Une Église libre dans un État libre ?

Publié le par G&S

La justice a contraint le diocèse normand
à supprimer définitivement la mention faisant état de l’existence d’un baptême.
Son évêque, Mgr Stanislas Lalanne, a décidé de faire appel.

 

Baptême et libertés

Les registres de baptême tenus par l’Église catholique seraient-ils contraires au respect des libertés individuelles ? C’est ce qu’a jugé le tribunal de grande instance de Coutances, dans une décision qui peut faire date : il a contraint le diocèse normand à supprimer définitivement le nom d’une personne figurant dans le registre de baptême. Jusqu’ici, cette procédure de « débaptisation », lorsque l’on en fait la demande, se réglait par une mention, en marge du nom du demandeur. Insuffisant, a tranché le tribunal, pour qui il en va de la protection de la vie privée : il s’agit d’un « un événement intime constituant une information personnelle sur un individu ».

« Une Église libre dans un État libre »

Drôle de conception de la laïcité : rien ne doit se mettre entre l’individu et l’État. Pas l'Église, donc, mais on pourrait opposer ainsi tout engagement dans une association, un club sportif ou autre. Est niée la liberté pour une religion de disposer de son propre droit et mode d’organisation. De fait, s’il s’avérait que l’Église fait pression pour faire baptiser, ou qu’elle en tire des bénéfices indus, on serait alors dans le cas d’une secte. Mais ce n’est pas ici le cas. Simplement, la possibilité pour la France d’avoir, pour reprendre la célèbre formule de Cavour, « une Église libre dans un État libre »…

Liberté des familles

Certes, le baptême est souvent administré à la demande des parents. Mais justement, la famille elle-même serait-elle alors, aux yeux des juges, un dangereux obstacle aux libertés publiques ? Le baptême est un choix d’éducation, qui participe à la construction d’un individu et à la liberté des familles. Il en est de même du choix de l’école, de ses activités. Et, au final, de la liberté de mettre au monde un enfant. Faudrait-il alors que l’État s’en préoccupe, au nom d’une bien curieuse conception des libertés publiques ?

Isabelle de Gaulmyn
pour le journal La Croix
sous le titre Baptême et libertés
28.10.11

Publié dans Signes des temps

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