Réponse à un “romain” répondant au théologien Hans Küng…

Publié le par G&S

Sans chercher à défendre Hans Küng – qui : 1° n’a pas besoin de moi ; 2° m’agace souvent par sa suffisance ; 3° n’est pas “parole d’Évangile” – je voudrais reprendre, dans leur ordre, les arguments de Pierre Piccinin afin d’en montrer la légèreté, voire la dangerosité pour la cause même qu’il cherche à défendre, tel l’ours au pavé de la fable.

Lorsqu’on essaie d’analyser les attaques subies par Rome, il serait de bonne méthode d’en mieux distinguer les deux catégories : celles qui viennent des adversaires délibérés et systématiques de l’Église (et ils ne sont pas toujours de bonne foi) ; celles qui émanent de catholiques, non pas gratuitement hostiles, mais navrés de voir leur Église ballotée de gaffes en scandales, sans qu’aucun effort ne soit réellement fait pour en analyser posément les causes, ni proposer d’autres remèdes que d’exprimer des regrets, et d’opposer diverses dévotions, qui ne sont pas à mépriser, mais ne régleront pas des défauts structurels. Si “acharnement” il y a, il n’est que la contrepartie à l’acharnement de l’institution à refuser de se mettre sérieusement en question.

Puisque le “professeur d’histoire … à l’École européenne de Bruxelles ” veut situer le débat sur la papauté à partir de la “ primauté” de Pierre ”, il convient de lui rappeler que ce même Pierre, qui a trahi trois fois son maître en le reniant, s’est fait moucher par Jésus (Marc 8,33) et, vigoureusement, par Paul (Galates 2,14). Si donc le “proto-pape” (premier et prototype), tout en étant capable d’aller au sacrifice suprême du martyre, était susceptible d’erreurs, on ne comprendrait pas pourquoi ses successeurs auraient le privilège de n’en commettre aucune.

L’argument du retrait du permis d’enseigner au théologien de Tübingen pour le disqualifier est étonnant chez un “historien” (ça fait quelques décennies pourtant que l’histoire de l’Église s’était globalement déconnectée de l’apologétique). On sait que d’autres théologiens, tels Yves Congar ou Henri de Lubac, ont été privés de parole avant d’être nommés experts au concile Vatican II, puis cardinaux. Mais peut-être P.P. regrette-il que leur voix ait pu se faire entendre dans l’aula conciliaire ?

Les partisans de Rome ont tort d’ignorer que la “langue de buis” traditionnelle, qui n’est que le patois propre à un petit groupe d’humains, n’est pas perceptible par le “monde”, même lorsqu’il n’y met pas de mauvaise volonté. La levée de l’excommunication pesant sur les traditionalistes n’est certes pas une “réintégration” pure et simple en droit canonique, mais pour la masse des non-catholiques (et même de beaucoup de fidèles) la nuance est un peu subtile, et pour tout dire trop technique. Pour eux, c’est bien une porte ouverte à une “restauration” que tant d’autres signes venus de Rome confirment (liturgie, nominations…). C’est un procédé éprouvé de se retrancher derrière une exactitude formelle pour cacher la réalité à venir.

Pour un historien (j’en suis un aussi), l’affaire Pie XII est un cas d’école. Il est exact que Pie XII a été injustement jugé par beaucoup, alors même que des autorités juives ont reconnu les gestes positifs qu’il avait pu faire, ou recommandé de faire en faveur des personnes menacées par la barbarie nazie ; il est exact que les chefs d’État, tout aussi au courant que lui, n’ont rien fait pour interrompre le sinistre va-et-vient des trains de la mort, etc. Mais ce pape était le “vicaire du Christ ” (non, aucune allusion ici à la pièce sommaire de Rolf Hochhuth). Question : qu’aurait fait Jésus en pareille occurrence ? Peut-être se serait-il laissé crucifier ? Le problème n’était pas simple. Qui souhaiterait avoir à régler un tel cas de conscience ? Mais il y avait que deux attitudes possibles : la diplomatie, en essayant de limiter les dégâts (si l’on peut dire), ou le prophétisme. Pie XII a choisi – en conscience sans aucun doute – la première solution ; il n’y a pas à le vouer à la géhenne, mais il n’y a pas lieu non plus de le canoniser.

Même remarque de méthode sur l’attitude des papes à propos du préservatif. Ce n’est sûrement pas la panacée au problème du sida, pas plus d’ailleurs que pour un contrôle des naissances. Mais il peut être considéré comme un “moindre mal”. Le “moindre mal” n’a pas ses lettres de noblesse en théologie morale, mais il est souvent effectivement un moindre mal, comme l’était sans doute, aux yeux de la Curie, en faveur des Églises allemande ou polonaise, le fait de ne pas condamner solennellement la shoah. Avec cette réserve, et si les papes ne sont pas formellement et officiellement contre l’emploi absolu du préservatif (je dis bien : considéré comme un pis aller,) qu’ils le disent plus clairement. Tout en continuant à expliquer, c’est leur devoir, que “faire l’amour” ce n’est pas seulement une activité sexuelle sans “amour”.

Sans doute y a-t-il injustice à attaquer Benoît XVI à propos de la pédophilie sévissant dans une partie du clergé, alors qu’il a le mérite d’avoir débridé l’abcès. Malgré sa gravité morale et l’écœurement que ces pratiques suscitent, cette question n’est sûrement pas un “détail”, mais n’est pas la plus urgente dans la crise actuelle. Sur le fait précis, la hiérarchie ne paie-t-elle pas, tout simplement :
1° son trop long silence à ce sujet, et la couverture qu’elle a assurée de facto à certaines de ses brebis un peu galeuses ; 2°une réaction face à son obsession tatillonne en matière de morale sexuelle 1 ? L’opinion publique attend peut-être de ses membres qu’ils fassent ce qu’ils disent. L’Église a souvent, au cours de l’histoire, eu la prétention de tenir ses clercs hors du droit commun et ne devant être jugés que par ses seules instances. Benoît XVI a hérité d’un dossier lourd et sur lequel, malheureusement c’est vrai, la presse, souvent mal informée et mal informante, a tendance à dire n’importe quoi.

À propos d’œcuménisme, il y aurait beaucoup plus à dire. Les textes de Vatican II étaient révolutionnaires à cet égard. Les traditionalistes ne s’y sont pas trompés en votant contre certains décrets. Quelques beaux textes ont également été publiés depuis. Mais il y en a eu d’autres aussi qui ont pu provoquer la méfiance, telle la déclaration Dominus Jesus du cardinal Joseph Ratzinger, qui a provoqué colère et tristesse dans les “Églises” chrétiennes non-catholiques. D’ailleurs, puisque, comme P.P. nous le rappelle, catholique veut dire universel, pourquoi ne pas corriger l’affirmation du Credo : « je crois à la sainte Église catholique » en la remplaçant par « je crois à l’Église universelle » ? Cela engloberait nos frères orthodoxes et réformés, qui ont le même Credo. Ce serait un geste facile, ne mettant pas en péril le “patrimoine” catholique romain, ne coûtant pas cher, et qui constituerait un petit geste de bonne volonté œcuménique ; car, en vérité, pour l’heure l’Église de Rome n’est pas vraiment “universelle” comme semble le déplorer P.P. L’essentiel est-il de garder son petit drapeau blanc et jaune, ou de voir se rassembler un jour tous les disciples sincères de Jésus-Christ selon sa prescription expresse ?

Sur le vrai fond de l’affaire : P.P. est-il vraiment persuadé qu’il n’y a rien a reprendre dans le “trésor” de l’Église en matière de formulation dogmatique, de rites, de dévotions diverses, et surtout de manières de s’exprimer 2. Il fait allusion au texte effectivement très riche et parfois courageux de Veritas in Caritate. Mais si l’on veut que le monde lise ce type de texte, à l’abri des interprétations douteuses de journalistes pressés ou hostiles, il faudrait :

1° suivre quelques règles élémentaires de communication. Une encyclique n’est pas un traité exhaustif, c’est une “lettre”, elle doit rester abordable sauf si, comme aux siècles passés, elle n’est destinée qu’à un petit nombre d’évêques, de techniciens de la chose religieuse, et non, comme écrivait le “bon pape Jean XXIII, aux “hommes de bonne volonté”. Une lettre de 147 pages, surchargée de rappels historiques, peut décourager le recenseur, pas forcément malveillant, qui veut rendre compte de la pensée du pape. Rerum novarum (1891), texte au moins aussi important, était nettement plus brève ;
2° Prendre des mesures concrètes pour donner de la crédibilité aux réflexions généreuses (§ 22-25, 27…), par exemple, prévenir plus radicalement les latifundiaires d’Amérique du Sud (souvent “bons catholiques”) qu’accaparer des terres qui manquent aux paysans ce n’est pas… très catholique. Des évêques sud-américains ont le courage de le dire… ils se font parfois assassiner cause de cela.

Quant à convoquer un nouveau concile, il n’est pas sûr que ce soit une bonne idée. Le corps épiscopal paraît majoritairement trop au garde-à-vous, sauf quelques exceptions d’hommes libres (je ne pense pas à Küng, qui n’est d’ailleurs pas évêque, mais plutôt à Mgr Rouet) pour qu’un nouveau concile puisse contribuer à préciser les acquis de Vatican II. Il suffirait peut-être que Rome prenne au sérieux l’existence des conférences épiscopales nationales, et les incite à transmettre au magistère les problèmes, les doutes, les angoisses du “Peuple de Dieu”.

Résumons-nous. L’intérêt de la lettre de Küng incriminée est de faire un bilan de ce qui ne va pas. Le principal problème de notre Église aujourd’hui – ce n’est pas le seul – c’est d’avoir un système de gouvernance autocratique. Pierre était le “premier”, mais dans un collège d’apôtres (primus inter pares, ce que bien des orthodoxes et certains réformés, seraient prêts à accepter). Les coresponsables de Pierre dans la transmission de la Parole le reprenaient parfois, tel Paul déjà cité. Le pape depuis quelques décennies, et spécialement depuis Vatican I (1870) qui plaît tant à P.P., est devenu un monarque absolu, objet d’un véritable culte de la personnalité, entouré d’une “curia” repliée sur elle-même, qui excuse ses propres erreurs en les rejetant systématiquement sur le “monde”, présenté comme une entité mauvaise (et, certes, elle n’est pas bonne !) qu’il connaît mal ; il est alourdi d’énormes péchés, mais marque aussi quelques progrès (par exemple, une solidarité un peu plus forte que par le passé) et offre des espérances.

Une deuxième urgence : chercher à trouver un mode de communication avec ce monde (où nous vivons), qui soit ni dans le style “leçon à ceux qui ne savent rien de l’humain”, ni sous forme de publicité, comme on en voit quelques tentatives ces temps-ci pour recruter, ou “évangéliser”, ou trouver des fonds. Les gens ne sont pas moins généreux qu’avant, que se soit pour s’engager ou pour faire des dons ; encore faut-il qu’on leur donne envie de s’engager ici et maintenant. Le travail du prêtre est devenu difficile, lourd et dispersé, et le genre de vie offert à eux, trop solitaires et peu considérés (on pourrait y revenir) est devenu pour beaucoup… “infernal”. Quant aux versements en argent, ils se font davantage vers les actions paraissant immédiatement utiles (œuvres humanitaires, caritatives, etc.).

À nous de prouver que nous sommes plus qu’“utiles” : indispensables.

Albert OLIVIER

1 - Et, sur plus d’un point, il faut le dire  mais c’est un autre sujet, elle a en partie raison, quoiqu’elle s’exprime maladroitement.
2 - Un exemple mineur : la mitre est-elle indispensable pour asseoir l’autorité des évêques ? Celle du pape a bien résisté à l’abandon de la “seda gestatoria ” …

Publié dans Signes des temps

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Seraphim 10/05/2010 22:26



@Charlotte de Pontacelles


Je ne comprends pas du tout pourquoi Mme Charlotte de Pontacelles s'en prend si hargneusement à l'article de Mr Olivier. Par comparaison à tout ce que j'ai lu et lis ici et là sur le net , je ne
peux que redire que l'article de celui-ci est très nuancé et respectueux du pape et de l'Eglise. Qu'on soit d'accord avec lui ou pas, s'il ne peut plus s'exprimer ici alors qu'il le fait en étant
très réservé et en avançant ses arguments, je ne vois pas à quoi servirait ce site, franchement!.



OLIVIER 06/05/2010 18:07



Suite commentaire 6 (qui était tronqué)Je sais bien que, pour l’instant, il n’est que “béatifiable”, mais —toujours les mêmes subtilités juridiques que pour la
“réintégration” des membres de la Fraternité Pie X (— cette démarche devrait normalement conduire, un jour à la canonisation. Est-ce le plus urgent ? Est-ce que, de toute façon, Dieu ne
reconnaîtrait pas les siens ?


Votre explication à propos de la levée d’excommunication des évêques intégristes est classique et exacte en droit. canon Pour le public (la masse
qui, dans le “monde”, serait à “évangéliser”), la “nuance” (je persiste à utiliser ce terme) est incompréhensible. Et s’il s’agit de susciter un “dialogue” (avec des rebelles qui
l’injuriaient dans leurs publications, entre autres sur internet), pourquoi ne pas avoir gardé autant de magnanimité avec les prêtres ouvriers, ou ceux des théologiens de la Libération, qui
n’étaient pas partisans de la lutte armée marxiste-léniniste, mais prêchaient simplement une plus grande justice sociale, si rare en Amérique du Sud, attitude que prônent officiellement nos
pontifes ?


Sur le préservatif, faites moi la charité de relire ce que j’ai écrit et précisez ce qui vous choque : je voulais dire que la meilleure manière de faire taire les
mal-veillances à l’égard du pape serait qu’il exprime clairement, ou plus clairement  encore que, si la capote n’est pas la panacée en absence d’amour, elle peut en situation de
crise éviter un mal plus grand : l’extension de la pandémie ; ce que pensent de nombreux prêtres et religieuses au service des malades du Sida en Afrique. Comment espérer qu’un mari malade
accepte de ne plus avoir de relations sexuelles avec son épouse non encore contaminée ? Doit-on livrer cette dernière au risque de cette affreuse maladie ?


Je n’ignore pas que «les «différences de croyance sont très nombreuses et profondes entre “réformés” et
Catholiques» [Otez-moi d’un doute : la minuscule à Réformés et la majuscule à Catholiques, est-ce un simple lapsus, ou cela a-t-il valeur symbolique de votre aversion pour “nos frères séparés” ?]
Sans doute  est-il illusoire de penser que le commandement de Jésus : “Que tous soit un ! ” soit à prendre au sérieux et doive l’emporter sur les egos individuels et collectifs.
Et puisque vous êtes attachée à la pureté de la croyance, je vous rappelle les termes exacts de la fin du Credo de Nicée-Constantinople, que vous tourneboulez quelque peu : «
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J'attends la résurrection des morts,
et la vie du monde à venir», et non : « je crois en un seul baptême, pour
la résurrection des morts (?) et la vie éternelle ».


Enfin, l’information que vous donnez pour pallier mon ignorance à propos des encycliques est erronée. Elles étaient peut-être lues en
chaire, mais elles n’étaient pas “adressées” au peuple de Dieu. J’en ai quelques-unes dans ma bibliothèque (que j’ai lues) depuis Quanta cura de Pie IX jusqu’aux plus
récentes de Benoît XVI. Avant Jean XXIII, elles sont généralement adressées “à tous les patriarches, les primats, les archevêques et les évêques en grâce et en communion avec le siège
apostolique”. Vous avez bien lu : non seulement ces textes n’ont pas pour destinataires les laïcs, mais pas même le bas-clergé, y compris
Mit brennender Sorge de Pie IX (1937), même si elle a effectivement été écrite en allemand ; et c’est encore le cas d’encycliques de Pie XII, par exemple Haurietis Aquas in
Gaudia, sur le culte et la dévotion du Sacré-Cœur, qui est pourtant une dévotion très populaire à cette époque (1956).


Votre dernière phrase, alleluia, remporte mon adhésion sincère : « Plutôt que de se disputer entre eux, les Catholiques feraient bien mieux de s’unir». Je m’arrête
là : 1° parce que je n’aime pas trop le “faire front” qui fait un peu Djihad, et 2° parce qu’il faut bien s’arrêter un jour. Vous voyez, en tout cas, l’attention que j’ai portée à la
lecture de votre texte.



Je vous salue, Chère Madame, prions les uns pour les autres à défaut de pouvoir le faire ensemble. OLIVIER




OLIVIER 06/05/2010 18:06



Suite de mon commentaire n° 6, qui a été tronqué
Je sais bien que, pour l’instant, il n’est que “béatifiable”, mais —toujours les mêmes subtilités juridiques que pour la “réintégration” des membres de la Fraternité Pie X (voir § suivant)— cette
démarche devrait normalement conduire, un jour à la canonisation. Est-ce le plus urgent ? Est-ce que, de toute façon, Dieu ne reconnaîtrait pas les siens ?


Votre explication à propos de la levée d’excommunication des évêques intégristes est classique et exacte en droit. canon Pour le public (la masse
qui, dans le “monde”, serait à “évangéliser”), la “nuance” (je persiste à utiliser ce terme) est incompréhensible. Et s’il s’agit de susciter un “dialogue” (avec des rebelles qui
l’injuriaient dans leurs publications, entre autres sur internet), pourquoi ne pas avoir gardé autant de magnanimité avec les prêtres ouvriers, ou ceux des théologiens de la Libération, qui
n’étaient pas partisans de la lutte armée marxiste-léniniste, mais prêchaient simplement une plus grande justice sociale, si rare en Amérique du Sud, attitude que prônent officiellement nos
pontifes ?


Sur le préservatif, faites moi la charité de relire ce que j’ai écrit et précisez ce qui vous choque : je voulais dire que la meilleure manière de faire taire les
mal-veillances à l’égard du pape serait qu’il exprime clairement, ou plus clairement  encore que, si la capote n’est pas la panacée en absence d’amour, elle peut en situation de
crise éviter un mal plus grand : l’extension de la pandémie ; ce que pensent de nombreux prêtres et religieuses au service des malades du Sida en Afrique. Comment espérer qu’un mari malade
accepte de ne plus avoir de relations sexuelles avec son épouse non encore contaminée ? Doit-on livrer cette dernière au risque de cette affreuse maladie ?


Je n’ignore pas que «les «différences de croyance sont très nombreuses et profondes entre “réformés” et
Catholiques» [Otez-moi d’un doute : la minuscule à Réformés et la majuscule à Catholiques, est-ce un simple lapsus, ou cela a-t-il valeur symbolique de votre aversion pour “nos frères séparés” ?]
Sans doute  est-il illusoire de penser que le commandement de Jésus : “Que tous soit un ! ” soit à prendre au sérieux et doive l’emporter sur les egos individuels et collectifs.
Et puisque vous êtes attachée à la pureté de la croyance, je vous rappelle les termes exacts de la fin du Credo de Nicée-Constantinople, que vous tourneboulez quelque peu : «
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J'attends la résurrection des morts,
et la vie du monde à venir», et non : « je crois en un seul baptême, pour
la résurrection des morts (?) et la vie éternelle ».


Enfin, l’information que vous donnez pour pallier mon ignorance à propos des encycliques est erronée. Elles étaient peut-être lues en
chaire, mais elles n’étaient pas “adressées” au peuple de Dieu. J’en ai quelques-unes dans ma bibliothèque (que j’ai lues) depuis Quanta cura de Pie IX jusqu’aux plus
récentes de Benoît XVI. Avant Jean XXIII, elles sont généralement adressées “à tous les patriarches, les primats, les archevêques et les évêques en grâce et en communion avec le siège
apostolique”. Vous avez bien lu : non seulement ces textes n’ont pas pour destinataires les laïcs, mais pas même le bas-clergé, y compris
Mit brennender Sorge de Pie IX (1937), même si elle a effectivement été écrite en allemand ; et c’est encore le cas d’encycliques de Pie XII, par exemple Haurietis Aquas in
Gaudia, sur le culte et la dévotion du Sacré-Cœur, qui est pourtant une dévotion très populaire à cette époque (1956).


Votre dernière phrase, alleluia, remporte mon adhésion sincère : « Plutôt que de se disputer entre eux, les Catholiques feraient bien mieux de s’unir». Je m’arrête
là : 1° parce que je n’aime pas trop le “faire front” qui fait un peu Djihad, et 2° parce qu’il faut bien s’arrêter un jour. Vous voyez, en tout cas, l’attention que j’ai portée à la
lecture de votre texte.



Je vous salue, Chère Madame, prions les uns pour les autres à défaut de




OLIVIER 06/05/2010 18:05



Je sais bien que, pour l’instant, il n’est que “béatifiable”, mais —toujours les mêmes subtilités juridiques que pour la “réintégration” des membres de la
Fraternité Pie X— cette démarche devrait normalement conduire, un jour à la canonisation. Est-ce le plus urgent ? Est-ce que, de toute façon, Dieu ne reconnaîtrait pas les siens ?


Votre explication à propos de la levée d’excommunication des évêques intégristes est classique et exacte en droit. canon Pour le public (la masse
qui, dans le “monde”, serait à “évangéliser”), la “nuance” (je persiste à utiliser ce terme) est incompréhensible. Et s’il s’agit de susciter un “dialogue” (avec des rebelles qui
l’injuriaient dans leurs publications, entre autres sur internet), pourquoi ne pas avoir gardé autant de magnanimité avec les prêtres ouvriers, ou ceux des théologiens de la Libération, qui
n’étaient pas partisans de la lutte armée marxiste-léniniste, mais prêchaient simplement une plus grande justice sociale, si rare en Amérique du Sud, attitude que prônent officiellement nos
pontifes ?


Sur le préservatif, faites moi la charité de relire ce que j’ai écrit et précisez ce qui vous choque : je voulais dire que la meilleure manière de faire taire les
mal-veillances à l’égard du pape serait qu’il exprime clairement, ou plus clairement  encore que, si la capote n’est pas la panacée en absence d’amour, elle peut en situation de
crise éviter un mal plus grand : l’extension de la pandémie ; ce que pensent de nombreux prêtres et religieuses au service des malades du Sida en Afrique. Comment espérer qu’un mari malade
accepte de ne plus avoir de relations sexuelles avec son épouse non encore contaminée ? Doit-on livrer cette dernière au risque de cette affreuse maladie ?


Je n’ignore pas que «les «différences de croyance sont très nombreuses et profondes entre “réformés” et
Catholiques» [Otez-moi d’un doute : la minuscule à Réformés et la majuscule à Catholiques, est-ce un simple lapsus, ou cela a-t-il valeur symbolique de votre aversion pour “nos frères séparés” ?]
Sans doute  est-il illusoire de penser que le commandement de Jésus : “Que tous soit un ! ” soit à prendre au sérieux et doive l’emporter sur les egos individuels et collectifs.
Et puisque vous êtes attachée à la pureté de la croyance, je vous rappelle les termes exacts de la fin du Credo de Nicée-Constantinople, que vous tourneboulez quelque peu : «
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J'attends la résurrection des morts,
et la vie du monde à venir», et non : « je crois en un seul baptême, pour
la résurrection des morts (?) et la vie éternelle ».


Enfin, l’information que vous donnez pour pallier mon ignorance à propos des encycliques est erronée. Elles étaient peut-être lues en
chaire, mais elles n’étaient pas “adressées” au peuple de Dieu. J’en ai quelques-unes dans ma bibliothèque (que j’ai lues) depuis Quanta cura de Pie IX jusqu’aux plus
récentes de Benoît XVI. Avant Jean XXIII, elles sont généralement adressées “à tous les patriarches, les primats, les archevêques et les évêques en grâce et en communion avec le siège
apostolique”. Vous avez bien lu : non seulement ces textes n’ont pas pour destinataires les laïcs, mais pas même le bas-clergé, y compris
Mit brennender Sorge de Pie IX (1937), même si elle a effectivement été écrite en allemand ; et c’est encore le cas d’encycliques de Pie XII, par exemple Haurietis Aquas in
Gaudia, sur le culte et la dévotion du Sacré-Cœur, qui est pourtant une dévotion très populaire à cette époque (1956).


Votre dernière phrase, alleluia, remporte mon adhésion sincère : « Plutôt que de se disputer entre eux, les Catholiques feraient bien mieux de s’unir». Je m’arrête
là : 1° parce que je n’aime pas trop le “faire front” qui fait un peu Djihad, et 2° parce qu’il faut bien s’arrêter un jour. Vous voyez, en tout cas, l’attention que j’ai portée à la
lecture de votre texte.


NB. : Étant donné que j’ai outrepassé ma remarque imprudente du début sur le fait qu’il était inutile de vous
répondre, je précise que je ne répondrai plus à une éventuelle nouvelle provocation …





OLIVIER 06/05/2010 18:04



Je sais bien que, pour l’instant, il n’est que “béatifiable”, mais —toujours les mêmes subtilités juridiques que pour la “réintégration” des membres de la
Fraternité Pie X (voir § suivant)— cette démarche devrait normalement conduire, un jour à la canonisation. Est-ce le plus urgent ? Est-ce que, de toute façon, Dieu ne reconnaîtrait pas les
siens ?


Votre explication à propos de la levée d’excommunication des évêques intégristes est classique et exacte en droit. canon Pour le public (la masse
qui, dans le “monde”, serait à “évangéliser”), la “nuance” (je persiste à utiliser ce terme) est incompréhensible. Et s’il s’agit de susciter un “dialogue” (avec des rebelles qui
l’injuriaient dans leurs publications, entre autres sur internet), pourquoi ne pas avoir gardé autant de magnanimité avec les prêtres ouvriers, ou ceux des théologiens de la Libération, qui
n’étaient pas partisans de la lutte armée marxiste-léniniste, mais prêchaient simplement une plus grande justice sociale, si rare en Amérique du Sud, attitude que prônent officiellement nos
pontifes ?


Sur le préservatif, faites moi la charité de relire ce que j’ai écrit et précisez ce qui vous choque : je voulais dire que la meilleure manière de faire taire les
mal-veillances à l’égard du pape serait qu’il exprime clairement, ou plus clairement  encore que, si la capote n’est pas la panacée en absence d’amour, elle peut en situation de
crise éviter un mal plus grand : l’extension de la pandémie ; ce que pensent de nombreux prêtres et religieuses au service des malades du Sida en Afrique. Comment espérer qu’un mari malade
accepte de ne plus avoir de relations sexuelles avec son épouse non encore contaminée ? Doit-on livrer cette dernière au risque de cette affreuse maladie ?


Je n’ignore pas que «les «différences de croyance sont très nombreuses et profondes entre “réformés” et
Catholiques» [Otez-moi d’un doute : la minuscule à Réformés et la majuscule à Catholiques, est-ce un simple lapsus, ou cela a-t-il valeur symbolique de votre aversion pour “nos frères séparés” ?]
Sans doute  est-il illusoire de penser que le commandement de Jésus : “Que tous soit un ! ” soit à prendre au sérieux et doive l’emporter sur les egos individuels et collectifs.
Et puisque vous êtes attachée à la pureté de la croyance, je vous rappelle les termes exacts de la fin du Credo de Nicée-Constantinople, que vous tourneboulez quelque peu : «
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J'attends la résurrection des morts,
et la vie du monde à venir», et non : « je crois en un seul baptême, pour
la résurrection des morts (?) et la vie éternelle ».


Enfin, l’information que vous donnez pour pallier mon ignorance à propos des encycliques est erronée. Elles étaient peut-être lues en
chaire, mais elles n’étaient pas “adressées” au peuple de Dieu. J’en ai quelques-unes dans ma bibliothèque (que j’ai lues) depuis Quanta cura de Pie IX jusqu’aux plus
récentes de Benoît XVI. Avant Jean XXIII, elles sont généralement adressées “à tous les patriarches, les primats, les archevêques et les évêques en grâce et en communion avec le siège
apostolique”. Vous avez bien lu : non seulement ces textes n’ont pas pour destinataires les laïcs, mais pas même le bas-clergé, y compris
Mit brennender Sorge de Pie IX (1937), même si elle a effectivement été écrite en allemand ; et c’est encore le cas d’encycliques de Pie XII, par exemple Haurietis Aquas in
Gaudia, sur le culte et la dévotion du Sacré-Cœur, qui est pourtant une dévotion très populaire à cette époque (1956).


Votre dernière phrase, alleluia, remporte mon adhésion sincère : « Plutôt que de se disputer entre eux, les Catholiques feraient bien mieux de s’unir». Je m’arrête
là : 1° parce que je n’aime pas trop le “faire front” qui fait un peu Djihad, et 2° parce qu’il faut bien s’arrêter un jour. Vous voyez, en tout cas, l’attention que j’ai portée à la
lecture de votre texte.



Je vous salue, Chère Madame, prions les uns pour les autres à défaut de pouvoir le faire
ensemble.          &nb




OLIVIER 06/05/2010 18:02



SUITE DE MON COMMENTAIRE N° 6, qui a été tronqué


Je sais bien que, pour l’instant, il n’est que “béatifiable”, mais —toujours les mêmes subtilités juridiques que pour la “réintégration” des membres de la
Fraternité Pie X (voir § suivant)— cette démarche devrait normalement conduire, un jour à la canonisation. Est-ce le plus urgent ? Est-ce que, de toute façon, Dieu ne reconnaîtrait pas les
siens ?


Votre explication à propos de la levée d’excommunication des évêques intégristes est classique et exacte en droit. canon Pour le public (la masse
qui, dans le “monde”, serait à “évangéliser”), la “nuance” (je persiste à utiliser ce terme) est incompréhensible. Et s’il s’agit de susciter un “dialogue” (avec des rebelles qui
l’injuriaient dans leurs publications, entre autres sur internet), pourquoi ne pas avoir gardé autant de magnanimité avec les prêtres ouvriers, ou ceux des théologiens de la Libération, qui
n’étaient pas partisans de la lutte armée marxiste-léniniste, mais prêchaient simplement une plus grande justice sociale, si rare en Amérique du Sud, attitude que prônent officiellement nos
pontifes ?


Sur le préservatif, faites moi la charité de relire ce que j’ai écrit et précisez ce qui vous choque : je voulais dire que la meilleure manière de faire taire les
mal-veillances à l’égard du pape serait qu’il exprime clairement, ou plus clairement  encore que, si la capote n’est pas la panacée en absence d’amour, elle peut en situation de
crise éviter un mal plus grand : l’extension de la pandémie ; ce que pensent de nombreux prêtres et religieuses au service des malades du Sida en Afrique. Comment espérer qu’un mari malade
accepte de ne plus avoir de relations sexuelles avec son épouse non encore contaminée ? Doit-on livrer cette dernière au risque de cette affreuse maladie ?


Je n’ignore pas que «les «différences de croyance sont très nombreuses et profondes entre “réformés” et
Catholiques» [Otez-moi d’un doute : la minuscule à Réformés et la majuscule à Catholiques, est-ce un simple lapsus, ou cela a-t-il valeur symbolique de votre aversion pour “nos frères séparés” ?]
Sans doute  est-il illusoire de penser que le commandement de Jésus : “Que tous soit un ! ” soit à prendre au sérieux et doive l’emporter sur les egos individuels et collectifs.
Et puisque vous êtes attachée à la pureté de la croyance, je vous rappelle les termes exacts de la fin du Credo de Nicée-Constantinople, que vous tourneboulez quelque peu : «
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J'attends la résurrection des morts,
et la vie du monde à venir», et non : « je crois en un seul baptême, pour
la résurrection des morts (?) et la vie éternelle ».


Enfin, l’information que vous donnez pour pallier mon ignorance à propos des encycliques est erronée. Elles étaient peut-être lues en
chaire, mais elles n’étaient pas “adressées” au peuple de Dieu. J’en ai quelques-unes dans ma bibliothèque (que j’ai lues) depuis Quanta cura de Pie IX jusqu’aux plus
récentes de Benoît XVI. Avant Jean XXIII, elles sont généralement adressées “à tous les patriarches, les primats, les archevêques et les évêques en grâce et en communion avec le siège
apostolique”. Vous avez bien lu : non seulement ces textes n’ont pas pour destinataires les laïcs, mais pas même le bas-clergé, y compris
Mit brennender Sorge de Pie IX (1937), même si elle a effectivement été écrite en allemand ; et c’est encore le cas d’encycliques de Pie XII, par exemple Haurietis Aquas in
Gaudia, sur le culte et la dévotion du Sacré-Cœur, qui est pourtant une dévotion très populaire à cette époque (1956).


Votre dernière phrase, alleluia, remporte mon adhésion sincère : « Plutôt que de se disputer entre eux, les Catholiques feraient bien mieux de s’unir». Je m’arrête
là : 1° parce que je n’aime pas trop le “faire front” qui fait un peu Djihad, et 2° parce qu’il faut bien s’arrêter un jour. Vous voyez, en tout cas, l’attention que j’ai portée à la
lecture de votre texte.


NB. : Étant donné que j’ai outrepassé ma remarque imprudente du début sur le fait qu’il était inutile de vous
répondre, je précise que je ne rép




Monique Taly 06/05/2010 15:12



Vos amis ont raison, M. Olivier, il est malheureusement des personnes avec lesquelles il n'est pas possible de dialoguer. Merci donc d'avoir eu ce courage d'essayer quand même et de nous proposer
une analyse que vous avez voulue, me semble-t-il, la plus objective, ou en tout cas la plus mesurée possible.


Ce que vous dites de votre foi dans la force de l'Esprit s'exerçant sur tout laïc baptisé-confirmé m'a beaucoup touchée, ainsi que votre critique positive d'une "gouvernance autocratique de
l'Eglise". En ce moment, c'est vrai, j'ai très "mal à mon Eglise", particulièrement parce que, pour reprendre vos propres mots, il ne m'est pas vraiment permis "d'exprimer mes questions et mes
souffrances". Oui, plus de 40 ans après Vatican II, il est plus que temps que notre Eglise trouve un mode de communication avec le monde qui soit autre chose que du prosélytisme (excusez-moi,
mais c'est ainsi que je ressens la "nouvelle évangélisation") ou du moralisme (l'Eglise donneuse de leçons que vous évoquez). 


Un dernier mot : je suis tout à fait d'accord avec vous sur ce que vous dites de "l'affaire Pie XII", et je ne pense pas, contrairement à ce que votre contradictrice appelle de tous ses voeux,
que nous devions "faire front contre ceux qui veulent détruire l'Eglise": nous avons vocation à être le "sel dela terre", pas à nous replier sur nous-mêmes, ni à faire la leçon au monde !



OLIVIER 06/05/2010 09:59



Chère Madame et sœur par le Christ (du moins je l’espère),


J’ai hésité à vous répondre et mes amis m’en dissuadaient Tout dialogue est, en effet, un exercice impossible, et probablement vain, tant vous êtes sûre de
vous-même et de la Vérité que vous vous voulez garder, enfouie, comme le serviteur à l’unique talent. Je ne sais si vous êtes “intégriste”, mais vous avez les mêmes procédés rhétoriques que leurs
sites :


1° déprécier la personne que vous attaquez, Pour mon compte : incompétence, hérésie, ou pire avec votre expression méprisante, qui peut tout laisser supposer
sur ma vie : “comme vos pareils” (4e § avant la fin) ;


2° ne pas répondre directement ni véritablement aux arguments avancés. C’est tellement pratique d’attribuer une note de nullité (Cf. votre 3e § avant la fin)
à quiconque ne pense pas comme vous. Dans mon cas, vous supposez tantôt mon incompétence en matière historique (bien que j’aie les titres requis et aie enseigné à l’université et dans deux
séminaires), tantôt de la “mauvaise foi”, autrement dit de la malhonnêteté intellectuelle. Je ne sais si j’ai été coupable d’ironie à l’égard de M. Piccinin (mon allusion à l’ours au
pavé ne voulait pas être méchante), mais de mépris sûrement pas, car je n’aurais pas pris le temps et la peine d’écrire mon commentaire. Celui-ci, faut-il le rappeler ?, ne visait pas à
“justifier” Hans Küng, ce qui n’était ni mon rôle ni mon désir, mais à examiner l’argumentaire du professeur Piccinin dans sa diatribe contre les points sensibles de la vie ecclésiale soulevés
par le professeur de Tübingen quand ils semblaient pertinents, quelles que soient ses éventuelles erreurs personnelles.


En lisant votre réquisitoire, je comprends pourquoi et comment l’Unité de l’Église est humainement impossible (“mais à Dieu tout est possible”). Si l’on
attend que nos “frères séparés” (l’expression a été utilisée par des prédicateurs catholiques au XVIIe
siècle, après la Révocation de l’Édit de Nantes) “viennent à Canossa”, je crains que ce soit à la fois illusoire et injuste, car dans les ruptures avec Rome,
ainsi que le déclarait Jean XXIII, en janvier 1959, quand il a potentiellement mis fin au schisme d’Orient, que réalisa en 1965 Paul VI : « Pas de procès historique. Nous ne chercherons
pas à savoir qui avait raison ou qui avait tort. Les responsabilités sont partagées. Nous dirons seulement : réunissons-nous et finissons-en avec les dissensions ». Et, puisque vous me
jugez luthérien, lorsqu’on étudie les motifs de la séparation de Luther, laquelle n’a d’abord été qu’un simple schisme, on voit que le moine augustin, qui avait découvert la ville de Rome
quelques années plus tôt, en a d’abord appelé au pape “mal informé”. On doit bien constater aussi qu’il ne contestait alors qu’un certain nombre d’abus (articles XXII à XXVIII de la
Confession d’Augsbourg, 1530)), alors qu’il reconnaissait 21 “articles de foi et de doctrine”. Lisez la confession d’Augsbourg (1530)…


Dans votre défense de la structure hyper-hiérarchisée de l’Église actuelle, vous allez loin puisque non seulement vous affirmez qu’il faut obéir au pape sans
interrogations (alors qu’on n’y est contraint que lorsqu’il parle ex cathedra), mais qu’on doit même s’abstenir de toute critique envers le “clergé”. C’est faire fi du rôle de la
conscience à qui saint Thomas d’Aquin donnait une sorte de primat. Quant à obéir aux conciles, d’accord, mais vous semblez davantage prête à suivre Vatican I que Vatican II. Et si le
professeur Piccinin n’a pas écrit que le pape n’a commis aucune erreur, où est le crime de dire :


1° que c’est possible ;


2° qu’il faut dans ce cas discerner clairement ces erreurs pour les corriger ;


3° pourquoi, en ce cas, des laïcs catholiques, alphabétisés et surtout ayant reçu l’Esprit Saint par leur baptême et leur confirmation (j’y crois), ne
pourraient exprimer leurs questions et leurs souffrances, avec respect mais fermeté. Ou alors, les effets de l’Esprit sur ces baptisés-confirmés ne seraient qu’une espérance vide de sens, voire
un leurre.


Je ne me permettrais pas d’attaquer la personne du pape : il fait ce qu’il peut dans un monde et… une Église troublés. Ce n’est pas sa personne qui est en
question, mais la manière à la fois autocratique et autiste dont est gouvernée la “barque de Pierre”. Le minimum qu’on peut dire à ce sujet, c’est que la communication passe mal. Il est
exact que des médias sont souvent agressifs et malhonnêtes, taisant ce que Rome dit d’ouvert et de courageux, par exemple en matière sociale et internationale, pour ne mettre en relief que ce qui
peut paraître déplaisant ou “réactionnaire”. Raison de plus pour faire attention à ce que l’on dit et surtout comment on le dit.


Il n’est pas question d'édulcorer le message de l’Évangile, dont c’est la mission de l’Église d’assurer la transmission —encore que tels points de doctrine,
élaborés il y a quelques siècles, puissent mériter aggiornamento— mais de l’exprimer dans une langue claire, de manière fondée en raison (c’était le souci de Jean-Paul II, et, en grand
intellectuel, Benoît XVI n’y contredirait pas), afin d’être audible par nos contemporains. Le seul argument d’autorité, à tort ou à raison, ne fonctionne plus, sauf si l’on veut se barricader
dans un fort ou une “cour” construits à côté du monde dans lequel (malheureusement ?) nous vivons..


Il me semblait, à propos de Pie XII, avoir été mesuré et historiquement pas injuste, en constatant qu’il y avait deux voies possibles et qu’il a choisi celle
du “moindre mal”. N’était-ce pas un peu le constat de Philippe Chenaux; enseignant catholique à l’Université du Latran à Rome, dans son Pie XII, diplomate et pasteur (Cerf, 2003) ?
La situation du clergé allemand était infiniment plus compliquée parce qu’il était affronté aux exactions nazies sur le terrain même. Il a eu ses martyrs, que vous évoquez ; il y a eu aussi ceux
qui ont accepté, forcés ou enthousiastes, le régime hitlérien… comme, en France, héros et collabos. Je sais bien que, pour l’instant, il n’est que “béatifiable”, mais —toujours les mêmes
subtilités juridiques que pour la “réintégration” des membres de la Fraternité Pie X (voir § suivant)— cette démarche dev



Peter henri 05/05/2010 23:31



Il ne faut pas confondre e Pierre apotre,qui aime et renie le Christ et Pierre Pape. Si lefait d'être e pape ne dispense pas des errreus humaines,  il n'ne reste pa moins que dans sa
charge il est fidèle , telle qu'ile st,  à samission. Nous avons le droit d'être en déaccord mais  non de  nous  vouloir toujours plus intelligents ou plus
 malins que lui comme l préconseint certaisn clercs , qui aiemraient bien être SUltan et non Vizir comme  Isnogood, et j'aimerais un franc désaveu de ces
détestables  pratiques , de ceux qui les soutiennent, et de ceux qui jouent contre le pape sans loyauté en se servant des ennemis de notre Mère l'Eglise, et c'est bien le cas avéré
d'Hans Küng, qui devrait porter  ses désaccords en humilité  et dans la sainte obéissanance  .
Ce point réglé , on discutera  et il y a matière!  



Francine Bouichou-Orsini 05/05/2010 09:43






Réponse à a critique de Ch. de Pontacelles


Je touve bien attristante et dangereuse cette attude de repliement défensive sur un sytème clos et qui tend à l'isoler davantage du monde extérieur.


L'Incarnation, pour nous chrétiens, c'est poursuivre l'oeouvre du Christ, dans le chemin difficile ouvert par lui, en emportant avec soi, ni scandales de rechange , ni dogmes absolu, ni
rites impératifs. Le Christ n'est pas Mahommet, son testament et la seule foi formulée : le commandement d'amour qui résume tout.C'est moins rassurant évidemment...


Francine Bouichou-Orsini






Francine Bouichou-Orsini 05/05/2010 09:42






Réponse à a critique de Ch. de Pontacelles


Je touve bien attristante et dangereuse cette attude de repliement défensive sur un sytème clos et qui tend à l'isoler davantage du monde extérieur.


L'Incarnation, pour nous chrétiens, c'est poursuivre l'oeouvre du Christ, dans le chemin difficile ouvert par lui, en emportant avec soi, ni scandales de rechange , ni dogmes absolu, ni
rites impératifs. Le Christ n'est pas Mahommet, son testament et la seule foi formulée : le commandement d'amour qui résume tout.C'est moins rassurant évidemment...


Francine Bouichou-Orsini






Charlotte de Pontacelles 04/05/2010 17:38



Suite de mon commentaire :


 


Concernant les questions de foi que vous abordez, c’est aussi un peu la soupe :
« catholique » ou « universelle », c’est la même chose, certes. Mais il faut rester dans le sein de l’Eglise, en dehors de laquelle il n’y a pas de salut. En fait, vous parlez
en véritable luthérien, non en catholique. Ne mélangez pas les « réformés » et les Orthodoxes : ces derniers sont en dialogue pour la réunification de l’Eglise, sous la primauté de
Rome, depuis les années 1960’, lorsque le Vatican a levé l’excommunication qui pesait sur eux. Et sachez que les différences de croyance sont très nombreuses et profondes entre
« réformés » et Catholiques. Les choses sont loin d’être aussi simples que vous semblez le croire. Par exemple, les Catholiques gagnent leur salut par la charité ; les choses sont
très différentes chez les « réformés », pour lesquels il y a une certaine prédestination. En comprenez-vous toutes les conséquences, dans leurs rapports avec autrui,
notamment ?


 


Enfin, juste pour votre information : au siècle passé, les encycliques n’étaient pas
réservées « à un petit nombre d’évêques ». Elles étaient lues et prêchées dans les Eglises (ce pourquoi Mit brennender Sorge fut rédigée en
allemand et non en latin), ce qui n’est malheureusement plus le cas maintenant, depuis Vatican II, ce pourquoi elles restent souvent lettre morte.


 


Non, l’Eglise ne doit pas courir derrière le monde et s’adapter aux modes passagères pour plaire
et rester dans le vent. Non, car l’Eglise n’est pas une œuvre sociale, pas seulement, et surtout pas un vaste club de bobos plus ou moins croyants en un vague truc mystico-divin. La raison d’être
de l’Eglise, comme vos pareils ont trop souvent tendance à l’oublier, elle est bien exprimée dans le Credo, l’acte de foi qui rappelle l’essentiel de
la croyance de l’Eglise et des Catholiques : « je crois en un seul baptême, pour la résurrection des morts et la vie éternelle ».


 


Bref, votre propos ressemble à une coquille vide, sans parler de vos imprécisions et illogismes
nombreux.


 


Je vous conseillerais bien de lire ceci (et de suivre aussi les liens qui s’y trouvent) qui, par
contre, est autrement plus consistant ; il s’agit d’un article publié dans Le Monde par Pierre Piccinin, qui a bien du courage de prendre la
défense de notre Saint Père, car il est l’un des rares intellectuels catholiques à oser le faire, tandis que, de partout, en revanche, sifflent les flèches de ses ennemis et même de certains qui,
comme vous, se disent « catholiques » pourtant :  http://pierre.piccinin-publications.over-blog.com/article-vatican-benoit-xvi-entre-tradition-et-progres-48195851.html.


 


Plutôt que de se disputer entre eux, les Catholiques feraient bien mieux de s’unir et de faire
front, quitte à s’expliquer une bonne fois ensuite, lorsqu’auront pris fin les attaques de ceux qui veulent détruire l’Eglise.


 


Charlotte de Pontacelles



Charlotte de Pontacelles 04/05/2010 14:22



Cher Monsieur,


 


A lire votre commentaire à l’article du Professeur Piccinin, je me demande si votre critique
quant à la « légèreté » des arguments de Monsieur Piccinin ne conviendrait pas mieux à votre propre texte.


 


Je constate que vous mêlez bien l’ironie et un certain mépris, mais que vos connaissances en
matière d’histoire de l’Eglise et de ses doctrines laissent un peu à désirer.


 


En outre, vous avez, semble-t-il, contracté le même goût que Monsieur Küng, pour la mauvaise foi
et les procès d’intention.


 


Tout d’abord, laissez-moi vous rappeler que le catholicisme n'est pas une des 450 sectes
protestantes ou plus. Une des grandes différences réside notamment en cela que les Catholiques suivent l'enseignement de l'Eglise, qui est l'intermédiaire entre Dieu et les croyants. Aussi,
il ne revient pas aux fidèles de "critiquer" le clergé et de lui indiquer quelle serait la "bonne voie à suivre". L'obéissance au Pape, Vicaire du Christ, et aux décisions des Conciles est la
règle du catholicisme. Dès lors, qu'un Catholique s'interroge et connaisse des doutes, c'est humain. Mais soutenir que le Pape ou le Concile fait fausse route, c'est tout autre chose et cela
relève presque de l'hérésie.


 


Le "professeur à l'Ecole européenne de Bruxelles", comme vous dites, n’a écrit nulle part dans
son article que le Pape n'a commis aucune erreur. Il rappelle néanmoins que la primauté de l’évêque de Rome, successeur de Pierre, a été clairement définie lors du Concile de Vatican I et qu’elle
ne saurait être remise en question par un « Catholique », ce que fait pourtant Hans Küng.


 


Le Professeur Piccinin ne cherche pas non plus à « disqualifier » Hans Küng. Ce dernier
le fait très bien lui-même : on est bien obligé de constater que le théologien Hans Küng déforme les faits, voire ment délibérément, et travestit la vérité (concernant Pie XII, notamment,
comme l’a bien montré Pierre Piccinin), et ce dans le seul et malin dessein de discréditer l'Eglise avec laquelle, manifestement, il a des comptes à régler.


 


Concernant la « réintégration » de la Fraternité St Pie X, je ne partage nullement
votre analyse : non seulement il ne s’agit pas d’une « nuance ». Il y a une différence énorme entre « reprendre le dialogue » et « réintégrer ». Je suis
cela dit d’accord avec vous sur le fait que le « monde » a pu mal interpréter les choses, mais je me demande si la presse ne l’y a pas un peu aidé… Pourquoi, en effet, a-t-on pu lire un
peu partout (ou entendre à la télévision et à la radio) « réintégration » et non pas « tentative de dialoguer » ? Prendriez-vous également les journalistes et
chroniqueurs pour «le monde », incapables de faire la différence et de la traduire auprès de leurs lecteurs, ce qui, en principe, est le rôle du journaliste ? Mais, de toute façon,
la question n’est pas là :  Pierre Piccinin ne parle pas du « monde » ; il parle d’un théologien, Hans Küng, qui, lui, devrait
théoriquement savoir faire la différence et sait pertinemment ce qu’il fait quand il écrit que l’Eglise a « réintégré » des « évêques antisémites » (notons en plus, ce que ne
dit pas Pierre Piccinin, que, jusqu’à nouvel ordre, il n’y a qu’un seul antisémite connu, Williamson, et pas « des »).


 


Concernant Pie XII, Votre argument ne tient pas la route non plus : Pie XII a sauver de
nombreux juifs, comme vous le reconnaissez. Que se serait-il passé s’il avait décidé d’affronter ouvertement les nazis, qui occupaient toute l’Europe ? Pensez-vous que ces derniers auraient
hésité longtemps à s’en prendre partout aux représentants de l’Eglise, aux monastères, notamment, enlevant alors aux juifs ces lieux qui furent pour beaucoup leur seul refuge ? Vous vous
dites historien. Ne savez-vous donc pas ce qui est arrivé aux évêques de Münster, de Munich, de Berlin, de Rottenburg, etc., et à de nombreux prêtres allemands qui, dans leurs prêches, s’étaient
dressés contre la politique antisémite du IIIème Reich ? Et à Mgr Piguet, évêque de Clermont-Ferrand, qui fut déporté à Dachau ? Pie XII, peut-être, aurait voulu être plus héroïque et
se sacrifier comme Christ. Mais il a choisi la voie de la raison et a fait plus de bien ainsi. Enfin, ce n’est pas pour cela qu’il serait béatifié (et non pas « canonisé » comme vous le
dites), mais pour d’autres raisons. Ne mélangez pas tout. Hans Küng suffit pour cela. Mais, encore une fois, la question n’est pas là :  Pierre
Piccinin, à qui vous répondez, ne débat pas de la béatification de Pie XII. Il s’insurge contre les propos de Hans Küng, qui assimile dans sa Lettre le Pape Pie XII à l’antisémitisme, et montre
qu’il ne saurait en être ainsi.


 


Et vous continuez sur le même ton à propos du préservatif. Lisez ceci, du même auteur, ce qui
vous éclairera :  http://pierre.piccinin-publications.over-blog.com/article-34469261.html.




Seraphim 02/05/2010 12:37



L'article de Mr Olivier est un modèle tout en nuances qui exprime des vues claires et équilibrées. En plus, c'est bien écrit.


A propos du langage de l'Eglise, et pour introduire ici une note d'humour décalé qui risque de dénoter un peu.Le révérend père Guy Gilbert invité hier 1er mai dans l'émission de Ruquier "on n'est
pas couchés"et répondant à cette question, traduisait ainsi la pensée du pape relative au préservatif :"Il ne faut pas baiser comme des castors". Ce qui lui valut la suggestion d'être nommé
porte-parole du Vatican. Hihi!.