l'Hydride de Lerne, et qui voudrait


aller jusqu'à dénier l'appartenance de Jésus au peuple juif!...quelle honte!!!


fanfan

Robert Kaufmann 04/01/2014 00:33


Mon interlocuteur me fait douter de ma plume et m'oblige à revenir sur mon texte dans lequel je n'ai à aucun moment cité Paul VI.                  
                                                   Pour le reste
et l'attitude de l'Eglise envers les Juifs durant 16 siècles, l'Histoire est là pour en témoigner et, s'il en était autrement, pourquoi Benoît XVI lui même aurait-il éprouvé le besoin d'affirmer
avec force, après ses prédécesseurs du XXe siècle, dans son ouvrage "Jésus de Nazaret"    Les nombreux Chrétiens qui fréquentent les rencontres de l'AJC ne s'y trompent pas.  


  Quant au mouvement AJCFrance que je représente localement, je n'ai aucun état d'âme  car ses statuts précisent

Le Voyageur 03/01/2014 19:54


Pendant que certains se tirlipotent avec des concepts aussi étranges (Avant Dieu il y a sa mère qui lui préexiste.... ) qu'incompréhensibles (la mutilation d'enfants pour une croyance)  et
s'entremèlent les  pinceaux dans des querelles de boutiquiers du Vatican...


d'autres, les pauvres, crèvent dans les rues....


Jésus !


au secours ! 

massialotès 03/01/2014 16:25


Que répondre à Robert Kaufmann sinon que, dans son commentaire, il a bien écrit et signé en sa qualité de président de l'Amitié Judéo-chrétienne de Marseille – ce qui est une façon d'engager
l'ensemble de cette association – que le "pas de clerc" par lequel Paul VI a placé sous l'invocation de "Marie, mère de Dieu" les célébrations liturgiques du 1er janvier de l'Église romaine (tout
en maintenant cependant les lectures de la messe qui ont trait à la Circoncision) constitue "une résurgence endémique au sein de l'Église du sentiment anti-judaïque" ? 


Comme certains voient partout un "complot judéo-maçonnique", d'autres, de peur de ne pas être à temps, sont prompts à déceler partout à contre-temps de l'"anti-judaïsme"; ainsi va notre
époque... 


Massaliotès

Robert Kaufmann 03/01/2014 12:22


Je me réjouis de l'importante suite de commentaires que l'article a suscitée.‹ Ce qui démontre que le sujet n'est pas anodin.


Je ne résiste pas à l'envie de répondre à celui de massialottès, dans lequel je salue les rappels historiques. Néanmoins : il ne m'avait pas échappé que Paul VI a signé la déclaration Nostra
Aetate, même si l'essentiel du travail a été mené par le cardinal allemand Bea. Il ne m'est jamais venu à l'esprit de soupçonner le Pape d'anti-Judaïsme. Mais il n'incarne pas à lui seul
l'Eglise. Et nous savons tous que l'anti-Judaïsme, pour ne pas dire plus, a si longtemps imprégné l'église catholique et provoqué tant de seïsmes, que l'on en ressent encore aujourd'hui les
répliques; et pas seulement dans le petit peuple mais aussi dans la hiérarchie, et à plus forte raison dans le bouillon de culture de la curie romaine, qui a su longtemps exercer ses pressions
sur les souverains pontifes.


Robert Kaufmann

Rosine 03/01/2014 08:30


Merci René pour cette mise au point !


Je ne commente pas le nombre de fêtes de Marie, je savais qu'il y en avait beaucoup mais là je suis impressionnée par le nombre !


Michel Remaud dit la même chose, cf http://www.ajcf.fr/spip.php?article1154 ainsi que des profs à la Grégorienne http://www.ajcf.fr/spip.php?article1863 ! Tu es donc en bonne compagnie mais tu touches un autre public et c'est bien de le marteler : je
renverrai à ton texte !

Pierre Locher 02/01/2014 18:00


 


Question toute simple : comment passe-t-on (Cyrille d'Alexandrie) de :


elle a engendré le Verbe de Dieu fait chair  


  à  Marie Mère de Dieu ?


Saint-Jean n'a pas écrit : elle a engendré Dieu...Est-ce que le Verbe de Dieu fait chair est
synonyme de Dieu ? Cyrille d’Alexandrie était un grand polémiste (peut-être aussi un peu manipulateur quand il décrétait l'ouverture d'un concile décidé par l'empereur, avant que
tous les évêques convoqués aient eu le temps d'arriver ...) , mais il avait des raccourcis un peu...rapides ! Ses pairs ne l'ont d'ailleurs pas suivi sur ses 12 demandes d'anathèmes



 


Il faut dire aussi pour compléter, que les pères conciliaires « aimaient » se disputer non pas sur des virgules,
mais parfois sur une seule lettre donnant aux mots des significations différentes. A Nicée en 325, on s'est battu entre partisans de homeousios (semblable) et homoousios
(consubstantiel) et à Éphèse entre partisans de Theotokos (Mère de Dieu) et Theodokos (celle qui a reçu Dieu). Dire que l'Esprit-saint a tranché à chacun des conciles serait lui
attribuer des compétences grammaticales qu'Il n'avait peut-être pas envie d'avoir...


 


Quand le dogme catholique dépend d'une lettre en plus ou en moins, je relativise ...non pas la révélation chrétienne, mais
son expression dans une culture et à une époque qui n'est pas la notre. Pour répondre à Fanfan, c'est ce que j'en retiens.


 


Pierre Locher

fanfan 02/01/2014 15:44


A lire les différents commentaires actuels  se rapportant au sujet présenté par


RenéGuyon:


"La Circoncisionde Jésus: une alliance cachée par l'Eglise!", je me dis qu'il y a des


"savant-e-s"  avec les pieds sur terre et des "funambules" avec la tête dans les


étoiles qui se penchent sur le berceau du Fils de Dieu et les langes de cet enfant


circoncis...Mais quel est le message final?


fanfan

massialotès 02/01/2014 11:16


Merci à Pierre Locher de nous avoir rappelé le contexte historique de l’appellation « Marie mère de Dieu » au concile d’Éphèse de 431.
Effectivement, elle tient aux derniers soubresauts de la querelle arienne. Car à Nestorius qui lui avait écrit « En tout lieu de la divine Écriture,
quand elle fait mention de l’Économie du Seigneur, la génération et la passion qui sont présentées ne sont pas celles de la divinité, mais de
l’humanité du Christ, en sorte que la Sainte Vierge doive être appelée d’une dénomination plus exacte Mère du Christ et non Mère de Dieu », Cyrille d’Alexandrie, répondit
« Si quelqu’un ne confesse pas que l’Emmanuel est Dieu en vérité et que pour cette raison la sainte
Vierge est Mère de Dieu (car elle a engendré charnellement le Verbe de Dieu fait chair : Jn 1, 14), qu’il soit anathème » et cette proposition fut avalisée par les Pères du concile d’Éphèse. Mais on voit bien que c’était non pour « qu’une déesse leur permette de vivre
leur célibat » mais afin d’affirmer que Jésus est à la fois pleinement Dieu et pleinement homme qu’ils ont ainsi tranché.


Quant à l’inflation, par la suite, de la piété mariale, c’est une autre affaire… Elle a culminé (provisoirement ?) par la proclamation de « Marie Mère de l’Église » par Paul VI
dans son discours de clôture du concile de Vatican II, allant ainsi plus loin que les pères du concile ne l’avaient fait dans la constitution Lumen
gentium. La proposition avait fait débat en effet et cette proclamation ne fut pas unanimement accueillie avec enthousiasme. Est-ce pour cela que Paul VI a ensuite institué une fête, non de
« Marie, Mère de l’Église », mais de « Marie, mère de Dieu » à la formulation plus « œcuménique » ? Je n’en sais rien, ce serait à des vaticanistes de le dire.
En tout cas, on ne peut pas sérieusement soutenir, comme le fait Robert Kaufmann, qu’en choisissant de substituer cette fête à celle de la Circoncision du Seigneur, il a agi par « sentiment
anti-judaïque », lui qui avait promulgué en 1965 la déclaration Nostra aetate dont on sait le retentissement qu’elle a eu – et continue à
avoir – pour les relations judéo-chrétiennes. Songer qu’il a pris cette décision onze ans avant la sortie en salle de Shoah de Lanzmann, en des
temps où nul n’aurait songé à voir en elle une façon d’occulter les crimes commis contre les Juifs ou l’horreur absolue de la « solution finale ». Il convient donc de remettre les
choses en perspective, afin de ne pas tomber dans « le péché des péchés, le péché entre tous irrémissible [pour l’historien] : l’anachronisme », comme l’écrivait L. Febvre.


Il reste que pour des raisons bien plus fondamentales que la lutte contre un supposé anti-judaïsme dans l’Église catholique d’aujourd’hui, la décision de Paul VI a été pour le moins malvenue et
que René Guyon a eu mille fois raison de nous faire partager une de ces « saintes colères » qui donnent tant de sel à ses chroniques.



 



Michel Berdah 02/01/2014 07:58


Effectivement, ce matin, je me suis
fait la même réflexion. 
Moins poussée certes, mais "exit"
cet événement qui rétablit une justesse (justice) dans les rapports entre chrétiens et juifs d'aujourd'hui. 
Au seuil de cette nouvelle année,
voici un rappel (un ai-guyon ?) pour continuer d'approfondir nos racines et dont une des récompenses (ou salaire) est l'amitié et la fraternité des enfants d'Abraham.

M-O 01/01/2014 22:23


Il faut absolument tout faire pour que l'on revienne, comme c'est toujours le cas dans les églises d'orient, à la fête du saint prépuce. Ca n'a rien d'une coquetterie ou à une querelle
d'exégètes, c'est essentiel et fondamental ! Sinon notre foi est vaine, sinon le verbe ne s'est pas fait chair, sinon il n'y a pas eu de Révélation au Sinaï, sinon il n'y a pas d'Alliance et
sinon il n'y a pas de Jésus-Yehoshua, Machiah' (messie), fils de David, roi des Juifs. Quoi, Jésus-Yehoshua n'aurait-il pas d'ascendance ? Venu dans le sein de Miryam-Marie comme un
extra-terrestre, venant d'on ne sait quelle galaxie ou d'une terre vierge de toute histoire ? Et non Jésus-Yehoshua n'est pas né en Inde ou indien d'Amérique... Désolée, mais le Seigneur a
choisi UN peuple pour porter la responsabilité de la Torah aux peuples du monde, et ce peuple c'est le peuple Juif (peuple UN en DOUZE tribus). Pas parce que ce peuple est meilleur que les
autres, plus beau, plus grandiose, plus savant... C'est l'épouse. Pourquoi celle-là ? Parce que c'est celle-là et pas une autre. Et cette Alliance est sans repantance ! Le Seigneur ne
divorce pas au gré des évènements de l'histoire. Et l'Eglise doit apprendre à RECEVOIR le DON. Nous devons apprendre à nous recevoir d'un autre. Marie-Myriam est Israël, c'est l'épouse. Ce DON
nous vient par la voie/voix humaine, selon la volonté du Père, par le peuple de l'Alliance, le peuple juif. Le Seigneur enfante en Israël et continue d'enfanter, de mettre au monde la Torah. Les
linges de l'enfant couché dans la mangeoire, sont les linges qui entoure le sefer Torah à la synagogue. Et il y a un lien : c'est le linge qui a reçu le prépuce d'un fils circoncis au 8ème
jour... Jour éminament messianique, au-delà de l'Histoire qui est aussi le JOUR UN, le jour de la LUMIERE, celle qui ne vient pas des astres ou du soleil, celle de la Torah. C'est au 8ème jour
que l'enfant mâle reçoit son NOM, ce nom qui l'inscrit dans l'Alliance, dans une famille, dans une lignée, dans l'histoire concrète du Peuple que Dieu s'est choisi.

fanfan 01/01/2014 18:48


Puis-je me permettre ce "jeu de mots":


On a circonscrit la  circonsision du Fils ...à la fête  de Marie qui est sainte


et mère de ...Dieu..!!!!!!!!!!!!belle démonstration  franchement oedipienne à


l'envers !!!!. Voyons :


d'après Freud,  le fils rêve que  sa mère soit son épouse, mais


là, la mère du Fils, "épouse de Dieu" , devient   aussi mère  du Père, ce qui fait


que le Fils devient le Père de son père et sa mère qui est...et puis...et


puis...STOP!


Que diable, qu'est-ce que ce glissement de sens, qui n'en ont pas...!


Nous voilà sens dessus dessous avec ces non-sens!un vrai salmigondis...


L'Eglise Catholique Romaine ne sait plus où donner de la tête...Le plus grave


c'est qu'elle s'est mise en tête de "gommer" grâce à La Mère l'identité humaine


du Fils, c'est un comble... Au final quelle triste et funeste ignorance de Celle qui


se dit, sur notre Terre, investie pour annoncer la Bonne Nouvelle !!!


fanfan

Pierre Locher 01/01/2014 15:41


 


Effectivement, à la lecture de La Croix : 1er janvier , sainte Marie Mère de Dieu, j'ai un peu sursauté en me
disant : tiens , la circoncision de notre enfance a été rangée au placard ? Et je ne savais pas que la modification datait de... Paul VI (çà
fait quand même pas mal d'années)  : merci René GUYON !


 


Sur la surabondance des fêtes mariales, je suis pleinement d'accord, mais d'où vient cette enflure ? Sinon du concile
d’Éphèse qui a donné le titre de Mère de Dieu à une jeune juive qui a eu l'humilité et le courage (sans un certain effroi on suppose) d'accueillir la parole divine et une mère qui a eu
l’immense douleur de voir mourir son fils.


 


Dans n'importe quelle religion, la mère d'un dieu est plus ou moins une déesse : les pères du concile d’Éphèse
avaient-ils besoin d’une déesse pour vivre leur célibat ? On peut se poser la question....Plus sérieusement, il est à craindre que l'on y ait assisté aux derniers remous du conflit commencé
à Nicée entre opposants et partisans d'Arius. Il faut noter que Nestorius excommunié à Éphèse était évêque d'Antioche et qu’aujourd’hui perdurent en Orient des églises nestoriennes qui
entretiennent d'excellents rapport avec Rome...Comme quoi ce qui était hérésie au 5° siècle ne l'est plus vraiment aujourd'hui : on ferait bien de relativiser ces dogmes entérinés pour des
raisons autant politiques que théologiques. J'ajouterai que cette décision prise à Éphèse ajoute de la confusion dans la théologie suffisamment délicate du Dieu trinitaire : Mère du fils de
Dieu, bien sûr , mais on a retenu Mère de Dieu tout court, et Dieu le Père dans tout cela ? Celui qui est au tout début du Credo : Je crois en un seul Dieu, le
Père...


 


Ce qui est plus inquiétant, c'est que cette dévotion excessive a perduré au cours des siècles : il suffit d'assister
aux défilés sans fin confinant à la superstition devant les statues de la Vierge dans certains pays du sud de l’Europe ou ailleurs. Comme le fait remarquer René GUYON, le monothéisme en
« prend un coup », mais les pasteurs découragent-ils ces pratiques ? Je n'en ai pas l'impression, alors qui est responsable de cette « panthéonisation » de la révélation
chrétienne, certains catholiques ou le catholicisme ? Je serais tenté de dire, les deux mon général...surtout, comme le faisait remarquer récemment Christine PEDOTTI, depuis que le dogme de
l'infaillibilité empêche toute réévaluation des erreurs passées.


 


Pierre Locher

Robert Kaufmann 01/01/2014 14:03


Un grand merci à René Guyon pour cette "sainte colère" en forme de mise au point.


Pourquoi, malgré les événements du XXe siècle, ces résurgences endémiques au sein de l'Eglise du sentiment anti-judaïque ??


Et aussi, comment expliquer que l'Europe, dont la quasi totalité des Etats (en dehors de la France) aiment à proclamer leurs racines judéo-chrétiennes votent des directives contre la
circoncision, oubliant volontiers que le< Fils de Dieu> était circoncis ?


"Plus jamais ça", affimait-on en 1945. Attention à ne pas faire resurgir les démons qui ont conduit à tant de crimes au cours des siècles passés et ont encouragé le plus grand crime de l'histoire
de l'humanité: la "solution finale"


Robert Kaufmann                                                  
                                       Président de l'Amitié Judéo-Chrétienne de Marseille