Ranimons la pensée

Publié le par G&S

   Elle est étouffée par l’agitation, les slogans et les images…

Peut-être que des « Jeunes retraités » devraient abandonner les activités caritatives, ludiques ou strictement familiales (pourtant importantes) pour devenir des artisans avisés de la « pensée populaire » bien éloignée du populisme.

Les clubs, laboratoires, séminaires qu’ils susciteraient et animeraient seraient sans aucun doute d’une utilité majeure et sauveraient de la cachexie la pensée moribonde du peuple.

Qu’ils ne disent surtout pas qu’ils n’y arriveront pas, qu’ils sont incompétents ou que le temps leur manque.

Peut-être aussi que des jeunes hommes ou des jeunes femmes de plus ou moins quarante ans pourraient abandonner une vie professionnelle à plein temps et oser devenir des « oisifs à temps partiel » pour la réflexion et « prendre soin » des emblavures de la pensée.

Beaucoup de terre demeurent en friche parce que personne ne prend le souci de les « cultiver » pour qu’elles donnent des fruits nouveaux et vigoureux.

J’ai entendu dire à des jeunes femmes qu’elles n’avaient pas grand besoin d’un salaire « confortable » mais que, par contre, une vraie profession de haut niveau les valorisait et leur donnait un statut reconnu. J’ose penser que si quelques-unes devenaient des tisseuses de culture moderne, elles connaîtraient un véritable épanouissement et sauveraient la modernité d’une indigence aussi redoutable à la longue que le sous-développement et la faim.

Je n’ai aucune « autorité » pour tenir ce genre de propos.
Je suis simplement témoin impuissant d’un « naufrage ».
Je ne peux que crier « au secours la pensée se meurt, la pensée est morte ».

Je doute que les « assoiffés » de la vitesse s’octroient suffisamment de loisir pour lire mon propos et pour réfléchir à quelques-uns comment ils pourraient mettre en place un « Samu de la réflexion ».

Enfin, j’aurai toujours fait mon devoir de sonneur de tocsin…

Je ne sais pas si parmi les « baptisés-confessants » se trouvent des hommes et des femmes disponibles pour cette tâche élémentaire d’ouvrir l’ensemble d’une population à réfléchir et prendre une certaine hauteur, d’une part sur les enjeux et d’autre part sur les valeurs de notre époque !

À mon sens, en donnant une partie de leur temps ils « sauveraient » la laïcité et ainsi iraient dans le sens du mystère de l’Incarnation.

Christian Montfalcon

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Robert Kaufmann 29/04/2012 19:51


Moi,je reviens du Portugal.


Les femmes ,les jours de fête,portent Sept jupes.mais pas forcément plus dans la tête....


RK

fanfan 29/04/2012 15:53


Bon dimanche,
Il me semble que pour le moment peu de dames, sur le blog G&S, semblent "animées" du désir de faire savoir au monde leur envie de ranimer la pensée.


Serait-ce parce que nous les femmes nous avons souvent l'habitude de travailler dans l'urgence???mais non sans penser aux conséquences de ces actions "vite faites sur le grill".??Je brûle de
connaître ce qui (r)anime la pensée "féminine"(et non pas féministe...) tant soit peu que le pensée ait un sexe!!! 


Ou alors d'après Monseigneur André Vingt-Trois...:


« Le tout n’est pas d’avoir une
jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête"


Qu'en pensez-vous? 


fanfan


 

Robert Kaufmann 28/04/2012 21:34


Je voudrais tant y croire! Mais bien que de nature plutôt optimiste,je ne pense pas que nos échanges ici,entre (malgré nos différences),puissent changer pour le moment
la pente descendante du besoin de pensée des générations montantes...


Ces 2 derniers jours,devant le vide des salles qu'on pourrait appeler "Ciné-Club",comme dans le bon Vx temps,et la grande salle du Prado,comble de jeunes en état de semi-hystérie collective
devant les exploits des hommes volants dans AVENGER,je me sentais consterné.D'autant que je songais que c'est eux qui votent ces jours-ci pour tracer leur destin pour les prochaines années....


Je pense que nous,chacun dans notre domaine,nous avons fait et faisons encore, ce que nous pouvons pour rappeler les leçons du passé et lever les regards vers un horizon loin d'être clair et
serain.Mais nous ne pouvons non plus nous proclamer prophètes exiger des autres qu'ils lèvent leur regard.Nous ne pouvons que rester disponibles envers ceux qui acceptent spontanément de venir
vers nous dans un besoin d' échanges, d'enrichissement réciproque.


Il en reste encore!!!Grâce au Ciel !


Robert Kaufmann


 

Pierre Namasse 26/04/2012 21:35


Hélas! trois fois hélas! cette race est en voie d'extinction.


Les baptisés-pratiquants qui réfléchissent...sont déjà presque tous partis discrètement, mais définitivement. Ils ont cru au renouveau par Vatican II, mais c'est la curie et les "tradis" qui ont
gagné.


Les derniers specimen sont à rechercher parmi les adhérents des associations fédérées par "Parvis".


 

fanfan 26/04/2012 15:12


Ranimer la pensée....


Certes mais alors, cette "honorable entité" est donc quasi moribonde???et je n'en savais rien???
Si j'en crois ce que je lis,elle meurt à petits feux d'un manque de soins attentifs, désintéressés, acharnés cependant.Doit-on, avec doigté, pratiquer l'acharnement thérapeutique, qui là
semblerait nécessaire et indispensable  à sa survie! 


Créons des postes (à temps complet avec sécurité de l'emploi sans limite) de "sauveurs,( hommes et femmes), de la pensée" mais une bonne pensée pas "formatée ", la
seule la vraie!!!!celle qui nous élèvera au-dessus de ce monde qui allie vitesse et précipitation sans penser à:"mais  où nous conduit ce chemin parcouru [à tombeau
ouvert]?!...."


fanfan

Pierre Locher 26/04/2012 14:56


 


Complètement d'accord avec Christian MONTFALCON : il y a urgence ! Je me permets d'y ajouter une double citation, celles de deux théologien(ne)s.


Déjà en 2005 Véronique MARGRON, une de nos grandes théologiennes, écrivait dans la Croix  :


"Pourquoi se fatiguer à honorer la pensée ? La norme est le conformisme, la mode, un parler dont le contenu n'est pas le souci premier.[ ... ] Et pourtant il faut le décider.
Absolument. Préserver le besoin de questionner, jusque Dieu lui-même [...] Penser nous rend présent à nous-même. Et personne ne peut venir habiter à notre place, quoiqu'il invoque et
proclame. Personne ne lit dans nos pensées. La pensée est alors notre seul bien assuré. [...] Oui, penser est un acte intime, suprêmement."



Par ailleurs, le théologien – un peu oublié - Adolphe GESCHÉ nous a laissé une œuvre importante en grande partie centrée sur un renouveau de la pensée théologique avec comme fil conducteur
Dieu pour penser titre d'une série de 7 ouvrages traitant du mal, de l'homme, de
Dieu, du cosmos, de la destinée, du Christ et du sens. Il a poursuivi son travail, malheureusement interrompu par son décès, avec des petits opuscules de citations intitulés Pensées pour
penser qui nous ont donné deux titres : Le mal et la lumière, Les mots et les livres.


Puissent, après cette période électorale de vide intersidéral, ces deux théologiens nous inciter à démentir la prophétie malheureusement possible de Christian MONTFACON : « La
pensée se meurt, la pensée est morte ».


 


Pierre Locher


 


P.S. Si la période électorale accentué le mal, le ver était dans le fruit bien avant...

Marcel BERNOS 26/04/2012 11:24


Christian Montfalcon, qui nous a souvent donné des textes importants pour "penser", semble justifier dans son texte enlevé le travail que nous essayons de poursuivre depuis plus de 6 ans à
. Que ce soit en même temps un appel à une collaboration plus intense : commentaires qui vivifient les articles et suscitent la discussion, articles — trop rares —
proposés par nos lecteurs, … tout sera bon pour "
réfléchir et prendre une certaine hauteur, d’une part sur les enjeux et d’autre part sur les valeurs de notre époque !" Merci C. M.