Le talent d'Achille

Publié le par Garrigues

 

Cet article traite de la Parabole des talents.
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Ce jeu de mots, je le confesse, paraît plus qu'incertain ; mais il décrit assez bien l'équilibre de notre système financier mondial, qui s'est rompu subitement par la faute de quelques-uns...

Des événements personnels m'ayant sensibilisé (au sens propre) à ce phénomène de rupture, je vous propose que nous nous intéressions à la Parabole des talents, (Matthieu 25,14-30) dont on pense souvent avoir tout compris ; mais la Parole de Dieu est toujours plus riche qu'on ne croit, comme l'homme dont nous allons parler...

o O o

Don ou gérance ?

Il s'agit d'un homme qui, partant pour un grand voyage (littéralement, loin de son peuple) appelle ses serviteurs particuliers (ceux qui lui appartiennent en propre1) et leur remet (de la main à la main) ses biens (ce sur quoi, ou grâce à quoi, il a le pouvoir) : cinq talents au premier, deux au deuxième et un au troisième. Il est important de savoir, et de ne pas oublier, qu'un talent correspondait à environ 16 ans de salaire d'un ouvrier agricole, ce qui signifie qu'au total l'homme a remis à ses serviteurs l'équivalent de 128 ans de salaire.

Là, certaines bibles interprètent déjà le texte en écrivant que l'homme confie ses biens, ou même confie l'administration de ses biens aux serviteurs. Et on ne remarque pas toujours l'incise qui suit : à chacun selon sa force particulière, où on retrouve le même mot grec qu'au verset précédent1.

Puis l'homme part, aussitôt... Il ne s'attarde pas, ni pour donner des instructions à ses serviteurs, ni pour recevoir d'eux remerciements ou doléances (on a beaucoup commenté la différence entre les trois sommes remises).


(Auto)gestion de fortune

On connaît la suite : le serviteur qui a pris possession  de cinq talents agit, travaille en eux... On pourrait dire qu'il les travaille, ou les fait travailler. Il s'agit de ne pas laisser mourir ce bien, car l'inactivité, l'immobilisme, c'est la mort !

Il gagne d'autres talents et double la valeur reçue ; de même, nous dit la Bible, celui aux deux talents.

Doubler la valeur de la somme reçue en la faisant travailler, voilà un excellent exemple de bonne gestion !

Et pendant tout ce temps le maître est absent, loin (certain serviteur pense : lointain)... Il ne surveille pas ce qu'ils font et le texte ne dit pas que son retour était prévu. Et il ne reviendra qu'après beaucoup de temps. Car il sait bien, ce maître-là, qu'il faut du temps, quand on n'est pas le bon Dieu, pour faire fructifier cinq, ou même deux, ou même un seul talent. Car ce maître là a vu son fils Jésus multiplier instantanément les pains et les poissons. Ces nombres de talents lui rappellent quelque chose... Oui, il s'en souvient bien ; il y avait cinq pains, et deux poissons... et il était même resté douze pleins couffins après qu'eurent mangé cinq mille hommes (sans compter les femmes et les enfants) !

Mais le temps ne fait rien à l'affaire ; quand on est conduit par la haine et la peur on débouche toujours sur l'immobilisme et la mort. C'est ce que fait le troisième serviteur qui creuse un trou et cache2 dans la terre le bien... de son maître. Au lieu d'être le fructificateur du talent que son maître lui a remis personnellement, de la main à la main, il en devient le fossoyeur ; car, à son avis, son maître est un homme dur qui ne lui pardonnerait pas de ne pas lui rendre ce qui, à son avis, lui appartient.


Comptes...

Donc, après un long temps, le maître des serviteurs vient, mais... il n'est absolument pas dit qu'il re-vient. On a vu que ce retour n'était pas annoncé quand il est parti, et que beaucoup de temps est passé. C'est donc une venue, nouvelle.

Il vient et... on retrouve diverses tendances parmi les bibles : il règle ses comptes avec eux, ou il leur fait rendre compte de leur gérance.

L'expression grecque est synaïreï logon. Le verbe synaïreô signifie prendre ensemble, rassembler, ou embrasser, résumer par la pensée ; le logos est un mot à sens multiples qui ont tous un rapport avec la parole (dans l'évangile de Jean, c'est le Verbe de Dieu, Jésus), le récit, mais aussi l'évaluation ou le compte-rendu. Le problème des traductions évoquées est que dans le texte grec il n'y a ni article, ni adjectif possessif avant le mot logon. Comment alors pourrait-on traduire par ses comptes ?

La notion de mettre en commun une parole me paraît être plausible grammaticalement, et correspondre à ce que recherche le maître : savoir comment ont vécu les serviteurs, plus que ce qu'ils ont gagné ; ce qu'ils sont, plus que ce qu'ils ont. En effet il va dire à chacun des deux premiers serviteurs, qui ont reçu l'équivalent de 80 et 40 ans de salaire : « tu as été fidèle en peu de choses » ; visiblement, il n'est pas à cela près et le compte exact ne l'intéresse pas ! Nous en reparlerons.

La relation entre ces deux serviteurs et leur maître est entièrement dans le premier mot qu'ils lui disent : idé, regarde (le pauvre voici de nos bibles) ! Quelle joie dans ce mot simple comme celui d'un enfant fier de ce qu'il a fait et qui, triomphant, dit à son père : « regarde ce que j'ai fait... moi tout seul ! »

Ils ont gagné autant qu'ils avaient reçu. Le maître avait parfaitement mesuré leur capacité, chacun a donné le meilleur de lui-même, et tout le monde est heureux : « C'est bien serviteur bon et digne de confiance, sur peu de choses tu as été digne de confiance », leur dit leur maître.

Je pense qu'ici le grec pistos ne doit pas être interprété comme fidèle (généralement utilisé par les bibles), mais plutôt comme digne de confiance, car ce qu'attendait le maître n'était pas leur fidélité (puisqu'il n'avait rien ordonné à ses serviteurs) mais qu'ils réussissent à égaler ce dont il les sentait capables, qu'ils se réalisent pleinement.

Il ajoute : « sur beaucoup je t'établirai ; entre dans la joie de ton maître. »


... et mécomptes

Vient alors celui qui avait un talent.

Il ne parle pas du don de son maître mais de son don à lui, la clairvoyance ! « J'ai appris à te connaître... » Puis il fait une description particulièrement noire du maître (sklêros, c'est-à-dire rigide, dur, récupérant à son profit le travail fait par les autres et inspirant la peur à ses serviteurs) qui justifie - au moins dans son esprit - qu'il ait caché le talent dans la terre pour pouvoir lui dire : « regarde, tu as ce qui est à toi » !

Alors le maître, respectant la vision de son serviteur, tire les conséquences de ses actes et de son discours. Après avoir noté que l'interpellation traduite en général par serviteur mauvais et paresseux peut aussi s'entendre serviteur malheureux et craintif, on apprend que le serviteur aurait pu être sauvé... par les banquiers où l'argent du maître aurait pu produire un intérêt !

Nous avons là le seul verset de toute la Bible où il est question de banquiers, les trapézitaï, ceux qui sont derrière une table, un comptoir (comme dans l'épisode où Jésus chasse les marchands du Temple et où apparaissent des changeurs, qui ne sont pas à proprement parler des banquiers, même s'ils prennent certainement une commission de change confortable), une banque...

Voilà donc un banquier qui aurait pu sauver un homme de la damnation éternelle ! Il n'y a que dans la Bible que l'on voit un tel miracle...

Mais soyons sérieux : si le serviteur, qui avait sûrement peur de perdre son talent par une mauvaise gestion, incertain qu'il devait être sur son propre talent de gestionnaire, avait accepté de se faire aider par un banquier ou par les autres serviteurs, a priori plus doués que lui, au lieu de se laisser enfermer dans la rancœur et la peur, l'issue aurait été différente.

Elle l'aurait été aussi, sans doute, compte tenu de ce qu'on sait maintenant du maître, s'il lui avait fait confiance et avait tenté de faire fructifier son talent, car il avait lui aussi reçu selon sa propre force et aurait certainement réussi comme les autres.


La joie avec Dieu ; les ténèbres sans Dieu

Dieu est dans la simple remarque suivante : le maître a donné ses biens à ses serviteurs, de la main à la main, et ne reprend rien !

Drôle de maître qui ne vit pas des biens matériels et suit ses propres conseils (ce qui n'est pas fréquent en notre monde) : « Ne vous amassez point de trésors sur la terre, où la mite et le ver consument, où les voleurs percent et cambriolent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel : là, point de mite ni de ver qui consument, point de voleurs qui perforent et cambriolent. Car où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. » (Matthieu 6,19-21)

Le trésor des deux premiers serviteurs était dans l'action, dans la vie, dans le désir ; le trésor du troisième était dans la terre, dans la mort, dans le non-désir.

Cela rappelle la parabole des deux fils de l'évangile de Luc (chapitre 15 ; cf. l'article Un cadet nommé désir) où quand revient le fils cadet le fils aîné dit à son père « tu ne m'as jamais rien donné » et son père lui répond « tout ce qui est à moi est à toi ! ». Le père a accueilli le cadet à bras ouverts ; on ne sait pas ce qu'est devenu le fils.

Ici, les serviteurs « cadets » ont réussi et sont accueillis, mais pas mieux que le cadet « prodigue » qui a échoué. Ici, le serviteur « aîné » a reçu sans rien demander à son maître, qu'il a quand même jugé comme un homme dur et profiteur, mais n'a rien fait de ce don : il s'est donc mis hors-jeu ; il s'est exclu lui-même de la joie de son père.

Cela semble bien dur, à juste titre ! Mais comment imaginer que le maître puisse « sauver » son serviteur alors que celui-ci le rejette et considère qu'il ne peut lui apporter aucun bien.

Dieu ne peut pas faire notre salut sans nous, et encore moins contre nous.

Alors adviennent les mots très durs du maître : « ce propre-à-rien de serviteur, jetez-le dehors dans les ténèbres ! »

Le propre-à-rien de nos bibles est un adjectif privatif tiré du verbe khraô, qui a pour sens premier prêter et pour sens second entreprendre ! Ce serviteur est donc sans crédit, sans aucun répondant, sans aucun esprit d'entreprise ; il n'a rien gagné et même ce qu'il avait il voulait le rendre, parce qu'il pensait - à tort - qu'on le lui demandait.

On ne peut donc pas lui donner, car il ne fait rien de ses dons et n'en veut même pas ; et on le donne aux autres : à celui qui n'a pas, on enlèvera même ce qu'il a...

En hébreu il serait beliya'al, littéralement sans utilité, et par extension méchant. En 2Samuel 23,6, il est dit : Les gens de Bélial sont tous comme l'épine qu'on rejette. On voit ici apparaître Bélial, un des noms du Satan dans le Premier Testament, qu'on retrouve en 2Corinthiens 6,15 : Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quelle entente entre le Christ et Béliar (Bélial) ? Quelle association entre le fidèle et l'infidèle ?

Il n'est pas étonnant que ce Bélial-là, lui qui n'a pas été fidèle (l'infidèle est celui qui n'a pas la foi, donc la confiance) soit rejeté dehors, dans les ténèbres où seront les pleurs et les grincements de dents...

Voilà l'histoire de nos serviteurs : deux sont entrés dans la lumière (Matthieu dit la joie) du Père et le troisième a été rejeté dans les ténèbres. Pourquoi ? Parce qu'il n'a pas cru, apparemment sans aucune raison, que son maître n'était pas le bon maître que les autres pensaient.


Naaman, mieux qu'Achille

Cela me rappelle l'histoire de Naaman, vaillant général Syrien atteint de la lèpre, et du prophète Élisée. Voici ce que dit la Bible (2e livre des Rois 5,1...15) :

Élisée, l'homme de Dieu (...) fit dire au roi : « (...) Que [Na'aman] vienne donc vers moi, et il saura qu'il y a un prophète en Israël.» Na'aman arriva avec son attelage et son char et s'arrêta à la porte de la maison d'Élisée, et Élisée envoya un messager lui dire : « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, ta chair redeviendra nette. » Na'aman, irrité, s'en alla en disant : « Je m'étais dit : sûrement il sortira et se présentera lui-même, puis il invoquera le nom de YHWH son Dieu, il agitera la main sur l'endroit malade et délivrera la partie lépreuse (...). » Il tourna bride et partit en colère. Mais ses serviteurs s'approchèrent et s'adressèrent à lui en ces termes : « Mon père ! Si le prophète t'avait prescrit quelque chose de difficile, ne l'aurais-tu pas fait ? Combien plus, lorsqu'il te dit : " Baigne-toi et tu seras purifié. "» Il descendit donc et se plongea sept fois dans le Jourdain, selon la parole de l'homme de Dieu : sa chair redevint comme la chair d'un petit enfant ; il était purifié. Il revint chez l'homme de Dieu avec toute son escorte, il entra, se présenta devant lui et dit : « Oui, je sais désormais qu'il n'y a pas de Dieu par toute la terre sauf en Israël ! Maintenant, accepte, je te prie, un présent de ton serviteur. »

Comme Naaman qui pensait qu'Élisée n'était pas assez spectaculaire pour être un bon guérisseur, le serviteur malheureux attendait peut-être (et inconsciemment) de son maître un geste extraordinaire lui montrant sa bonté. Mais le maître, comme Élisée, attendait de lui « simplement » qu'il lui fasse confiance « pour peu », à travers un geste facile à exécuter. Mais le serviteur malheureux a refusé de se plonger totalement dans son amour. Il n'a pas pu redevenir comme « un petit enfant » et être purifié de ses pensées mortifères, parce qu'il a cru qu'il avait la « connaissance » de ce qu'était son maître.

Naaman, lui, a accepté de renoncer à l'idée qu'il se faisait des guérisseurs de l'époque et de descendre dans le fleuve qui descend (sens du mot Jourdain en hébreu) de se faire petit et de faire confiance à Élisée ('élisha', Dieu sauve... comme yehoshoua', Jésus). Il s'y est plongé tout entier - 7 fois ! - et est allé dire à Élisée ce que le serviteur malheureux aurait pu (dû ?) dire à son maître en lui donnant le talent qu'il avait reçu : « j'ai douté de toi mais j'ai vu combien tu es bon avec tes serviteurs et je te demande pardon, car j'ai vu comment tu as traité mes camarades et " je sais désormais qu'il n'y a pas de [Maître] comme toi par toute la terre ! Maintenant, accepte, je te prie, un présent de ton serviteur "... le talent que tu m'as donné »...

Si nous voulons que nos talents fructifient pleinement et nous conduisent à la joie parfaite ne jouons pas les Achille3 : plongeons-nous TOUT ENTIERS dans l'amour de notre Dieu pour redevenir comme des enfants, car « si vous ne retournez pas à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. » (Matthieu 18,3)

René Guyon

Notes

1 / le mot grec est idion, qu'on retrouve en Jean 1,11 à propos du Verbe de Dieu qui vient chez lui ou en Jean 19,27, à propos du disciple qui prend Marie chez lui.
2 / verbe grec : kryptô.
3 / je sais qu'Achille n'a pas plongé tout seul dans le Styx, mais l'a été par sa mère Thétis. Et je suis sûr que tu me pardonnes cette approximation, cher lecteur !

Publié dans DOSSIER L'ECONOMIQUE

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fanfan 12/11/2011 22:00



Bonsoir René Guyon,


Sans vouloir faire de ce sujet sur "Le talent d'Achille" une tribune qui ne serait que pour reconnaître vos capacités ou talents , je voudrais  souligner cependant...que je regrette en ce
moment de ne plus habiter  cette bonne ville de Marseille...j'aurais alors pu assister à cette rencontre Bible...Peuchère,voilà bien des années que je me suis expatriée loin de "ma mère
Massalia";
Mais,voilà qu' au détour d'un site qui fleure bon les garrigues , et qui me parle de sentiers...je redécouvre le chemin , avec un guide qui décrypte pour chacune, chacun de nous...Le message de
Celui qui nous dit sans cesse:"Et pour toi qui suis-je? viens , suis-moi,"... et tu verras.


merci encore et en route!


fanfan



René Guyon 12/11/2011 19:51



Que vous dire, chère Fanfan, sinon que votre compliment si astucieux me remplit de joie et d'envie de continuer à écrire pour vous les merveilles de la Parole de Dieu.
J'ai animé cet après-midi une réunion de Bible à Marseille et la passion des auditeurs a encore été mon oxygène !
La Parole est vivante !
Et votre enthousiasme est porteur de vie !
René Guyon



fanfan 12/11/2011 14:35



Bonjour René Guyon,


Je viens d'être "scotchée"par votre" talent"!


Vous savez, oh combien, rendre vivante


La Parole...qui parfois n'est pour moi que lettre morte!


merci à vous .


fanfan béotienne d'un certain âge.



petit jean 14/11/2008 14:16

Cette parabole me fait penser à ce que Marcel Mauss, sociologue et anthropologue français appel le don et le contre don.
Dans un ouvrage intitulé « Essai sur le don. Forme et raison de l'échange dans les sociétés archaïques» (1923-1924) il met à jour le fait que le don implique dans certaines sociétés organisées l'obligation de recevoir mais également la nécessité d'un contre don.
 
Son ouvrage débute en guise d’épigraphe sur quelques strophes de l'Havamál, l'un des vieux poèmes de l'Edda scandinave dont la logique n’est pas si éloignée que cela de la parabole de Matthieu.
 
 
 
Je n'ai jamais trouvé d'homme si généreux
et si large à nourrir ses hôtes
que « recevoir ne fût pas reçu »,
ni d'homme si (l'adjectif manque)
de son bien
que recevoir en retour lui fût désagréable.
 
Avec des armes et des vêtements
les amis doivent se faire plaisir;
chacun le sait de par lui-même (par ses propres expériences)
Ceux qui se rendent mutuellement les cadeaux
sont le plus longtemps amis,
si les choses réussissent à prendre bonne tournure.
 
On doit être un ami
pour son ami
et rendre cadeau pour cadeau
on doit avoir
rire pour rire
et dol pour mensonge.
 
Tu le sais, si tu as un ami
en qui tu as confiance
et si tu veux obtenir un bon résultat,
il faut mêler ton âme à la sienne
et échanger les cadeaux
et lui rendre souvent visite.
 
Mais si tu en as un autre
de qui tu te défies
et si tu veux arriver à un bon résultat,
il faut lui dire de belles paroles
mais avoir des pensées fausses
et rendre dol pour mensonge.
 
Il en est ainsi de celui
en qui tu n'as pas confiance
et dont tu suspectes les sentiments,
il faut lui sourire
mais parler contre cœur
les cadeaux rendus doivent être semblables aux cadeaux reçus.
 
Les hommes généreux et valeureux
ont la meilleure vie ;
ils n'ont point de crainte.
Mais un poltron a peur de tout;
l'avare a toujours peur des cadeaux.