On croit d’abord avec son cœur

Publié le par G&S

Voici ce qu'écrit un ami, le père Magnan, jésuite,

que certains d'entre vous connaissent...
J'avais envie de vous partager sa méditation...
Qu'en pensez-vous ?

 

Comme il est difficile à quelqu’un qui s’est tenu loin de l’Église et de ses rites de revenir aux gestes tout simples que font les croyants sans même y penser et qui sont si riches de sens. Je me souviens de mon retour du Chili. Après avoir vécu comme un sauvage combien il me fut difficile de revenir à l’Église tradi. La moindre génuflexion, le moindre signe de croix m’arrachaient la peau. Doucement, avec le temps, je me suis laissé habiter par ces gestes dont la beauté et la fécondité ont fini par me réapparaître.

Le sentiment précède la raison. Taizé m’avait appris cela et je me suis toujours battu ensuite pour que le message s’adresse d’abord au cœur. On n’aime pas parce que l’on a des raisons d’aimer. On aime et ensuite on trouve les raisons de s’être plongé dans l’aventure du bel amour. La revendication de tant et tant de nos amis n’a-t-elle pas ici sa source ? Les liturgies sont devenues plates. Le bâillement est de rigueur dès qu’on a franchi les portes de l’église. Dans ce qu’on leur fait chanter, dans ce qui leur est enseigné, ils sentent trop souvent une église qui célèbre parce qu’on doit le faire. Où est passé le foyer brûlant de charité ? Où a foutu le camp le mystère ? Sans lui les églises continueront de se vider.

On croit d’abord avec son cœur.

Pierre Castaner

 

Publié dans Réflexions en chemin

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Albert OLIVIER 24/10/2009 10:56


Merci, cher Pierre, de cette "méditation". Il vrai que, si nous n'y prenons pas garde, la signification des gestes disparaît devant notre exigence d'entendre et de dire des
paroles vraies. Peut-être faudrait-il que, dans nos célébrations liturgiques, nous nous rappelions parfois le sens de ces gestes qui ont pu, effectivement, devenir de simples "habitudes",
voire de simples réflexes, jadis provoqués par la clochette du servant de messe ("ah ! ici, il faut se lever, là il faut baisser la tête" … Oui mais pourquoi ? Il faut rafraîchir notre gestuelle
afin que notre corps prie aussi.