Témoignage autour d’un deuil

Publié le par G&S

Le 14 Mai 2011 ma femme nous a quittés dans la sérénité après plus de 61 ans de vie commune.

Chaque deuil est unique car il s’inscrit dans une histoire personnelle. Mais comment situer au même niveau celui mettant fin à une longue vie bien remplie avec celui d’un enfant ou d’une personne dans la fleur de l’âge ?

Dans tous les cas, cependant, il appartient à chacun de se reconstruire dans l’absence de l’être aimé, le silence, la solitude et il est bien difficile d’en parler ?

C’est d’ailleurs dans une affection marquée par la discrétion que nous sommes alors portés par nos proches, nos amis, les groupes d’amis issus de nos activités ou une communauté de prière et de réflexion.

Toutefois, et c’est le but de mon propos, il me paraît intéressant de souligner, en ce qui me concerne, comment cette épreuve a modifié mes relations lors de rencontres quotidiennes dans le quartier vivant de Marseille où j’habite, avec des connaissances de voisinage, au kiosque à journaux ou chez nos nombreux commerçants.

J’ai ressenti un supplément d’attention bienveillante et surtout spontanément la conversation s’est souvent orientée vers la question lancinante : « Où sont nos morts ? »

Avec la plupart de ces personnes, nous avons reconnu que nous en recevions des signes et cela quelles que soient nos convictions.

En ce qui concerne l’au-delà, la réponse a été : « Il y a quelque chose mais quoi ? »

Ou encore : « Je ne sais pas ».

Des incroyants engagés dans des actions collectives pensent que leurs camarades disparus sont toujours avec eux présents dans leur lutte contre les inégalités ou pour la paix.

Ces quelques exemples montrent que l’interrogation sur le sens à donner à la mort demeure présent  chez les gens malgré le matérialisme pratique envahissant qui s’efforce de leur faire oublier cette réalité.

Et moi-même quelle réponse puis-je donner en toute vérité, non intellectuellement, en me référant à l’attachement de mon couple à la personne de Jésus et à son enseignement ?

Lisette, ma femme, sait…

Avec nos disparus ne sommes-nous pas un peu « incorporés à la cohorte innombrable des vivants dans leur marche à-travers les millénaires vers la mort et la résurrection ? » *

Jean Blache

* phrase du Père Combaluzier, prêtre qui, entre autre, fut longtemps aumônier du lycée Thiers de Marseille

Publié dans DOSSIER VIVRE LA MORT

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