Réponse à François d'un paroissien de Provence

Publié le par Garrigues et Sentiers

Questionnaire du pape François sur la famille

D'ABORD UN GRAND MERCI AU PAPE FRANÇOIS POUR AVOIR EU LE COURAGE
DE DEMANDER AUSSI AUX LAÏCS CHRÉTIENS
LES PROBLÈMES QU'ILS RENCONTRENT DANS LEUR VIE FAMILIALE

NB. : On a gardé les questions, même celles auxquelles je n'ai pas répondu, pour éviter toute confusion,
et on a marqué les réponses, quand il y en avait, en gras et après le symbole : Rép. ==>

 

1 – Sur la diffusion des Saintes Écritures et du Magistère de l’Église concernant la famille

1) Quelle est la connaissance réelle des enseignements de la Bible, de Gaudium et spes, de Familiaris consortio et des autres documents du Magistère postconciliaire sur la valeur de la famille selon l’Église Catholique ? Comment nos fidèles sont-ils formés à la vie familiale selon l’enseignement de l’Église ?

Rép. ==> Hormis quelques grands principes, les Écritures sont relativement discrètes sur ce qui doit se passer dans les familles, en particulier dans les alcôves. La lecture des documents pontificaux, depuis Casti connubii jusqu'à Familiaris consortio en passant par le regrettable Humanæ vitæ, ne nous a pas été d'un grand secours pour vivre en chrétiens notre mariage. Nous avons fait partie de groupes "familiaux", suivi des sessions ou retraites, dans lesquelles des clercs (souvent "spécialistes" de ces questions) essayaient de réparer les dégâts du dogmatisme des dits documents émanant du magistère, en écoutant le vécu des ouailles. Ils nous ont laissés encore plus sceptiques sur l'efficacité pratique de ce type de documents et leur capacité à favoriser la vie chrétienne des couples.

2) Là où l’enseignement de l’Église est connu, est-il intégralement accepté ? Est-ce que des difficultés se vérifient dans sa mise en pratique ? Lesquelles ?

Rép. ==> Est acceptable, ce qui est applicable. Or si nous avions suivi les principe d'Humanæ Vitæ, alors que nous avions 35 et 32 ans et déjà 3 enfants (sur les 4 voulus), il aurait fallu vivre dans une excessive continence, la période assurément inféconde de mon épouse (problèmes hormonaux rendant les cycles imprévisibles) étant de moins d'une semaine par mois. Avec les conseils de notre confesseur, nous n'avons pas tenu compte strictement des prescriptions de Paul VI.

Nous avons même, au moment de la publication de cette encyclique, adressé à notre archevêque, Mgr de Provenchères, une note de commentaires en 8 pages préparée en commun avec un groupe de couples chrétiens, note à laquelle il a donné suite : rencontre personnelle avec lui, puis table ronde sur la question entre "partisans" et "adversaires" d'H.V. Il a même transmis le texte à la commission épiscopale de la famille. (NB. : Un tirage de ce texte est à disposition sur demande).

3) Comment l’enseignement de l’Église est-il dispensé dans le cadre des programmes pastoraux au niveau national, diocésain et paroissial ? Quelle est la catéchèse sur la famille ?

Rép. ==> ? ? ?

4) Dans quelle mesure – et en particulier sur quels aspects – cet enseignement est-il réellement connu, accepté, refusé et/ou critiqué dans les milieux extra ecclésiaux ? Quels sont les facteurs culturels qui empêchent la pleine réception de l’enseignement de l’Église sur la famille ?

Rép. ==> Tout ce qui touche au contrôle des naissances semble irréaliste (voir plus loin), comme Indépendant des problèmes économiques, psychologiques ou sociologiques provenant des conditions de vie dans le monde contemporain. Par ex. : comment avoir une famille nombreuse avec 1500 € par mois, dans un appartement de 40 m2, avec une mère de santé fragile, ? etc. Les milieux "extra-ecclésiaux" trouvent ceux-ci un peu indiscrets par leurs interventions dans ce qui relève largement du privé.

2 – Sur le mariage selon la loi naturelle

5) Quelle place occupe la notion de loi naturelle dans la culture civile, tant au niveau institutionnel, éducatif et académique, qu’au niveau populaire? Quelles conceptions de l’anthropologie sont à la base de ce débat sur le fondement naturel de la famille?

Rép. ==> Le concept de Loi naturelle butte sur la notion même de nature. Qu'est-ce qui, concernant l'homme, est "naturel". La "culture" (et ses préjugés) pénètre tellement tout ce qui le touche qu'il est bien difficile de dégager le "fondement naturel" de la famille et de toute autre considération touchant à la morale. Ce qu'on peut dire c'est que, depuis longtemps et à travers des civilisations variées, des lois, des règles sont utiles pour permettre la vie en société. Dans toutes, la famille se présente avec bien de points communs : un "noyau" composé d'un père, une mère, des enfants… Mais elle a pu jadis ou ailleurs avoir un visage plus large : cohabitation permanente et organique avec des ascendants, des collatéraux, etc., ce qui modifiait profondément les données de base. Par ex. : les enfants pouvaient être pris en charge par les grands mères ou les tantes ; les garçons, en l'absence des pères à leur travail, pouvaient recevoir leur formation par un grand-père, parfois plus conservateur, etc.

6) La notion de loi naturelle à propos de l’union entre un homme et une femme est-elle couramment acceptée en tant que telle par les baptisés en général ?

7) Comment, en pratique et en théorie, la loi naturelle sur l’union entre un homme et une femme en vue de la formation d’une famille est-elle contestée ? Comment est-elle proposée et approfondie dans les organismes civils et ecclésiaux ?

8) Si des baptisés non pratiquants ou ceux qui se déclarent non-croyants demandent la célébration du mariage, comment affronter les défis pastoraux qui en découlent ?

Rép. ==> Peut-être avec douceur et sans rejet a priori, pour ne pas éteindre la chandelle qui fume encore, mais demander avec une prudente fermeté : « pourquoi voulez-vous vous marier à l'église bâtiment, alors que vous ne désirez manifestement pas appartenir à l'Église communauté de chrétiens ? » Régler les attitudes pastorales sur les réponses.

3 – La pastorale de la famille dans le contexte de l’évangélisation

9) Durant ces dernières dizaines d’années, quelles sont les expériences nées concernant la préparation au mariage? Comment a-t-on cherché à stimuler le devoir d’évangélisation des époux et de la famille? Comment promouvoir la conscience de la famille comme « Église domestique »?

10) Êtes-vous parvenus à proposer des styles de prière en famille qui réussissent à résister à la complexité de la vie et de la culture actuelle?

Rép. ==> Nous avons pratiqué longtemps une prière commune le soir, d'abord en couple à partir du bréviaire ; puis, lorsqu'il y eut les enfants, une prière familiale. Mais à l'adolescence — et malgré leur formation initiale chrétienne (famille, école et mouvements catholiques, catéchisme, messe hebdomadaire dans un lieu vivant…) — les enfants se sont détachés de la pratique. Et seuls, nous avons cessé cette prière en famille.

11) Dans la situation actuelle de crise entre les générations, comment les familles chrétiennes ont-elles su réaliser leur vocation propre de transmission de la foi?

Rép. ==> Échec apparent. Malgré une éducation qu'on pourrait qualifier de chrétienne (Cf. Point 10), aucun de nos 4 enfants ne pratique, sauf une fille (51 ans divorcée-remariée) occasionnellement. Une autre (39 ans) se déclarerait même plus ou moins athée. La seule mariée à l'Église, a dû divorcer ; les autres vivent en PACS ou de façon "libre". Nos deux petits-enfants ne sont pas baptisés. Tous, cependant, déclarent garder les valeurs altruistes de leur éducation, et souvent le prouvent.

12) De quelle manière les Églises locales et les mouvements de spiritualité familiale ont-ils su créer des parcours pouvant servir d’exemple ?

Rép. ==> Aucune d'efficace pour tous dans le contexte actuel. Deux de nos 3 filles, passées par des mouvements catholiques comme le MEJ, ont abandonné la pratique en constatant que leurs petit(e)s camarades une fois sorti(e)s des réunions se comportaient comme des "païens", se dénigraient, etc. Sans compter, une fois devenues adultes, le contre-témoignage scandaleux d'un certain nombre de membres du clergé.

13) Quel est l’apport spécifique que les couples et les familles ont réussi à donner quant à la diffusion d’une vision intégrale du couple et de la famille chrétienne qui soit crédible aujourd’hui ?

Rép. ==> S'ils peuvent servir, modestement, de modèle à d'autres, ce n'est déjà pas si mal. Nous avons profité quelques fois de ces modèles, parmi lesquels certains ont parfois "craqué" à la suite d'accidents de la vie. Ne jamais oublier, quand on réfléchit à une pastorale, l'instabilité et même la fragilité des conditions de vie de notre époque.

14) Quelle attention pastorale l’Église a-t-elle montré pour soutenir le cheminement des couples en formation et des couples en crise ?

Rép. ==> Cas d'espèce = il est difficile de généraliser. Certains prêtres apportent une aide chaleureuse et réelle, pas forcément en suivant strictement les règles ; d'autres plus formalistes ou rigoristes "enfoncent" les couples dans leur détresse et les éloignent définitivement de l'Église.

4 – Sur la pastorale pour affronter certaines situations matrimoniales difficiles

Rép. ==> NB. : Pour l'ensemble des questions de ce point 4, il me paraît difficile de disposer de statistiques fiables.

15) Le concubinage ad experimentum est-il une réalité pastorale importante dans votre Église particulière ? À quel pourcentage pourrait-on l’estimer numériquement ?

16) Existe-t-il des unions libres, sans reconnaissance aucune, ni religieuse ni civile ? Y-a-t-il des données statistiques sûres ?

17) Les séparés et les divorcés remariés sont-ils une réalité pastorale importante dans votre Église particulière ? À quel pourcentage pourrait-on l’estimer numériquement ? Comment affronter cette réalité au moyen de programmes pastoraux adaptés ?

Rép. ==> La première chose à faire serait de les recevoir, de les écouter, de connaître leur parcours, leurs raisons. Certes, les drames conjugaux ne sont jamais simples, il peut y avoir des torts réciproques. Mais il peut y avoir de claires victimes d'un divorce, doublement pénalisées quand on les met sur le même plan que l'autre partie. Un exemple simple vécu par une proche dans les années 50 : une jeune femme ayant demandé et obtenu le divorce parce que son mari la battait et battait son enfant, les mettant en danger vital. Était-elle" condamnée" à poursuivre sa vie comme "mère célibataire" ? C'est ce qui ressortait des consignes d'un prêtre.

18) Dans tous ces cas, comment les baptisés vivent-ils leur situation irrégulière ? Ils en sont conscients ? Manifestent-ils simplement de l’indifférence ? Se sentent-ils écartés et vivent-ils avec souffrance l’impossibilité de recevoir les sacrements ?

Rép. ==> Suite du cas évoqué en 17. Cette femme, peut-être mal entendue et mal conseillée, consciente d'une injustice, s'est définitivement séparée, dans un premier temps de l'Église et dans un second de toute pratique religieuse.

19) Quelles sont les demandes que les personnes divorcées et remariées adressent à l’Église à propos des sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation ? Parmi les personnes qui se trouvent dans ces situations, combien demandent ces sacrements ?

Rép. ==> Les âmes les plus libres s'approchent des sacrements, estimant plus important de "garder contact" avec Jésus-Christ que de respecter une discipline inadaptée en l'état. D'autres souffrent. Beaucoup s'en vont sur la pointe des pieds.

20) La simplification de la pratique canonique pour la reconnaissance de la déclaration de nullité du lien matrimonial pourrait-elle offrir une réelle contribution positive à la solution des problèmes des personnes concernées ? Si oui, sous quelles formes ?

Rép. ==> Plusieurs remarques sur cet article : 1° Il faut un certain degré de culture, et en particulier de culture "canonique" pour demander la nullité (déjà savoir que ces cas existent). 2° Cela est ressenti par beaucoup comme une démarche hypocrite. Généralement, il n'existe pas de motifs totalement et définitivement objectifs pour justifier une nullité. En particulier, où commence le plein discernement pour invoquer honnêtement un défaut de consentement ? Les privilèges "paulin ou pétrinien", permettant une "dissolution" à défaut de nullité, ne gardent-ils pas de sens que dans le contexte d'une société catholique ? Comment établir clairement le non-accomplissement des obligations essentielles du mariage ? Etc.

21) Existe-t-il une pastorale spécifique pour traiter ces cas? Comment cette activité pastorale se déroule-t-elle ? Existe-t-il des programmes à ce propos au niveau diocésain et national ? Comment la miséricorde de Dieu est-elle annoncée aux personnes séparées et aux divorcés remariés ; comment le soutien de l’Église dans leur cheminement de foi est-il mis en acte ?

Rép. ==> Une pastorale reconnaissant qu'il peut y avoir faute, mais annonçant la miséricorde de Dieu serait la plus appropriée : il existe une Loi, il en faut, elle ne saurait être l'alpha et l'omega. N'y aurait-il pas quelque chose à apprendre de l'expérience de nos "frères" orthodoxes ?

Question en passant : un prêtre renonçant à son sacerdoce peut obtenir sa "réduction à l'état laïc" (affreuse expression qui donne à l'état laïc un statut de seconde zone). Dans ses conditions, il peut communier, se marier, etc. Le sacrement de l'ordre est-il moins important, moins "sacré" que le mariage ?

5. Sur les unions de personnes du même sexe

22) Existe-t-il dans votre pays une loi civile qui reconnaisse aux unions de personnes du même sexe une quelconque équivalence au mariage ?

Rép. ==> Oui, malheureusement sous le nom de "mariage", ce qui entraîne une confusion avec ce qui aurait dû s'appeler "union civile", qui semble établir une communauté d'une autre nature.

23) Quel est le comportement des Églises particulières et locales tant envers l’État promoteur d’unions civiles entre personnes du même sexe, qu’envers les personnes impliquées dans ce type d’union ?

24) Quelle attention pastorale est-il possible d’avoir envers des personnes qui ont choisi de vivre selon ce type d’unions ?

Rép. ==> Peut-être d'abord de les accueillir et de les écouter pour savoir les raisons de ce choix (qui me reste incompréhensible).

25) En cas d’unions entre personnes du même sexe qui aient adopté des enfants quel comportement pastoral tenir en vue de la transmission de la foi ?

Rép. ==> Les cas me paraissent très différents selon que les enfants ont été adoptés avant cette "orientation sexuelle" (principe de réalité) ou après l'union entre deux personnes du même sexe. Dans le second cas, il ne faudrait l'autoriser qu'après avoir pu établir "scientifiquement" les conséquences possibles de l'état de vie des adoptants sur l'avenir des enfants.

Mais les dents des enfants ne devant pas être agacées par les raisins verts mangés par les parents, il conviendra de traiter ces enfants adoptés comme les autres. Avec sans doute une délicatesse particulière, si la catéchèse aborde d'une façon ou d'une autre, le mode de vie suivi par leurs" parents".

6 – Rép. ==> Aucun avis autorisé sur ces questions par manque d'expérience récente.

26) Quelle est la proportion estimée de ces enfants et adolescents dans ces cas par rapport à celle d’enfants nés et élevés au sein de familles constituées selon les règles ?

27) Dans quel état d’esprit les parents s’adressent-ils à l’Église ? Que demandent-ils ? Uniquement les sacrements ou également la catéchèse ?

28) Comment les Églises particulières répondent-elles au besoin des parents de ces enfants pour leur offrir une éducation chrétienne ?

29) Comment la pratique sacramentelle se déroule-t-elle dans ces cas-là : préparation, administration et accompagnement du sacrement ?

7. Sur l’ouverture des époux à la vie

30) Quelle connaissance concrète les chrétiens ont-ils de la doctrine d’Humanae vitae sur la paternité responsable ? Quelle conscience a-t-on de l’évaluation morale des différentes méthodes de régulation des naissances ? Du point de vue pastoral quels approfondissements pourraient être suggérés à ce propos ?

Rép. ==> La question mal dégagée par l'encyclique est simple : le fait même de limiter – et d'abord de "prévenir" – des naissance est-il légitime (ou simplement acceptable) ou non ? Dans l'affirmative, il semblerait logique qu'on retienne les méthodes les plus efficaces, à condition qu'elles ne s'approchent pas de l'avortement (sujet différent et malheureusement confondu par le magistère), ou qui ne portent pas atteinte à l'intégrité physique ou morale des deux époux. Sinon, aucune méthode, même prétendument "naturelle" ne deviendrait admissible !

31) Cette doctrine morale est-elle acceptée ? Quels sont les aspects les plus problématiques qui en rendent difficile l’acceptation par la plupart des couples ?

Rép. ==> Les méthodes dites naturelles, et spécialement la méthode Ogino, représentent concrètement une sorte de roulette russe pour les couples et plus spécialement pour les mères, à moins qu'elles ne soient réglées comme des horloges et encore. Trop de cas empêchent son application avec un minimum de sécurité, si on voulait s'y tenir : métiers amenant les maris (ou les femmes) à être absents une partie de l'année du domicile conjugal, petits affections sans gravité mais accompagnées de fièvre, puis, au premier chef, l'irrégularité des cycles de la femme (dont il a été prouvé qu'ils sont souvent perturbés par les aléas de la malnutrition, d'un mode de vie pénible, par l'angoisse devant les risques d'une nouvelle grossesse non-désirée etc.

32) Quelles méthodes naturelles sont promues par les Églises particulières pour aider les conjoints à mettre en pratique la doctrine d’Humanae vitae ?

Rép. ==> Cf. Articles 30 et 31.

33) Quelle est l’expérience sur ce thème dans la pratique du sacrement de la réconciliation et dans la participation à l’Eucharistie ?

Rép. ==> Il est évident qu'il ne serait pas sérieux de recourir "régulièrement" au sacrement de réconciliation lorsque les raisons qui amènent le couple à enfreindre les règles imposées par l'Église sont elles-mêmes régulières. Cet automatisme relèverait, là encore, d'une certaine hypocrisie, à la limite du sacrilège. Ne serait-il pas plus recommandable de former sérieusement la conscience des époux, en leur laissant ensuite la liberté et donc la responsabilité de leurs actes ?

34) Quels contrastes apparaissent-ils à ce propos entre la doctrine de l’Église et l’éducation civile ?

Rép. ==> L'éducation sexuelle "civile" n'ayant pas le même objet que l'Église : celle-ci préoccupée par la procréation, celle-là par l'exercice de la sexualité pour elle-même, la comparaison paraît difficile. Sauf lorsque l'Église reconnaît que la sexualité est un lien puissant entre les époux (déjà saint François de Sales !), ou que l'État se soucie de la démographie.

35) Comment promouvoir une mentalité plus ouverte envers la natalité? Comment favoriser la croissance des naissances ?

Rép. ==> 1° Remarque préalable : la "croissance des naissances" est-elle un bien en soi, souhaitable dans la situation démographique actuelle du monde ? Est-ce bien sérieux et responsable d'y pousser ?

L'ouverture pourrait se faire avec une situation économico-sociale meilleure, un état de paix minimum…

8. Sur le rapport entre la famille et la personne

37) Jésus-Christ révèle le mystère et la vocation de l’homme : la famille est-elle un lieu privilégié pour que ceci arrive ?

Rép. ==> Ayant à enseigner l'histoire de la famille à l'Université et sentant généralement la méfiance à son égard d'une partie des jeunes adultes présents, je finissais parfois par leur montrer que, malgré ses défauts évidents (à l'époque moderne, elle était souvent un lieu d'oppression de la personne), la famille était encore ce qu'on avait inventé de moins mal pour permettre aux humains de vivre ensemble.

37) Quelles situations critiques de la famille dans le monde d’aujourd’hui peuvent-elles devenir un obstacle à la rencontre de la personne avec le Christ ?

Rép. ==> La misère, la guerre, l'oppression politique, une Église donneuse de leçons qu'elle ne respecte pas toujours, l'individualisme… on n’en finirait pas. Mais ce bilan est indispensable pour éviter de dire n'importe quoi à ce sujet.

38) Dans quelle mesure les crises de foi que les personnes peuvent traverser ont-elles une incidence sur la vie familiale ?

Rép. ==> Les "crises de foi" sont rarement concomitantes avec un état d'équilibre et d'aptitude au bonheur. Sont-elles compatibles avec une vie familiale équilibrée ? Les drames familiaux, dont la presse nous abreuve, trouvent majoritairement leur origine dans des familles déséquilibrées (misère, inceste, antagonisme entre les membres, rivalités d'héritage etc.). Et il y a interaction, car quelqu'un qui a vécu dans une telle famille peut y fonder son déséquilibre ; et la personne déséquilibrée affectera sa famille, renouvellera souvent ce qu'il a vécu enfant.

9. Autres défis et propositions

39) À propos des thèmes traités dans ce questionnaire, y-a-t-il d’autres défis et propositions que vous considérez comme urgents ?

Rép. ==> Tous, on a trop attendu pour affronter ces problèmes en vérité.

Un paroissien de Provence

Publié dans Dossier La Famille

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