"Piss Christ" : nos garrigues s’enflamment pour un cliché

Publié le par G&S

Notre région a récemment défrayé la chronique à cause de l’exposition
puis de la dégradation au pic à glace
du cliché “Piss Christ” d’Andres Serrano
dans la collection d’art contemporain Yvon Lambert à Avignon.

Parmi toutes les réactions que cette affaire a suscitées,
celle qui a été publiée par Sébastien Lapaque
sur le site Internet de Témoignage chrétien
(où vous trouverez une reproduction du cliché)
nous a paru la plus ajustée.

Nous la faisons (majoritairement et globalement) nôtre.
C’est pourquoi nous souhaitons vous la communiquer.
Vous êtes évidemment libres de faire
tous les commentaires que cet article et cette œuvre peuvent susciter en vous.

G & S

 o O o

Piss Christ : la méprise

Il y a longtemps que les blasphèmes antichrétiens ne me troublent plus.
Je suis même tenté de leur accorder certaines vertus éducatrices.
Vagabond pacifique cloué à une croix de bois par les violents de son temps,
le Sauveur du Monde peut bien être couvert de crachats par ceux d’aujourd’hui.

 

Le Christ aux outrages

« Si ignobilis, si inglorius, si inhonorabilis, meus erit Christus », écrit Tertullien, dont la prose aux érubescences de lave en fusion fait mes délices en ce moment. « S’il est sans éclat, s’il est sans gloire, s’il est déconsidéré, c’est le Christ que je cherche. »

Voilà pour les pontifiants zouaves d’Avignon partis en croisade contre la présentation au musée d’Art contemporain d’une photographie de l’américain Andres Serrano reproduisant en grand format l’immersion sacrilège d’un petit crucifix dans de l’urine.

« Si ignobilis, si inglorius, si inhonorabilis, meus erit Christus » : peu d’œuvres contemporaines illustrent plus sauvagement l’exhortation redoutable du Grand fauve de Carthage que cette photographie d’une force monstrueuse en rouge et jaune intitulée Piss Christ.

Son Excellence Mgr l’Archevêque d’Avignon a eu tort de solliciter son retrait auprès des autorités compétentes. Il aurait mieux fait de monter en chaire et de prendre l’adversaire à contre-pied en mettant en valeur les vérités qu’elle nous donne à sentir sur la cohabitation de la grandeur et de l’abjection.

Le Christ et la pisse : ce sont les deux extrémités entre lesquelles l’humanité se débat, plus prompte à se noyer dans celle-ci qu’à se jeter aux pieds de celui-là. Un chrétien ne peut pas s’effrayer de la coexistence des opposés : c’est le grand mystère.

Le choc des contraires

L’œuvre présentée à Avignon nous rappelle qu’entre le Christ et l’Ordure, il n’y a pas de milieu. Un chrétien de l’ancienne école, un chrétien né avant qu’on ait pris l’habitude de greffer les baptisés avec des cerveaux de singe ou de mouton, ne s’en serait pas scandalisé.

Léon Bloy aurait probablement adoré Piss Christ, ce tableau qui dit tout en deux mots. Artiste d’avant-garde dans son genre, le Mendiant ingrat goûtait les happenings sauvages et le choc des contraires.

Souvenez-vous de ses Propos d’un entrepreneur de démolition : « Il n’y a que deux choses, entendez-vous, qu’on puisse mettre sur une tombe et qui y fasse un très bon effet : la Croix du sauveur des âmes ou un énorme excrément humain ! Choisissez donc canailles ! » Mais les canailles ne veulent plus choisir. Elles font des pétitions, elles manifestent, elles dissimulent leur veulerie derrière des pseudonymes sur Internet.

Il n’y a pourtant pas à s’étonner des outrages que continue de recevoir Jésus. Un Dieu à l’abri des moqueries, un Dieu à l’abri des blasphèmes, un Dieu à l’abri de l’humaine pourriture serait bon pour les païens ou pour les philosophes. Ce ne serait pas le Christ que je cherche, le Christ que je veux, le Christ que j’aime, venu me relever au fond du caniveau – ou, qui sait ? – dans l’urine où je pourrissais.

  

Quelle rage ou quel dépit amoureux ?

Non, décidément, les blasphèmes touchant le Rédempteur ne me troublent plus. C’est peu dire qu’il en a vu et vécu d’autres, à commencer par tous ceux que je lui fais subir jour après jour.

Je ne connais rien aux préférences secrètes d’Andres Serrano, j’ignore quelle rage ou quel dépit amoureux se dissimule derrière son Piss Christ. Mais les arguments de ceux qui prétendent qu’il est trop facile d’épancher ainsi son nihilisme sur le dos des croyants ne m’intéressent pas. Ce qui m’intéresse, c’est justement ce nihilisme visant le Christ, un nihilisme auquel j’ai envie de répondre comme le curé de campagne de Georges Bernanos à un personnage du roman : « Vous pourriez lui montrer le poing, lui cracher au visage, le fouetter de verges et finalement le clouer sur une croix, qu’importe ? Cela est déjà fait. »

Quand j’entends des catholiques expliquer que les musulmans savent mieux se faire entendre et se défendre contre les injures lorsque l’image d’Allah ou de Mahomet est détournée, j’enrage. Si proche de la Bête, si loin du Sens. Je ne demande certes pas à tous ces téméraires Croisés de lire les Pères – Tertullien, Contre Marcion, livre III – mais ils pourraient de temps à autre quitter leurs rangers pour se prêter à des exercices de judo métaphysique.

De la Croix du Sauveur, on fait trop facilement un pendentif, un motif décoratif, un signe sans signification. Et voilà que par le geste brutal d’Andres Serrano elle est rendue à sa brutalité : la Croix redevenue un scandale – du grec skandalon, l’obstacle.

Au Musée des Beaux-arts d’Avignon, on s’y arrête. Elle a perdu ses contours vaporeux de symbole pour redevenir le gibet infamant sur lequel a été cloué Jésus, mort entre deux bandits sous les moqueries pour avoir prêché le pardon des offenses, la pitié des vaincus et la délicatesse envers les opprimés.

Sébastien Lapaque
www.temoignagechretien.fr

Publié dans Signes des temps

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Albert OLIVIER 29/04/2011 11:41



RÉPONSE À “PISS CHRIST” (ET A SES EXÉGÈTES)


J’ai beaucoup lu, ces derniers jours, les attaques et les défenses menées à propos d’une “œuvre” intitulée  “Piss Christ”, y compris l’interview de
l’auteur, Andres Serrano, qui se présente comme artiste chrétien.. 


Je comprends l'article de TC reproduit par G&S. Il a pris un point de vue théologique élevé, qui a son intérêt, y compris spirituel (à condition d'être
compris par le chrétien lambda). Je suis prêt à accepter (intellectuellement) l’assimilation de l’”œuvre” à un “Christ aux outrages”. Je n’oublie pas que de distingués chanoines ont jadis refusé
un tableau du Caravage parce que les apôtres avaient les pieds sales. 


Peut-être suis-je un vieux con(servateur), mais cette "œuvre" de Serrano m'a choqué. J'en veux surtout au ministre de la “culture” qui s'est élevé —à juste
titre compte tenu de sa fonction— contre la dégradation de l'"œuvre", remarquant à non moins à juste titre que, si on n'est pas d'accord avec un acte commis, on doit s’adresser à la justice et ne
pas recourir à la violence (même si l’objet du délit est lui-même violent). Mais je regrette qu’il n’ait pas cru devoir rappeler que la liberté d'expression (inscrite dans la Constitution) et le
droit (?) à la "création" s'arrêtent au respect de la liberté des autres (également constitutionnelle), surtout lorsqu'il y a injure potentielle envers la sensibilité et les convictions intimes
de personnes ou de groupes de personnes. Je désapprouve l’agression physique des casseurs et celle de l’”artiste”.


Ma seule question —simpliste, bête, triviale si l’on veut— au ministre et à l’”artiste” sera : « et si on réalisait une "œuvre" avec une photo de votre mère
assise sur un tas d'immondices, ou avec une crotte comme chapeau ou en boule de nez de clown, trouveraient-ils, l'un ou l'autre, qu'on reste scrupuleusement dans les limites de la "création"
artistique ? » 


A force d'accepter n'importe quoi, sous prétexte d'irénisme ou, comme ici, de théologie patristique, tout devient possible. Or tout n'est pas acceptable ni
supportable. 


Albert OLIVIER






Jérôme 27/04/2011 22:08



Bonjour,


Pour réagir à ce qu'a pu dire M. Jean-Claude Barbier, je dirais que les unitariens sont des hérétiques qui en niant la divinité du Christ, en rejetant la Sainte Trinité, s'inscrivent dans la
lignée de ces hérésies que sont l'arianisme et l'islamisme. D'ailleurs, je pense à une certaine Sigrid Hunke qui était unitarienne mais aussi une intellectuelle nazie, proche de Himmler. Elle
nous a laissé en legs un maître-ouvrage où elle développe une idée qui a fait florès depuis, je veux parler de son ouvrage intitulé "Le soleil d'Allah brille sur l'Occident", où elle développe
l'idée selon laquelle l'Occident devrait l'accès à la culture grecque au seuls arabo-musulmans...Comme si l'Empire byzantin n'avait pas existé et comme si le myen âge chrétien avait été une
période obscure...


Or, c'est assez drôle quand on sait en quelle sympathie le nazisme tenait le judéo-christianisme...Est-il besoin d'être grand clerc pour suspecter la démarche de Mme Hunke d'être idéologiquement
orientée? Car bien sûr il s'agissait de noircir l'Eglise en lui attribuant un soi-disant obscurantisme..."Aristote au Mont Saint-Michel" de Sylvain Gughenneim, apporte, Dieu merci! un sérieux
correctif à cette idée pour le moins partielle, pour ne pas dire partiale...Alors voyez-vous le tolérantisme que vous prêchez et qui présuppose l'équivalence de toutes les doctrines religieuses
est le symptôme d'une naïvete ou d'une lâcheté intellectuelle toujours stupéfiante...


A vrai dire nous vivons une drôle d'époque qui a abandonné l'idée de vérité pour une tranquillité d'âme qui n'est qu'une parodie de la vraie paix!


Fraternellement dans le Christ, le Fils de Dieu, le Dieu fait homme!!!!



Jean-Claude Barbier 23/04/2011 16:24



Bien que n'étant nullement intégriste, j'applaudis sans état d'âme et des deux mains aux coups de marteaux sur cette oeuvre qui, pour sa célébrité, mise sur la provocation. Serrano joue les naïfs
en disant qu'il est chrétien et qu'il a eu l'intention d'aller présenter son oeuvre au Vatican ; en tout cas, il a la lâcheté de ne pas expliquer son oeuvre ... et de laisser les autres
l'interpréter Je ne tombe pas dans le panneau et j'assume mon identité chrétienne. En démocratie, le respect des identités est primordiale. Les iconoclastes ne méritent que ce qu'ils cherchent en
tournant en dérision les symboles des autres. Voir mon article dans les Actualités unitariennes où le point de vue de "Garrignes et sentiers" est par ailleurs cité.
http://actua.unitariennes.over-blog.com


Je défends ici le respect dû aux chrétiens en général ; quant aux unitariens, ils ne sont pas concernés par la croix et encore moins par le crucifix, symboles qui ne sont pas présents dans leurs
lieux de culte. La théologie unitarienne, née du courant l'anti-trinitarisme des Réformes protestantes du XVIème siècle, n'adhère pas en effet à la Trinité, ni à la divinisation de Jésus, ni à la
rédemption, etc.


Respectons nous les uns les autres.


 


 



Marielle Laporte 22/04/2011 10:40



une fois de plus les avis sont partagés. Où est la "vérité" ? je relis simplement : " Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres: jugez plutôt qu'il ne faut rien mettre devant
votre frère qui le fasse buter ou tomber.  (Romains (BJ) 14).


Si certaines personnes sont choquées et bléssées par une telle "oeuvre", et il y a de quoi, c'est bien normal qu'elles l'expriment. Le plus dommageable est sans doute la division et le jugement
qui en résultent.



Jean Joseph Perrier 21/04/2011 22:59




Situer les problèmes où ils sont en vérité. Il faut s'indigner pour les hommes bafoués à travers le Christ qui s'est identifié à eux.


– "Je pense qu’à Bogota dit Mgr Helder Camara, nous avions la même foi en la présence du Seigneur dans l’Eucharistie. Mais déjà il nous semblait évident que le Christ eucharistique ne peut
accepter un excès de glorification tant que l’autre Eucharistie – le Christ vivant dans les pauvres – est écrasée.


Un jour, une délégation est venue me voir, ici, à Recife : « Vous savez, Dom Helder, il y a un voleur qui a réussi à pénétrer dans telle église. Il a ouvert le tabernacle. Comme il ne
s’intéressait qu’au ciboire, il a jeté les hosties par terre, dans la boue… Vous entendez, Dom Helder : le Seigneur vivant jeté dans la boue !... Nous avons recueilli ces hosties et
les avons portées en procession jusqu’à l’église, mais il faut faire une grande cérémonie de réparation !... » - « Oui, je suis d’accord. On va préparer une procession
eucharistique. On va réunir tout le monde. On va vraiment faire un acte de réparation. »


Le jour de la cérémonie, quand tout le monde était là, j’ai dit : « Seigneur, au nom de mon frère le voleur, je te demande pardon. Il ne savait pas ce qu’il faisait. Il ne savait pas
que tu es vraiment présent et vivant dans l’Eucharistie. Ce qu’il a fait nous touche profondément. Mais mes amis, mes frères, comme nous sommes tous aveugles ! Nous sommes choqués parce
que notre frère, ce pauvre voleur, a jeté les hosties, le Christ eucharistique dans la boue, mais dans la boue vit le Christ tous les jours, chez nous, au Nordeste ! Il nous faut ouvrir
les yeux ! » Et je disais que le meilleur fruit de la communion au Corps du Christ dans l’Eucharistie serait que le Christ ainsi reçu nous ouvre les yeux et nous aide à de reconnaître
l’Eucharistie des pauvres, des opprimés, de ceux qui souffrent. C’est sur cela que nous serons jugés, le dernier jour…




Ennemond de Veyrac 20/04/2011 15:49



Bravo, mille bravos à Sébastien Lapaque pour cet article qui traduit, mieux que je n'aurais fait, exactement ce que je pense et que je ne cesse de dire à toutes les personnes qui m'en parlent. Je
trouve que l'Archvêque d'Avignon a laissé passer l'occasion de faire une belle catéchèse sur le "Christ aux outrages", au lieu d'ajouter sa note critique à toutes les autres !



Karim DE BROUCKER 20/04/2011 14:01



A lire, ce que dit Andres Serrano de lui-même et de son oeuvre dans l'interview qu'il a donnée mardi à Libé :


http://next.liberation.fr/culture/01012332509-je-n-ai-aucune-sympathie-pour-le-blaspheme



Jean-Marc Thévenet 20/04/2011 13:53



 Voilà ce que je répondais à une personne qui me sollicitait le 8 avril dernier:


"Merci de ton envoi. Ma réaction immédiate a été "il a osé faire ça". Dans un deuxième temps,  j'ai perçu, dans cette image du Christ en Croix, baigné dans le déchet humain, la signification
même des raisons de sa passion et de sa crucifiction. Et surtout je vois dans la forte lumière portée  sur le corps du Christ, la lumière de sa Rédemption.Je ressens donc,dans
l'aspect général de cette image, ce qui peut se traduire aussi par " ce que l'homme fait du Salut, de l' Espérance, de son salut et son espérance." La lumière resplendissante submergée
dans les eaux obscurs et saumâtres de nos déchets humains. Ce n'est donc pas pour moi une image blasphématoire, même si elle est provocante.


Et dans mes réflexions, j'écrivais aussi,il y a trois jours:..."Certes on peut
ne voir dans cette œuvre pour le moins provocante, de mauvais goût à mon sens ou tout au moins extravagante, qu’une image salie du Christ, en plus exposée dans la « cité des Papes »,
avec le soutien de la mairie UMP, du Conseil Général socialiste ( U.M.P.S., slogan de Marine Le Pen et de son Front National ) et d’une grande entreprise multinationale…Que je puisse être
sollicité à signer une pétition de retrait de cette affiche par une consœur de préparation liturgique, je peux le comprendre ( elle pensait sans doute que mon sens de la fraternité catholique
allait jusqu’à accepter sa propre vision des choses ). Ce que je comprends moins, c’est que le curé de ma paroisse ait choisi de dénigrer cette « œuvre d’art » pour asseoir son homélie
du dimanche des Rameaux sur le thème d’aimer la Croix.Ce fait était
sans doute bien venu pour lui. Bénie soit l’exclusivité de la parole !  Mais pas pour moi, car je m’étais préalablement informé de cette « 
œuvre » sur internet. J’avais surtout vu dans sa reproduction, la lumière flamboyante du corps du Christ rayonnant le milieu d’impureté, que le corps rejette de lui-même parce
qu’inutile à la vie, dans lequel Il était immergé, l’homme Le baigne.


 


Encore déconcertant pour moi, c’est que cette homélie faisait suite à celle du dimanche précédent exhortant à la recherche de la vérité.


A l’affirmation précédente de Jésus rapportée par Jean, Pilate répond en s’interrogeant, en interrogeant : « Qu’est-ce-que la vérité ? » Se tenir au pied de la
Croix, est-ce garder, tels des centurions, l’image sacrée du Christ en Croix, au risque de garder un tombeau vide ? Ou est-ce se tenir au pied de nos faiblesses, non pour s’en délecter, au
nom même d’une apparente morale, ou d’une quelconque esthétique mais pour s’en laver, comme Jésus lui-même, a lavé les pieds de ses disciples, comme la prostituée qui s’est jeté chez Simon, le
notable, au pied de Jésus ?



Francine Bouichou-Orsini 20/04/2011 09:40



Les chrétiens du Vaucluse auraient bien d'autres motifs pour réagir à des situations qui offensent Jésus-Christ "au plus profond de lui-même" : la DIVISION dans le diocèse, source de souffrance
pour beaucoup de prêtres et de fidèles. Mais on préfère ne pas voir ce qui nous dérange pour accuser les autres, y compris des artiste censurés dans leur libre expression...


Francine  Bouichou-Orsini.



Jacqueline Chardac 20/04/2011 09:37



La Victoire du Christ sur le Mal au matin de Pâques en est que plus éclatante...



marie eve 20/04/2011 08:19



lors de la vénération de la croix, c'est devant ce Dieu fait homme encore aujourd'hui couvert de crachats et trempant dans l'urine que je m'inclinerai.



Jean-Pierre Reynaud 19/04/2011 21:33



Cet article, pas très facile, propose une manière intéressante et surtout OUVERTE ET DYNAMISANTE de
« lire » la peinture d’Avignon. Donc j’y souscris assez volontiers. Dieu se défend bien lui-même contre le blasphème. Il a été dit et écrit que DIEU A BESOIN DES HOMMES. Oui, mais pas
pour son usage personnel, plutôt pour que nous l’aidions à faire vivre nos frères en humanité de tout ce qu’il propose aux hommes, qu’il aime. D’ailleurs, il aime ceux qui y sont allés de leur
pic à glace, comme il aime ceux et celles qui se cachent pour cracher et pisser par internet sur leurs opposants.



Ce qui me pose question quand même c’est la fameuse LIBERTE…  « Que de crimes on commet en ton nom », disait quelqu’un. Elle se trouve bien au fronton de nos édifices, mais je préfèrerais qu’elle comporte un
« s ».  Liberté ne se conjugue qu’au pluriel, sinon c’est la jungle. Parmi ses significations, il y a la liberté d’expression, la liberté
artistique, et bien d’autres. Sommes-nous complètement libre(s), sinon à risquer d’opprimer le voisin ? Je pense que tout être humain doit s’imposer des limites, les artistes comme n'importe
qui.



Jérôme 19/04/2011 21:27



Pour compléter ce que j'ai déjà dit, je veux dire que tout l'art contemporain n'est pas à vomir...Il existe par exemple ARCABAS!!!! Un peintre chrétien dont les oeuvres sont incomparablement dans
le vrai registre de l'ART!



fanfan 19/04/2011 18:25



Bonsoir ,


En frappant "sauvagement" avec un objet contondant le tableau Piss Christ, c'est sur le Christ lui-même que ces énergumènes ont frappé!


Qu'est-ce que s'est que cette façon de "défendre" La Chrétienté..on se croirait revenu aux temps des croisades..!!!Comment peut-on oser dire que notre religion chrétienne est plus bafouée et
moquée que la religion musulmane par exemple!!!C'est faux,pas plus pas moins...N'est-ce pas plutôt les chrétiens qui offensent plus le Christ par le regard souvent dépourvu d'aménité(c'est le
moins que l'on puisse dire...) qu'ils ont sur leur "prochain dit différent"


Ils n'ont rien compris au message de Jésus, le cruxifié mais aussi le réssuscité! 


"Père pardonne leur Ils ne savent pas ce qu'ils font"...ceux qui pensent "croire bien dans la ligne"!!!fanfan


 


 



Passant 19/04/2011 17:50



Je ne peux que vous recommander de lire l'article de Causeur.fr intitulé : "Laissons pisser le mérinos : Piss Christ, plutôt dire que détruire"
Le genre est un peu différent mais le message voisin.



jacqueline Viltard 19/04/2011 17:42



vous écrivez : "les blasphèmes touchant le rédempteur ne me troublent plus."


au risque de paraître analphabète, j'ose affirmer que cela me touche douloureusement, et que les propos du style :qu'avons-nous fait de jésus-Christ ? me paraissent une flagellation des chrétiens
que nous sommes insupportable.


Fallait-il pour autant démolir ce tableau, en usant de violence rappelant tristement la Passion, non, sans doute, mais protester, cela oui, même si cette protestation n'obtient pas d'être
seulement écoutée.


Ce n'est qu'un symbole,  mais ne vivons-nous pas dans un univers symbolique ? 


La représentaton du Christ aux outrages n'est en aucune façon un blasphème. Je crains que nous ne soyons devenus aptes à tout admettre grâce au recul de l'intellectualisme.


 



Jérôme 19/04/2011 17:40



Bonjour,


La dévalorisation d’un symbole aussi fort qu’un crucifix en dit long sur le déclin de notre civilisation où nihilisme et anti-christianisme font rage. Quand on sait que nos ancêtres
s’agenouillaient massivement devant ce symbole dont la signification ouvrait à l’éternité, on reste songeur. Mais cela en dit encore plus long sur le délitement d’une prétendue élite qui ne sait
plus ce que Beauté, Vérité, et Bonté signifient…Il y a un abîme qui s’est creusé entre nos chères élites mondialisées et les peuples, parce que celles-là renient le bon sens que ceux-ci
apprécient tant !!!
Bien sûr on peut déplorer la violence de ces catholiques qui ont voulu détruire une telle production, mais comment ne pas les comprendre quand on voit à quel point notre société tolère et
normalise l’obscénité et la pornographie ? Et tout cela en se drapant dans le mythe de l’artiste victime et incompris, ou encore en arguant de la liberté d’expression…D’ailleurs cela me fait
penser à certaines caricatures d’un soi-disant prophète…Tiens, si ce prétendu artiste avait l’audace de produire une œuvre où l’on verrait un Coran trempant dans son urine, on pourrait dire qu’il
ferait une œuvre d’art indiscutable puisque son seul critère esthétique semble être la provocation…c’est qu’il n’est pas fou le zigue, car il sait qu’une fois son œuvre exposée, c’est tout
simplement sa tête qui serait mise à prix…


Pour comprendre certains ressorts de notre époque moderne, où le rapport à la réalité est virtualisé ou déréalisé, voici une émission avec Jean Baudrillard : http://www.dailymotion.com/video/x9…


Pour un exemple de subversion incroyable des attributs de la religion par le management, cet extrait de Dominium Mundi de G. Caillat et de P. Legendre : http://www.youtube.com/watch?v=r2Sv…


Pour comprendre que tout ça s’inscrit dans un contexte idéologique libéral, un entretien avec Jean-Claude Michéa, philosophe :
http://www.dailymotion.com/video/xf…


Je me demande ce qu'il peut y avoir de démission ou de lâcheté à afficher une certaine indifférence...


A bons entendeurs salut !
Fraternellement dans le Christ !