Mariage homosexuel... Ce qu'on oublie souvent de dire

Publié le par G&S

Amis Internautes,

Nous vous proposons de lire un document publié par le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, car il nous paraît offrir une réflexion très complète sur le sujet.

Pour lire ce texte, cliquez ICI.

Bien sûr, votre liberté de commenter ce texte est entière, inaliénable... et souhaitée !

G&S

Texte original sur le site
http://www.grandrabbindefrance.com/sites/default/files/ESSAI-HOMOPARENTALIT%C3%89-GILLES-BERNHEIM.pdf

Publié dans Réflexions en chemin

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fanfan 05/11/2012 10:55


Je suis tout à fait d'accord avec vous Michelle D.
sans vouloir trop polémiquer, encore que je ne déteste pas "l'affrontement" respectueux (si possible) des idées et des  ressentis...il est vrai que tout GRAND CHANGEMENT de fonctionnement de
Société entraînent des réticences, et même des oppositions farouches en vertu de PRINCIPES qui ONT FAIT LEURS PREUVES ou INERANTS à la CONDITION HUMAINE..C'est oublier que la Vie va de
l'Avant  au-delà de toute appréhension sociétale et que ce qui était vrai hier peut ne plus l'être de la même façon aujourd'hui et encore moins demain...


Il y aura toujours une querelle des "Anciens et des Modernes" quel qu'en soit le sujet...Ceux-ci diront à ceux-là..."Impossible , vous n'y pensez pas..mais c'est contraire aux lois naturelles ou
au bon fonctionnement de la société humaine ou encore que sais-je!!"Les autres rétorqueront:"mais vous n'y comprenez plus rien...votre façon de juger est dépassée, il faut évoluer, et ce que nous
proposons est tourné vers l'avenir..etc.."


Allez faites vos jeux , rien ne va plus ... impair et passe...


fanfan

Francine Bouichou-Orsini 05/11/2012 09:30


"Etre élevé par deux personnes de même sexe n'inclut pas forçément qu'on ne sache pas avoir été conçu par un père et une mère de naissance....". Ok ! si vous êtes capable de répondre aux
questions du jeune l'enfant, vous saurez alors le satisfaire en lui apprenant qu'il provient de la rencontre de deux gamètes; l'une appartenant à sa mère (connue je pense dans le
cas de l'union de deux femmes), l'autre appartenant à son père (imaginé ou rencontré, ici et là).


Francine Bouichou-Orsini

Michelle D. 04/11/2012 20:52


Parler de "bon sens" est un peu court! Voici peu de temps, le "bon sens" voulait que les Noirs soient considérés comme inférieurs en intelligence, et que les femmes ne votent pas, car elles y
perdraient toute féminité....!.Il y a dans tous ces commentaires de la peur-je suppose que tous les commentateurs parlent sur l'Autre sans le connaître, et ne connaissent pas de personnes
homosexuelles- et de la confusion. Il existe deux sujets distincts: le mariage, auquel doivent avoir accès tous les individus d'une société. Et les que problèmes de filiation.Etre élevé par deux
personnes de même sexe n'inclut pas forçément qu'on ne sache pas avoir été conçu par un père et une mère de naissance....

Francine Bouichou-Orsini 04/11/2012 18:54


Oui, Flora il vaut mieux parler de témoignage que d’enquête ; car les enquêtes doivent se soumettre à des règles de rigueur (dans l’origine des échantillonnages
comme dans sa conduite) ; les biais méthodologiques ont été relevés, dans  les différents comptes rendus  publiés  jusqu’ici (notamment dans  Le Monde  et dans
le Nouvel Observateur).
Il est certes, toujours possible de poursuivre un débat d’idée, dans des cercles d’intellectuels ou dans des colonnes de journaux. Personnellement, je ne conteste pas du tout une union de type
homosexuel, laquelle relève de la liberté d’engagement des deux adultes  concernés. D’ailleurs avec le Pacs, l’Etat  reconnaît cette union. Ici, je ne me place pas dans un  débat
d’idées abstraites.
En tant que psychologue de l’enfant (dans des laboratoires CNRS, puis universitaires), je me suis attachée à l’étude de l’évolution et de la construction de la personnalité du tout jeune enfant.
Je rappelle que cette construction procède par une alternance des processus d’identification et différenciation, par rapport aux proches intimes du quotidien : son père et sa mère. Ici l’altérité
repose sur une donnée biologique à portée universelle.
En tant que simple citoyenne, et davantage  encore en tant que chrétienne, je suis très attentive à faire respecter les droits de l’enfant, notamment du tout jeune enfant.
L’enfant a  besoin de connaître la réalité de ses racines : qui est son père, qui est sa mère. Hélas ! Les circonstances de la vie (décès, divorces) ne le permettent 
pas toujours. Mais, l’imprévisibilité  de ces circonstances n’encourage pas, pour autant, de multiplier  ces cas marginaux par la création de nouvelles lois.
De même, le recours à de nouvelles  techniques médicales n’autorise pas à leurrer l’enfant sur ses véritables origines. L’union homosexuelle n’est pas le mariage, mais sa copie
falsifiée qui implique une omission significative. Je rappelle la définition reconnue du mariage, évoquée  plus haut par le Grand Rabbin de France : «  c’est l’institution qui
articule  l’union d’un homme et d’une femme avec la succession des générations (…) un acte fondamental dans la construction et dans la stabilité tant des individus
que de la société ».
Francine Bouichou-Orsini

Flora 03/11/2012 18:21


Il me semble que le dernier commentaire ne favorise pas le débat mais se résume à assener un seul point de vue. Les termes récurrents : idéologie, intoxication, lobby homo ( comme celui
d'une poudre de lessive) et confusion me mettent mal à l'aise et tout particulièrement "on se vautre dans une vaste confusion" !


A ma connaissance le Nouvel Observateur ne propose pas une enquête.  D'une part, un éditorial de Laurent Joffrin et d'autre part le témoignage de familles dont les parents sont homos.


La situation des enfants de familles recomposées se référant à 2 pères et à 2 mères est-elle plus simple ? Ainsi que l'enfant adopté par un célibataire ?


L'altérité se résume-t-elle à la relation homme/femme ?


Les pays qui reconnaissent le mariage homo sont-ils en danger et sans repères ?


Cordialement


Flora


 


 


 

Francine Bouichou 28/10/2012 20:25


Dans le prolongement des précédents commentaires, il faut souligner que cette revendication nouvelle (le  mariage pour tous) continue d’alimenter une
campagne idéologique… laquelle, en effet,  réduit l’enfant à  un objet de débat. Cette semaine, Le Nouvel Observateur  publie
une enquête sur les enfants de couples homosexuels. En dépit des biais méthodologiques (échantillonnage non représentatif), à nouveau reconnus, et ici même par la rédaction du
journal, la conclusion est entérinée : ces enfants ne rencontrent pas plus de difficultés pour se développer et pour vivre heureux que tous les autres… Donc : marions nous, marions
nous…


Désormais, nous pouvons vivre, enfin, dans une société qui ne comportera plus de limites, plus de repères, tout est possible, et même le pire…


Un homme n’aura plus besoin de se situer, par rapport à ses proches, dans une relation d’altérité : cette dernière concourt cependant à établir le caractère
unique de chaque personne, sans assimiler la personne à  un individu parmi d’autres individus.


Francine Bouichou-Orsini


 


 

Pierre Locher 28/10/2012 12:03


 


 


Effectivement, réflexion très complète sur le mariage homosexuel qu'il paraît intéressant de rapprocher de la déclaration de la CEF datée de fin septembre
(dont je n'ai pas vu de compte-rendu dans G&S, sauf erreur).


 


Toutes deux s'adressent aux citoyens de ce pays en demandant qu'un vrai débat soit instauré en lieu et place d'une décision précipitée appuyée sur des sondages.
Mais quand la CEF déclare se placer du seul point de vue anthropologique et juridique, le Grand Rabbin revendique une vision du monde guidée par la Bible, même s'il propose sa réflexion à toute personne qui veut bien l'écouter.


Les deux textes condamnent de façon nette toute homophobie - la CEF l'assortit d'une sorte de repentance pour les discriminations
passées - , rendant irrecevables les accusations d'homophobie adressées à ceux qui émettent des réserves sur la nécessité de cette loi (encore récemment sur un plateau de télévision, un
sociologue proche de la communauté homosexuelle s'est permis de qualifier d'homophobe la manifestation organisée par l'association Alliance Vita).


Une différence d'appréciation apparaît sur les discours entendus dans la société. Pour la CEF, il y aurait trois positions
distinctes :




ceux qui voient dans l'ouverture du mariage une simple extension des droits individuels.




Ceux pour qui cette ouverture est un pas vers une indifférenciation sexuée de la société afin d'en finir avec la
culture hétérosexuelle dominante.




Ceux, enfin, qui voit dans le mariage une fonction sociale qui dépasse le bon vouloir des individus.




Gilles Bernheim, ne voit que deux discours, le premier conduisant inévitablement selon lui au deuxième.


Les deux textes dénoncent l'argument d'égalité souvent entendu dans les médias selon lequel les gens qui s’aiment, quelque
soit leur orientation sexuelle, ont droit au mariage.




« Le mariage n'a jamais été un simple certificat de reconnaissance d'un sentiment amoureux, il encadre la transmission de la vie en articulant les
droits et devoirs des époux entre eux et à l'égard des enfants à venir» (CEF).




« Le mariage n'est pas uniquement la reconnaissance d'un amour, c'est l'institution qui articule l’alliance de l'homme et de la femme avec la
succession des générations. »(Gilles Bernheim)




Outre qu'on ne peut pas marier tous ceux qui s'aiment (polygamie, inceste, etc.), la dimension sociale du mariage est évacuée par ce discours égalitariste.


Gilles Bernheim relève un terme qui n'est pas repris par la CEF, celui d'homoparentalité, en soulignant que ce terme inventé pour offrir la possibilité juridique de deux « parents » de même sexe, relève de la fiction. La CEF le dit d'une autre façon :  « La loi ne
doit pas mentir sur l'origine de la vie […] Faut-il faire croire à un enfant qu'il est issu de deux personnes du même
sexe ? »La parentalité n'est pas la parenté, la vérité sexuée de l'humain ne se laisse pas occulter, ni travestir.


Une grande attention est portée à la situation de l’enfant dans le cadre de ce mariage étendu, en particulier dans la construction
de son identité. La CEF parle du droit de l'enfant tel qu'il est reconnu par l'ONU, droit à connaître et être élevé par ses parents pour s'insérer dans une filiation lisible. Du droit
de l’enfant, on passe de fait au droit à l’enfant, nous avertit Gilles Bernheim, or l'enfant
n'est pas un objet de droit, mais un sujet de droit.Ce n'est en rien une discrimination, car le droit à l’enfant n'existe ni pour les homosexuels, ni pour
les hétérosexuels, la stérilité ne donne pas droit à l’enfant.


Un autre point qui mérite d'être souligné est abordé par la CEF comme par Gilles Bernheim, c'est la confusion courante entre
différence et inégalité : « le contraire de l'égalité n'est pas la différence […], et la lutte contre les inégalités n'est pas l'éradication des différences»,
écrit le Grand Rabbin en attribuant cette confusion aux militants de la « gender theory ». La CEF considère quant à elle qu'il s'agit d'une difficulté
de la société tout entière qui a du mal à vivre les différences dans l'égalité.


Cette négation de la différence sexuelle fait l'objet d'un développement important de Gilles Bernheim – très peu abordé dans le
texte de la CEF qui ne veux pas imposer un point de vue religieux- , négation qu'il met en opposition frontale avec la vision biblique de la
complémentarité homme-femme. Cette vision est présente, certes, dans la Bible, mais aussi dans d'autres pensées religieuses, voire agnostiques.


Toute personne, écrit-il, reconnaît tôt ou tard qu'elle n'est pas à elle seule tout l'humain puisque l'autre sexe lui reste à jamais inaccessible :
« la différence sexuelle est une marque de notre finitude ». Il y aurait à réfléchir sur l’humain asexué comme humain voulant se faire tout-puissant.


Par ailleurs, si le livre de la Genèse voit dans l'humain une image de Dieu, c'est l'association de deux êtres sexués qui est image : « à l'image de
Dieu Il les créa, mâle et femelle , il les créa ». L’expérience de la différence sexuelle devient le modèle de l’expérience de l'altérité, plus profondément de l’expérience de la
transcendance.


 


Pour faire court, un texte plus politique de la part de la CEF, un texte plus prophétique venant du Grand Rabbin de France, mais tous deux devraient être pris en
compte dans le débat.

Francine BOUICHOU-ORSINI 21/10/2012 23:34


Cette prise de position de Gilles Bernheim, sur un sujet aussi polémique et brouillé, me paraît limpide et de bon sens. Hélas, il semble que le bon sens ne soit
plus convié, lorsque des sujets d’actualité deviennent passionnels, sous prétexte de défendre une catégorie de citoyens qui serait objet de phobie…  Mais, comme il a été rappelé, ici même
dans les pages de G&S : le  PACS reconnaît bien la relation d’amour qui unit des homosexuels, mais sans pour autant, la confondre avec le mariage !


Il faut ici constater que, sous prétexte d’égalité citoyenne, on se vautre dans une vaste confusion, entretenue par des néologismes créés pour
justification, tel la parentalité. En accord avec Bernheim,  j’affirme que parentalité n’est pas parenté, pas plus qu'égalité se confond avec similitude. Non, l’enfant n’est pas réductible à
l’objet d’un désir, fut-il chargé d’amour. Oui, l’enfant est un sujet qui trouve ses racines propres dans l’union de son père et de sa mère. Cette naissance, effectivement, peut fonder une
institution nommée famille, laquelle, sauf circonstance imprévue, s’inscrit dans le fil des générations. 


ll est consternant de découvrir,  dans la presse et autre, des pseudo-enquêtes  qui, même accompagnées de biais méthodologiques, sont publiées ici et là : dans des
journaux considérés sérieux (tel Le Monde), ou dans des magazines grand public (tel Psychologies).


Francine Bouichou-Orsini

fanfan 19/10/2012 19:14


Il me semble que le long développement que fait Monsieur le Grand Rabbin de


France, Gilles Bernheim,sur le sujet:


"Mariage homosexuel...ce que l'on oublie souvent de dire"


est tout à fait dans la logique de son état,et tout à fait respectable en soi.



J'attends le développement d'un autre rabbin, qui soit animé d'un autre esprit


tout à fait aussi logique et respectable, mais sur un autre registre...


Cela est-il possible? peut-être...mais j 'ose  le souhaiter...


fanfan

Albert Olivier 19/10/2012 19:09


Comme toujours (c'est le 4e texte du Grand Rabbin de France que nous publions) et mieux encore, ce texte de Gilles Bernheim se signale par la qualité de son information, sa clarté et
une lucidité remarquable sur un sujet délicat, sur lequel une véritable intoxication du lobbyng homo tend à interdire toute autre position que la sienne sous peine d'accusation d'"homophobie".
Merci de cette véritable étude qui éclaire le problème dans toute sa complexité.

Robert Kaufmann 19/10/2012 11:03


Je pense qu'il faut une dose massive d'idéologie pour nier les arguments qui sont avancés là...


R.Kaufmann