Dimanche 29 janvier 2006
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On dit que la véronique est la passe la plus gracieuse qu’un torero peut faire avec sa cape, car il semble
alors essuyer doucement le visage du taureau.
Mais c’est Véronique – à quelques jours de sa fête (le 4 février) - qu’on évoquera ici : la femme qui osa sortir de la foule pour
s’approcher de Jésus portant sa croix et essuyer son visage, dont la marque resta imprimée sur le linge, faisant de Véronique la sainte patronne des photographes… Véronique dont on ne trouve
aucune trace dans les évangiles, mais seulement sur les chemins de Croix de nos églises.
Certains savants très savants ont vu dans son nom vera icôn, la vraie icône (mélange gréco-latin
surprenant !)…
Mais en fréquentant le Premier Testament on peut avoir une révélation, un jour,
en écoutant la triple bénédiction que Dieu lui-même a enseignée à Moïse et lui a commandé de faire dire par Aaron et ses fils, pour que de siècle en siècle ils bénissent les fils d’Israël en
leur disant (Nb 6,24-26) :
yavarérera adonaï vayishemeréra
ya’er adonaï panayv éleyra
virounêka
yisa' adonaï panayv éleyra
c’est-à-dire :
Que le Seigneur te bénisse et te
garde !
Que le Seigneur illumine son visage pour
toi
Que le Seigneur élève son visage vers
toi
et dépose en toi la paix !
Ce texte fondamental de la religion juive, qui contient quinze mots hébreux, proclame en son milieu – le huitième mot, la pointe du texte – virounêka, Véronique,
Virounêka est une forme du verbe ranan, faire grâce.
et – comme par
hasard – les phrases qui entourent ce mot – grâce – sont une prière pour que le Seigneur illumine le visage du croyant et élève le Sien vers lui pour y déposer
la paix.
Véronique est une image véritable – eh oui ! – de la grâce de
Jésus illuminant la vie de chacun des êtres humains, imprimant en chacun la paix de son visage au milieu des tortures que lui infligeait la haine des hommes.
Qui a vu le visage imprimé sur le linceul de Turin – qu’on présume être celui de Jésus – comprend ce que veut
dire : que Le Seigneur élève son visage vers toi et dépose en toi la paix.
Quoi qu’on pense du saint Suaire, on peut, en le regardant,
prier
et se laisser gagner par la paix du visage imprimé sur lui.
Chaque être humain est appelé
- à recevoir la bénédiction et la
protection du Seigneur.
- à recevoir la lumière et la grâce
du Seigneur.
- à voir le visage et à
recevoir la paix du Seigneur.
En transmettant la
tradition de Véronique, les premiers chrétiens, qui avaient entendu cet appel de Dieu, ont symbolisé le croyant qui laisse la lumière du visage du Christ imprimer en lui la présence
divine, source de grâce et de paix.
René Guyon
Je vous recommande la lecture de l'ouvrage de Marie Vidal intitulé
Jésus & Virounèka, où l'auteur présente toute une série de personnages de la Bible, mais aussi Véronique.
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