D'une Alliance à l'autre

Mercredi 7 décembre 2005
 Au début du chapitre 40 de son livre, le prophète Isaïe proclame : consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu, avant d’ajouter :
Une voix crie : dans le désert, dégagez le chemin du Seigneur ; dans la garrigue, rendez droit un sentier pour notre Dieu.
Bien sûr, cette traduction n’est pas celle qu’on est habitué à entendre ! Mais elle nous semble aussi fidèle, dans son esprit et dans sa lettre, que toutes les versions connues.
Voici pourquoi :
Ce que nous appelons garrigue (la steppe des bibles) est en hébreu ‘aravah (mot issu du verbe ‘arav, mélanger) ; son sens premier, et curieux, est lieu aride.
Et qu’est-ce donc que la garrigue, sinon un lieu aride couvert d’un mélange de plantes sauvages ?
Ce que nous appelons sentier est mesilah (mot issu du verbe salal, élever, exhausser et même glorifier) : son sens est chemin rehaussé, route, montée, escalier, sentier.
Et qu’est-ce donc qu’un sentier sinon un chemin qui grimpe dans la garrigue ? 
Au début de ce mois de décembre, la liturgie du 2e dimanche de l’Avent nous invite à entrer sur les sentiers du Seigneur à la suite de Jean le Baptiste.
Faisons donc le vœu que ce texte fondateur d’Isaïe nous accompagne tout au long de la vie de ce site, dont nous voudrions faire un lieu de réflexion, de partage et d’élévation vers le Seigneur pour tous ceux qui se joindront à nous sur le site et qui participeront aux échanges ouverts sur le blog.
René Guyon
 
Par Association Garrigues
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Mardi 17 janvier 2006
Le baptême de Jésus, que l’on fête au mois de janvier, est bien connu de tous les chrétiens : Jean-Baptiste et sa peau de bête, Jésus à-demi entré dans l’eau, la colombe, la voix de Dieu… autant d’images et de sons qui nous sont familiers.
Sans oublier le Jourdain, fleuve central dans la vie du peuple d’Israël, le fleuve qu’il fallut traverser pour entrer en Terre promise…
On sait que Jésus descend dans le Jourdain, puisqu’il est dit qu’il en remonte ! Ce qu’on sait moins, c’est que cette expression est un jeu de mots en hébreu : yarad leyarden.
Oui, le Jourdain descend lui aussi ; son nom est Yardenle Descendeur ! Il descend du nord au sud, il descend même 300 mètres au-dessous du niveau de la mer, vers Jéricho et Béthanie, les villages les plus bas de la Terre.
Jésus descend dans le fleuve qui descend, pour mieux remonter et voir l’Esprit de Dieu – Dieu lui-même – descendre jusqu’à lui…
 
La Bible est pleine de ces mouvements de descente et de montée, comme en est pleine la vie d’un homme ; le meilleur exemple dans le Nouveau Testament en est la description de la vocation de Jésus faite par saint Paul dans la fameuse hymne aux Philippiens (Ph 2,6-11).
Un bon dessin valant mieux qu’un long exposé, regardons cette trajectoire parabolique (une vraie parabole !) de la vie de Jésus, qui est descendu sur Terre, dans le Jourdain, aux Enfers pour ensuite remonter à Jérusalem, au Golgotha, vers son Père…


On voit que le texte est parfaitement symétrique par rapport au verset 8b : la mort sur une croix, point le plus bas du texte et sommet pour l’humanité tout entière.
Prenons donc les hauts et les bas de notre vie comme le mouvement naturel de la vie du chrétien : qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé (Lc 14,11).

René Guyon

Par Garrigues et Sentiers
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Dimanche 29 janvier 2006
On dit que la véronique est la passe la plus gracieuse qu’un torero peut faire avec sa cape, car il semble alors essuyer doucement le visage du taureau.
 
Mais c’est Véronique – à quelques jours de sa fête (le 4 février) - qu’on évoquera ici : la femme qui osa sortir de la foule pour s’approcher de Jésus portant sa croix et essuyer son visage, dont la marque resta imprimée sur le linge, faisant de Véronique la sainte patronne des photographes… Véronique dont on ne trouve aucune trace dans les évangiles, mais seulement sur les chemins de Croix de nos églises.
 
Certains savants très savants ont vu dans son nom vera icôn, la vraie icône (mélange gréco-latin surprenant !)…
Mais en fréquentant le Premier Testament on peut avoir une révélation, un jour, en écoutant la triple bénédiction que Dieu lui-même a enseignée à Moïse et lui a commandé de faire dire par Aaron et ses fils, pour que de siècle en siècle ils bénissent les fils d’Israël en leur disant (Nb 6,24-26) :

yavarérera adonaï vayishemeréra
  ya’er adonaï panayv éleyra
virounêka
yisa' adonaï panayv éleyra
vayassem lera shalom
c’est-à-dire :
Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur illumine son visage pour toi
et te fasse grâce !
Que le Seigneur élève son visage vers toi
et dépose en toi la paix !

Ce texte fondamental de la religion juive, qui contient quinze mots hébreux, proclame en son milieu – le huitième mot, la pointe du texte – vir
ounêka, Véronique,
Virounêka est une forme du verbe ranan, faire grâce.
et – comme par hasard – les phrases qui entourent ce mot – grâce – sont une prière pour que le Seigneur illumine le visage du croyant et l’élève vers lui pour y déposer la paix.

Véronique est une image véritable – eh oui ! – de la grâce de Jésus illuminant la vie de chacun des êtres humains, imprimant en chacun la paix de son visage au milieu des tortures que lui infligeait la haine des hommes.
Qui a vu le visage imprimé sur le linceul de Turin – qu’on présume être celui de Jésus – comprend ce que veut dire : que Le Seigneur élève son visage vers toi et dépose en toi la paix.
Quoi qu’on pense du saint Suaire, on peut, en le regardant, prier
et se laisser gagner par la paix du visage imprimé sur lui.
Chaque être humain est appelé
   - à recevoir la bénédiction et la protection du Seigneur.
   - à recevoir la lumière et la grâce du Seigneur.
   - à voir le visage et à recevoir la paix du Seigneur.

En transmettant la tradition de Véronique, les premiers chrétiens, qui avaient entendu cet appel de Dieu, ont symbolisé le croyant qui laisse la lumière du visage du Christ imprimer en lui la présence divine, source de grâce et de paix.
René Guyon
Par Garrigues et Sentiers
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Dimanche 9 avril 2006
La scène de l’entrée de Jésus à Jérusalem se situe à l’évidence dans le contexte de la fête des Tentes, Soukot, qui a été instituée par des dispositions du Lévitique. Elle commence le 15 Tishri, au début de l'automne, quinze jours après Roch Hashanah, le jour de l'an, et dure sept jours. Elle a pour objet de commémorer la période où les fils d'Israël habitèrent dans des tentes, ou des cabanes, pendant l'exode dans le désert.
En effet, lors des cérémonies l’assemblée utilise quatre espèces de plantes : une branche de palmier (loulav), deux branches de saule (en hébreu talmudique : aravot, qui signifie aussi Paradis), trois branches de myrte (hadas), un cédrat (’êtrog , en hébreu talmudique).
Le cédrat est souvent assimilé par le Talmud au fruit de la connaissance de Gn 2-3, car le fruit – paradisiaque ! – mesure jusqu’à 25 centimètres et son écorce, qui a la même odeur que le fruit, se mange confite.
C’est donc bien un arbre-fruit (et non fruitier !), ets peryi, conforme à la volonté qu’avait Dieu lors de la création (Gn 1,11-12), mais que la nature n’a pas suivie, faisant pousser seulement des arbres faisant des fruits, ‘ets ‘oséh peryi… sauf – sans doute – pour le cédrat !
À la fin de la prière du matin, les quatre espèces – appelées syncrétiquement loulav – sont agitées pendant la récitation du Hallel. Et quand on lit les prescriptions du cérémonial correspondant : on saisit le bouquet ainsi constitué dans la main droite, y joignant le cédrat tenu verticalement dans la main gauche, et on les agite par trois fois dans la direction des points cardinaux, puis vers le haut et le bas et on les promène en procession dans la synagogue… on ne peut s’empêcher d’être troublé par la similitude de ce geste avec celui du prêtre bénissant – ou aspergeant – la foule au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, lors de certaines cérémonies… dont, particulièrement, celle du dimanche des Rameaux.
En agitant le loulav, la foule chante des Hosanna pour demander à Dieu de sauver son peuple, de lui donner la joie, le bonheur et l'unité.
Les cris de la foule dans les évangiles reprennent deux fragments du Psaume 118 : ’ann’a YHVH hoshyi‘ah na' : de grâce, Seigneur ! donne le salut, de grâce ! et baroukh habba’ beshem YHVH : béni soit celui qui vient au nom du Seigneur…
Jésus, monté selon Matthieu sur un âne ET un ânon, selon la prophétie de Zacharie 9,9-10, est bien le Roi Messie annoncé par les prophètes et il est entré à Jérusalem pour la fête de Soukot, donc à l’automne… et non pas au printemps, une semaine avant Pessah, la Pâque !
Il est évident que la fête des Rameaux – que la liturgie place une semaine avant Pâques – s’inspire largement de celle de Soukot, sans pour autant que les chrétiens aient été mis au courant du temps réel (plus de six mois) qui s’est écoulé entre l’entrée de Jésus à Jérusalem et la Passion.
Cette information devrait permettre à bien des fidèles de comprendre que le revirement de la foule et la décision des autorités juives de s’emparer de Jésus, qui paraissent quasi instantanés et pour le moins hâtifs, comme le soulignent bien des homélies, ne l’ont pas été autant qu’on veut bien le leur laisser croire.
Et ce n'est pas l'incise « quelques jours avant la fête de la Pâque », que la liturgie ca
tholique ajoute arbitrairement au début du récit de l’entrée à Jérusalem lu cette année (Marc 11,1-10), qui laisse entrevoir une manifestation de la splendeur de la Vérité…
René Guyon
Par Garrigues
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Mardi 18 avril 2006


Tout le monde connaît Thomas, celui qui voulait voir et toucher Jésus pour croire à sa résurrection (Jean 20,25), et dont le nom est passé dans le langage proverbial.
Mais tout le monde ne s’est pas demandé pourquoi l’évangéliste Jean prend la peine de préciser que Thomas était dit Didyme, qui signifie jumeau (Jean 20,24) !

Thomas, visiblement, ne croit pas à la résurrection, et il a sur ce point la même conviction que les sadducéens, dont il faisait certainement partie.
Jean parle de lui deux fois avant cet épisode :
- alors Thomas, appelé Didyme, dit aux condisciples : allons, nous aussi, pour mourir avec lui ! avant la résurrection de Lazare (Jean 11,16)
- Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons pas où tu vas, comment saurions-nous le chemin ? après la résurrection de Lazare (Jean 14,5).
Jean constate que – malgré la résurrection de Lazare – il n’a pas évolué dans ses convictions et pense toujours qu’on ne sait pas ce qu’il y a après la mort.
Il est comme les cinq frères de la parabole qui, même si quelqu'un ressuscite d'entre les morts, ne seront pas convaincus qu’ils risquent d’aller dans l’Hadès après leur mort, s’ils ne se repentent pas de leur conduite (Lc 16,19-31 ; ces frères sont présentés dans une parabole concernant un certain Lazare, ce qui n’est peut-être pas un hasard).
On pense que le disciple que Jésus aimait (qu’on assimile généralement à l’évangéliste Jean) était lui aussi sadducéen – comme Thomas – car il est connu du Grand Prêtre (Jn 18,15-16) ; mais lui, en voyant le tombeau vide, croit immédiatement à la Résurrection de Jésus (Jn 20,8 : il vit et il crut ).
C’est sans doute pour cela que Jean insiste sur le fait que Thomas est jumeau, didyme, en hébreu te’om, car dans la Bible les jumeaux sont très souvent antagonistes, comme Jacob et Ésaü, images du combat des Juifs et des Gentils (Ésaü est Édom, symbole des tous les ennemis des juifs dont, en particulier, l’Occident ).
Thomas, le mauvais jumeau, contrairement au disciple que Jésus aimait, – le bon jumeau – symbolise l’incrédulité des juifs face à la foi des premiers chrétiens en la Résurrection.
Mais, en fait, il se pose la vraie question : la mort a-t-elle été vaincue par Jésus ?
Un chrétien d’aujourd’hui pourrait-il jeter la pierre à Thomas parce qu’il se posait cette question ? Que celui qui n’a jamais douté….
C’est pour essayer d’y répondre qu’il veut mettre son doigt dans ses plaies et y sentir la vie là où était la mort.
Cet épisode a pour parallèle la rencontre entre Jésus et Marie de Magdala, dans le même chapitre de Jean (20,11-18) : Marie nomme Jésus « Seigneur » – avant même de l’avoir reconnu et alors qu’elle le prend pour le jardinier – puis Rabbouni ; Jésus lui dit : ne me touche pas (Jean 20,18) avant même qu’elle en ait manifesté le désir. Marie a cru sans voir les plaies de Jésus ; elle peut donc se dire heureuse (cf. Jn 20,29 où Jésus dit à Thomas : heureux ce qui n’ont pas vu et qui ont cru).
Cependant, Jean écrit (Jn 20,27-28) : puis [Jésus] dit à Thomas : « porte ton doigt ici ; avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne sois plus incrédule mais croyant. » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». Mais Jean ne dit pas si Thomas a fait les gestes décrits par Jésus ou a répondu à Jésus avant même d’esquisser un geste. En effet, Jésus lui répond : parce que tu me vois tu crois (et non pas : parce que tu me touches).
On s’aperçoit alors que, dans l’indifférence générale – voire le mépris – des commentateurs, Thomas, ce mauvais jumeau dont rien ne dit qu’il a effectivement touché les plaies, va plus loin que Marie de Magdala : en disant Mon Seigneur il reconnaît la réalité de la résurrection de Jésus, et en disant Mon Dieu, il reconnaît sa divinité !
En terminant, il faut remarquer que Jean proclame (1e épître de Jean 1,1-2, attribuée à l’évangéliste) : ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie – car la Vie s'est manifestée, nous l'avons vue – nous en rendons témoignage… Si le disciple que Jésus aimait est Jean – lui qui disait avoir cru dès qu’il a vu – il semble bien que lui ait vraiment touché Jésus ressuscité ! C’était pourtant le bon jumeau, celui que Jésus aimait…
Ne jugeons pas et nous ne serons pas jugés (Luc 6,37) !
René Guyon
Par Garrigues et Sentiers
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Mardi 2 mai 2006
Pour les catholiques, le mois de mai est celui de Marie.
C’est une bonne occasion pour essayer de regarder Marie, la mère de Jésus, telle que nous la présentent les évangiles, laissant à d’autres, qui d’ailleurs ne s’en privent pas, le soin de développer tout ce qu’on a fait d’elle, en dehors et au-delà du Nouveau Testament.
QUE NOUS DIT LE NOUVEAU TESTAMENT À PROPOS DE MARIE ?
Dans l’ensemble du Nouveau Testament, son nom est mentionné seulement 18 fois : 4 fois en Mt, 1 en Mc, 12 en Lc, 1 en Ac…maiszéro fois en Jn et dans toutes les épîtres (les Marie évoquée en Ac 12,12 et Rm 16,6, ne sont pas celle dont on parle ici) et l’Apocalypse.
 
Par les évangiles, nous savons :
-         qu’elle habitait Nazareth (Lc 1,26)
-         qu’elle était fiancée à Joseph (Mt 1,18 et Lc 1,27)
-         qu’avant qu’ils eussent mené vie commune elle se trouva enceinte par le fait du saint Esprit (Mt 1,18 et Lc 1,35)
-         qu’elle était une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph (Lc 1,27)
-         que c’est d’elle que naquit Jésus (Mt 1,16 et Lc 2,7).
 
C’est tout ! Et pourtant, nous savons bien d’autres choses sur elle, qui viennent… des Évangiles Apocryphes
MARIE DANS LES ÉVANGILES APOCRYPHES
Apocryphe = écrit caché. Appelés à l’origine évangiles étrangers. En 495, un décret du pape Gélase condamne les livres dits non authentiques comme les évangiles apocryphes et interdit leur lecture pour que les faibles et les petits ne soient pas abusés par des écrits mensongers et tronqués. Cela n’a pas empêché les apocryphes de nourrir la tradition, comme on va le voir, et la piété mariale qui n’aurait pas beaucoup de substance sans eux.
 
L’évangile apocryphe qui a le plus nourri la piété mariale est le PROTÉVANGILE DE JACQUES (IIe siècle). On y trouve le nom des parents de Marie (Joachim – Yehoyaqyim, élevé par Dieu – et Anne – Ranna, grâce – stérile et « veuve »), l’Immaculée Conception, l’attribution de son nom et sa consécration à Dieu par ses parents, l’épisode où elle est confiée à Joseph (vieillard et veuf), son âge à ce moment-là (12 ans) et au moment de la naissance de Jésus (16 ans), son appartenance à la tribu de David, le fait qu’elle était en train de filer quand l’ange lui est apparu à l’Annonciation…
LE NOM DE MARIE
Dans le Premier Testament, Marie est généralement la sœur de Moïse : Miryam en Exode et Deutéronome, Mirayam en Nombres.
Mais Jésus est sans doute fils de Maryam , nom qui semble avoir eu cours à cette époque.
Remarquons en passant que Jésus est fils du Très-Haut (Marom) et de Marie (Maryam)…
 
Saint Jérôme, dans son livre d’interprétation des noms hébreux (Liber interpretationis Hebraicorum Nominum), donne le sens de chacun des noms propres hébreux de la Bible : pour Marie, il donne comme signification usuellement retenue celle qui éclaire, qui illumine, ou qui est illuminée, ou myrrhe marine, ou étoile de la mer, sans se montrer vraiment satisfait. Il signale également que Marie, en langue syrienne, signifie maîtresse.
 
L’interprétation que je préfère est goutte d’eaumarde la meryam – qui ressemble bien à cette jeune femme juive visitée par l’Ange de Dieu qui lui dit : tu es bénie, toi minuscule goutte d’eau dans l’océan du Monde, toi femme parmi les femmes, qui par la grâce du Seigneur deviendra la mère du sauveur !
 
Mais c’est (malheureusement ?) à partir de cette étymologie qu’on a construit pour Marie un titre qui en fait une tout autre femme : goutte d’eau de la mer se dit, en latin, maris stilla, expression qui s’est vite transformée en maris stella, Étoile de la Mer (avec toutes les majuscules requises !). Ave, Maris Stella...

Pour écouter l'Ave Maris Stella, double-cliquez sur le triangle blanc.




L’Étoile de la mer de Saint Jérôme est une preuve de sa connaissance très moyenne de l’hébreu (la Vulgate étant très largement une traduction de la Septante, de ses interprétations et de ses approximations)…
  
Je ne peux terminer sans remarquer :
 
-         le rapprochement évident entre Maryam et la déesse Maïa, déesse vierge de la fécondité, qui a donné son nom au mois de mai.
-         le hasard (?) qui a fait que l’interprète du rôle de Marie dans le film La Passion du Christ de Mel Gibson s’appelait Maïa Morgenstern (Marie Étoile du Matin…), actrice roumaine et juive…
René Guyon

L'image de ce texte est la mosaïque d'abside de la basilique Notre-Dame-de-la Garde à Marseille (cf. notre lien avec le site du Diocèse de Marseille)
L'image de ce texte est la mosaïque d'abside de la basilique Notre-Dame-de-la Garde à Marseille (cf. notre lien avec le site du Diocèse de Marseille)
Par Garrigues et Sentiers
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Mardi 16 mai 2006
 
Ce titre est peut-être une évidence pour certains de nos lecteurs, un rêve pour d’autres… pour d’autres enfin, la marque du profond orgueil d’un exégète autoproclamé…
Il est donc utile de l’expliciter, à la lumière de ce que disent nos frères juifs à propos de la lecture de la Bible : pour entrer totalement dans la compréhension d’un texte biblique, il faut l'aborder à quatre niveaux de lecture.
 
Le nombre 4 est dans la tradition juive le nombre de la matérialité, celui de la première forme qui apparaît (la 4e lettre de l’alphabet hébreu est le daleth ד – lettre à forme d’angle droit, matrice d’un carré posé sur sa base, symbole de la solidité concrète du créé. C’est le nombre des points cardinaux, des saisons, des éléments (air, eau, terre et feu)… des niveaux qui donnent sa solidité à notre compréhension de l’Écriture… et des directions indiquées par la croix du Christ.
 
Ces 4 niveaux sont :
 
-         le Pshat, verbe signifiant dépouiller, ôter la peau : c’est première pelure du texte écrit, le sens simple, premier.
-         le Rémez, allusion : le sens trouvé par allusion, insinuation, sous-entendu (le monde d'en bas, par exemple, image du monde d'En haut) ; il suppose une connaissance de l’ensemble de la Bible.
-         le Darash, verbe signifiant chercher, sonder : c’est le sens trouvé par la recherche, l’étude détaillée du texte lui-même et de l’interaction des livres entre eux ; il ouvre aux interprétations symboliques (cf. le mot midrash, qui désigne l’interprétation des textes sous toutes ses formes).
-         le Sod, secret : le sens secret, donné par Dieu à qui il veut, quand il veut (la perle des perles).
 
Ces quatre niveaux de lecture ne se suivent pas dans un ordre immuable, quelqu’un pouvant atteindre au sod sans avoir étudié très longuement, un autre jamais, malgré une grande connaissance de la Bible…
 
Mais si chacun est vraiment appelé à étudier aux 4 niveaux, il ne doit jamais oublier que tous sont basés sur le sens littéral comme une maison sur ses fondations. Il n'y a pas de sens symbolique qui ne soit pas totalement ancré dans le sens littéral.
 
Ces quatre niveaux forment, par les initiales de leurs noms, l’acronyme P.R.D.S., qui est la forme consonantique du mot hébreu PARDÈS, verger, que la Septante appelle paradeîsos, notre mot français PARADIS
 
Quand nous étudions la Bible, nous sommes donc à la recherche du Paradis !
 
Il est certain que ce Paradis-là ne sera pas donné à tout le monde, et que la sécheresse de l’étude rivalise souvent avec celle de la garrigue… mais ce n’est pas une raison pour ne pas se mettre en route sur les sentiers de la Parole de Dieu : en ne bougeant pas, on est à peu près sûr de ne pas se mettre en route vers le Paradis !
Debout, ami internaute !
 
Vous n’atteindrez peut-être pas les plus grands sommets de la Bible, mais chacun de vous pourra, à son rythme, découvrir de magnifiques paysages qui donnent envie d’aller toujours plus loin et plus haut avec le Seigneur…
En route, ami internaute !
o O o
Nous attendons vos commentaires et vos témoignages sur votre expérience de la LECTURE DE LA BIBLE, pour que celui qui passe sur ce site puisse se rendre compte qu’il n’est pas seul sur le chemin et que nous pouvons nous aider à avancer ensemble vers l’Arbre de Vie (cf. illustration) qu’est la Parole de notre Dieu.
René Guyon
Par Garrigues et Sentiers
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