« Pour vous, qui suis-je ? » : regards sur Jésus

Publié le par G&S

Après plus de 50 ans de prêtrise, de rencontres de jeunes sur tous les continents, de lectures, de plusieurs dizaines de publications, Stan Rougier médite, dans un nouvel ouvrage, sur ce « Jésus si célèbre et si mal connu » 1.

Pour-vous-qui-suis-je--Stan-Rougier-.jpgIl a souhaité que ce livre soit accompagné d’une quarantaine de témoignages de femmes et d’hommes de professions diverses, de religions différentes ou sans religion. Pour lui, « nous trompons Jésus à la première occasion avec des fausses images que nous nous faisons de lui. (…) Comme dans ce film où une fille interroge son ami : À qui t’adresses-tu quand tu dis : je t’aime ? ». En effet, poursuit-il, « Jésus s’est confronté à une sorte de maladie inhérente à toute religion. Il s’agit d’une rigidité dans la façon de comprendre la fidélité » 2.

Pour résister à cette pente vers l’idolâtrie, l’auteur nous engage à nous confronter à la critique : « Croyants de tout horizon et de toute chapelle, plongeons notre image de Dieu dans l’acide décapant des critiques athées ! Ce qui restera debout ressemblera peut-être à Celui qu’aucune religion ne pourra jamais enfermer » 3. En effet, comme le précise le jésuite Charles Delhez, « Celui que l’on présente comme le fondateur d’une religion, mais qui est en fait un réformateur dont le message vaut pour toute institution, a été particulièrement libre par rapport à la sienne » 4

Pour la comédienne et peintre franco-roumaine, Rona Hartner, « Jésus est toujours avec celui qui part, qui quitte tout, qui cherche, avec celui qui abandonne ses sécurités » 5. Pour l’évêque aux Armées, Luc Ravel, « Le Christ sème l’inattendu dans mon histoire et il en fait une aventure, un chemin dont on ignore le prochain tournant » 6.

Tous les témoignages recueillis par les auteurs illustrent le souhait exprimée par Florence Taubman, pasteure de l’Église réformée que le nom de Jésus « ne soit pas un slogan ou un simple prétexte identitaire, mais au contraire une ouverture, une disponibilité ! » 7.

Bien loin de rentrer dans les cases intellectuelles, religieuses ou morales fixées a priori, le Christ surprend et excède la dimension même des questions. À tout moment, nos prétendues « synthèses », notre bonne conscience, comme d’ailleurs notre culpabilité, peuvent être bousculées par ce qui restera toujours la parole inattendue d’une « bonne nouvelle ».

Bernard Ginisty

1 – Stan Rougier et Corine Prévost : « Pour vous, qui suis-je ? ». Regards sur Jésus. Éditions Mame, 2013

2 – Pages 38,42, 62

3 – Page 87

4 – Page 128

5 – Page 154

6 – Page 212

7 – Page 214

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Francine Bouichou-Orsini 10/02/2013 16:30


Vivant la réalité de l’Alliance, nous savons que le Christ est toujours là, auprès de nous. Grâce à Lui, nous pouvons dire avec Paul :
« je connaîtrais comme je suis connu » (1, Co, 13, 12).


« Le Christ ne force personne, il est là, silencieux, sans reproche ni amertume. Disponible (…), l’apercevoir, c’est prendre la route, et
faire son chemin. Non pas un système religieux, mais une conduite. Et une conduite accompagnée » (A. Rouet, p. 183, « L’étonnement de
croire », L’Atelier, janvier 2013).


Francine Bouichou-Orsini