Moins de fêtes chrétiennes = égalité des religions ?

Publié le par G&S

C'est une interview donnée au magazine Challenges par la nouvelle recrue de l'Observatoire de la laïcité à Matignon, Dounia Bouzar, qui relance le débat. Faut-il, au nom de l'égalité entre les religions, supprimer des fêtes chrétiennes pour les remplacer par des fêtes juives et des fêtes musulmanes ? Oui, répond l'anthropologue, qui de 2003 à 2005 a siégé au Conseil français du Culte musulman, dans ce long entretien consacré au problème de la laïcité dans le monde de l'entreprise : « Je pense que la France a montré l’exemple de la laïcité au monde en instaurant la première la liberté de conscience, d’avoir la religion de son choix ou de ne pas croire en dieu. Elle doit donc continuer à montrer la voie. Aujourd’hui tous les Français fêtent Noël et je pense qu’il faudrait également qu’un de nos jours fériés soit celui d’une fête juive et d’une fête musulmane. »

Au lieu de remplacer, ne pourrait-on pas ajouter deux jours féries supplémentaires ? Pour Dounia Bouzar, la réponse est non : « Non, on doit remplacer deux fêtes chrétiennes par Yom Kippour et l’Aïd. Le clergé y a longtemps été opposé mais il a évolué et n’y est plus hostile car il y a beaucoup de fêtes chrétiennes. Qu’une fête juive et une fête musulmane devienne une fête pour tous les Français permettrait de combattre le communautarisme et de faire avancer la cause de la laïcité. Aujourd’hui, les français de confession juive ou musulmane sont très mal à l’aise quand ils demandent un jour de congé pour célébrer ces deux fêtes très importantes. On peut le leur refuser pour nécessité de service. »

Ce n'est pas l'opinion d'Abdalla Zekri président de l'Observatoire contre l'islamophobie et membre du bureau exécutif du Conseil français du culte musulman, qui, interrogé par Le Figaro, se dit opposé à cette idée. « Il est tout à fait normal de penser aux autres communautés, indique-t-il. Mais il faut juste rajouter deux jours fériés. Et non remplacer des jours. Sinon on va encore dire “Ils veulent déshabiller Pierre pour habiller Mohammed”… » De son côté, l'abbé Grosjean s'oppose lui aussi à la proposition : « Ce calendrier est le fruit d'une histoire, d'une culture, un reflet de ces racines chrétiennes qui font partie de notre patrimoine »

Président du Parti chrétien démocrate (PCD), Charles-Henri Jamin n'a pas tardé à réagir : « La laïcité n’est pas l’effacement de la religion chrétienne ni sa substitution par une autre religion ! Choisir de retirer une fête chrétienne, c’est choisir de l’effacer du calendrier, donc d’instaurer une ignorance toujours plus grande de cette religion : or, méconnaître le fait chrétien, c’est méconnaitre notre culture ! Allez visiter les grands musées nationaux sans savoir à quoi correspondent les événements célébrés lors des fêtes chrétiennes : une grande majorité d’œuvres échapperont à votre compréhension. De même, sans connaissance de cette religion, de nombreux éléments de l’Histoire de France vous demeureront totalement obscurs. La France ne doit pas oublier qu’elle a une culture, des racines, une histoire : c’est ce que les fêtes chrétiennes nous rappellent. La valeur symbolique de la célébration des fêtes chrétiennes ne doit pas être oubliée. »

La polémique n'est pas nouvelle. En février 2013, Jacques Attali avait déjà proposé de laïciser les fêtes chrétiennes en renommant Noël et Pâques « fête des enfants » et « fête de la liberté »... Une proposition qui avait fait jaser les utilisateurs du réseau Twitter derrière le hashtag (mot-clé) #DélireCommeAttali. En juillet 2012, l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) avait suscité un tollé en proposant de « déconfessionnaliser » certains jours fériés correspondant à des fêtes chrétiennes afin que les salariés aient le choix de prendre leurs journées à d'autres moments de l'année. Le but était de faciliter la gestion du personnel non-chrétien. En janvier 2012, Eva Joly, alors candidate Europe-Ecologie-les Verts à la présidence de la République, avait proposé un jour férié pour Kippour et un pour l'Aïd-el-Kebir. En 2010, le maire de Paris Bertrand Delanoë, s'était lui aussi prononcé pour le remplacement de deux fêtes chrétiennes par une fête juive et une fête musulmane.

Devant l'incendie qu'elle a allumé, Dounia Bouzar a modéré ses propos en expliquant qu'il s'agissait d'une « idée » et non d'une « proposition ».

Article Faut-il supprimer des fêtes chrétiennes au nom de l'égalité entre les religions ?
publié par Lavie.fr, Chrétiens en débat - 27/09/2013

Publié dans Réflexions en chemin

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Le Voyageur 12/10/2013 09:59


si vous saviez comme j'admire la "charité chrétienne" de  Monsieur Robert Kaufmann !


Un modèle entre tous ....


Merci encore,  vous m'éclairez sur la chrétienté.....

Guès 03/10/2013 18:54


Le lundi de Pentecôte a déjà été enlevé aux salariés. Ceux qui le veulent sont obligés de le prendre sur leurs congés annuels ou sur leurs RTT.


Il y a longtemps que les Juifs, dans les administrations du moins, ont priorité sur les autres non-juifs pour poser un jour de congé pris sur leurs congés annuels ou sur leurs RTT pour fêter le
Yom Kippour. Cette priorité s'est étendue aux Musulmans il y a quelques années pour qu'ils puissent fêter l'Aïd. Ca a été accepté par tous les salariés. Alors pourquoi tout compliquer?


C.G.

Robert Kaufmann 03/10/2013 16:34


Eh bien! voilà une profession de foi du"Voyageur" digne de la religion de...l'Athéisme ! et qui nous invite à "revenir aux sources" ?.. Peut-être celle du salut romain ou de la haute antiquité,
lorsque l'argent-monnaie n'existait pas. Pour ces 2 dernières, 2 pays européens s'y sont hasardés au XXe siècle. On a vu ce que ça a donné. Plus de 100 millions de morts; les plus grands
génocides de l'histoire de l'humanité, à côté desquels la St.Barthélémy apparait comme un fait divers !


Mais, après tout, chacun a le droit d'être athée. L'Eglise a certes commis des fautes, souvent relevées sur le présent Blog. Mais si l'inspiration est divine, l'institution est humaine. Y a t-il
une seule institution humaine qui peut se vanter d'être sans faute?... Les judéo-chrétiens, moins dogmatiques peut-être que Marxistes, Maoïstes et autres, pratiquent généralement une forme
d'incertitude, le Pape François vient de le rappeler.   Ce qui m'agace personnellement est que les donneurs de leçons de la religion athéïste ridiculisent ceux qui ne croient pas que la Vie;
l'Homme; son extraordinaire créativité, soient dùs à un simple hasard découlant de la loi des grands nombres. Il y a là arrogance envers les Einstein, Pasteur (qui disait en substance "peu de
science éloigne de Dieu; beaucoup de science en rapproche") et tant d'autres grands penseurs et grands savants.


Je ne vois pas ce qu'il y aurait de gênant, lorsqu'on n'a pas d'éléments historiques fiables, à fixer des dates symboliques, correspondant à des traditions millénaires, tel la date de la
naissance de Jésus, correspondant aux Saturnales de l'Antiquité, lorsque l'Astro-Physique n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui. L'Humanité voyait avec terreur le soleil baisser tous les jours
sur l'horizon, craignant d'être plongée dans la nuit éternelle. D'où cette joie, cette fête, de voir la lumière revenir dans les jours qui suivaient le solstice d'hiver. Pourquoi cela devrait
gêner quelqu'un de considérer que Jésus et son enseignement est une lumière qui peut éclairer l'Humanité ? En tous cas, si cela gêne notre Voyageur, cela ne gênait en rien la Mahatma Gandhi, au
contraire !


Le 5 Septembre, les Juifs fêtaient le 5774e jour de l'An judéo-chrétien. Gageons que cela continuera encore très longtemps après que le"mariage pour Tous" et la "loi du Genre" seront passés à la
poubelle de l'Histoire!


Robert Kaufmann

Marc Delîle 03/10/2013 10:43


Il y a, certes, une espèce de lâcheté qui fait reculer nos gouvernants devant les exigences —qui seront de plus en plus "exigeantes" — des islamistes et dont la satisfaction
renforcera autant qu’il sera possible le "communautarisme", parce que les musulmans actifs se vivent comme une communauté, ce qu’ils sont d’après la sunna. D’accord aussi sur l’ignorance
crasse de notre passé et de notre patrimoine, et l’acrimonie plus ou moins christianophobe — en particulier des "gens dits de progrès" — contre nos "traditions". J’ai été furieux quand on a
nié les "racines chrétiennes de l’Europe", considérant qu'historiquement c’était aussi stupide que si on avait dénié ses "racines islamiques" à l’Arabie.


Il est évident que la demande de fêter le Yom Kippour n’est destinée qu’à  faire passer l’Aïd, alors que les juifs ne demandent rien et se sont globalement et réellement intégrés depuis
longtemps, même lorsqu'ils gardent une solidarité avec Israël. Ce sera plus difficile pour des musulmans pratiquants, même "modérés" : l'appartenance à la ûma passera toujours, souvent
de bonne foi, avant l'appartenance nationale. Il n’est que de voir les liens qu’ils conservent après 3 générations, avec leur patrie d’origine : Algérie, Tunisie, Maroc, Comores, etc. 


Il reste qu’on ne peut faire l’impasse sur le fait que près de 10% de la population est aujourd’hui peu ou prou musulmane et que, à moins de décider, comme le réclame Marine L., de les renvoyer
"chez eux" (mais de plus en plus sont nés en France). Ce pourrait donc être un geste signifiant d’accueil que de leur donner un jour pour leur fête majeure. Comme il est peu réaliste d’accroître
le nombre de jours fériés, y aurait-il une difficulté à offrir totalement le lundi de Pentecôte qui n’est pas une fête chrétienne (mais pas celui de Pâques, sinon où, quand
 et comment partagerait-on la "mouna" ?). En outre, on pourrait ne garder qu’un jour de commémoration de nos héros en choisissant entre le 8 mai (il y a beaucoup de jours fériés en mai : les
acteurs économiques s’en plaignent), ou le 11 novembre (il n’y a plus de survivants parmi les poilus, mais le symbole reste plus fort semble-t-il). En tout cas, il est indispensable de conserver
l’appellation traditionnelle : Noël est Noël, même si de plus en plus de gens ignorent à quoi ça correspond, hormis d’être la " fête des enfants".


 


Marc Delîle

Pierre Locher 02/10/2013 18:57


Sur qu'en évitant aux enfants de poser des questions, on va améliorer leur culture générale ...

Le Voyageur 02/10/2013 16:23


Pourquoi ne pas revenir aux origines ?


Après tout les chrétiens ont fait main-basse sur les fêtes anciennes liées à la nature : Saturnales, fêtes lunaires,  solstices et autres équinoxes…


Ajoutons quelques carnavals et bacchanales, et hop ! Vive la laïcité…


Ça permettrait de se débarrasser plus rapidement de deux millénaires d'obscurantisme judéo-chrétien, entretenu par un église chrétienne totalitaire, qui a quand même accumulé les pires bourdes
scientifiques !


Ça éviterait aux enfants de la République de demander si l'Ascension c'est la fête des fabricants d'ascenseurs, ou celles des alpinistes.

Robert Kaufmann 02/10/2013 01:57


Tout cela fait remonter depuis quelques temps des relents idéologiques et, pourquoi pas?, sournoisement électoralistes.


Malgré l'arrivée massive de main d'oeuvre de pays de culture musumane en Europe depuis un demi siècle, cette vieille Europe demeure très majoritairement marquée par des usages, des coutumes, des
traditions, bref une culture judéo-chrétienne depuis deux millénaires.


Alors, une grande fête juive ? pourquoi pas dans la mesure où ce XXe siècle a fait prendre conscience, pour des raisons sur lesquelles nous ne reviendrons pas ici, des racines puisées directement
dans le Judaïsme du Testament chrétien et de la culture que celui-ci a engendrée chez nous. "Juifs, nos frères ainés dans la foi"aimait à répéter JeanPaul II. D'ailleurs, beaucoup de fêtes
chrétiennes découlent directement de fêtes juives. Ainsi la Pâques, Résurrection du Christ, le ledemain du Shabbat de "Pessah"( la Pâques juive)    Et pourquoi pas KIPPOUR, le Grand
Pardon, qui dépasse les querelles théologiques et peut être accepté par tous?


Les choses sont plus délicates pour l'Islam car les coutumes religieuses et culturelles diffèrent davantage. Il suffit de se promener en Orient pour s'en rendre compte. La façon de se
comporter,de s'alimenter, de prier nous surprennent.  Mais il est vrai qu'aujourd'hui des millions de personnes pratiquent peu ou prou cette religion en France et il n'y aurait, me semble
t-il, rien de choquant à ce qu'un jour par an il y ait une commémoration.


Ceci pour le constat.  Mais pourquoi se saisirait-on de celui-ci pour supprimer des fêtes chrétiennes auxquelles les non-croyants eux-mêmes se sont attachés? Le Président Giscard-Desting
avait proposé, je crois, de supprimer le 11 Novembre. Pourquoi continuer à commémorer notre victoire, il y a 100 ans sur les Allemands alors que ceux- sont aujourd'hui nos plus proches
partenaires ?....


Alors, va t-on s'occuper de choses vraiment sérieuses  plutôt que profiter de ce passage au pouvoir de tenants de la "religion athée"pour porter quelques coups bas ??....


Robert Kaufmann