Le Peuple de Dieu, nourriture appétissante

Publié le par G&S

En relisant encore une fois l’évangile de Marc, j’ai fait une petite pause au troisième verset du huitième chapitre et me suis efforcé d’entendre à nouveau les paroles de Jésus : Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en route ; or, quelques uns d’entre eux sont venus de loin.

Multiplication-des-pains--Dore-.jpgSoudain cette phrase a pris pour moi, une intensité nouvelle.

Les paroles du Christ révèlent la tendresse de Dieu, Père de tous les humains, aussi bien de ceux qui demeurent près de lui que de ceux qui habitent « beaucoup plus loin ».

Ceux qui se sont fatigués et dérangés, ceux qui ont beaucoup peiné pour venir chercher une Parole, une guérison, un espoir de vie, Jésus ne peut les « renvoyer » sans les avoir nourris car ils risqueraient « de défaillir » en retournant chez eux sans avoir rien reçu de substantiel.

Le Christ a partagé notre condition de marcheur pour devenir « viatique » c’est-à-dire « nourriture pour la route ». À sa Résurrection, il a confié à ses premiers disciples et aux «baptisés confessants » (qui ont poursuivi la mission des apôtres) le soin d’aimer le monde en le construisant avec tous et d’être aussi, et en même temps, un « signe lisible et crédible de l’amour fraternel et du pardon ». L’Esprit Saint a fait d’eux le Corps du Christ : comme lui, ils sont nourriture réelle et mystérieuse.

Pour leurs proches dont ils sont solidaires dans la vie de tous les jours, les chrétiens sont investis par Jésus lui-même du rôle de « témoins qualifiés » de la vie Évangélique.  

Le peuple de Dieu, Corps du Christ, Parole pour aujourd’hui, Intendant ordinaire, Signe efficace de fraternité à la portée du monde, est trop souvent dévoré par les gloutons de la religion et n’est pas assez nourriture mangée par la multitude pour qu’elle ose avancer dans un cheminement vers le « bonheur de croire. »

Le peuple de Dieu, Corps du Christ et Parole pour aujourd’hui, nourriture appétissante destinée à tous les marcheurs, et pas seulement aux habitués du repas dominical, est un aliment quotidien bien approprié et bien conditionné, qui donne force et joie.

À partir d’un presque rien, cherché, trouvé et offert par quelques uns, l’Esprit du Ressuscité fait d’une minorité en nombre, une abondance en grâce qui déborde les cadres d’une communauté pour restaurer le grand nombre des affamés du Royaume aujourd’hui inconnu, mais peut-être frères et sœurs de demain dans la foi.

Beaucoup « habitent » un « village au nom ignoré », ils sont anonymes comme la foule, ils viennent de loin pour participer au Peuple. Ils ont du mal à préciser leur requête, vraisemblablement confuse. Ils désirent écouter, comprendre, guérir, sortir de leur isolement, vivre au large en pleine liberté… il y a toujours une place pour eux parmi les chrétiens qui sont, par nature, chercheurs de Vérité.

À l’étape du Seigneur, aux carrefours des routes fréquentées par tout le monde, les provisions se partagent.

Avant de reprendre la route, ceux et celles qui « sont venus de loin » désirent sans doute participer à un repas convivial pour refaire leur force. Tout en prenant la nourriture commune, ils se mettent à parler d’eux, de leurs relations, de leurs coutumes, de leurs joies et de leurs soucis. Leurs « récits » empruntés à un autre enracinement enrichissent le peuple Dieu et amorcent de nouvelles fraternités.

Je crois que le « monde » a faim. Il est demandeur de repères, de sens, d’égalité. Il souhaite aussi devenir acteur de l’histoire d’aujourd’hui. Il ne réclame pas que du plaisir et du loisir, mais aussi une part de bonheur et de fête simple que seule la fraternité choisie et vécue en vérité, peut apporter.

Les « disciples du Christ » ne peuvent pas laisser repartir le grand nombre sans avoir essayé de le nourrir en partageant ce qu’ils ont déjà commencé à vivre. Entre eux, ils trouveront bien à offrir un peu de pain et quelques petits poissons… le Seigneur fera le reste.

Christian Montfalcon

Publié dans Réflexions en chemin

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Francine Bouichou-Orsini 03/06/2010 08:24



Intendant, pourquoi pas ? Si c’est intendant de J.-C. Si c’est : laisser se poursuivre en nous, au quotidien, l’Incarnation du
Christ.
C’est mieux, en tous cas, que claironner à tous les vents : « Evangile pour les Nuls ».
Francine Bouichou-Orsini





Francine Bouichou-Orsini 03/06/2010 08:06



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Intendant, pourquoi pas ? Si c’est intendant de J.-C. Si c’est : laisser se poursuivre en nous,
au quotidien, l’Incarnation du Christ.


C’est mieux, en tous cas, que claironner à tous les vents : « Evangile pour les Nuls ». Francine Bouichou-Orsini