Les meurtrissures de la relation dans une communauté

Publié le par G&S

Les meurtrissures d’une vie de relations suivies fortifient en quelques sortes les personnalités.

Si on prend soin d’éviter qu’elles ne s’enveniment et ne deviennent plaies mortelles, elles apprennent à dépasser les inconforts de la relation pour entrer dans l’essentiel dont les chrétiens se nourrissent par la communion de chacun en  Jésus le Christ ressuscité.

Chaque jour :

- le pardon, 

- l’amour des autres tels qu’ils sont,

- le « renoncement » au point d’honneur,

- la recherche patiente de la réciprocité,

- la convivialité de la pause café, du self,

font l’offrande heureuse et joyeuse et tissent l’étoffe de l’Eucharistie !

Ces « bricoles désagréables » qui jalonnent les rencontres de la vie de travail, des loisirs pris avec d’autres, de la communauté familiale ou religieuse, du projet associatif commun sont supportables car elles ne se produisent pas à chaque instant, 24 heures sur 24.

Parce qu’elles sont espacées, parce qu’entre elles elles ont une certaine distance psychologique et un coussinet d’air qui vient de l’Esprit, elles ne prennent pas un tour dramatique et peuvent rester dans le domaine du tolérable. Elles n’envahissent pas, elles ne blessent pas à mort, elles invitent au pardon fraternel  et au regard délicat et véritable sur nous-mêmes.

D’une certaine manière ces « manquements bien supportés » exercent notre charité et nous situent dans la vérité des imparfaits et des pardonnés.

C’est à partir des petits événements de ce genre que la « bonté », la « simplicité », la « mansuétude » s’enracinent dans notre cœur et que nous rejoignons à notre manière le mystère du Christ en Croix qui offre pour tous ceux qu’il aime.

Transformer les incidents émaillant le parcours des relations humaines revient à convertir de la fausse monnaie en vrai trésor. Ces petites victoires quotidiennes édifient le Corps du Christ, le rendent souple et opératoire pour la convivialité et la fécondité de la vie interpersonnelle.

Les malveillances de ceux et de celles qui tiennent des propos désobligeants à notre égard ou à celui de quelqu’un d’autre nous invitent à envisager une « explication pour faire la vérité » voire une « correction fraternelle » en tête-à-tête avec ceux et celles qui manquent pour le moins de respect courtois. Ces deux démarches peuvent susciter un surcroît d’amour. L’offrande devient alors spiritualisation de la vie ordinaire.

L’Église et les communautés chrétiennes n’échappent pas aux conflits de la jalousie ou aux travers pernicieux du pouvoir et de l’argent. L’Église des baptisés devrait pourtant être une démocratie de la considération dans la foi.

« Tu es le Corps du Christ, Je suis le « Corps du Christ » ensemble nous sommes « le Corps du Christ. »

« Je t’accueille comme on accueille la Parole Sainte ou l’Eucharistie. »

Christian Montfalcon

Publié dans Réflexions en chemin

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