Le Carême, chemin vers une vie nouvelle

Publié le par Garrigues et Sentiers

Je te propose aujourd’hui la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour vivre en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix et en t'attachant à lui ; car là est ta vie… (Deutéronome 30,19-20)

Carême vient de deux mots latins qui veulent dire quarantième jour (avant Pâques).

Mais le but du Carême, c’est bien sa fin : la Semaine sainte qui nous conduit vers la mort de Jésus sur la croix et la fête de Pâques, fête de la vie nouvelle de Jésus ressuscité qui nous appelle à la vie ! Quarante… nombre symbolique de l’attente, souvent longue et difficile, de la vie nouvelle :
- quarante ans de marche dans le désert pour le peuple hébreu marchant vers la Terre Promise par Dieu.
- quarante semaines, de plus en plus lourdes à supporter, pour la femme marchant vers la mise au monde d’un enfant nouveau-né
- quarante jours de jeûne et de solitude dans le désert pour Jésus marchant vers sa mission de Sauveur du Monde.

L’attente… temps de tous les doutes, de toutes les angoisses, de toutes les tentations, de tous les manques :

- pour le peuple hébreu, doute sur la promesse de Dieu, angoisse de mourir avant d’arriver au but, tentation de se jeter dans les bras des faux dieux, manque d’eau et de nourriture
- pour la femme enceinte, doute sur sa vocation de mère, angoisse de l’accouchement, manque de confiance dans l’avenir, tentation de renoncer à donner la vie
- pour Jésus, doutes sur sa mission, peur de ne pas être compris par ceux vers qui il est envoyé, angoisse de ce qui l’attend au bout du chemin, tentation de renoncer à sa condition d’homme.

L’attente du Carême… temps de marche pendant lequel, avec la force que Jésus nous donne, nous avançons, tels que nous sommes, vers la lumière du matin de Pâques, explosion de vie après le passage par la mort.

Le Christ nous appelle à sa suite à vivre le désert et à vaincre ses dangers, nous qui sommes tous dans l’attente d’une vie nouvelle.

Qui que nous soyons, Jésus nous appelle à lutter pendant ce Carême pour faire mourir en nous :
- le doute sur nous-mêmes, sur l’amour des autres et de Dieu, car nous comptons beaucoup à ses yeux, et il nous aime (Isaïe 43,4)

- l’angoisse du lendemain, de notre condamnation par les hommes et par Dieu, car Jésus n’est pas venu pour juger le monde mais pour sauver le monde (Jean 12,47)

- la tentation de fuir notre vie dans les paradis infernaux et artificiels de la consommation, de la télévision, du tabagisme, de l’alcool, de la pornographie et de tout ce qui nous empêche d’être plus légers pour suivre Dieu : je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur (Osée 2,16)

- le manque de relation avec les autres et avec Dieu, par la prière et la lecture de la Bible, car Jésus, Parole de Dieu est venu dans le monde pour qu’en l’accueillant nous puissions devenir enfants de Dieu (Jean 1,12).

Alors nous vivrons avec lui sur le chemin du Ressuscité qui, quarante jours après Pâques, est monté vers son Père et reste avec nous pour toujours, jusqu’à la fin du Monde (Matthieu 28,20).

René Guyon

 

Ce texte a été écrit, en mars 2005, pour les prisonniers de la Santé, à Paris, ce qui explique certaines allusions spécifiques à leur condition. J’ai pensé qu’il pouvait aussi intéresser ceux qui sont « dehors ».

Publié dans Réflexions en chemin

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Michel Louis Lévy 28/06/2009 10:39

Merci de ce lien, que vous avez mis en commentaire à http://www.judeopedia.org/blog/2009/06/14/quarante-ans-dans-le-desert/#comments

G&S 28/06/2009 13:05


Tous ceux qui cherchent Dieu - et les autres - sont les bienvenus sur ce blog. Les liens entre nous en sont la concrétisation.
Merci pour votre visite... et pour votre blog.
G&S