Les fondamentaux de la foi chrétienne

Publié le par G&S

À propos d’un ouvrage de Marie-Christine Bernard

Les-fondamentaux-de-la-foi-chretienne.jpgMarie-Christine Bernard 1 est théologienne de spiritualité ignacienne, elle enseigne à la faculté catholique d'Angers. Parmi les auteurs contemporains qui l'inspirent, on peut citer : Marie Balmary, Lytta Basset, Paul Beauchamp, Maurice Bellet, René Girard, Joseph Moingt, Bernard Sesboüé, Christoph Theobald, Denis Vasse... des noms qui parlent à un certain nombre d'entre nous.

Son livre est une tentative adressée à ceux, qui, croyants ou pas, chrétiens ou pas, catholiques ou pas, cherchent à retrouver un sens aux mots de la foi chrétienne. L'auteure n'est pas la seule à aller dans cette direction, récemment Maurice Bellet a repris le texte du Symbole des apôtres 2 et l'a commenté phrase par phrase, mot par mot pour lui redonner une signification audible. La méthode de Marie-Christine Bernard est différente : elle se propose de condenser les bases de la révélation chrétienne en cinq propositions, chacune d'elles étant le titre d'un chapitre du livre, car pour elle l'essentiel de la foi chrétienne tient en peu, en très peu de chose et ce qu'elle dit est d'une simplicité désarmante. Toutefois ce qu'elle dit doit être compréhensible dans notre culture ; c'est la condition d'une intelligence chrétienne de la foi.

Nous sommes créés pour le bonheur

Préférant le mot bonheur au mot amour, Marie-Christine Bernard nous rappelle que, créés par Dieu, nous les humains sommes appelés à aimer la vie, à accueillir la vie comme un don. La Bible judéo-chrétienne nous offre ce chemin de vie heureuse, et puisque nous sommes nés dans cette tradition – et non dans le bouddhisme ou dans l'Islam – il nous faut l'examiner.

Que dit cette tradition ? Nous sommes créés par Dieu, comme tout ce qui existe, mais Dieu, lui, n'a pas été créé. Dès que le mot Dieu est prononcé, il risque de donner lieu à de multiples interprétations, voire manipulations ; en bref l’idolâtrie menace. Marie-Christine Bernard fait appel à notre capacité de discernement : À nous de repérer ce qui entre en résonance avec notre expérience.

Cette tradition chrétienne, que nous connaissons mal, nous la recevons à travers trois fils conducteurs : l’Église au sens large (on reviendra sur sa définition de l’Église) qui nous transmet la Bible, ceux et celles qu'on appelle les spirituels ou les mystiques qui ont été édifiés par ce Livre, et notre lecture directe de la Bible. Mais attention à ne pas tomber dans une lecture fondamentaliste : Tout ce qu'elle dit demande à être repris et confronté à notre expérience présente, nous avertit l'auteure.

Marie-Christine Bernard accorde une grande importance aux récits dits de la Création du premier livre de La Genèse qui mettent en scène la question humaine par excellence : pourquoi la souffrance ? pourquoi le mal ? Elle fait une première remarque importante sur ce livre : il débute en relatant ce qui s'est passé au commencement. Il vaudrait mieux traduire par à l'origine : le commencement renvoie à un début chronologique ; l'origine renvoie à un fondement qui nous reste contemporain. Elle insiste plus loin sur cette distinction fondamentale : ce commencement, ce n'est pas le début, c'est le principe au sens de structure fondatrice de l'être. Voilà qui nous éloigne définitivement des interprétations créationnistes de la Bible : les deux récits de la Création doivent être lus au temps présent (au sens grammatical) : c'est aujourd'hui que nous sommes créés, hommes masculins et féminins, l'un par l'autre, l'un avec l'autre à l'image de Dieu.

Nous sommes créés pour le bonheur (Dieu vit que cela était très bon), telle est l’expérience que l'écrivain biblique nous donne à connaître, mais cela n'est pas possible sans la liberté : Dieu crée l'humain en liberté. Par ailleurs notre expérience – et celle de l'écrivain biblique – nous suggère que ce bonheur est altéré par l'arrivée – au chapitre 3 seulement ! - de la souffrance, du malheur. Comme le théologien Adolphe Gesché, Marie-Christine Bernard souligne l'importance du mal dans la vision biblique de l'homme ; c'est le thème du chapitre suivant.

Nous sommes aux prises avec le malheur

Malheur, mal, souffrance, nous en faisons d'abord l’expérience cruelle et personne n'y échappe. Circonstance aggravante, le mal se déguise, se mêle au bien. Deux constats issus de l'expérience humaine :

- en voulant bien faire, on convoque le mal (l’enfer est pavé de bonnes intentions).

- il arrive assez souvent que nous ayons à faire le choix entre deux maux, et non entre bien et mal.

L'auteure nous renvoie une nouvelle fois au texte biblique en essayant d'oublier toutes les représentations iconographiques aussi belles soient-elles (L'esthétique ne suffit pas pour faire de la théologie). Quelques points mis en évidence par la symbolique biblique :

- Le mal ne vient ni des humains, ni de Dieu, mais d’ailleurs (le serpent dans le récit biblique).

- L'arbre interdit (le fameux pommier) fait apparaître une limite et une différence : le Créateur crée, la créature est créée, leur relation est dissymétrique.

- Le mal a besoin de la liberté humaine pour se manifester.

Marie-Christine Bernard en arrive à la notion si controversée de péché qui n'est pas un "gros mot", mais un concept théologique : il est cette part de refus, en l'humain, de la vie bonne, voulue et donnée par Dieu. Elle met en évidence les différentes significations du mot que l'on peut trouver dans les langues originelles de la Bible : de l'hébreu qui parle de rater sa cible, au grec qui désigne une fausse piste et jusqu'au latin qui parle de trébucher, de faux-pas.

Malheureusement l'histoire de l’Église montre que des contresens (ambivalence de la culpabilité, confusion entre péché et plaisir, incompréhension de la notion de chair chez saint Paul, etc.) ont souvent occulté le sens originel et ont rendu le concept incompréhensible, voire rebutant, à bon nombre de chrétiens d'aujourd'hui, alors qu'il est une façon chrétienne de désigner la prise donnée au mal.

Mais que faire face au mal qui nous assaille, nous écrase ? Une partie de la réponse se trouve dans le chapitre suivant qui traite du Dieu libérateur de la foi chrétienne.

Nous sommes déliés

Marie-Christine Bernard aborde dans ce chapitre les points qu'elle considère comme le cœur de la foi chrétienne, qu'elle résume en empruntant une citation bien connue de l’évangile de saint Jean : « Si Dieu, nul ne l'a jamais vu, Jésus, le Christ, nous l'a fait connaître. » Le chrétien croit en Dieu, certes, mais en Dieu tel que Jésus le Christ nous le révèle : Jésus est le visage de Dieu pour nous, les humains.

Les évangiles nous racontent l'histoire de ce Jésus dit de Nazareth, appelé le Christ de Dieu. Comme beaucoup de récits bibliques, c'est le dénouement qui révèle le sens ultime de ces textes ; or il est clair : Dieu s'est fait connaître pour nous révéler son projet, celui de nous sauver, de sauver la vie en nous.

Jésus est allé au bout de l'absurdité de la souffrance, de la violence subie, mais il est resté le rappel incarné de la bienveillance divine : la mort n'a pas eu le dernier mot. C'est ce qu'on traduit par le mot résurrection, qui n’est, pour l'auteure, pas nécessairement le mieux adapté pour décrire ce qu'ont vécu les disciples.

Par delà la mort et notre finitude, Dieu reste présent et nous appelle à notre vocation : devenir fils et filles de Dieu ; mais pour cela il nous faut être libérés de ce qui est l'opposé de la condition de fils : l’esclavage. Le thème de la libération est une constante dans la Bible et le vocabulaire de la libération y est le même que celui du salut. Être libéré de l'esclavage revient à être sauvé : "Dieu n'a pas envoyé son fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui." (Jean 3,17).

Marie-Christine Bernard lie cette libération à l'annonce de la bonne nouvelle du royaume : le royaume de Dieu est tout proche, il est au milieu de vous. Dieu n'est pas le lointain. Son royaume n'est pas à attendre après, au-delà, par-derrière ou par-devant l'ici et maintenant.

L'auteure aborde la question difficile du Dieu trine, de ce que la tradition chrétienne a appelé la Trinité, mot que l'on ne trouve pas dans la Bible... Jésus est fils car choisi par le Créateur pour être son messager. Et le message est tel que le Christ fait corps avec le message : il est lui-même message de bonne nouvelle. Il est Christ de Dieu parce qu'il a laissé le souffle créateur de Dieu prendre corps humain en lui. Ce souffle, c'est l'Esprit de Dieu.

Marie-Christine Bernard le formule autrement : Dieu crée la vie et anime l'humain par son souffle ; Jésus, son Christ, Dieu en personne pour nous, est l'humain par excellence, celui qui donne corps à ce souffle de Dieu ; il nous donne son propre Esprit qui réveille en nous le souffle divin originaire.

Nous sommes l'Église

L'auteure prend tout de suite ses précautions en soulignant que le terme fait l'objet de réactions pour le moins contrastées, y compris dans ce qu'on pourrait appeler la sphère chrétienne. Elle tient à distinguer par ailleurs l’Église du Christ (avec un É majuscule) des églises chrétiennes (avec un é minuscule) : la majuscule indique ici que le mot vise plus que la réalité institutionnelle, plus qu'une confession chrétienne particulière, plus qu'une seule forme historique d'église.

À la question :pour vous, l'Église c'est quoi ?, Marie-Christine Bernard propose tout d’abord les réponses que l'on entend le plus souvent : l'église, c'est Rome ? la cité du Vatican ? le magistère catholique ? la communauté (la paroisse) ? l'assemblée du dimanche ? la chrétienté ? le peuple de Dieu ? le pape et les évêques ? etc.

Mais elle ne retient aucune de ces approches qu'elle trouve au moins réductrices sinon erronées, et propose à partir des textes de Vatican II la définition suivante : L’Église, c'est la communauté – en marche – des disciples du Christ. Et suit immédiatement la question : qu'est-ce qu'être disciple du Christ ? Marie-Christine Bernard propose quelques réponses :

- le disciple tend l'oreille. L'écoute est liée à l'obéissance au sens biblique, mise en route dans un sens jugé désirable et librement consenti par le disciple.

- Le disciple est un serviteur de Dieu Créateur : « il ne suffit pas de me dire "Seigneur, Seigneur" pour entrer dans le Royaume ; il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux ». Au passage, une belle définition du Ciel : l'espace de Dieu qui caresse la terre où nous nous tenons, et qui l'enveloppe.

- Le disciple aime : attention, nous prévient l'auteure, les termes amour, aimer, compris dans un registre sentimental, ont connu une véritable inflation et c'est la guimauve relationnelle qui imprègne une partie de la culture ecclésiale. Il nous faut revenir à l'agapé évangélique, longtemps traduit par charité, mais dont le mot plus actuel solidarité ne rend pas totalement compte, encore un problème de vocabulaire.

- Le disciple est ami de Dieu : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur reste dans l'ignorance de ce que fait son maître. » Jean 15,15

L'auteure ajoute que si nous avons conscience du réel malaise que vivent bon nombre de chrétiens dans leur institution, il nous faut aussi accepter – et même se réjouir – que l'église soit en chemin, et ne soit donc pas parfaite : elle n'est pas arrivée !

Quelques remarques stimulantes extraites de ce chapitre :

L'existence d'un groupe de personnes réunies dans une église autour de quelques valeurs communes ne suffit pas à faire communauté d’Église.

L’Évangile n’est pas un catalogue de valeurs, ni un programme politique, ni un livre de recettes, ni un grimoire, ni un code de la route céleste.

Nous sommes en route spirituelle

L’Église ne peut être en marche que si ses membres sont en cheminement, en route. Ce chemin cher aux mystiques, c'est la vie spirituelle, la vie dans l'Esprit, et plutôt que de parler de dimension spirituelle prise comme un registre à part, Marie-Christine Bernard préfère parler d'orientation spirituelle, comprise comme capacité d’orienter tout ce qui fait l'humain vers un horizon de transcendance :toute vie spirituelle est d'abord vie humaine, vie humaine assumée.

Ce chemin, nous avons la possibilité, la liberté de ne pas nous y engager, mais si nous l’empruntons, il nous faut être convaincus que personne ne le fera à notre place : on retrouve ici la formule humoristique de Jacqueline Kelen dans Le bréviaire du colimaçon, écrivant que pour la route spirituelle il n'est pas programmé de voyage de groupe.

Mais si chacun trace son chemin singulier, dans une vie spirituelle assumée en je, cela ne doit pas se traduire par une quête narcissique et égoïste d'un bien-être intérieur au goût amer de repliement sur soi. La dynamique spirituelle se fait au bénéfice de tous.

La vie spirituelle est une conversion permanente 

La vie spirituelle peut aussi être vue comme une conversion, mais pas une conversion au sens traditionnel d'adhésion à une religion ou à une église. Marie-Christine Bernard nous met en garde : dans cette perspective courante, la foi se trouve assez vite réduite à la religion, et même si la sincérité de la foi n'est pas en cause, elle risque d’être perçue et vécue, au même titre que l'inscription et l'appartenance à un parti, fut-il d'église.

La conversion dont il s'agit, c'est désirer que toute sa vie soit irriguée par la bonne nouvelle dont Jésus a été l’incarnation : la vie vaut la peine d'être vécue, et la recevoir de Dieu la déploie en éternité. La mort fait partie de la vie, elle ne s'y oppose pas. La mort n'a pas le dernier mot. [...] La conversion chrétienne est affaire de toute une vie.

La vie spirituelle est concrète 

Le spirituel ne s'oppose pas au matériel, il l'irrigue. On ne s’élève pas spirituellement en décollant tel un cosmonaute, mais en vivant au plus proche de l'humain. Ne pas oublier que humain, humilité et humus ont la même racine : debout, les pieds sur la terre qui le nourrit, l'humain aspire au divin qui l'élève, d'où l'importance des Cieux dans la Bible, mais attention à ne pas en faire une représentation littérale : c'est Dieu qui vient à la rencontre de l'humain, et non l'inverse.

La vie spirituelle est un combat

Le combat intérieur fait partie intégrante de la vie spirituelle car trouver le sens de sa vie, cela s'apprend et tout apprentissage est mise à l'épreuve du réel. Comment faire ? Marie-Christine Bernard voit trois axes privilégiés :

- la présence à soi-même

- le lien à la Bible

- une attitude d'éveil à la vie

L'auteure développe le premier point en insistant sur l'importance du corps (pas de vie spirituelle sans attention au corps) et en exhortant ses contemporains à sortir du dualisme corps/esprit, physique/spirituel (l'existence humaine : un corps animé, un esprit incorporé).

Le deuxième point mérite une attention particulière ; 4 propositions y sont données pour que la lecture de la Bible fasse advenir en nous la Parole de Dieu :

1 – Lire la Bible pour comprendre

Lorsqu'on commence à lire la Bible par l’Ancien Testament, appelé plutôt maintenant le Premier Testament, on y découvre une humanité aux prises avec ses représentations du divin, images construites pour désigner Dieu à partir de ce qu'elle connaît et fréquemment confondues avec la réalité divine : c'est l’idolâtrie. L’idolâtreconfond le divin avec ce qu'il fabrique de lui-même : des objets, des valeurs, des idées , des concepts, etc. Il s'incline devant lui-même.

Le peuple de la Bible, comme nous, tombe dans ce piège que les prophètes n'ont pas cessé de dénoncer.

2 – Comprendre pour écouter

Savoir distinguer les différents niveaux de compréhension du texte, les différents registres de lecture (littéral, allégorique, moral, spirituel, etc.) sans se laisser enfermer dans un des registres. Et pour cela la seule attitude qui convient c'est l'écoute, et l'écoute d'abord par le silence : le silence est le chemin le plus sûr pour la Parole.

3 – Écouter pour méditer

La méditation n'exige pas que l'on soit sur un chemin de foi, mais que l'on soit présent à soi-même. On pourra alors découvrir que la Parole de Dieu, ce n'est pas les Écritures dans leur textualité, mais ce fruit de lumière que les mots et les images de la Bible, tombés dans l'humus d'une existence, produisent.

4 – Méditer pour parler

C'est le moment de la prière, dont Marie-Christine Bernard nous dit qu'il vaut mieux parfois qu'elle soit silence contemplatif plutôt que trop-plein de paroles ou ritualisme scrupuleux.

Après le lien à la Bible, l'attitude d'éveil à la vie nécessite un préalable :De la même manière que personne ne peut intérioriser la Parole à notre place, personne en peut écrire notre histoire à notre place. Être un veilleur n'est pas réservé aux croyants, mais le chrétien ne peut échapper à cette orientation de sa vie : rien n'est jamais acquis et l'accord – au sens musical – avec le projet divin entraîne cette attention, cette écoute du veilleur.

o O o

En conclusion, Marie-Christine Bernard résume en une seule affirmation l'essentiel de la foi chrétienne : confiance mise en ce Dieu dont le Christ nous a révélé le visage.

Elle ajoute que si les institutions d'églises sont en crise, l'Église du Christ poursuit sa route et termine sur cette note d’espérance :Dieu sauve la vie humaine, la libère et l'épanouit, juste par amour. Il revient à chacun de laisser cette Bonne Nouvelle prendre corps dans son quotidien. C'est évidemment bien plus que de la religion.

C'est affaire de terre et de ciel.

Pierre Locher

1 – Presses de la Renaissance, préface de Christoph Theobald
2 – Maurice Bellet, Si je dis Credo, 2012.

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Caroline de Candia 16/01/2013 19:38


Merci infiniment à Pierre Locher pour  ce beau travail de
synthèse ...
J'aime beaucoup cette phrase proposée par Marie Christine Bernard ..>...
J'aime cette idée d'êtres en mouvement ...Sujets en marche , le cœur ouvert en une Présence ...Celle du Christ , de Yeshoua...

Oui l'église c'est une assemblée d'êtres qui ont entendu l'appel de l'Être à être ...L'appel à  être " Je Suis "...
Être en ce centre " Présence pleine et irradiante "  ...
Cette Présence se donne sans cesse par ses énergies divines que nous pouvons recevoir...Nous laisser déifier , transfigurer par les enseignements de Yeshoua afin de devenir plus aimants , plus
conscients ,plus intelligents , plus libres...
L'église c'est le lieu où l'homme se divinise et c'est aussi le lieu où l'homme fraternise ...
Entrer en relation avec le tout AUTRE qui inlassablement nous enseignera à entrer en relation et à  accueillir les autres ..


Caroline de Candia ....Trois Épis ...